Tient, en voilà un autre à qui il faudrait demander son avis sur la Chine(non, ce n'est pas une contrepèterie)... Déjà qu'Edouard Philippe considère que la colonisation n'est pas un crime, il ferait beau voir qu'il considère un État génocidaire et totalitaire comme une dictature.
Le patron d’Horizons suit là une tendance à vouloir réécrire l’histoire pour rétablir un «roman national» qui ne s’embarrasse pas des travaux des chercheurs. Un signe supplémentaire de l’écrasante domination culturelle de l’extrême droite sur la droite.
C'est un bon résumé de la merde dans laquelle on est. Parce que ce n'est pas parce que tu es de droite que tu dois être raciste (en gros). Thomas Legrand cite d'ailleurs Chirac, qui disait en 2003 :
Nous avons saigné l’Afrique pendant quatre siècles et demi. Ensuite, nous avons pillé ses matières premières ; après, on a dit : “Ils [les Africains] ne sont bons à rien.”» Et d’ajouter : «Au nom de la religion, on a détruit leur culture.»
Et du coup :
Le fait que même Edouard Philippe ait jugé que, pour continuer à s’affirmer de droite, il ne peut pas être rationnel sur ce sujet est un signe de plus de l’écrasante domination culturelle de l’extrême droite sur l’ensemble de la droite.
Après vous avoir fait découvrir (en tout cas j'ai cette prétention) la vie de Rose Valland la semaine dernière, je vous présente aujourd'hui la vie de Han van Meegeren. La première a consacrée sa vie à sauver des œuvres d'art, le second à peindre... même s'il est surtout connu pour ses faux Vermeer, notamment un vendu à Goering, et c'est là le point de jonction de ces deux livres, lus à quelques jours d'intervalles cet été.
Toutes choses égales par ailleurs, Macron se comporte comme Trump : les avis qui lui déplaisent doivent être effacés. Il n'est question ici que d'un patrimoine mondial, inestimable et irremplaçable, c'est tout de même moins grave que quand des gilets jaunes pètent un moulage en plâtre, mais quand même.
TL;DR : Macron, pendant la durée des travaux du musée qui l'abrite, veut prêter la Tapisserie de Bayeux aux anglais. Intention louable et juste retour des choses puisque c'est la conquête de l'Angleterre qui est le sujet de ladite tapisserie. Sauf que TOUS les experts s'accordent pour reconnaître qu'elle n'est pas déplaçable car trop fragile. Qu'à cela ne tienne : toutes les références à ces avis, sur tous les sites de l'Etat qui en faisaient mention, ont été effacées.
Beau travail, pour un président qui fait tapisserie depuis plus d'un an.
Dans un podcast diffusé ce vendredi 25 avril, deux éminents historiens britanniques se sont livrés à un débat académique au sujet d’un détail insolite figurant dans l’œuvre monumentale retraçant les péripéties de Guillaume le Conquérant.
Figurez-vous que ces deux éminents spécialistes de cette œuvre, ne sont pas d'accord sur le nombre de pénis que l'on peut compter. Oui, oui, de pénis. Et pas seulement ceux des chevaux. L'un en compte 93, l'autre 94.
À l’école, je n’ai pas assez bien appris le sujet. » Voilà comment Thomas Sotto, présentateur de la matinale de RTL, a justifié sa surprise lorsque le journaliste Jean-Michel Aphatie a évoqué les « massacres » de la colonisation française en Algérie, suscitant une intense campagne de haine et des commentaires nostalgiques ou racistes dans les médias d’extrême droite.
Cette polémique est un révélateur. Beaucoup de Françaises et de Français ne connaissent pas forcément la litanie de razzias et de massacres qui ont accompagné la conquête de l’Algérie à partir de 1830. Et ce paradoxe : nombre de généraux et de militaires qui ont mené ces opérations ont aujourd’hui encore des avenues et des statues à leur nom dans certaines villes françaises.
Parce que je sais que ça vous passionne, voilà ce qu'Apathie avait dit sur RTL en février :
Chaque année, en France, on commémore ce qui s’est passé à Oradour-sur-Glane, c’est-à-dire le massacre de tout un village. Mais on en a fait des centaines, nous, en Algérie. Est-ce qu’on en a conscience ?"
Je n'ai pas spécialement de sympathie pour Apathie, mais sur ce coup, il a raison. Et Sotto, même s'il a la décence de prendre des précautions oratoires ("j'y connais rien mais je vais quand même ouvrir ma gueule"), a tort.
Je cite le premier commentaire du fil Reddit, parce qu'il me semble qu'il a tout dit :
L'Histoire c'est les Nazis qui ont massacré des civils dans le village d'Oradour, en les fusillant et en les cramant dans une église. L'Histoire c'est les colons français qui ont massacré les populations algériennes notamment en les asphyxiant dans une grotte dans le but explicite de les tuer.
Mais la Mémoire n'a retenu qu'Oradour sur Glane, symbole de la barbarie Nazie, qui n'est même pas le seul exemple mais qui est le seul qu'on retient et qu'on enseigne à l'école. Et la barbarie des colons en Algérie c'est silence radio.
Donc quand Thomas Sotto dit "j'y connais rien mais quand même, comparer ça aux Nazis c'est un peu excessif" ça illustre parfaitement notre manque de mémoire sur l'Histoire de l'Algérie et la "sacralisation" (c'est pas le bon terme, je sais pas comment dire autrement) de l'horreur Nazie à Oradour qui rend insupportable toute comparaison avec des faits historiques pourtant comparables dans les actes et l'horreur.
La colonisation, dans sa globalité, ça a été une suite de massacres. La conquête de l'Algérie, ça ne s'est pas fait dans l’allégresse. Les décolonisations, ça s'est fait dans le sang. Avec, en Algérie, l'emploi de gaz, ce que la France, aujourd'hui encore, se refuse à admettre publiquement (même si c'est désormais, et au moins depuis une enquête de XXI il y a 3-4 ans, un secret de polichinelle). Et entre les deux, on aura traité les "autochtones" comme des esclaves. Lisez au moins "Terre d'ébène" d'Albert Londres, tiens, pour voir les bienfaits de la colonisation à l’œuvre. Ou lisez "Congo, une histoire" de David Van Reybrouck, si vous voulez taper sur les belges aussi.
Ce n'est jamais bon d'instrumentaliser l'Histoire, dans n'importe quel sens. Il faut prendre les faits comme ils sont, tan t pis si ça écorne le "roman national".
Allez, je continue sur ma lancée : lisez La France de Vichy, ouvrage publié par l'historien américain Robert O. Paxton en 1972. C'est certes moins palpitant que les œuvres complètes d'Abercrombie, mais c'est une lecture indispensable. Oui, aujourd'hui encore. Surtout aujourd'hui.
C’est une plongée dans la presse de 1928 pour « sentir » l’atmosphère de l’époque.
C’est édifiant : on perçoit le lent glissement vers l’autoritarisme.
On le perçoit mieux avec le recul : Pourquoi ne le voit-on pas aujourd’hui ?
Aujourd’hui, en tant qu’historienne et conseillère scientifique pour le musée de la résistance du Mont-Mouchet en Haute-Loire, elle estime que le devoir de mémoire a quelque part failli. Elle explique : “À Oradour-sur-Glane, l’extrême droite a récolté plus de 40% des voix. En tant qu’historienne, j’ai l’impression que nous sommes dans une amnésie collective. Quand vous voulez alerter, vous passez pour un trouble-fête. On met sous le tapis ce qui dérange. Et à force de mettre sous le tapis cela, un beau jour la poussière sort et vous étouffe”.
Elle poursuit : “La France de Pétain, c’était il y a 80 ans. C’est une absence de culture historique dont nous sommes peut-être collectivement responsables. Cette Histoire ne parle plus aux gens. On a beau faire des documentaires pour expliquer que des partis politiques ont emmené des gens dans des camps de concentration, tout cela ne parle plus. L’Histoire devient un grand spectacle. La commémoration du Débarquement est devenue un grand spectacle festif. Les 80 ans de la Libération sont devenus un carnaval déguisé où l’on joue à la guéguerre. Par conséquent, il y a une banalisation de tout cela”.
J'aime beaucoup ce genre d'analyse qui déconstruit un peu quelques mythes : les nazis étaient des ordures, pas des abrutis, et les opérations d'intox n'ont fonctionnées qu'à la marge - avec toutefois comme résultat de plonger l'adversaire dans l'expectative : le débarquement aura lieu, mais où et quand ?
