Mais mes pauvres amis, la qualité d’une œuvre, c’est SECONDAIRE.
Un gros éditeur sort des dizaines de titres par mois. Parfois plus. Sur cette pléthore de titres, il va décider de miser gros sur un ou deux auteurs sûrs ou prometteurs. Les autres ? Ils servent à gonfler la masse des faire-valoir. Ceux-là n’auront pas d’article dans la presse, n’iront pas sur des plateaux télé, n’auront pas un présentoir géant à l’entrée de tous les supermarchés.
Parce qu’ils sont moins bons ?
Non.
Parce que personne, dans ce petit microcosme qui est pourtant venu les chercher, ne croit en eux. Je suis persuadée que si l’éditeur ne débourse pas un centime pour faire connaître une œuvre, aussi magistrale soit-elle, s’il ne fait pas chauffer à blanc son service de presse avec les relations qui vont bien, et si le diffuseur n’a pas un intérêt quelconque à défendre ce titre, alors il ne décollera jamais. Il ne « trouvera pas son public », car ce n’est pas l’auteur, maintenu dans le noir, qui est en capacité de le trouver. Il ne contrôle aucun canal de diffusion et dans sa misère, n’a pas les moyens financiers pour ça.Comment une œuvre pourrait-elle trouver son public si personne n’en entend jamais parler ? Malgré ma communauté et ma présence constante sur les réseaux, je sais que plus de la moitié des gens qui ATTENDENT ce roman et VEULENT le lire ne verront même pas l’info de sa sortie.
Même les réseaux sociaux, qui nous ont permis un temps de contourner les autoroutes habituelles exigent désormais qu’on paie. J’ai 87 000 personnes qui me suivent sur ma page Facebook. 87 000 personnes qui ont cliqué en disant « oui, je veux voir les infos de cette page, ça m’intéresse ». Et bien si moi, je décide d’écrire « coucou » sur ma page Facebook et que je veux que ces 87 000 personnes le voient, je dois débourser au minimum 400€ par JOUR, pour espérer toucher entre 8 900 et 37 000 personnes maximum. Et pas des inconnus hein, juste mes abonnés !
Si je ne paie pas ? Seule une poignée d’abonnés verra mon "coucou" s’afficher au milieu des publications filtrées et sponsorisées. Et c’est la même tisane sur Twitter ou Youtube. Les réseaux se sont rendus indispensables, et désormais nous rackettent paisiblement.
La chaîne du livre n'en a rien à carrer des auteurs et les rézosocios sont des entreprises de racket.
Comme toutes les listes de livres, celle-ci a forcément éveillé mon intérêt. Quelques livres lus, un paquet de livres à lire, pas mal d'inconnus.
J'espère vivre très vieux...
Je note au passage qu'il est assez incongru, pour ne pas dire complétement faux, d'écrire que Le Maître et Marguerite n'a pas été censuré...
via Riff
De fait, Sapkowski avait à l'époque cédé les droits de son oeuvre à CD Projekt au lieu de négocier un pourcentage sur les ventes des jeux, dont il n'avait pas imaginé le succès une seule seconde. "J'ai été assez stupide pour leur vendre les droits. Ils m'ont proposé un pourcentage sur leurs profits. J'ai dit non, il n'y aura jamais de profits, donnez-moi tout l'argent maintenant. J'ai été suffisamment stupide pour tout leur confier parce que je n'ai pas cru en leur succès. Mais qui aurait pu deviner ? Pas moi", avait amèrement regretté Sapkowski dans un entretien avec Eurogamer datant du printemps 2017.
TIL : 14 millions d'euros, c'est 6% des profits engrangés par CD Projekt Red. Waouh.
Je viens de découvrir ce site grâce à Riff. C'est hallucinant, il y a des informations sur toutes les citations et allusions du Disque monde... et des autres livres de Pratchett. Une vraie mine d'or.
The Pratchett Quote File or PQF is a collection of one-liners, catchphrases, general quotes, pieces of dialogue, and running gags, all culled from Terry Pratchett's novels and other writings (including his Usenet articles).
The PQF was started years ago by Leo Breebaart on the Usenet newsgroup alt.fan.pratchett, and is now being maintained by Kimberley Verburg <pqf@lspace.org>. New quote submissions are always welcome.
Vous vous souvenez de la campagne de financement participatif pour les œuvres complètes de Lovecraft dont j'avais parlé en début d'année ? Je pense qu'avec un projet financé à 3978% et 397 883 € récoltés, on peut raisonnablement parler de succès.
Si vous n'avez pas participé à la campagne Ulule et que vous êtes malgré tout intéressés par l'acquisition de ces ouvrages, l'éditeur les propose à la vente sur son suite pour la modique somme de 120 €.
