Lu dans l'édition de Brief.me d'hier :
L’ONG de défense des droits humains Amnesty International a publié aujourd’hui un rapport accusant les autorités françaises de mener « une attaque ciblée et intentionnelle » contre les militants écologistes. Pour expliquer cette répression, elle cite par exemple la « criminalisation des rassemblements et manifestations écologistes », une « rhétorique stigmatisante et négative » à leur encontre (l’utilisation de l’expression « totalitarisme vert » par exemple) ou encore l’usage excessif de la force par la police en manifestation.
Lien direct vers le rapport d'Amnesty : https://www.amnesty.fr/actualites/la-strategie-de-la-france-pour-empecher-laction-climatique
Et pendant ce temps, en France également :
Emissions de gaz à effet de serre : en 2025, la France encore plus à la traîne
Sur l’écologie, la droite en plein «climatodénialisme»
Transition écologique : face à «l’affaiblissement» du pilotage politique, le Haut conseil pour le climat appelle la France à réagir sans délai
"On a fait d'un écrivain un criminel et on baisse les yeux devant de vrais criminels", fustige mercredi 11 décembre sur France Inter(Nouvelle fenêtre) l'écrivain Kamel Daoud, alors que la chambre d'accusation de la cour d'appel d'Alger doit statuer dans la journée sur la demande de remise en liberté de Boualem Sansal. L'écrivain franco-algérien est incarcéré en Algérie depuis la mi-novembre pour atteinte à la sûreté de l'État, ce que dénonce Kamel Daoud. L'écrivain franco-algérien considère que "le crime" au contraire "est de ne pas pouvoir parler de la guerre civile".
[...]
S'il reconnaît être "pessimiste", le lauréat du prix Goncourt 2024 espère tout de même que cela permettra de ne "pas faire tomber dans l'oubli Boualem Sansal". "Si on oublie en France le prix de la liberté, on la perdra", prévient Kamel Daoud, qui se demande pourquoi on "juge des écrivains pour des crimes commis par des terroristes".
Est-ce une forme de prise d'otage ?
Je crois que Boualem Sansal est victime d'une situation qui se tend de plus en plus entre la France et l'Algérie. J'ajoute, et je le sais en tant que président de l'Académie Goncourt, que l'attribution du Goncourt 2024 à Kamel Daoud pour son roman Houris a fortement déplu au pouvoir algérien et je me demande si, dans une certaine mesure, Boualem n'est pas aussi une victime collatérale de cela. Il est la victime d'une ambiance globale et c'est aussi cela qui est insupportable. Il ne faudrait pas qu'un individu, quel qu'il soit, soit la victime d'enjeux qui le dépassent.Le fait qu'il soit âgé est-il encore plus choquant ?
Effectivement, Boualem Sansal n'est plus tout jeune. Se retrouver arrêté dès son arrivée dans son pays d'origine, mis au secret sans l'assistance d'aucun avocat, sans avoir de ses nouvelles, sans qu'il puisse en donner à sa famille et aujourd'hui sous le chef d'une inculpation qui nous paraît quand même absolument farfelue, tout cela est très inquiétant et on a hâte de savoir comment il va, quel est son moral. Et surtout, j'espère qu'il sait qu'on pense à lui. Il y a un mouvement international d'intellectuels, de politiques, d'écrivains, de citoyens et de citoyennes qui se soucient de son sort.
Cette histoire de "caution de retour" pour les étudiants étrangers est une honte au milieu de l'abjection que constitue cette loi. Même pas envie de commenter au-delà, c'est une perte de temps, n'importe quelle personne à peu près saine d'esprit peut voir où est le problème.
Près d’un Français sur deux dit vivre avec moins de 200 euros à partir du 10 du mois, dont 31 % avec au maximum 100 euros, d’après une étude Ifop pour Monpetitforfait, que nous dévoilons.
Mais sinon, achetez une voiture électrique, mettez des sous de côté parce que l'Etat va pas payer pour vos retraites/santé/études, isolez vos logements...
Quand il y a un tel niveau de décalage, de dissonance même, entre la population et ses "élites" (souvenez-vous des 5€ sur les APL...), c'est que ça ne peut pas durer beaucoup plus longtemps sans péter.
via Guillaume Champeau sur Twitter
On parle d'une femme disparue...