EDIT : juste une remarque sur la fin de l'interview, sur l'adhésion des allemands au régime nazi, et sur les "apolitiques", plus ou moins partisans du régime, mais qui suivent le "régime en place". Déjà, il y a une contradiction dans les termes, ce qui tend à démontrer que l'apolitique n'existe pas.
Ensuite, cela n'a rien d'étonnant : pour les conscrits nés à la fin des années 20, ils n'ont connu que le nazisme.
Le Commando Kieffer est le seul bataillon français du jour du débarquement. Cela suffit presque à fabriquer une légende en soi. Cette unité porte le fameux béret vert, ils sont jeunes, ils ont rejoint la France libre et ont été formés dans un camp d’entrainement en Ecosse pour mener des actions coup de poing. Le commando Kieffer fait œuvre de compensation et lave la honte de Vichy. Le courage de ses hommes est rendu célèbre dans le film Le Jour le plus long avec John Wayne en 1962. Enfin, un hommage public, un peu de notoriété, diront certains ! Car du côté de l’État français et de l’armée, l’histoire du Commando Kieffer nous dévoile un oubli bien français. Journaux intimes et archives familiales font enfin parler la grande muette, mal à l’aise avec ces hommes, la plupart engagés volontaires dans la France libre, non militaires de carrière, parfois indisciplinés, engagés sous le sceau du secret à défendre la nation.
J'avoue piteusement ignorer cette histoire.
En revanche, dois-je vraiment avouer que l'ingratitude de la mère patrie ne me surprend guère ?
EDIT : autres liens :
https://www.france24.com/fr/france/20240528-d%C3%A9barquement-en-normandie-les-177-du-commando-kieffer-ont-tous-retrouv%C3%A9-un-visage
https://www.lunion.fr/id605249/article/2024-06-02/lentretien-du-dimanche-les-hommes-du-commando-kieffer-etaient-des-gens-tres
Le corps expéditionnaire français, fort de quelque 15 000 hommes de nombreuses nationalités, avait sous-estimé la puissance de feu de ses ennemis, nourrie par l'installation, sur les collines surplombant le camp retranché, de canons transportés en pièces détachées sur des centaines de kilomètres dans la jungle, parfois à vélo.
Alors les "nombreuses nationalités", c'était les enrôlés des colonies hein, notamment sénégalais et algériens. Des colonisés pour aller foutre sur la gueule d'autres colonisés, et se faire massacrer pour un pays qui n'était pas le leur, dans un conflit où ils n'avaient absolument rien à gagner. Je ne dis pas qu'il n'y avait aucun blancs de métropole (mon grand-père y était, il a eu la "chance" -il a failli crever- de chopper un truc et d'être rapatrié avant Dien Bien Phu ; je regrette qu'il soir mort si jeune, je n'ai jamais pu en parler avec lui - notez qu'il n'aurait peut-être pas voulu), mais le gros de la troupe, c'était des colonisés.
Pour la sous-estimation de l'adversaire et la grossière erreur stratégique, je vous renvoie au livre d'Eric Vuillard cité ici : des gradés hautains qui méprisaient autant leurs troupes que l'adversaire. Ils sont toujours là, et quand ce sera à refaire ils referont tout pareil.
Cependant, Eric Vuillard a souhaité attirer notre regard sur les financiers qui tirent profit de la guerre. L’Indochine, colonisée au XIXème siècle, dispose d’importantes plantations d’hévéa (ingrédient essentiel du caoutchouc), mais aussi de riz ou de ver à soie. Ainsi, pendant que les soldats français se font massacrer dans la jungle, les investisseurs de la Banque privée française d’Indochine en profitent pour spéculer sur la défaite en rapatriant les avoirs, pour s’enrichir grâce à l’effort de guerre. D’un ton inspirant désillusion, dégoût et ironie, Eric Vuillard raconte les collusions politiques d’une Quatrième République chancelante, mais aussi les sabrages de champagne des investisseurs devant les dividendes qui explosent d’année en année malgré la défaite imminente des armées françaises. Cette situation hallucinante est également mise en scène par Pierre Lemaitre dans son roman Le Grand Monde qui situe une partie de son action en Indochine.
Je n'aurais qu'un reproche à faire cet article : ce livre d'Eric Vuillard, comme la plupart de ses livres d'ailleurs, est plutôt un récit qu'un roman. Il donne à voir, c'est à peine s'il comble certains vides : tout est vrai. J'ai lu celui-ci sur la guerre d'Indochine, et l'article que je cite retranscrit bien le cynisme qui transpire de toute cette catastrophe. Colonialisme et recherche effrénée du profit, racisme, incompétence crasse de militaires qui n'ont pas gagné une seule guerre depuis Napoléon... franchement, c'est à lire si vous ne connaissez rien à la guerre d’Indochine, car c'est un condensé de cette période, qui se lit de fait comme un roman.
Du même genre et du même auteur, je ne saurais trop vous conseiller de lire Congo et L'ordre du jour, le premier sur le Congo du temps ou il était la propriété personnelle du roi des belges -et c'est aussi atroce que ce que vous imaginez- et le second s'articulant en deux parties, juste avant la prise de pouvoir par les nazis et juste après la chute du Troisième Reich ; le récit montre comment le monde des affaires a soutenu Hitler, comment les industriels ont utilisé les déportés comme main d’œuvre (on le voit aussi dans Les Bienveillantes de Littell),comment les autrichiens ont accueillis les nazis à bras ouverts en 1938, comment les européens ont laissé faire... Je crois que c'est dans ce livre qu'il y a une phrase terrible, il me semble que c'est un témoignage lors du procès de Nuremberg, où je ne sais plus quel dignitaire nazi explique qu'ils avaient très peur d'être écrasés à ce moment là car il étaient vulnérables.
Pourquoi les espagnols portent-ils deux noms de famille ?
Et est-ce que c'est toujours le nom du père qui gagne ? (Spoiler : non)
Une petite animation de l'émission Karambolage (Arte) pour tout savoir en quelques minutes !
Je ne prétends pas à une recension exhaustive, j'ai juste cherché de ci de là, pour oublier le sentiment nauséeux né du visionnage de la cérémonie d'hommage national avec pas mal de gens sincères, et pas mal de personnes qui semblaient juste là pour être vues.
1/ 1977 : procès Patrick Henry
Je me souviens de ce jour de la plaidoirie. Il était livide. Il avait beaucoup maigri. Robert Badinter a fait une plaidoirie sur lui aussi, mais surtout sur la peine de mort, avec des mots particulièrement forts. « On prend un homme et on le coupe en deux ». Puis cette espèce d'adresse qu'il a eue à l'égard des jurés à la fin de sa plaidoirie, en les désignant en chacun du doigt, c'était terrible. Et en leur disant : « Vous savez, un jour, la peine de mort sera abolie en France. Si vous dites à vos enfants ou à vos petits-enfants: un jour, j'ai voté la mort d'un homme, alors vous verrez leur regard. »
2/ 1981 : abolition de la peine de mort
La question ne se pose pas, et nous le savons tous, en termes de dissuasion ou de technique répressive, mais en termes politiques et surtout de choix moral. (...)
Voici la première évidence: dans les pays de liberté, l'abolition est presque partout la règle; dans les pays où règne la dictature, la peine de mort est partout pratiquée.
Ce partage du monde ne résulte pas d'une simple coïncidence, mais exprime une corrélation. La vraie signification politique de la peine de mort, c'est bien qu'elle procède de l'idée que l’État a le droit de disposer du citoyen jusqu'à lui retirer la vie. C'est par là que la peine de mort s'inscrit dans les systèmes totalitaires.
3/ 2007 : Le discours historique de Robert Badinter face à Robert Faurisson ("les faussaires de l'Histoire")
L'émotion dans sa voix, sa colère réelle, ça vous tord le bide.
Jusqu'à la fin de mes jours, tant que j'aurai un souffle, je me battrai contre vous et vos semblables
4/ 2011 : une interview sur TV5 monde : Il faut stopper le débat sur l'Islam
La République, je le rappelle, elle ne connait que des citoyens sans aucune distinction de sexe, de race, de religion, d'opinion, d'orientation sexuelle
L'avis de Nota Bene sur le Napoléon de Ridley Scott : bah c'est nul. Mais ça, c'est la toute fin de la vidéo.
