Si l’on prend en compte le nombre de mots lus par minutes (en moyenne), le nombre de mots dans un livre et que l’on effectue le calcul, on s'aperçoit que lire 200 essais ne vous prendrait «que» 417 heures dans l'année. Chu a alors réalisé d'autres calculs. Il indique que pour un Américain moyen, le temps passé devant la télé est de 1.642 heures par an et que celui passé devant les réseaux sociaux est de 608 heures. «Waoh. Ce sont 2.250 heures par an gâchées. Si ces heures étaient plutôt passées à lire, vous pourriez lire plus de 1.000 livres par an!»
Pas le temps de lire l'article (mais je me le suis mis de côté), mais je vois l'idée.
Du coup, j'ai fais le test : dans mes lectures de cette année, quelle est ma proportion d'auteurs ? Et d'autrices ? Les vivant·e·s ? Les mort·e·s ? Les français·e·s ? Les traduit·e·s de l'estranger ?
...et si je faisais un graphique plein de couleurs ? Ah non, pas le temps, flûte.
Nombre de livres lus du 01/01/2016 à fin septembre (j'anticipe sur ceux à rendre à la bibliothèque avant début octobre) = 18 (+3 XXI, que je considère comme des livres, mais qui gêneraient ici, compte tenu de la quantité d'intervenant·e·s) (oui, parce que je note mes livres lu, chacun ses névroses, ok ?)
Il semblerait que je tombe dans le travers "mâle / blanc" mais pas tout à fait mort. Après, ça doit dépendre des années
*en fait, c'est plus compliqué que ça puisqu'il s'agit de "Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" écrit par... deux femmes, dont seule l'une des deux est morte >.< J'ai donc pris le parti de ne compter que Annie Barrows, l'autrice principale. Morte.
La liste en question :
"La mécanique du texte n'est pas une ode à la magie des outils, tant s'en faut, mais une introspection sur le rôle des outils techniques de l'écrivain par quelqu'un qui les manie bien, les détourne, toujours curieux de leurs fonctionnalités. Sans illusion, Thierry Crouzet souligne combien les écrivains ont du mal avec leurs propres outils de travail : "la plupart des auteurs utilisent leur traitement de texte comme une machine à écrire", livre-t-il, cinglant, pointant par là même les limites de ces programmes pour aider à écrire."
"les auteurs "ne dépasseront la métaphore du livre, et de la littérature inhérente, qu'en adoptant des logiciels qui, eux-mêmes, s'en libèrent"
Cela faisait déjà quelques jours que je me demandais où en était l'affaire Booxup.
Mais si, souvenez-vous, cette gentille société ne visant qu'à mettre en relation des personnes désireuses de s'échanger des livres, persécutées par un odieux fonctionnaire de la DGCCRF, dans le but abominable d'interdire aux citoyens français d'échanger des livres.
Cf. http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?mhE0pA
Lionel Maurel (alias Calimaq) en a fait une excellente analyse qui commence à dater un peu, mais que j'avais loupée.
Point 1 : Booxup ne relève pas du droit actuel concernant les bibliothèques car il ne correspond pas à la définition.
"On en arrive donc à la conclusion qu’en l’état du droit applicable en France, Booxup ne saurait être considéré comme une « bibliothèque accueillant du public pour le prêt » et n’est donc pas assujettie à la rémunération prévue par la loi au bénéfice des titulaires de droits. Le fait qu’une plateforme intervienne comme intermédiaire entre particuliers pour faciliter leurs pratiques de prêt de livres ne change pas la nature juridique de ces actes. On est toujours en présence de prêts privés entre individus et non d’un « prêt public »."
Point 2 : l'application Booxup ne fait que surfer sur la vague de l'économie du partage, il y a fort à parier que si elle se développe, elle reniera sans vergogne son actuel discours sur le partage et la culture. D'ailleurs c'est déjà en germe.