Un très court album bien plus profond qu'il n'y paraît sur le commerce de la peur. A mettre entre toutes les mains, dès que possible.
Un beau texte sur "l'industrie du livre" en général et la lecture en particulier.
Alors voilà. Lisez. Ce dont vous avez envie. Ce qui vous tombe sous la main. Ce qui tombe à côté. Le bouquin à propos duquel vous avez découpé un article dans Femme actuelle, Elle, Telerama ou le 1. Celui dont on vous a parlé ici, et dans d’autres médias auxquels vous faites confiance, y compris le journal du coin.
Ou écoutez votre meilleur pote. Ou votre prof de français d’il y a quelques années, non celui-là je ne l’ai toujours pas lu, faudrait, faudrait, faudrait. Celui qui sort bientôt au ciné. Celui dont vous avez noté la référence en faisant trois fautes au nom de l’auteur, dont vous avez attrapé un mot du titre, ou pas d’ailleurs, celui dont vous savez que la couverture est bleue. Faites confiance à votre libraire, c’est un prestidigitateur.
Et pour avoir un avis sur un bouquin, il n’y a qu’un seul moyen : lisez-le.
Mais lisez, bordel.
Je me recopie ça là tellement c'est beau.
À l'ombre du vieux mur il est une cité vaillante et populeuse et qui m'est étrangère. Souvent j'y songe et je voudrais savoir quels sont les dieux en ces lieux que l'ont fête, si leurs vieillards sont sages dans leur cuirasse blanche, comment sont leurs savants, leurs fous et leurs poètes, et qui sont leurs guerrières et qui leurs agorètes...
Mais je n'y puis aller qu'en pensée, sous le vieux mur, dans la cité des myrmidons.
--Inconnu, vers -50
Traduit du latin par Alien Spoon
Un peu de retard pour cet article écrit en avril...
TIL : Maupassant était bisexuel.
via ce podcast : https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-auteurs/guy-de-maupassant-34-contes-et-nouvelles
Ben zut, je ne savais que Guillame Meurice ne faisait pas que raconter des conneries : il en écrit aussi.
Hop, un bon conseil de lecture de Riff !
Hop, quelques grammes de culture dans ce monde de brutes.
Le titre de l'article est incorrect, la question posée était "Quel livre vous a fait aimer la SF ?"
Top 3 : les cycles Dune-Fondation-Hyperion.
Déjà lu un sur les 3, il me reste du pain sur la planche ^^
via Riff, sans doute.
On les compte presque sur les doigts d'une main. Un peu plus d'une dizaine, voilà le nombre de femmes publiées dans la Pléiade depuis la naissance de la collection en 1931, sous l'impulsion de Jacques Schiffrin. En décembre 2017, Télérama publiait sur son compte Twitter une infographie donnant à voir un déséquilibre flagrant entre hommes et femmes.

Tiens, Riff connait sûrement.
En tout cas je vais le lire !
Hop, encore une liste. J'en ai quand même lu un bon paquet dans celle-ci.
Si je réussi à donner envie de lire ce livre à au moins une personne, je n'aurais pas totalement perdu mon temps :)
Egalement lu dans l'article précédent (Gogol en ses démons) :
Après avoir vu la série, et afin de me défaire de son univers glauque un peu trop enveloppant, j’ai regardé quelque chose qui n’avait rien à voir : Marianne Faithfull, fleur d’âme que Sandrine Bonnaire a consacré à l’icône du Swinging London des années 60. Un documentaire bien fait où la chanteuse est confrontée à ses archives débordantes de liberté, de provocations, de drogues, de scandales, de déchéance et de renaissance quasi miraculeuse. A un moment, après sa séparation avec Mick Jagger, elle évoque ses grands moments de solitude et d’abandon de soi au cours desquels elle a eu la révélation du Naked Lunch (Le Festin nu), grand livre de William Burroughs qui a tant compté pour tant. Sauf qu’elle l’a pris au pied de la lettre…
Elle s’est ainsi retrouvée SDF pendant deux ans assise ou allongée par terre, dans les rues ou les squats de Londres, à enchainer les shoots d’héroïne. Anorexique et défoncée, elle avait fait de ce livre son projet de vie. Un jour, après s’en être sortie, elle rencontra l’écrivain à qui elle devait ce voyage qui s’annonçait sans retour. Ils se lièrent d’amitié. Lorsqu’elle lui raconta l’origine, la forme et le moyen par lesquels elle se voua à son autodestruction, elle osa lui demander : « Mais pourquoi as-tu écrit ce livre ? ». Et Burroughs de l’engueuler : « Mais enfin, je ne l’ai pas écrit pour toi ! Et de toute façon, c’est de la fiction, rien d’autre !… »