Tout le reste du temps, il fait une critique très intéressante sur les limites de la fiction :
Est-ce qu'on peut tout se permettre juste parce que c'est une fiction ? Eh ben évidemment la réponse est oui.
mais :
ce n'est pas parce que c'est une fiction que les historiens doivent se priver de faire de commenter un film [...] qui est historique.
[...]
balayer leur travail [...] vient alimenter la défiance qu'une partie du public peut avoir envers les historiens.
[...]
le récit de Scott c'est le récit de la propagande anglaise [du XIXème siècle].
Oh, ça a l'air intéressant ça. Noté.
Réunissant plus de deux cents cinquante chercheuses et chercheurs issus du monde entier, ce livre nous invite à regarder la colonisation française en face, avec les yeux des colonisés et des colonisateurs. Les meilleurs spécialistes mettent à notre disposition une connaissance profondément renouvelée de la domination coloniale, de ses formes parfois surprenantes, de ses effets dévastateurs, de ses limites longtemps ignorées, ainsi que de ses rémanences actuelles.
Dans une époque tout entière dominée par les questionnements identitaires et les affrontements mémoriels, ce livre collectif restitue de manière lucide, accessible et passionnante, la grande diversité et la complexité des situations coloniales en Afrique, en Asie, en Océanie et dans les Amériques.
De la colonisation est née une histoire à la fois riche et violente, tissée d’innombrables échanges, qui fait de nous ce que nous sommes. Colonisés et colonisateurs ont été à la fois liés et transformés à jamais par cette expérience qui retrouve ici toute sa place – à bien des égards centrale – dans l’histoire de France.
Pour déjouer les évidences et répondre aux interrogations contemporaines, cet ouvrage part du présent et remonte le fil du temps jusqu’aux sources méconnues du passé dit « précolonial ». En inscrivant le fait colonial français dans le temps long – du XXIe au XVe siècle – des relations entre la France et le reste du monde, cette histoire globale en appréhende les continuités, les ruptures et les singularités. Ainsi peut-être comprendrons-nous mieux qui nous sommes.
TIL : Il y a eu un pseudo-tour de France en 1942, et ça n'a pas été très reluisant.
Mais, organisée à la hâte, basée sur des données approximatives et improvisée tout au long du parcours, la course tant attendue vire au fiasco : retards délirants obligeant les coureurs à rouler la nuit ; concurrents perdus dans l’obscurité ; une étape raccourcie de moitié, une autre où la ligne d’arrivée est déplacée ; pire encore, un directeur de course qui embarque un coureur retardé sur une moto de l’organisation pour lui faire rattraper son retard… ou qui en menace un autre s’il refuse de participer à la course.
Une chaine Youtube intitulée “je révise avec toi” propose toute une série de vidéos problématiques par leur manière de raconter l’histoire. Marquées par un penchant pour le roman national, elles proposent une lecture biaisée voire erronée de l’histoire déconnectée des avancées de la recherche scientifique.
Vigilance donc, si vous pensez montrer des vidéos de vulgarisation historique à vos enfants (ou les regarder vous mêmes).
Après près de cinq siècles de mystère et plusieurs mois d’enquête et d’analyse, une équipe multidisciplinaire de quatre chercheurs en informatique et en histoire, vient de lever le voile sur les mystères qui entouraient une lettre chiffrée de Charles Quint, hébergée à la Bibliothèque Stanislas. C'est une découverte inédite et un témoignage exceptionnel de la situation en Europe au XVIe siècle, dévoilés à la presse nationale le 23 novembre.
Je ne dis pas qu'on devrait embaucher Charles Quint à l'ANSSI, mais il était quand même fortiche en crypto : on a mis 5 siècles pour casser son code !
Le dossier de presse est superbe, plein d'explications et de cartes : top !
C'était bien Twitter quand même (oui, dans ma tête, c'est déjà mort), surtout pour des choses comme ça : le témoignage du grand-père évadé du stalag en 1943. L'histoire par celui qui l'a vécue : au retour, en 1944, il écrira toute son aventure, avec cartes et dessins inclus.
Connaissez-vous le Triangle de Yacuiba ?
J'adore ce genre de thread.
Pourquoi n'a t'ont pas retrouvé de corps sur le site de la bataille de Waterloo ?
D'après cet historien ils auraient probablement été déterrés dès les années 1820... pour transformer les ossements en engrais.
La célèbre image du soldat républicain pendant la guerre civile espagnole serait un bidonnage (ce qui n'a rien de révoltant en soi ; ce qui est intéressant, c'est d'étudier comment on en est arrivé à en faire un élément de "vérité").
Roger Frey, ministre de l'Intérieur, le 9 février 1962 : "Des groupes organisés, de véritables émeutiers, armés de manches de pioche, de boulons, de morceaux de grilles, de pavés, d'outils divers ont attaqué le service d'ordre, en particulier boulevard Beaumarchais, rue de Charonne et rue de Turenne. Aucune manifestation qui trouble l'ordre public ne peut constituer un soutien. Bien au contraire. Elle représente alors un élément de la subversion même, en exacerbant les passions et en empêchant surtout les forces de l'ordre de remplir leur mission."
Michel Debré, premier ministre, le 12 février 1962 commente ainsi l'événement : "Il n'y a point d'État si la première mission dont il est chargé, c'est à dire l'ordre public, n'est pas respectée."
Michel Debré a même félicité le préfet de police, Maurice Papon, quelques jours plus tard pour sa fermeté. Les policiers auteurs des violences n'ont jamais été sanctionnés. Un début d'enquête a été amorcé : des auditions de la police judiciaire, des convocations chez un juge d'instruction. Mais devant les protestations des policiers impliqués, le juge a été déplacé et l'enquête s'est arrêtée.
C'est fascinant de voir comment les mensonges et les dénis de justice d'hier rejoignent ceux d'aujourd'hui...
Cette idée fausse d’un Moyen Âge obscur où l’on croyait à une Terre plate est diffusée jusque dans nos écoles. C'est pourtant invraisemblable quand on se fie aux sources, et c'est en analysant ces dernières que deux historiennes sont remontées à l'origine de cette fake news.
Une fake news diffusée par... Voltaire :
"Il est allé exhumer un texte de Lactance et un texte de Cosmas, deux textes antiques qui n’avaient pas eu à leur époque de répercussion scientifique - voire, dans le cas de celui de Cosmas, qui n’avait pas circulé en Occident - pour en faire des archétypes de la pensée chrétienne de la fin de l’Antiquité. Donc, on en vient à la question fondamentale qui est celle du 'on'. Il ne vient à l’esprit de personne de dire qu’au XXIe siècle 'on' croit que la Terre est plate. Pourtant, il y a des gens qui croient que la Terre est plate. C’est exactement ce qu’il s’est passé. Dans l’Antiquité et au Moyen Âge, il devait y avoir des gens qui pensaient que la Terre était plate mais ce n’était pas la doctrine officielle. Or, Voltaire a fait comme si c’était la doctrine officielle et enseignée. Il est allé chercher deux textes qui l'arrangeaient, et il a ignoré les dizaines d’autres - en particulier ceux qui avaient un statut de manuel ou d’encyclopédie. C’est vraiment de la manipulation."
Voltaire est à l'origine de cette fake news
Doit-on en déduire que les chevaliers, juchés sur leurs petits équidés, avaient bien moins fière allure qu'on l'imaginait jusqu'ici ? Peut-être, si l'on s'en tient à notre jugement contemporain. Mais au Moyen-Âge, il semblerait que la taille n’ait jamais été un critère de choix, la robustesse et l’endurance, nécessaires pour les tournois ou les campagnes de guerre sur de longues distances, étant d’autres qualités privilégiées par les éleveurs.
Un bon cheval mon seigneur ? C'est celui qu'est encore vivant à la fin de la bataille, voilà ce qu'est un bon cheval.
via Riff
Pour les musulmans du Levant, l’arrivée des croisés n’est que secondaire, tout comme l’intérêt qu’ils portent à Jérusalem. Gabriel Martinez-Gros, historien spécialiste de l'Islam médiéval, nous aide à décentrer le regard sur les croisades et raconte comment les musulmans perçoivent l’arrivée de ceux qu'ils appellent les « Francs » : « L'explication des historiens arabes des croisades, qui est la plus convaincante pour un historien du XXIe siècle, est que les croisades sont une tentative de reconstitution de l'Empire romain et de reconquête du "Mare nostrum", (...) dont l'Occident ne s'est jamais consolé de la perte. »
Écouté en partie ce marin dans la voiture :
À Paris, Londres, Berlin ou Vienne, les grandes maternités hospitalières sont assaillies par de violents épisodes de fièvre puerpérale. Des centaines de jeunes accouchées meurent d’infection sous le regard impuissant et résigné du personnel médical. Armé d’un esprit rigoureux et rationnel, Semmelweis trouve un moyen simple et efficace pour enrayer ce fléau : le lavage des mains à l’eau de javel. Les germes n’ont pas encore été identifiés. Semmelweis est donc un pionnier, le fondateur de l'asepsie et le découvreur d’une mesure prophylactique d’une saisissante actualité.