"Certes l’application reste actuellement gratuite pour ses utilisateurs, mais le logiciel qu’elle utilise pour fonctionner n’est pas libre et la manière dont elle collecte agressivement les données personnelles de ses usagers laisse penser qu’elle s’éloignera vite des valeurs de « l’économie du partage » dont elle se revendique"
Calimaq va plus loin en généralisant : "l’essor des pratiques de partage favorisées par le numérique a été récupéré par des plateformes qui en captent la valeur, avec des effets de bords inquiétants sur le plan économique et social"
J'ai pour ma part été faire un petit tour dans les CGU de Booxup : http://www.booxup.com/legal
A l'article 9, on trouve ceci :
"Article 9 : Information nominative
En application de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, il est rappelé que les données nominatives qui sont demandées à l’Utilisateur sont destinées à un usage interne par BOOXUP. BOOXUP collecte également les données de géo-localisation des Utilisateurs. Ces données nominatives peuvent néanmoins être transmises à des tiers, partenaires du Site. Des cookies peuvent être utilisés permettant à booxup de récupérer des informations sur la configuration et les habitudes de navigations des Utilisateurs. Les finalités de ses collectes sont les suivantes :
Gestion de la relation avec l’Utilisateur,
Constitution et gestion de fichiers de clients et de prospects,
Analyses statistiques à des fins commerciales et études de marché,
Envois de propositions commerciales et de lettres d’information par email, courrier ou SMS."
C'est assez clair là ? Le produit c'est l'utilisateur, ou plutôt ses données personnelles. On s'en tape des livres et de la culture.
Dans une récente interview à Actualitté (https://www.actualitte.com/article/interviews/booxup-n-est-pas-une-marketplace-rappellent-les-fondateurs/60719), les créateurs font d'ailleurs preuve d'un cynisme certain en la matière : "Pour utiliser booxup, il faut aujourd’hui avoir un compte Facebook ou Twitter, donc il faut utiliser une plate forme à laquelle l’utilisateur a déjà abandonné une grande partie de ses données personnelles." Ben voyons. Pourquoi qu'on aurait pas notre part du gâteau nous aussi ?
Et en ce qui concerne l'utilisation potentielle de ces données, ils n'y vont pas par 4 chemins : "aujourd'hui nous ne faisons rien des données que nous collectons. Par contre, effectivement, nous avons l’intention de les utiliser. En premier lieu pour améliorer encore et toujours le produit." (Permettez-moi de loller)
Le reste de l'interview est assez révélateur.
Si vous voulez creuser le sujet, autres liens cités par Calimaq :
http://paigrain.debatpublic.net/?p=9309
http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2015/09/on-ne-prete-que-aux-riches.html
http://page42.org/peut-on-preter-ses-livres/
Et si on arrêtait de s'exciter sur cette non-affaire ? Est-ce vraiment la DGCCRF qui est en cause dans cette histoire, ou bien le "professionnel du livre" anonyme, courageux et visiblement frappé par un accès de crétinisme ? Jusqu'à preuve du contraire, il n'est pas interdit de prêter des livres, entre particuliers s'entend. Après, qu'un intermédiaire touche une commission pour mettre en relation 2 particuliers qui veulent se prêter des livres ; c'est bien ? C'est mal ? Personnellement, je n'en sais rien. On est dans le flou actuel entourant des services comme Blabla car (plutôt qu'Uber) : la pratique en tant que telle (le co-voiturage pour Blabla car) n'est pas interdite, mais monétiser l'intermédiation pose question, et c'est légitime.
Mais... c'est tellement plus facile de faire un raccourci foireux du style "l'industrie du livre / la DGCCRF / Emmanuel Macron veut interdire le prêt de livres", hein... Pour l'instant, on ne sait rien. Même s'il est vrai que le signal envoyé est mauvais.