Qui, pourtant, est vivante et plus encore, qui a sauvé des vies en empêchant un attentat, mais pour sa récompense a été jetée dans une existence absurde que l'Obs nous révèle. On l'appelle Sonia : le 15 novembre 2015, deux jours après les attentats du Bataclan des terrasses et du stade de France, une jeune femme l'avait emmené à la rencontre d'un homme qui se cachait dans un buisson porte d'Aubervilliers, qui lui avait lancé : "Vous allez voir vos fêtes de Noël, Poum ! Et les quartiers juifs ! Ahah, vous verrez, Poum ! Poum !"... Sonia avait appelé la police, et c'est ainsi qu'Abdelhamid Abaaoud, le leader du commando islamiste, avait été repéré et tué. Sans Sonia il serait allé semer la mort à nouveau, sans doute à la Défense, au centre commercial des Quatre Temps...
Sonia fut félicitée pour son courage, puis exfiltrée de notre monde, placée dans un programme de protection de témoins créé spécialement pour elle et ses trois enfants, dotée d'une nouvelle identité, une légende, inventée par des experts policiers. Mais nous ne sommes pas dans une série d'espionnage, et dans la vraie vie de Sonia, la légende est bancale, et l'épuisement sans fin.
Sonia était française, les autorités l'ont transformée en une femme née à l'étranger, la voilà forcée de montrer son acte de naturalisation pour chaque démarche administrative... Elle a perdu son histoire, elle est sans diplômes, ni employeurs qui pourraient la recommander, elle peine à trouver du travail. Son fils lycéen n'a jamais pu intégrer Parcours sup, il n'avait pas passé le brevet et le bac sous le même nom. Sa fille qui souffre d'une maladie chronique, a été déclarée morte, elle l'a découvert dans l'hôpital où on la soignait. Un autre de ses enfants ayant participé à une fête alcoolisée et bruyante, a présenté ses vrais-faux papiers à des policiers, mais un voisin l'a reconnu qui l'avait connu petit, il a dit aux forces de l'ordre que le garçon mentait : il a fallu une intervention de la haute magistrature pour empêcher un procès où on aurait lu ses deux identités...
Sonia a peur, Sonia n'est plus libre, les autorités lui versent un salaire de compensation qui se réduit comme peau de chagrin, et qui est amputé d'amendes, si elle ou ses enfants se conduisent mal, imprudemment, s'ils parlent à la presse par exemple... C'est donc l'avocate de Sonia qui dit à l'Obs son rêve d'un pavillon à la campagne, loin de tout, on nous dit aussi qu'en dépit de l'absurde, elle est en danger, une inscription "balance de terroriste" a été tracée ans le parking de son immeuble...
Pensera-t-on à Sonia la semaine prochaine quand le procès des attentats de novembre aura commencé ?
Glaçant.
Terrifiant.
Honteux.
Une autre disposition complète la loi du 28 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Elle prévoit un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende « le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police ».
Le texte est suffisamment large pour frapper ceux qui diffusent des images de policiers, accusés de violence injustifiée sur des manifestants, tout en appelant sur les réseaux sociaux à des mesures de représailles.
Et pendant ce temps, en Chine, l'autre pays des droits de l'homme :
En Chine, une nouvelle réglementation donne aux citoyens lambda le droit de prendre en photo et de filmer des policiers en exercice. Une annonce des autorités qui fait suite à la mort mystérieuse d'un jeune père de famille en détention.
via Seb
Que se passe-t-il quand la police commence à donner des ordres à un ministre d’un gouvernement élu et manifeste illégalement arme à la main ? Posez cette question pour un pays se situant en Afrique, en Amérique du Sud ou en Asie et n’importe quel politologue vous dira que cet Etat perd pied et qu’il devient compliqué de le considérer comme une « démocratie » (selon des critères déjà discutables)... Mais que dit-on quand cela se passe en France en 2020 ?