Malgré des résultats indiscutables, très peu de médecins reconnaissent la validité du lavage des mains. Une très large majorité de la communauté médicale ignore ou ridiculise une méthode qui nécessite de rompre avec les habitudes, de changer les comportements. Mais le corps médical rejette surtout l’hypothèse irrecevable qui en découle : ce sont les mains des médecins et leurs ustensiles souillés qui sèment la mort.
Rejeté de son vivant, Semmelweis meurt en 1865, à l'âge de 47 ans. Il tombe très vite dans l’oubli, particulièrement en France, où Louis Pasteur est en passe de découvrir les germes responsables des maladies infectieuses. Aujourd’hui encore, la découverte de Semmelweis tout comme sa contribution à l'évolution de la science sont largement occultées par l’historiographie médicale française et son culte du héros national.
Et c'est la thèse de doctorat en médecin d'un certain Louis Destouches (aka Céline) qui contribuera à sauver de l'oubli ce génial précurseur.
Successeur de la culotte, le pantalon symbolise la masculinité et, partant, le pouvoir, comme en témoigne le dicton « porter la culotte ». Au cours de la Révolution, il se charge d’une signification plus précise en exprimant les valeurs républicaines et devient un élément clé du nouvel ordre politique. Mais l’Ancien Régime continue pour les femmes, qui, sur le plan tant vestimentaire que social, n’accèdent ni à la liberté ni à l’égalité. Privées de droits, assignées à résidence dans leur genre, elles sont interdites de pantalon.
J'adore tous ces faits que l'on a pas forcément en tête à propos du temps, et notamment le temps entre différents jalons de l'histoire du monde :
- My favorite fact about time is, more time has past between Stegosaurus and Tyrannosaurus Rex, than Tyrannosaurus Rex and you.
You - now
Tyrannosaurus Rex - 68 million years ago
Stegosaurus - 155 million years ago- Also we are closer to cleopatra than cleopatra was to the great pyramids! We probably know WAY MORE about the great pyramids than she did.
- Also it took humans longer to go from bronze to steel than from steel to the atomic bomb
- Longer to get from a piloted hot air balloon to the airplane than the airplane to spacecraft.
C'est donc pour ça que la Meurthe-et-Moselle a cette forme de dinosaure un peu bizarre ! Purin, attendre d'avoir 40 balais pour apprendre ça, flûte ! Merci Gee !
Plusieurs des tueurs ayant commis des massacres de masse ces dernières années se revendiquent explicitement du Moyen Âge. Les journaux en ont beaucoup parlé dans le monde anglosaxon, et les médiévistes anglosaxons commencent à se saisir du phénomène (voir les articles indiqués à la fin de celui-ci). C’est beaucoup moins vrai en France. Il y a pourtant quelque chose qui se joue dans cette utilisation-là du Moyen Âge, quelque chose qui demande à être compris, pour pouvoir, peut-être, être conjuré. Comment comprendre que la période médiévale fascine autant certains tueurs contemporains ?
Non, les femmes préhistoriques ne balayaient pas la grotteDans notre imaginaire collectif, les femmes préhistoriques se font tirer les cheveux par des hommes violents, et ne s’aventurent hors de la grotte que pour cueillir des baies. Des clichés brisés par des preuves archéologiques, analysées par la préhistorienne Marylène Patou-Mathis.
"Contrairement à ce qu’on pensait pendant très longtemps, les femmes préhistoriques faisaient plein d’activités. Elles participaient à la chasse, elles tuaient les animaux, elles travaillaient les peaux, taillaient les outils... Même pourquoi pas envisager que c’est elles qui ont peint les grands aurochs de Lascaux ? Parce qu’actuellement, rien ne prouve qu’elles ne pouvaient pas le faire. Il n’y a aucune preuve archéologique, bien au contraire." Marylène Patou-Mathis, préhistorienne au CNRS, est en colère, et publie cet automne L'homme préhistorique est aussi une femme (Allary éditions, octobre 2020). La spécialiste de Neandertal y déconstruit notre imaginaire collectif selon lequel les femmes préhistoriques sont des cueilleuses soumises et passives qui attendent dans la grotte le retour du héros chasseur.
Oh, c'est chouette ça : un site pour trouver des cartes postales anciennes.
Le moteur de recherche fonctionne très bien ; en tout cas, il n'a eu aucune difficulté à me sortir des cartes postales de la petite ville de mon enfance (il faut dire que tout le monde ne peut pas se vanter d'avoir accueilli Maupassant !)
« Pas de portrait de lui, même pas à l’Hôtel de Ville de Paris qui collectionne, pourtant, portraits et statues de ses anciens maires ; pas de trace de son existence dans la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, ni dans les ouvrages qui évoquent « ces Noirs qui ont fait la France », etc. Severiano de Heredia a été une victime – je ne sais si centrale ou collatérale – de la politique coloniale de la France en Afrique, et de la persistance d’un état d’esprit colonialiste chez nous, même après l’étape dite de la « décolonisation » ».
[...]
« Severiano de Heredia a été oublié parce que Noir. Sa tombe refermée, l’ex-ministre est aussitôt mis sous le boisseau dans la patrie qu’il avait choisie et servie de façon admirable. Lui, l’étranger né aux colonies, lui, l’étranger descendant d’esclave. La subite dégradation de son image, puis sa disparition totale, ont été la conséquence inéluctable des méfaits du racisme et du colonialisme. La République a été son tremplin, le colonialisme son tombeau. La ville de Paris s’honore de se reconnaître en lui. »
Ils disent comment les autres affreux, déjà ? Qu'on ne va pas réécrire l'Histoire ? Je suis d'accord. On pourrait peut-être commencer par l'apprendre.
Dans une «discussion» avec l’universitaire Maboula Soumahoro sur BFM TV, le chroniqueur Eric Brunet affirmait récemment que l’idée même de racisme institutionnel serait un emprunt indu à la culture américaine. La police française ne peut être raciste parce que la République française n’a pas d’histoire raciste.
[...]
Il existe bien une ligne directe entre les pratiques de la police impériale et celles de la police contemporaine. Mathieu Rigouste a étudié notamment dans l’Ennemi intérieur… (1) cet état d’esprit faisant de tout Français racisé un «ennemi intérieur» potentiel dont il trace l’origine dans les forces de police coloniales nord-africaines.
[...]
Accuser les Noirs de communautarisme ou d’indigénisme parce que nous connaissons une histoire de France que la plupart ignorent est non seulement risible, c’est aussi dangereux.
Intéressant dans la mesure où ce thread pourrait éventuellement permettre à quelques uns de comprendre qu'il n'existe pas de grands hommes. Juste des types placés sur un piédestal -parfois pour de bonnes raisons- mais qui ont aussi leur lot de casseroles, de saloperies, et de préjugés liés à leur époque. Bref : on ne déifie personne, mais on ne jette pas bébé avec l'eau du bain.
Oh, et si c'était ça en fait, l'Histoire ?
Citations sur la France, l’Histoire... le mélange est piquant.
Depuis plusieurs mois, les rappeurs #Booba et #Kaaris se défient en duel, à grands coups d'insultes sur les réseaux sociaux. En 1402, c'est Louis d'Orléans qui défie le roi d'Angleterre : deux contextes différents, une logique très proche. Un thread
Depuis plusieurs mois, les rappeurs #Booba et #Kaaris se défient en duel, à grands coups d'insultes sur les réseaux sociaux. En 1402, c'est Louis d'Orléans qui défie le roi d'Angleterre : deux contextes différents, une logique très proche. Un thread
A lire. J'aime bien Michel Pastoureau, c'est toujours intéressant.
«la figure du Jésus est une construction du Christianisme et pas sa cause. Paul et la première génération de Chrétiens ont utilisé la version grecque Septuagint enrichie de la bible hébraïque pour créer une nouvelle foi en y ajoutant des rituels païens, des termes gnostiques un Dieu sauveur capable de rivaliser avec ceux des Egyptiens, des Perses, des Grecs et des Romains. Nous ne saurons peut-être jamais ce qui a été le déclencheur de la propagation du christianisme».