Car il est vrai que l'industrie (j'insiste sur ce mot) du livre à tout intérêt à ce que vous achetiez des livres plutôt que de vous les prêtez entre vous ; déjà qu'elle a du mal à pardonner à l’État la survivance de cette aberration : les bibliothèques... (oui, j'exagère... encore que...). Actualitté, après un article assez superficiel (https://www.actualitte.com/article/monde-edition/la-start-up-booxup-visee-par-une-enquete-de-la-brigade-de-repression-des-fraudes/60403), revient sur le sujet (https://www.actualitte.com/article/tribunes/preter-ses-livres-entre-epuisement-des-droits-et-remuneration-d-auteurs/60433) en abordant THE question : l'épuisement des droits : "Car derrière cette polémique en elle-même assez peu digne d’intérêt se dessinent des problématiques bien plus inquiétantes : la remise en cause régulière, quasi systématique, du principe légal de l’« épuisement des droits ». L’épuisement des droits permet à n’importe qui ayant fait acquisition d’un livre de disposer de sa copie selon sa volonté. Ainsi, l’acheteur pourra à loisir prêter, céder, voire détruire l’exemplaire en question sans craindre les foudres de l’État ou des industries. Ce droit est régulièrement rediscuté, dans la mesure où les transactions effectuées passé l’acte d’achat originel ne génèrent plus aucun bénéfice pour les primo-créateurs."
Je traduis : les éditeurs voudraient bien trouver un moyen de continuer à toucher du blé sur le livre après son premier achat. Sur le prêt, par exemple... Et c'est ça qui est très inquiétant au final dans cette histoire : on est en tain de voir apparaître dans l'univers du livre et de la lecture -et même pas de manière cantonnée au livre électronique- des questionnements qui ne se posaient jusqu'alors que pour la musique dématérialisée : pour faire simple, on voudrait bien, pour certains types d'objets "culturels", interdire à leurs possesseurs d'en faire ce qu'ils veulent après l'avoir acheté. C'est ainsi que l'on voit les DRM sur les CD, l'interdiction de fait de la revente des jeux vidéo d'occasion, et bientôt, peut-être, la taxation du prêt de livres ?
Une fois encore, on confond (sciemment) le droit moral de l'auteur sur sa création et le droit de l'auteur à une juste rémunération. Ce système à bout de souffle va bientôt taxer certains mots (au hasard : Alphabet ?), vous allez voir. Car ce n'est pas l'auteur que ces gens là défendent (même s'ils en trouveront bien quelques uns assez neuneus pour signer des pétitions), mais leur source de revenu.
Si il est vrai que le web s'est bien moins ému des morts de Garcia Marquez ou Günter Grass que de celle de Pratchett ("here was far less of an internet splurge when Gabriel García Márquez died in 2014 and Günter Grass this spring."), cela est surtout révélateur de ce qu'est le web, pas de ce que pensent les lecteurs.
Si on peut admettre que Pratchett n'est pas un génie littéraire (notion subjective s'il en est, on peut d'ailleurs légitimement se demander en quoi l'univers du disque-monde serait moins éligible à l'éternité que la foule de personnages de la Comédie humaine), il n'en demeure pas moins que ses bouquins sont agréables à lire, et qu'on passe un bon moment. Que demande t-on d'autre à un livre finalement ? Jonathan Jones lui, affirme que les "bons" livres changent "votre vie, vos croyances, vos perceptions". Admettons. Je n'ai pas le souvenir d'un livre qui ai changé ma vie ; je sais qu'il est des livres qui continuent à vivre en moi bien après que je les ai lus, et dont j'ai retiré "quelque chose", que ce soit juste un passage ou une idée générale, ou juste des souvenirs agréables.
J'ai lu à ce jour 4 romans de Terry Pratchett (non 5, il faut aussi compter "De bons présages", écrit en collaboration avec Neil Gaiman) et je compte bien en lire d'autres. Est-ce pour autant de la "paresse mentale" ? Je trouve le point de vue de l'auteur de l'article d'un snobisme tout à fait déplacé. Il y aurait donc de "bonnes lectures" (pour lui : Jane Austen, Gabriel Garcia Marquez, Günter Grass, Charles Bukowski...) et de "mauvaises lectures" (ici : Terry Pratchett).