Dans une «discussion» avec l’universitaire Maboula Soumahoro sur BFM TV, le chroniqueur Eric Brunet affirmait récemment que l’idée même de racisme institutionnel serait un emprunt indu à la culture américaine. La police française ne peut être raciste parce que la République française n’a pas d’histoire raciste.
[...]
Il existe bien une ligne directe entre les pratiques de la police impériale et celles de la police contemporaine. Mathieu Rigouste a étudié notamment dans l’Ennemi intérieur… (1) cet état d’esprit faisant de tout Français racisé un «ennemi intérieur» potentiel dont il trace l’origine dans les forces de police coloniales nord-africaines.
[...]
Accuser les Noirs de communautarisme ou d’indigénisme parce que nous connaissons une histoire de France que la plupart ignorent est non seulement risible, c’est aussi dangereux.
"Le ruissellement"
Je transcris les titres des 2 articles :
Citations sur la France, l’Histoire... le mélange est piquant.
Ces archives ne seront toutefois pas ouvertes au public mais uniquement aux chercheurs de cette commission qui devront remettre leur rapport dans un délai de deux ans. Ce que regrette Julien Allaire, de l'association Survie. « On peut imaginer que [les membres de la Commission] fassent leur travail en toute indépendance, mais [les archives] ne seront pas déclassifiées pour autant, déclare-t-il au micro de RFI. Il n’y aura pas la possibilité pour tout un chacun, y compris les chercheurs, d’accéder à ces documents et de pouvoir faire une analyse peut-être différente. C’est somme toute délicat parce que, pour la mission d’information parlementaire typiquement, il y a eu un accès à des documents qui n’ont pas été publiés en même temps que le rapport. Ça laisse une certaine suspicion par rapport au travail réalisé. »
« L’inquiétude, par ailleurs, poursuit-il, c’est que certains documents, qui seraient particulièrement probants sur les questions de complicité, ne puissent pas être utilisés par la justice, et particulièrement le parquet, qui pourraient se saisir de ces éléments pour entamer des procédures judiciaires. »
Personnellement, j'adore me balader à Poil ! xD
Sinon, je ne vois pas ce que Camembert a de "graveleux" ?!? Ca va sûrement apprendre un truc aux concepteurs de la carte, mais Saint-Nectaire, Roquefort, Epoisses... sont autant des communes que des fromages !
via Seb
En lisant le reportage que consacre le New York Times aux événements de Tijuana, on comprend que c'est la deuxième fois seulement qu'est utilisé à la frontière ce moyen de maintien de l'ordre, devenu tristement banal en France, mais loin de l'être Amérique du Nord. La dernière fois c'était en novembre quand des milliers de personnes fuyant le Guatemala et le Honduras, avaient, déjà, tenté d'entrer aux Etats-Unis pour y déposer leur demande d'asile. Et déjà cela avait créé un tollé.
Cette fois, les gardes-frontière expliquent qu'ils ont du faire usage des "gaz chimiques non-létaux" car les migrants leur lançaient des pierres, et avançaient vers les barbelés avec des enfants en bas âge, qu'ils ont voulu "protéger". Mais la pratique en elle-même continue de questionner les médias américains qui, comme CNN en novembre, citent des médecins pour lister les effets, loin d'être négligeables et passagers, que les gaz lacrymogènes ont sur le corps humain... en partie celui des enfants qui hier encore ont été visés.
[...]
Quant à l'industrie américaine du gaz lacrymogène, elle se porte à merveille, nous apprend l'hebdo The Week. Il consacre une enquête à cette arme chimique, née en France pendant la première guerre mondiale, et adaptée ensuite pour un usage civil en temps de paix. "Il est ridicule de dire que c'est une arme non-létale", insiste dans The Week l'auteure d'un livre sur le sujet : selon elle, "des morts, il y en a, à court ou plus long terme, c'est juste que les gouvernements ne cherchent pas à le savoir".