Ah bon ? Les émissions de vulgarisation à la Stéphane Bern sont un ramassis de clichés et de poncifs ? Oh ben, dis donc. Quelle surprise.
Et si vous ouvriez un livre d'Histoire de temps en temps, plutôt que de regarder ce clown, hmmm ?
"L’épidémie dansante de 1518 est la première rave party au monde, la plus grande, la plus dingue mais aussi la plus mortelle…" commentait récemment l'écrivain Jean Teulé, invité du Réveil Culturel, à propos d'un cas méconnu de "manie dansante" survenu au XVIe siècle en Alsace. A l'époque, des centaines de personnes s'étaient mises à danser pendant plusieurs jours, à en mourir d'épuisement. L'épidémie s'était répandue tel un virus, sans que rien ne puisse l'arrêter. Ce curieux phénomène épidémique n'est pas uniquement lié à la danse : au cours de l'histoire, on compte aussi des épisodes d'épidémie de rire, voire d'érotomanie liée à des possessions démoniaques... Des phénomènes que les spécialistes peinent encore à analyser, à mi-chemin entre des empoisonnements au LSD et des crises d'hystérie collective. En psychiatrie et sociologie, ces crises, également nommées "réaction de stress collective" ou "syndrome épidémique de masse", voient tout un groupe de personnes présenter les mêmes symptômes, sans raisons apparentes : l'origine de ces épidémies se trouve souvent dans des conflits d'ordre social, facteurs de stress.
[...]
Mais pour John Waller, cette hypothèse ne suffit pas à expliquer cette psychose collective. Elle tiendrait en réalité du contexte : à l'époque, Strasbourg vient de subir trois ans de famines successives, des épidémies de maladie à répétition, auxquelles s'ajoutent une méfiance envers le clergé et la noblesse . Pour l'historien de la médecine, ces états cumulés de détresse psychologique et de malnutrition, doublés de profondes convictions religieuses auraient conduit les malades à entrer dans cet état de transe.
[...]
De leur côté le sociologue Robert Bartholomew et le psychiatre Simon Wessely rappellent, dans Outbreak! The Encyclopedia of Extraordinary Social Behavior, que ces phénomènes d'hilarité collective ont été observés à plusieurs reprises en Afrique centrale, et suggèrent qu'ils puissent être la conséquence de la confrontation entre les valeurs traditionnelles avec lesquelles les enfants ont été élevés, et les nouvelles idées auxquelles ils sont confrontés à l'école.
Ce qui est fascinant, c'est la dimension psychologique de ces affaires, et surtout le lien avec les conflits intérieurs vécus par les individus.
TIL : "CQFD" vient d'Euclide.
Ce 29 juin, entre 13 h 14 et 13 h 39, cinq litres de gaz (soit dix conteneurs) ont été pulvérisés en tout. A quelques centimètres des manifestants assis, et au point que le commandant en charge des opérations s'en soit évanoui, à force de suffoquer. Maître Vincent Brengarth et Maître William Bourdon, les deux avocats du mouvement écologiste noyé sous les gaz le 29 juin sur le Pont de Sully, ont saisi le Défenseur des droits afin d'obtenir une enquête. Dans leur recours, ils explicitent le lien entre cet épisode de réplique massive des forces de l'ordre et une demi-année d'escalade dans le maintien de l'ordre en France. Entre la mi-novembre 2018 et début juin 2019, 23 personnes ont ainsi été éborgnées et cinq autres ont par exemple perdu une main lors des manifestations de "gilets jaunes".
Et ça ne date pas d'hier :
J’ai vu, samedi matin vers 5 h 45, un membre des forces de l’ordre attaquer un passant et le matraquer brutalement, à l’angle de la rue Pierre Curie et de la rue d’Ulm. Ce passant se contentait de regarder les dégâts.
11 mai 1968
C'est accorder bien du crédit à ce petit monsieur que de lui dédier un aussi long article.
Hélas, ses livres sont lus.
Son nom, étrange, la « Bleuite » fait penser à une épidémie inconnue. C´en est une.
La maladie est virale. Un poison mortel. Sauf qu´elle est l'œuvre d´un seul homme et a sévi pendant la guerre d´Algérie dès 1957. La Bleuite est la plus grosse opération d´infiltration, de désinformation, d´intoxication et de manipulation jamais montée par les services secrets militaires français contre l´appareil du FLN et son armée, l´ALN. A Alger et dans tout le maquis rebelle.
A l´origine, un homme, un seul mais un homme hors du commun. Paul-Alain Léger, ancien des Forces françaises et de l´Indochine, rompu à l´action et à la guerre psychologique. Seul à la manœuvre, ne travaillant qu´avec des prisonniers retournés, il va convaincre le terrible Colonel Amirouche, chef de la Wilaya III en Kabylie, que son maquis est infiltré par des traîtres à la solde des Français. La paranoïa, la torture et la mort feront le reste. Une opération diabolique.
La Bleuite va massacrer des milliers d´innocents, supprimer une partie de l´intelligentsia de l´Algérie nouvelle, décimer une partie du maquis, semer le doute et la méfiance chez les survivants, et marquer la mémoire des Algériens d´une tache sombre. Un poison, un fantôme, une malédiction de l´Histoire. Aujourd’hui encore, personne ne veut en parler. Ni les français qui ont réussi l´opération, ni les Algériens qui en ont payé un prix exorbitant.
La Bleuite reste un dossier secret, une guerre cachée, un tabou.
Cinquiémement, je veux que de quelque lieu que je meure, mon corps soit aporté et inhumé dans le caveau de l’Église paroissiale dudit lieu de la Ferté aupres de celuy de ma tres chere éspouse, et qui soit fait et mis anneaux, crochets et liens de fer qui attachent nos deux cerceuils si étroitement ensemble et si bien rivés, qu’il soit impossible de les separer l’un de l’autre sans les briser tous deux.
Extrait du testament de Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon. Même si ce mariage, comme tous les mariages aristocratiques de l'époque a été arrangé, leur histoire d'amour a été sincère et réciproque, ce qui est assez exceptionnel. Je trouve ce passage extrêmement émouvant, et lu par Guillaume Galienne, c'est encore plus touchant.
Qui connaît vraiment l'histoire du drapeau tricolore algérien ? Il est de toutes les manifestations qui défient le pouvoir de Bouteflika, mais l'étendard vert, blanc, rouge est surtout à la racine du massacre de Sétif, le 8 mai 1945.
Le 8 mai 1945, c'est ça :
Une atmosphère de terreur pèse toujours sur Sétif et sa région et il est difficile de trouver des interlocuteurs. De leur côté, les autorités militaires et administratives tentent, par tous les moyens, d’empêcher Michel Rouzé et ses amis de prendre des contacts et même de poursuivre leur enquête. Ils découvriront cependant la terrible réalité: les massacres de dizaines de milliers d’hommes et de femmes, l’existence de milices européennes qui se sont attribué le droit de vie et de mort sur les Algériens, qui tirent au revolver sur n’importe quel gamin “indigène” passant dans la rue et paraissant "suspect". Ils apprendront aussi l’installation à Héliopolis, sur ordre du sous-préfet de Guelma, André Achiary, de fours crématoires, pour brûler les cadavres.
Ces enregistrements ne révèlent pas de scoop, et ne modifient pas les connaissances déjà établies par les historiens spécialistes de la période. Les mémoires des participants et des comptes-rendus détaillés transmis par les états-majors ont permis de décrire ce moment tragique. Mais le son rend aujourd'hui concret le rapport de force qui règne alors et qui jettera les bases de la collaboration avec le régime de Vichy. Pour Bruno Ledoux, sténographes et dactylographes n'ont pas pu "rendre fidèlement" cette atmosphère : "On connaissait le contenu mais pas la psychologie. Ça peut permettre d'avoir une autre lecture de l'armistice, on voit dans quel état d'esprit il s'est déroulé."
Fascinant.
"La séparation des races n'est pas une maladie des gens de couleur, mais une maladie de Blancs et je n'ai pas l'intention de rester silencieux."