Mais je vous emmerde mon petit monsieur. Je lis ce que je veux quand j'en ai envie. Et si j'ai envie, dans le même trimestre, de lire un roman de Pierre Assouline (Bonne lecture ? Mauvaise lecture ?), 2 romans des annales du disque-monde, un recueil de nouvelles de Carson McCullers, du Borges, du Wells, du Stevenson, du Proust, et de finir avec un roman de SF écrit avec les pieds, c'est mon choix. C'est même mon droit inaliénable de lecteur, comme dirait Pennac. (Pennac, bonne lecture, mauvaise lecture ? A conseiller, à éviter ? Il en pense quoi le Legrandin des fiches de lecture ?)
J'ai lu Günter Grass (Le tambour). J'en garde un souvenir nauséeux. Garcia Marquez et les autres sont sur ma liste d'auteurs à lire. Mais j’assume sans complexes (et pourquoi devrais-je en avoir ?) de lire Pratchett. Ou Asimov (la prose d'Asimov étant "très ordinaire", il doit sûrement être à ranger dans la "littérature poubelle" lui aussi, non ?). Et peut-être aussi Arto Paasilinna, Georges Simenon, Boris Vian... tous ceux qui écrivent d'une manière "simple". Je précise au passage que rien n'est plus difficile que de donner l'impression de la facilité, mais le professeur Jones (LOL) semble considérer qu'un livre qui ne demande d'efforts ne vaut pas la peine d'être lu.
Et moi aussi, je suis "écrasé de voir combien de livres je n'ai pas lu". Et alors ? Devrais-je me faire un planning de "bons" auteurs à lire le plus vite possible, ne plus voir le soleil pendant 10 ans pour être certain de tenir mon programme ? Bullshit. J'ai ma liste de détestations moi aussi pourtant. Mais je m'en tiens à des critères plus personnels (j'ai eu envie de mettre "qualitatifs", mais c'est aussi une forme de snobisme). Je déteste Marc Levy par exemple - mais j'en ai lu un pour pouvoir me permettre de dire que c'est mauvais.
Bon, 'life is too short" pour perdre du temps à critiquer un type par-ailleurs réputé pour sa provoc. (https://en.wikipedia.org/wiki/Jonathan_Jones_%28journalist%29#Journalism) Je ferais mieux d'aller lire, tiens ^^
On a pu lire sur le web (par exemple ici https://www.slate.fr/story/94567/police-caractere-dyslexiques) l'histoire de ce graphiste dyslexique qui a créé une police pour les dyslexiques. Il suffisait d'y penser ? Pas si simple.
Romy rapporte que d'après les (rares) études sur le sujet, on ne note pas une amélioration sensible à l'usage de ces polices ; par contre les dyslexiques sont encore plus sensibles que les autres lecteurs à "la taille des caractères, à la longueur des lignes et à la justification. Les enfants, en particulier, préfèrent les textes « plus clairs » et « espacés », aux caractères « bien noirs »"
"nous en prenons note sur nos serveurs" WTF. Le "marque-page" ne peut-il pas être local ?
"nous pouvons tirer des enseignements sur la manière dont les livres sont lus, de façon totalement anonyme, agrégée et statistiquement très précise" Je suis sans doute très naïf mais, à quoi ça sert ? A retirer de la vente les livres que les gens ne terminent pas ?
"De même, si l’éditeur remarque que tel ou tel chapitre d’un livre est systématiquement plus lu, il pourra en proposer des tronçons – des versions plus courtes, avec juste certains chapitres par exemple." Aaaaaaaagh. Allez vous faire voir.
J'aime bien la conclusion de l'article, sur le fait que la lecture relève de l'activité privée, et que le simple fait que quelqu'un ou quelque chose lise par-dessus notre épaule, même de manière "pas trop intrusive", c'est pas possible.
J'aime bien aussi la façon dont ce sujet rebondi de façon complètement foutraque à propos des couvertures ont l'état révélerait aussi bien qu'un DRM l'usage fait du livre http://rue89.nouvelobs.com/2015/02/12/meme-chez-aurait-pu-constater-livre-na-jamais-ete-ouvert-257646 Je suis d'accord avec le commentateur qui fait remarquer que l'on peut aussi prendre soin de ses livres... (je suis peut-être névrosé, mais je ne supporte pas les livres aux couvertures cassées...)
