Fille de commerçants, «Béa» annonce, dès ses 8 ans, à ses parents vouloir devenir juge. Au début de ses études, elle dit avoir été «dans une intolérance totale : ces types devaient être enfermés, ne pas avoir la télé». Une «rigueur d’esprit» que son père, mort en 2000, s’efforçait d’assouplir. «Il me disait : “Reste vingt-quatre heures dans ta chambre avec ta mère qui t’ouvre la porte seulement pour te donner à manger. Au bout de la vingt-cinquième, tu auras envie de tout exploser.”» Son stage à la prison des Baumettes, en cinquième année de droit, marque un tournant définitif dans sa vocation. Elle n’y voit aucun monstre, seulement des hommes aux «parcours de vie parfois très cabossés. Je me suis dit : “Je ne peux pas passer ma vie à juger ces gens-là, il vaut mieux que je les défende.”»
L'avocate de Dominique Pélicot. Ce truc de visiter une prison, j'ai très envie de le conseiller à plein de personnes que je connais, bien trop promptes à mon goût à trouver que "ils" ont la belle vie, et la télé, et tout ça... Le genre de discours qui me fait généralement bouillir.
En tous cas je veux dire que le prison ce n'est pas fait pour les vieux
Je voudrais juste rebondir sur cette phrase : il a absolument raison.
Il y a quelques années, ma revue fétiche XXI a publié un reportage sur les personnes âgées en prison, montrant en substance que :
Le journaliste les écoute, ne cherchant pas à savoir pourquoi ils se sont retrouvés là, mais comment on décline derrière les barreaux. « Tous sont détruits par la prison. On y vieillit plus vite qu’ailleurs. Certains sont en fauteuil roulant, d’autres portent des couches, ils ne peuvent plus se reconnaître dans une glace, ils ne savent plus comment ils s’appellent… A quoi ça sert de les enfermer? » Le même problème se pose que dehors , « que faire du papy qui perd la boule ? Sauf qu’en prison, ils ne sont plus de hommes. »
M'en fous un peu de Balkany, il est peut-être réellement malade, il va peut-être vraiment mourir, allez savoir ; mais pour un Balkany de libéré, combien de détenu·e·s dans des situations indignes ? Combien ?
True fact : il est possible de jouer à Prison architect en prison.
Enfin... dans UNE prison.
J'avais shaarlié une affaire en tout point semblable en février 2016.
Heureusement que le premier article précise qu'il s'agit de Villefranche sur Saône et celui-ci Fresnes, sinon j'aurais cru qu'il s'agissait de la même histoire...
C'est déplorable.
via Kevin
A ce tarif, calculez combien d'années un prisonnier devra rester emprisonné pour sortir de taule avec en poche l'équivalent d'un RSA ? Et d'un SMIC ?
Question subsidiaire : évaluez ses chances de réinsertion.
Vous avez 20 minutes.
Adil est mort en prison, en France, au XXIe siècle, d’un ulcère dont il souffrait horriblement depuis des mois et qui n’aura jamais été diagnostiqué ni traité. Malgré ses demandes incessantes auprès de l’administration pénitentiaire et du service médical.
La France, ce pays où la vie des prisonniers n'a aucune valeur.
Vous vous souvenez du livre de Véronique Vasseur sur la prison de la santé ? Cette femme a été injuriée, traînée dans la boue, menacée. Et qu'est ce qui a changé ?
Rien.
Abus de pouvoir, déresponsabilisation et sexisme. (A ceux qui demanderaient "pourquoi sexisme ?" demandez-vous plutôt si on aurait fait subir la même chose à un avocat masculin qui, je ne sais pas, serait porteur d'une prothèse quelconque)
Tiercé gagnant.
via Ecyseo
C'est une stratégie sans doute : commencer par dire n'importe quoi, sortir des chiffres au doigt mouillé, pour ensuite faire des propositions qui ne seront sans doute écoutées par personne.
Il n'empêche, on progresse : « le véritable problème n'est pas l'idéologie religieuse : certains radicalisés sont tout simplement des psychopathes, tandis que d'autres utilisent l'islam pour défier l'institution carcérale et la société »
C'est un indicateur intéressant, mais ne faudrait-il pas le mettre en corrélation avec le nombre d'habitants ? Cela ne veut pas dire exactement la même chose d'avoir 800 personnes sur 100 000 en prison dans un pays de 300 millions d'habitants ou dans un de 25 millions d'habitants... 10 fois moins d'habitants, la même proportion en prison...
Tenez, c'est intéressant ça. J'ai écouté cette chronique à la radio dans la voiture tout à l'heure. Deux remarques :
1/ quand je vous disais que nous devenons esclaves de la technologies...
2/ ici, c'est un choix délibéré : on fait ça pour des raisons économiques. Nous en paierons très cher les conséquences.
"Quand elle abolit les distances et le temps, quand elle rend possible une relation impossible, la technologie humanise. Quand, au contraire, elle se substitue à une relation possible, quand elle vient se placer entre deux personnes qui pourraient se voir ou se parler, elle est outil de déshumanisation. La technologie vient alors signifier qu’on ne veut pas de cette relation, parce qu’elle est potentiellement dangereuse, parce qu’elle coûte trop cher. Sans doute le pire signe qu’une société puisse envoyer à celles et ceux qui, un jour, forcément, la réintégreront."
Vous savez que c'est pas idiot son truc ?
Tl;DR, mais j'ai quand même lu en diagonale.
Un extrait qui donne le ton : "Comment peut- on encore user de l'argument du laxisme alors que nos prisons sont bourrées à craquer? (+ de 10 000 personnes détenues en + de ce que les capacités des prisons permettent) Je ne comprends pas. Vraiment, je ne comprends pas.
Je comprends encore moins que l'on bloque encore sur l'idée du durcissement des lois et des peines comme solution crédible et viable pour lutter contre la délinquance. C'est à se taper la tête contre les murs en fait.
Les contres exemples s'entassent, les faits parlent d'eux même, mais non.
Et puis sérieusement, quel sens ça a de parler de "durcissement de peine" au regard des conditions de détentions actuelles? Humiliations, privations, violences, menaces, bafouement des droits fondamentaux, vie privé zéro, enfermement, j'en passe et pas des moindres. Mais en fait non, faudrait que ce soit encore plus dur, là ça ne l'est pas assez pour être dissuasif. OK."