La presse ne fait pas écho de ce discours et il sombre presque dans l'oubli. Pourtant, il fallait du courage à Einstein pour dire que pour les américains, "l'égalité et la dignité humaine se limitent principalement aux Blancs. Et même parmi les Blancs, il y a des distinctions... En tant que juif, j'en suis bien conscient. Pourtant ces préjugés sont insignifiants comparés à l'attitude des "Blancs" envers ceux qui ont la peau plus sombre. Plus je me sens Américain et plus cette situation me fait souffrir. Je ne peux échapper à ce sentiment de complicité qu'en le dénonçant."
via le podcast "A dérouler", qui transforme des threads Twitter en podcast. Bon, du coup, je ne l'ai écouté mais lu. Esprit de contraction, sans doute.
S'ils ont connu une telle fin, c'est parce qu'ils ont renoncé à réformer
Il a vraiment dit ça ?!
Ou : comment utiliser l'Histoire pour faire passer son idéologie, encore.
En ces temps troublés, l’histoire de notre pays fait l’objet de tous les fantasmes passéistes et de toutes les récupérations politiques. Loin, très loin de ces tentatives de réhabilitation à grands coups de menton du « grand roman » national, La Revue Dessinée et les Éditions La Découverte se sont associées pour créer ce projet d’Histoire dessinée de la France, des origines à nos jours. L’ambition de cette collection est simple : présenter un nouveau visage de l’histoire de France, en associant les meilleurs historiens français aux plus talentueux auteurs de bande dessinée.
Réalisé par un tandem historien-dessinateur, chaque volume présente une période de l’histoire de la France à jour des connaissances et des débats historiographiques les plus contemporains, à rebours des légendes nationales comme des images d’Épinal. L’écriture de l’historien et le geste du dessinateur se conjuguent pour offrir une vision à la fois dense, originale, et décapante de notre histoire. Un regard croisé, à chaque fois singulier et créatif, qui propose un traitement graphique renouvelé de la période.
WANT.
En librairie le 14 novembre 2018 : Pax romana !
À VENIR EN 2019 :
- La France de Charlemagne
- Le temps de la féodalité
Un article sur les jours qui ont précédé l'armistice : tout le monde veut la fin de la guerre, mais la guerre n'est pas finie. A telle point qu'on assiste à cette scène surréaliste, où les plénipotentiaires allemand venus négocier les conditions de l'armistice ont failli se faire tuer avec leur escorte française en rentrant dans leur lignes avec le message !
Beaux exemples bien crades de récupération mémorielles :
Dans les deux cas, ça en dit bien plus long sur ces deux guignols qu'ils ne voudraient bien le reconnaître.
Et pendant qu'on célèbre les maréchaux, les généraux, les victoires, qu'on dépose des saloperies de fleurs sur quelques tombes, des bises sur les joues des petites filles, tout en faisant un beau discours conjuguant le plus jamais ça au conditionnel passé, on pisse à la raie des 10 millions de pauvres bougres assassinés pour la plus grande gloire des fondeurs d'acier.
Pour mémoire.
1)Le 17 octobre 1961 a eu lieu la répression d'Etat la plus violente qu'ait jamais provoquée une manifestation de rue en Europe occidentale dans l'histoire contemporaine. Une répression longtemps occultée…
Pour mémoire.
via LLM
Analyse tardive mais intéressante : Assassin's creed unity est-il un jeu réac ? Est-il juste un mauvais jeu ? Ou juste un mauvais Assassin's creed ?
TL;DR : jusqu'à Black flag, les Assassin's creed évitaient de tomber dans le manichéisme ; après, ils n'ont même plus fait semblant de faire attention.
Au risque de décevoir : je ne me joindrai pas au cœur de ceux qui vouent à Unity une haine féroce. C’est un mauvais Assassin’s Creed, certes (même si, contrairement au suivant, Syndicate, j’ai réussi à le finir, plusieurs fois), mais pas un jeu terriblement mauvais, surtout une fois ses bugs initiaux corrigés. La ville est très belle, la jouabilité n’est pas mauvaise et il n’est pas plus répétitif que les précédents opus. Le scénario est sans conteste son point faible, même sans se soucier du point de vue historique. L’histoire est peu claire et pas franchement intéressante… mais à vrai dire, c’était devenu une habitude de la série, depuis au moins Black Flag, de sous-exploiter totalement les possibilités scénaristiques de ses jeux.
Reste que, par rapport à ce qui avait été fait dans la série, et au vu de la période traitée, on pouvait s’attendre à quelque chose de beaucoup mieux, même sans renouveler le genre. Surtout, le propos reste très politique, et pas dans le bon sens du terme. Les craintes des scénaristes étaient fondées : le jeu sonne réellement royaliste, et son message reste globalement que la Révolution est une mauvaise chose. L’image qui en est donnée est finalement bien classique, et assez datée, comparable par exemple au diptyque de films sortis pour le bicentenaire avec une prestigieuse distribution. Peu importe que la réalité historique ne soit pas respectée à la lettre : ce n’était pas le cas dans les précédents opus et heureusement. On parle de jeux vidéo, pas de cours d’histoire. Mais c’est bien ici l’esprit, et le message global, qui pose nettement problème.
En bref : le principal problème est que, comme toujours, les éditeurs veulent faire trop de jeux, trop vite, et la qualité s'en ressent :
Or, cette frilosité, ce désir de ne pas trop prendre position, devient de fait une prise de position, surtout quand on traite d’un sujet comme la Révolution française. Assassin’s Creed Unity n’est pas réactionnaire parce que ses créateurs sont contre-révolutionnaires : il l’est, et c’est peut-être pire, par une certaine naïveté. S’y ajoute également, à mon sens, le désir de produire toujours plus de jeux, qui a aussi conduit à une évidente baisse de leur qualité car, plus qu’un désir de propagande, ce qui ressort d’Unity, scénaristiquement comme techniquement, c’est un véritable manque de soin. Dommage…
Monsieur,
Vous serez sans doute étonné de recevoir cette lettre d’un inconnu qui vient réclamer de vous un service : mais dans la triste position où je me trouve, je suis perdu si les honnêtes gens ne viennent pas à mon secours ; c’est vous dire que je m’adresse à vous, dont on m’a dit trop de bien pour que j’hésite un instant à vous confier toute mon affaire...Un énième spam reçu dans votre boîte mail que vous auriez supprimé sans une once d'hésitation, malgré la lucrative promesse de 50 000 euros ? Pas du tout. Il s'agit ici d'une escroquerie remontant au XVIIIe siècle et dont les tristement fameux courriels type "prince nigérian" ne sont que les lointains descendants.
Ce qu'on appelle aujourd'hui le "spam nigérian" s'appelait alors les "lettres de Jérusalem" :
En 1836, le célèbre Eugène-François de Vidocq, ancien délinquant et bagnard devenu chef de la Sûreté nationale pendant la Restauration, rédige un ouvrage intitulé Les Voleurs dans lequel il “dévoile les ruses de tous les fripons et destiné à devenir le vademecum de tous les honnêtes gens”.
Il y entreprend alors de conter la façon dont des prisonniers envoient chaque jour des lettres d'escroquerie, nommées en argot des voleurs "lettres de Jerusalem". Dans ces courriers, les malfrats ciblent "des personnes riches habitant la province", auxquelles ils assurent qu’ils ont connaissance de l’existence d’un trésor caché. Ils sont évidemment dans l'incapacité d'y d’accéder et réclament l’aide, contre l'assurance de récupérer une partie de la fortune dissimulée.
Escrocs, vous cherchez un moyen d'arnaquer le pauvre monde ? Commencez par acheter des livres d'Histoire !
Une frise historique recherchée sur le web après l'avoir aperçue sur Mastodon.
J'aime beaucoup le principe : en abcisse, la durée (en milliers d'années) ; en ordonnée, l'étendue géographique. Ca relativise bien des choses sur une conception "linéaire" de l'Histoire, sur l'impérialisme, sur ceux qui dominèrent des continents entiers avant de disparaitre complétement...
ALors, je ne sais pas vous, mais j'utiliserais bien cette histoire et celle de Stephen Hawking à titre de promotion pour la semaine du handicap, plutôt que les récits gnan gnan habituels...
Super blog trouvé via LLM
Abélard et Héloïse, une belle histoire d'amour ?
Que nenni. Ce serait même assez sordide en fait : position dominante, menaces, violence, viol. Abélard s'est fait couper le zgeg ? Ben c'est pas aussi injuste que ce que je pensais jusqu'alors.
La culture du viol ? Ca remonte à loin, très loin. Et on comprend mieux, du coup, pourquoi c'est aussi bien enraciné.