La fin de l'écriture à la main ? (aux Etats-Unis et en Finlande notamment) Une belle imposture véhiculée par des médias pas très regardant de la réalité des faits.
Même si j'ai toujours du mal à partager son enthousiasme (un cahier, ça n'a pas besoin d'être rechargé, un "support-écran" ça se casse ou devient obsolète), j'aime qu'il fasse aussi ce genre de réflexion : "Mais j'ai toujours besoin du clavier, d'enfoncer des touches: ça n'a l'air de rien, mais jamais on n'a écrit autrement qu'en gravant, en insérant ou en déposant des gouttelettes d'encre. Il faut s'interroger sur ce que les nouveaux outils numériques changent dans l'écriture: ne plus faire de clic, par exemple, ou juste glisser le doigt."
A une époque ou on dénonce (à tort ou à raison ?) la lecture fragmentée sur internet, le risque de distraction qu'induit la proximité du web à côté du texte que l'on est en train de lire, lui y voit une opportunité : "Or pour moi, lire connecté n'est pas une atteinte à la concentration. Dans le «chantier Lovecraft» où je suis actuellement, quand il est question de la grève de la police en 1919 à Boston, j'ai besoin d'aller chercher des images, des documents sur cette grève. Avec le web, j'ai donc une lecture plus dense, plus arborescente." [...] "Je pense à un Russe qui publie chez Verdier, Vassili Golovanov: il y a plein de noms de lieux chez lui, l'iPhone me sert à les situer." Pour autant, je ne suis pas complètement d'accord : autant pour le travail, l'écriture, il peut-être utile d'avoir la référence à portée de main, autant pour la lecture de fiction, qu'est ce peut bien foutre de ne pas savoir où se trouve Vladivostok ?
"J'ai 60 balais, je suis un peu hors du coup" J'adore :) Il est plus dans le coup que des plus jeunes.
Quelques remarques intéressantes sur la différence entre chercher dans un livre et chercher dans un support numérique (déjà évoquée dans des Shaarlis), sur Word qui est pourri, sur la "procratination littéraire" (l'expression est de moi, mais je truove qu'elle illustre bien ce qu'il décrit), sur son rapport à son site...
Un livre qui va plaire aux agités de la théorie du genre (mais si, ceux qui avaient commis ces affichettes : http://www.madmoizelle.com/lmpt-stereotypes-genre-224065)
via http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?KsMVIA
Et pour ceux qui en voudraient encore plus, l'auteur a publié une liste de "livres caca-pipi-prout dans ma bibliothèque" : http://elisegravel.com/fr/content/caca-pipi-prout-dans-ma-biblioth%C3%A8que, à compléter avec : https://www.facebook.com/elisegarnotte/posts/10152526970531421
Pourquoi la "longue traîne" ne marche pas (ou plus) ?
"La bestsellerisation du monde est d'abord le fait des monopoles du numérique, des effets de concentration rendus plus importants."
"Si la longue traîne est un mythe, c'est donc avant tout parce que le marché de la distribution numérique est tronqué. Non seulement les moteurs de recommandations sont bridés pour favoriser les ventes plutôt que la découverte, non seulement les plateformes sont d'une nullité crasse pour vous proposer des titres, non seulement les recommandations sociales favorisent encore moins la diversité mais surtout, la concentration des ventes entre quelques plateformes mondiales ne favorise aucune diversité, et même de moins en moins à mesure que ces plateformes dominent. " (j'ai enlevé les parenthèses de la citation, lisez là dans son intégralité dans l'article d'origine)
Excellent article de Jean-No (comme d'hab), qui fait un bon complément à ce qui était évoqué ici : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?cWc-PQ
"Tout cela donne matière à réfléchir dans de nombreuses directions. Peut-être ne pouvons-nous plus considérer l’histoire du livre comme une recherche régulière de lisibilité, d’ergonomie et d’intelligibilité : ajout des espaces entre les mots, invention de la ponctuation, invention de la science typographique et réflexion sur la mise en page. Ce que je déduis de ces études sur la lecture, c’est qu’il est bien possible que chaque forme de livre amène une lecture différente."