Très explicitement, les autorités allemandes disent qu’on ne combat pas la violence par la violence, quand bien même on l'appellerait "légitime". En Allemagne, le flashball et autres armes non-létales du même type sont ainsi strictement prohibées, car jugées trop dangereuses. Les grenades aussi. Cette doctrine en vigueur porte un nom : la “désescalade”. Elle n’est pas particulièrement le fruit d’une conviction anti-policière mais elle est basée sur l’idée d’une dissuasion préventive - empêcher les troubles de se former. Qui implique souvent des déploiements considérables en nombre de policiers, ou encore des fouilles conséquentes, ou encore un service de renseignement acéré. Le sociologue Fabien Jobard, qui travaille de longue date sur la police et a enquêté dans les deux pays, l'explicite notamment par deux doxas du maintien de l'ordre :
"Pour les policiers français, la foule est une et indivisible, elle a des pulsions animales et n’obéit qu’à son meneur ; c’est ce que l’on enseigne en école de police, poursuit le chercheur. Les Allemands, eux, considèrent que la foule est composée d’individus et que tous les individus sont accessibles à la raison. On essaie donc de se centrer sur les petits foyers qui sont susceptibles de faire basculer les manifestations."
Alors que commence la commémoration de la première Guerre Mondiale , la phrase d'Anatole France va être utile dans la guerre des tranchées qui s'annonce entre ceux qui déplorent la guerre comme un mal fatal et ceux qui trouvent des causes dans le système capitaliste, en dehors de la volonté et de la conscience des capitalistes eux-mêmes. L'assassinat de Jean Jaurès le 30 juillet 1914 et l'Union Sacrée pour la guerre allaient ruiner le mouvement progressiste. Dans la Grammaire des Civilisations (1963), Fernand Braudel écrit:
On a le droit d'affirmer que l'Occident, en 1914, AUTANT QU'AU BORD DE LA GUERRE, SE TROUVE AU BORD DU SOCIALISME. Celui-ci est sur le point de se saisir du pouvoir et de fabriquer une Europe moderne (...). En quelques jours, en quelques heures, la guerre aura ruiné ces espoirs.
via http://shaarli.mydjey.eu/?qaDkbQ
La veille pratique des sommets France-Afrique a ainsi disparu avec Emmanuel Macron, qui renouvelle cependant la façon de rassembler des chefs d’Etats françafricains en mal de légitimité, en les conviant à un grand sommet parisien par an. L’année dernière sur le climat, cette année sur « la paix », à l’occasion du centenaire de la fin d’une Grande guerre dans laquelle notre Troisième République précipita entre autres des milliers d’hommes recrutés de force dans son empire colonial. Voilà l’événement pour lequel des chefs d’Etats et de gouvernements comptant parmi les pires criminels actuels sont invités à parader autour d’Emmanuel Macron du 11 au 13 novembre : l’Elysée sponsorise la guerre, soutient la dictature, « et en même temps » veut célébrer la paix. Ainsi, le désastre humanitaire au Yémen, au vu et au su de la planète entière, ne suffit pas à suspendre nos vente d’armes à l’Arabie Saoudite, invitée à ce Forum sur la Paix.
Ce type est la plus pourrie des ordures imaginables. C'est un meurtrier, un tortionnaire, et, c'est presque anecdotique au regard de l'ampleur de ses crimes, un type qui a détourné des centaines de millions de dollars pour son seul bon plaisir.
Et ce type a bénéfécié pendant des décennies de la protection de la France et de ses "services", créant, comme le rapporte l'article, des quasi zones de non-droit autour de lui partout où il se déplaçait. C'est de la protection de criminels de guerre érigée en système diplomatique, c'est un putain de scandale. Tout ça parce qu'on avait de temps en temps besion de ses services et que le pouvoir de l'époque, avec une constance dans la bêtise qui force l'admiration, voyait en ce type -exilé pour avoir tenté d'assassiner son frère le président- le futur homme fort syrien.
La revue XXI lui consacrait un article dans son numéro 39. Je ne peux que vous engager à le lire.
Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur abonnement.
Quatre ans après la France, l’Allemagne a adopté, vendredi 30 juin, une loi ouvrant le mariage aux couples homosexuels. Mais contrairement à ce qui s’était passé en France, en Allemagne, les contempteurs du texte ne sont pas descendus dans la rue pour exprimer leur opposition, et le débat parlementaire s’y est distingué par sa sérénité et sa brièveté (quarante minutes contre cent trente-six heures). Comment expliquer un tel contraste ?