Vous avez joué au dernier Assassin’s Creed ou au dernier Call of Duty ? Alors, il est très probable que vous vous soyez posé la question de la véracité des faits et événements racontés dans le jeu. C’est sur cette relation entre l’Histoire et le jeu vidéo, pas toujours très fidèle, que s’intéresse la nouvelle série d’Arte France, History’s Creed.
A voir.
Je pense pour ma part qu'il faut effectivement rééditer ces textes, pour trois raisons au moins :
https://www.lexpress.fr/culture/livre/celine-etait-un-agent-d-influence-nazi_1875236.html
La légende d'un Céline qui n'aurait collaboré que par des "mots", et non par des "actes", a perdu toute crédibilité: le pro-hitlérien déclaré a donné dans la délation. Et il faudra bien qu'un jour les biographes de Céline se soumettent aux faits. J'avais relevé, en 1999, les dénonciations par voie de presse de Robert Desnos et du Dr Mackiewicz, secrétaire des médecins de Seine-et-Oise, la dénonciation publique du Dr Howyan - sa collègue médecin au dispensaire de Clichy - devant une assemblée doriotiste, ou celle de Serge Lifar.
Voir aussi : https://www.cairn.info/revue-revue-d-histoire-de-la-shoah-2013-1-page-285.htm#pa23
Céline aura pratiqué, à lui tout seul, quatre modes différents de dénonciation : orale et écrite, publique et privée. Le tragi-comique de ces dénonciations de Juifs est que, dans celles que nous connaissons tout au moins, il n’y ait en fait pas un seul Juif. Ce qui ne veut pas dire qu’elles n’aient pas eu de suite.
«George Orwell disait des humains vivant hors d’Europe, de l’Amérique du Nord et de quelques pays privilégiés d’Asie qu’ils étaient des non-personnes », écrit André Vltchek dans l’avant-propos. Tel est le fil conducteur de ce livre, où l’on évoque des millions de morts par lesquels la conscience occidentale n’a pas été marquée: «non-personnes» des colonies, puis du tiers-monde, victimes de la poursuite occidentale du pouvoir, des ressources et du profit, tuées et rendues insignifiantes.
Dialogue entre Noam Chomsky et André Vltchek sur le double standard des morts du point de vue occidental.
La répression du Printemps de Prague par Moscou, en 1968, a marqué durablement les esprits de l’Occident comme une tragédie terrible: elle a fait 70 à 90 morts. Trois ans plus tôt, le «coup d’Etat commandé par Washington» contre l’Indonésie de Soekarno, pays coupable d’avoir attrapé «le virus du développement autonome», a été suivi de massacres faisant, selon les estimations, entre un demi-million et trois millions de victimes. On s’en souvient moins.
L’exemple souligne que ces enjeux grammaticaux et syntaxiques ne sont pas innocents. Derrière les mots que l’on emploie, il y a des structures sociales, des rapports de pouvoir, des constructions de stéréotypes sexuels. Alors, entre Almodis, femme seigneur, et Ermessende, fidèle à sa féminité, qui l’emportera ? Cette histoire-là, c’est à nous de l’écrire… tou.te.s ensemble !
Au Moyen-äge déjà, les femmes étaient des hommes comme les autres. Ou l'inverse. Enfin, vous voyez le genre.
L'Encyclopédie, celle dont vous avez entendu parler à l'école : entièrement numérisée et commentée. Travail de fou.
Un excellent article de Merlanfrit, qui vous poussera à aller fureter du côté de Wikipédia pour en savoir plus sur le pacte germano-soviétique, le massacre de Katyn, l'histoire de la Pologne en général et son gouvernement actuel de facho en particulier... tout ça grâce à The Witcher 3.
Juste mes 2 cents sur le blanc du drapeau français : c'est possiblement le blanc du pouvoir royal, oui.
Mais si on est pas très sûr pour le drapeau européen, on en est par-contre certain pour le drapeau français : le bleu est bien la couleur de la vierge. J'ai lu ça à l'été 2016, dans un livre passionant de l'historien Michel Pastoureau : Le roi tué par un cochon.
Il y est question de la mort du jeune roi Philippe, roi désigné (c'est à dire couronné du vivant de son père, le système héréditaire n'était pas encore totalement assuré à l'époque), et tué par un cochon girovague en l'an de disgrâce 1131.
Cet événement aura pour première conséquence que c'est son frère qui deviendra roi à sa place, mais il aura des conséquences plus lointaines dans le temps, et plus du domaine des mentalités/croyances. L'auteur explique comment le cochon, animal impur, voire démoniaque, est la cause d'une mort ignominieuse, comment le royaume et la dynastie ont été souillés par cette mort. Et c'est pour tout cet ensemble de raisons que ce frère monté sur le trône (que nous connaissons aujourd'hui sous l'appelation de Louis VII) place son royaume sous les attributs de la Vierge : la fleur de lys et le bleu azur.
Ce drame national (la mort de Philippe et ses conséquences sur un royaume qui se pense comme maudit) a été connu et enseigné pendant des années, puis il a disparu des livres d'Histoire au tournant du XIXème siècle rationaliste, qui a classé l'événement au chapitre des anecdotes, avant qu'il ne tombe complétement dans l'oubli.
Pastoureau montre par la suite comment cette couleur bleu azur est devenue la vraie couleur symbolique de la nation française, à travers des explications que j'ai oublié et quelques exemples assez révélateurs : les maillots des équipes nationales, la façon dont les militaires plient le drapeau pour ne laisser paraître que le bleu...
Ca faisait longtemps que je voulais vous conseiller ce livre, voilà qui est fait.
Bon sinon, Méluche et ses insoumis à deux balles m'emmerdent de plus en plus, mais ça c'est pas une révélation.
J'adore les termes utilisés dans cet article.
On longtemps cru que les femmes combattantes viking étaient une "légende", puis on a trouvé un squelette féminin ; mais "les spécialistes de cette société [sont] réticents à reconnaître leur existence". On fait donc des tests ADN dans les années 1970 : les résultats sont "très controversés".
Je rappelle juste que quand il s'agit d'envoyer un quidam au trou, les résultats ne sont jamais controversés, quand bien même le doute existe ; quand il s'agit de déterminer si le squelette appartenait à un homme ou à une femme, alors là, on va contester la méthode miracle...
Au final, l'analyse d'un prélèvement ADN effectué sur un humérus "fin et gracile" (mais non ce n'est pas sexiste, qu'allez-vous imaginer là ?) confirme la présence de deux chromosomes X.
Si même les sociétés fantasmées de gros bourrins barbares n'étaient pas aussi patriarcales que l'on a bien voulu l'imaginer...
Ce matin, le président de la République et son ministre de l'éducation nationale ont expliqué tous les deux que le but de l'enseignement de l'Histoire était de faire aimer la France aux enfants. Il va me plaire ce quinquennat je sens.
Du coup, Laurence De Cock a dit sa façon de voir les choses.
Déjà, elle démonte les idées reçues : les enfants aiment la France, du moins celle qui leur est "vendue" par le système éducatif. C'est ce que montre une étude collective réalisée sur 4 ans, qui a recueilli 7000 récits d'élèves entre 11 et 18 ans sur le thème "raconte comme tu le veux l'histoire de France".
Quels résultats ? Beaucoup à dire mais une chose est certaine : les gamins montrent tous un enthousiasme incroyable pour la France.
Ils la décrivent comme le berceau de la démocratie du progressisme etc.
Ce sont souvent des récits mythologisés, maladroits parfois, poétiques, enfantins et qui posent tout un tas de questions à l'histoire scol
Mais qui invalident complètement votre hypothèse à tous les deux et à tous les réacs de ce pays sur un éventuel désamour des enfants
Donc :
Je me demande Donc quand va cesser cette certitude non étayée que l'école fabrique de l'" antiFrance".
Hypothèse les ami.e.s qui a été un argument de campagne de la Droite filloniste et de l'extrême droite soit dit en passant.
[...]
Le problème c'est que l'enseignement de l'histoire reste encore considéré socialement comme la transmission d'un récit d'appartenance
Je veux bien reprendre à mon compte cette finalité ( à côté d'autres) mais force est de constater que bcp auj sont exclus de ce récit Non?
Et le récit National tel qu'il est politiquement porté est un procédé d'invisibilisations multiples : minorités, femmes, ouvriers etc.
Un documentaire de la BBC chasse d’un revers de la main la légende romantique de la catastrophe et pointe les responsabilités des industriels.
Un incendie aurait fragilisé la coque du navire quelques semaines avant le départ, pile à l'endroit où il a heurté l'iceberg... Techniquement, ce navire n'aurait pas du prendre la mer dans cet état.