Et une conclusion avec laquelle je suis tout à fait d'accord : "Pour que le fameux « livre numérique » tant vanté puisse exister sérieusement (et profitablement aux lecteurs), il faut qu’il ne se borne pas à être la version immatérielle et décevante d’un modèle ancien. Je suis convaincu qu’il y a beaucoup de choses à inventer dans le domaine."
Un argument en faveur du livre papier :
« La sensibilité cutanée et la réaction tactile d’un Kindle ne soutiennent pas de la même manière la reconstruction mentale d’une histoire qu’un livre de poche imprimé. Quand vous lisez sur papier vos doigts sentent une pile de pages s’amasser sur la gauche et rétrécir à droite. Vous sentez physiquement la progression, au-delà du visuel. [...] Peut-être que quelque part, cela aide le lecteur en lui donnant plus d’assise et de solidité dans sa conscience du déroulement et de la progression du texte, et donc de l’histoire. »
Cela ne m'étonne pas. Apprendre à lire et à écrire stylo en main ou avec un clavier ne met pas en jeu les mêmes connexions neuronales. Ce qui m'étonne, en revanche, c'set de découvrir que "45 états sur 50 ont abandonné l’apprentissage de l’écriture manuscrite pour engager les enfants sur la voie du tout numérique". Et qu'ils se trouvent des gens chez nous pour trouver ça très bien, et penser qu'on devrait faire pareil. On est en train de préparer des générations d'abrutis analphabètes.
C'est une idée un peu annexe, mais ça me fait penser à ça : http://sammyfisherjr.net/blog/spip.php?article91
Vous savez que c'est pas idiot son truc ?
Elle est pas mal cette pub, mais je ne la trouve pas aussi géniale que ça, dans la mesure où elle sous-entend qu'on ne lit que des livres qui pourraient être des films ou des jeux vidéos d'action...
Bon, faut aussi voir à quel public elle s'adresse, probablement des ados...
via le Shaarli de quelqu'un... le fameux Chaispuki, je crois.
Bien vu : « Niveau durée de vie, c’est kif-kif. Un livre qui sert, qui ne reste pas dans la bibliothèque à faire joli et à montrer à quel point on est cultivé, ça s’abîme vite. Ça se déchire, les pages se décollent, ça moisit. À l’usage, c’est pas forcément plus résistant qu’un téléphone. Niveau empreinte carbone, elle est moindre à la production mais elle explose au transport. Un livre, c’est lourd et encombrant. Un téléphone, c’est petit, ça pèse moins de 100g et ça contient des milliers de livres. L’avantage du livre n’est pas évident.»
Autant je suis d'accord avec toi quand on parle de la lecture en général, et de la concurrence papier/écran (effectivement, il faut d'abord avoir envie de lire, après le support est secondaire), autant je pense que tu as mal interprété l'article : il y est dit que ce procédé d'envoyer des livres par sms (enfin, si j'ai bien compris), tout comme le fait d'avoir un portable dans ces pays très pauvres, coûte moins cher qu'un livre imprimé... Paradoxal ? Peut-être, mais une simple logique d'offre et de concurrence. Ce n'est pas la demande de lecture qui est faible dans ces pays, c'est l'offre... Ça me rappelle ce Doris Lessing dont je parlais il y a deux ans (http://sammyfisherjr.net/blog/spip.php?article91) : nous ne nous rendons pas compte à quel point un livre, chose banale pour nous, est un produit rare et convoité "là bas".
Effectivement, ça laisse songeur : « Les frais de connectivité requis pour lire un livre en accès ouvert sur un téléphone portable peuvent se réduire à 2 ou 3 centimes, alors que le coût de son équivalent imprimé s’élève à 10 dollars. Les livres mobiles sont ainsi 300 à 500 fois moins chers que les versions imprimées. » Mais comme le fait remarquer l'un des commentaires, quid de la durée de vie, du recyclage, de l'empreinte écologique ?
via http://sebsauvage.net/links/?ji3Pbw