Sans doute faut-il d’abord rappeler l’état différencié des opinions publiques avant le vote. En France, un sondage de l’IFOP, début janvier 2013, un mois avant l’adoption du projet de loi en première lecture par l’Assemblée nationale, montrait que 60 % des personnes interrogées étaient favorables au mariage pour tous, mais que seulement 46 % souhaitaient que les couples homosexuels aient le droit d’adopter des enfants. En Allemagne, une étude réalisée fin 2016 pour le Bureau fédéral de lutte contre la discrimination indiquait que 83 % des personnes interrogées étaient pour le mariage des couples homosexuels et que 75 % étaient d’accord pour qu’ils puissent adopter des enfants.
Bref, c'est une façon polie de dire que la France est un pays de connards réactionnaires homophobes.
Mais Jupiter va régler tout ça, hein ?
Ceci dit, le corsetage des libertés que rend possible la constitution dépend aussi des rapports sociaux. Des manifestations de rue massives ont eu lieu en 2016 malgré l’état d’urgence. Le rapport de forces actuel entre ceux qui veulent défendre les libertés et ceux qui veulent les réduire fait que l’état d’urgence n’est pas poussé jusqu’au bout. Parallèlement, cependant, on voit de plus en plus de militaires délaisser la posture traditionnelle de la « grande muette » pour faire entendre leur voix, dans la rue, au sein des manifestations de Sens commun, mais également dans les médias, où on les entend évoquer ouvertement un passage de la France sous l’état de siège en cas de nouveaux actes terroristes.
[...]
Je ne suis pas préoccupé par la menace d’un coup d’État à la latino-américaine. Je crains par contre qu’à la suite d’un acte terroriste, la Vème République et ses mesures d’exception soient utilisées « à fond », pour ainsi dire, par le gouvernement en place. La constitution permet l’adoption de mesures réellement dictatoriales « en douceur », qui s’exerceraient sans doute de manière discriminante, en ciblant d’abord les minorités visibles ou certaines catégories de population comme les « jeunes des quartiers ».
Oh que c'est beau. Complet, argumenté, précis.
Je copie-colle, car ce Shaarli à vocation à durer plus longtemps que Facebook ^^
via Kevin
"LETTRE OUVERTE À NADINE MORANO
Nicolas Huguenin·dimanche 27 septembre 2015
Madame,
Je n'ai pas regardé votre prestation télévisuelle hier soir. Je sortais d'un concert où de magnifiques artistes avaient interprété des œuvres de Liszt, de Brahms et de Chopin, et, après tant de beauté sonore, l'idée de vous entendre débiter vos âneries avec une voix de poissonnière lepénisée me répugnait légèrement. Non, complètement, en fait. Mais ce matin, j'ai quand même pris sur moi et j'ai regardé huit (longues) minutes de votre intervention. Et permettez-moi de vous dire, madame, que la maladie dont vous souffrez – dite « maladie de la bouillie de la tête » – vous fait dire n'importe quoi.
Vous parlez de « race blanche » et de religion, en associant l'une et l'autre. Passons sur le fait que la « race blanche » n'existe pas, et que plus personne n'en parle depuis que les derniers théoriciens nationaux-socialistes ont été pendus à Nuremberg. Mais associer une religion à une couleur de peau, là, il fallait le faire ! Les Albanais sont blancs et musulmans. Desmond Tutu est noir et chrétien. Le pays musulman le plus peuplé du monde est l'Indonésie, habitée par... des jaunes. Ah, c’est compliqué, hein ! D'ailleurs, si on ne peut pas changer de couleur de peau, à part Mickael Jackson, on peut toujours sans modifier son teint abandonner une religion ou en changer. Tenez, moi j'ai renoncé à la mienne et je ne suis pas devenu transparent pour autant – sauf quand j'essaie de draguer un grand brun aux yeux bleus dans un bar gay, mais ceci est une autre histoire. Et, au passage, en affirmant que la France est « de race blanche », vous laissez entendre que la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, la Réunion et Mayotte, ce n'est pas la France. C'est bien les patriotes en peau de lapin d'extrême-droite, ça ! Ça nous rebat les oreilles avec la France, mais ça raye de la carte cinq départements d'un coup.