Certaines choses ne changent jamais, n'est ce pas ?
Je viens de tomber là dessus sur Twitter :

Je veux ce livre !
Encore une fois intéressant et argumenté.
Il faut croire qu’au XXIe siècle, la bonne maîtrise d’une langue dominante, d’une langue de référence, apparaît toujours, plus ou moins consciemment, comme ce qui doit distinguer l’homme civilisé du barbare.
[...]
Le jeu parvient à retranscrire le caractère fragile et transitoire de ces alliances, conclues et rompues au gré des circonstances. Il peut même simuler le phénomène de factions qui se mettent au service d’autres, via le mécanisme des États tributaires, admettant le fait qu’un empire est plus souvent un agglomérat d’entités diverses qu’une nation homogène sur le plan culturel. Une fois encore, on note donc une contradiction entre la communication du jeu, axée sur le choc des civilisations, et la réalité du gameplay, beaucoup plus nuancé.Une partie de la campagne promotionnelle de Total War : Attila ne semble ainsi pas croire en la capacité du jeu à convaincre par son seul gameplay, pourtant de qualité. Elle fait le choix du spectaculaire, véhiculant, via ses cinématiques, une représentation éculée d’Attila et de l’époque qui l’a vu naître, alors même que le contenu du titre prend soin de proposer une image, sinon exacte, du moins très honnête de la période.
Puisqu’il demeure toujours plus facile de vendre une idée ou un produit en confortant les préjugés de la cible, on attendra malheureusement encore longtemps avant de voir les grands studios de l’industrie du divertissement prendre le risque d’abandonner de si rentables poncifs.
via Riff
Juste une citation :
Mais pour nos politiciens, car Asselineau n’est pas ici non plus un cas isolé, la recherche historique est une ennemie, car elle démonte bien souvent les clichés porteurs qu’ils cherchent à diffuser (à gauche comme à droite, du reste). Voilà pourquoi ils se contentent d’exploiter à l’infini une vision de l’Histoire pour le moins dépassée…
Asselieneau est un complotiste d'extrême-droite qui manipule les faits historique dans le sens où ça l'arrange... mais, de Fillon à Sarkozy en passant par Mélenchon, il est loin d'être le seul. Très bon article.
Il y a soixante-dix ans, des chercheurs américains ont délibérément injecté la syphilis et la blennorragie à des Guatémaltèques avant de les abandonner sans les soigner. Leurs familles attendent toujours qu’on les aide.
C'est ignoble. Mais ça ne m'étonne même pas.
Non, le gouvernement -quel qu'il soit- n'est pas "gentil" et les buts qu'il poursuit son rarement en adéquation avec notre vision du bien commun. Et nos gouvernements occidentaux ne sont pas vraiment dans le camps des gentils du manière générale.
via Seb
Tous les programmes d'Histoire de tous les cycles.
via @laurencedecock1
Le 21 février 1944, les membres du groupe FTP-MOI de Missak Manouchian sont fusillés au Mont Valérien
=> Lisez jusqu'au bout. Et n'oubliez pas : les fachos sont toujours là :
25)Il y a qq jours, la stèle en mémoire à Manouchian, a Marseille, a été profanée par des fachos... comment peut-on en arriver la?
J'adore ce blog, je n'y vais pas asez souvent. Merci Riff de m'en avoir rappelé l'existence.
Ce paragraphe :
L’exemple le plus connu de cette pratique reste sûrement les célèbres « bouches de la vérité » ou « bouches du lion », qu’on retrouve à Venise, essentiellement aux abords du Palais du Doge. Instaurées au début de l’époque moderne, au XVIe siècle, elles permettaient de glisser des dénonciations, cette fois anonymes.
m'en a rappelé un autre, qui témoigne une fois encore de la grande érudition de son auteur :
Pour connaître les intimes espoirs et les intimes terreurs de chacun, ils disposaient d'astrologues et d'espions. Il y avait certains lions de pierre, il y avait une latrine sacrée nommée Qaphqa, il y avait les crevasses d'un poussiéreux aqueduc qui, selon l'opinion générale, donnaient sur la Compagnie ; les personnes malignes ou bienveillantes déposaient là leurs dénonciations.
(La loterie à Babylone, Fictions / Borges)
Le texte complet de la nouvelle ici : http://sflauder.free.fr/ledomainesansnom/loterie/index.html
J'ai quasiment découvert l'existence de ce massacre grâce à cette page :O
Alors que j'ai l'impression d'avoir toujours connu celui d'octobre 61, je n'ai quasiment jamais entendu parler de Charonne. Punaise, mais on nous a appris quoi à l'école ? :/
Le plus effrayant dans tout ça ? Les similitudes avec l'époque actuelle, ou plutôt l'impression que rien n'a changé :
Laurence de Cock réagit aux propos opportunistes de Macron qualifiant la colonisation de "crime contre l"humanité" (après avoir dit exactement l'inverse 10 jours plus tôt, chapeau l'artiste).
Maintenant l'Algérie puisque apparemment Macron parle de cette colonisation là. Les historiens [Gilbert] Meynier et [Claude] Liauzu évoquent près d'un million de tués en un siècle (conquête et famines dans le sud). Cela fait 1/3 de la population. Avec des massacres collectifs, enfumades (villageois bloqués dans des grottes), confiscation de terres, etc.
Tout cela est bien connu. On peut parler de massacres de masse mais la qualification de "crime contre l'humanité" est inappropriée ici... En tout cas dans sa dimension juridique car c'est la seule définition qu'on lui connaît définie à Nuremberg. Peut être un jour cela sera plaidé mais pour le moment ce n'est pas le cas.
[...]
Le candidat d'En marche! vise selon elle une double cible : "C'est un bras tendu à l'Algérie, qui réclame ça depuis longtemps… La mémoire coloniale est un outil diplomatique. Et une main tendue aux jeunes des quartiers, dans un moment fébrile."
Il me semble qu'on pourrait transformer le congé maternité en congé de formation : ça permettrait de l'allonger de le rétribuer. Ce ne serait pas seulement le congé maternité d'ailleurs qu'on transformerait, le congé paternité aussi.
Les croisades vues par les Arabes / Amin Maalouf
J'aime bien ce blog de celui que vous connaissez sans doute comme @Padre_Pio sur Twitter.
C'est pas jeune, mais comme toutes les occasions de taper sur cette bouse sont bonnes à prendre...
Je ne sais plus où j'ai trouvé ça : une carte de l'Empire romain ; elle n'indique pas clairement de quelle époque il s'agit, mais ça parait assez tardif puisque toute la Gaule est occupée :p et que l'on voit l'Afrique du Nord.
Il y a quelques semaines, nous apprenions la venue à Trappes de Lorànt Deutsch le 4 novembre 2016. Il est prévu que M. Deutsch se produise dans la salle de spectacle de la Merise, pour parler d’Histoire de France aux élèves de Quatrième des trois collèges de Trappes.
Cet événement est une initiative du salon Histoire de lire de Versailles appuyée par M. Bédier, président du Conseil départemental des Yvelines. Cette intervention de M. Deutsch nous a d’abord été présentée comme une simple proposition, que nous avons déclinée. Les pressions exercées conjointement par les organisateurs et par l’inspection pédagogique régionale d’histoire-géographie sur les chefs d’établissement démontrent clairement qu’elle est en réalité obligatoire.
Après la visite de Dimitri Casali au Val Fourré le 2 novembre 2015, organisée par les mêmes personnes et au nom des mêmes motifs, la venue de M. Deutsch à Trappes n’est que la conséquence de l’idée selon laquelle les élèves des quartiers populaires du département, d’ascendance immigrée récente, ne seraient pas assez attachés à la République. L’urgence serait de leur faire aimer la France et la République, et le seul moyen pour y parvenir serait de les divertir et de les émouvoir dans une Histoire de France présentée sous la forme d’un roman national.
Pouah. Saloperie.
A propos de Dimitri Casali, si vous aviez raté un épisode : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?od9Baw
Et pour Deutsch : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?searchtags=Lorant_Deutsch+
Pujol, qui a dévoilé son histoire dans une autobiographie publiée en 1985, est mort trois ans plus tard. A la fin de la guerre, il a reçu l’ordre de l’Empire britannique pour services rendus. Il avait déjà reçu une croix de fer seconde classe des nazis, qui n’ont jamais découvert qu’il était un agent double.
Je veux ce livre :O