Vous expliquez ensuite que la France a une identité judéo-chrétienne. Et là, pour une fois, vous n'êtes pas allée assez loin – sans doute parce que vous ne connaissez pas mieux l'histoire de la France que sa géographie. Non, madame, la France n'est pas judéo-chrétienne. Elle est catholique. Et elle l'est parce que, pendant mille trois cents ans, on n'a pas permis aux Français d'être autre chose. Juifs, cathares, vaudois et protestants le savent bien. Entre 496, date à laquelle Clovis a (selon la formule célèbre) embrassé le culte de son épouse, et 1790-1791, date à laquelle on s'est résolu à considérer les juifs et les protestants comme des citoyens à part entière, la religion n'a pas été une affaire de choix personnel. Ni même collectif. Les Français n'ont pas voulu être catholiques. Ils ont été contraints de l'être. Ce que les libéraux appellent « la concurrence libre et non faussée » n'est appliquée, en matière de religion, que depuis deux siècles. Le chevalier de la Barre était déjà mort. Jean Calas aussi. Et tous ceux qu'on avait massacrés au nom de Dieu, avant eux ; rançonnés par Philippe Auguste, marqués de la rouelle par Saint Louis, expulsés du royaume par Philippe le Bel, massacrés par toutes sortes de croisés, immolés par l'Inquisition, trucidés par Charles IX, pourchassés par les dragons de Louis XIV... Au passage, je trouve parfaitement dégueulasse votre tentative minable de récupérer les Juifs et les protestants pour alimenter votre petit commerce de la haine. Quand on sait ce qu'ils ont subi en France pendant des siècles... Il fallait une sacrée persévérance pour ne pas être catholique en France, alors. Heureusement, ce n'est plus le cas. Et moi, contrairement à vous, je m'en réjouis. En laissant les Français librement choisir leur religion, ou choisir de ne pas en avoir, on a des surprises. Et alors ? Cela porte un beau nom, madame Morano. Cela s'appelle la liberté de conscience.
Et c'est enfin la troisième et dernière remarque que je voulais vous faire, madame. Vous vous plaignez que, dans certains quartiers, on ne célèbre plus que 5 baptêmes, là où il s'en célébrait 250 il y a encore quelques décennies. Mais la faute à qui ? Aux musulmans, qui « envahissent » nos villes, ou aux catholiques, qui renoncent à l'être et n'obligent plus leurs enfants à fréquenter le catéchisme ? Et vous ne vous demandez pas pourquoi l'Église faisait fuir les fidèles ? Non ? Vraiment, vous n'avez pas une petite idée ? Ne serait-ce pas, je ne sais pas, moi, par exemple, parce qu'elle condamne encore les femmes qui prennent la pilule, et les hommes qui emploient un préservatif ? Ou parce qu'il est devenu insupportable d'affirmer, comme le font certains évêques, qu'une femme violée qui avorte est plus coupable que son violeur ? Ou parce que ça commence à se savoir, que certains curés tripotent les enfants de choeur dans les sacristies ? Ou parce que répéter que le mariage est un sacrement indissoluble, dans un pays où un tiers des couples divorcent, ça fait un peu “ringard” ? Ou parce que le double discours d'une Église riche à milliards en faveur des pauvres n'est plus tout à fait pris au sérieux ? Ou, tout simplement, parce que la foi, dans notre monde moderne, n'apporte plus de réponses suffisantes aux masses ? Et d'ailleurs, rassurez-vous, les catholiques ne sont pas les seuls concernés. Tenez, je vous parie que, dans deux ou trois générations, les musulmans de France ne mettront pas plus souvent les pieds dans une mosquée que moi dans une église... ou que vous dans une bibliothèque. C’est dire... Déjà, un tiers d'entre eux ne fait plus le ramadan.
Tout cela pour vous dire, madame, que votre vision d'une France réduite à ses seuls habitants « de souche » est non seulement insupportable moralement, mais aussi sacrément dépassée. Et que votre peur panique de tout changement, de toute modernité, est pathétique. Et presque risible. « Nous avons éteint dans le ciel des lumières qu'on ne rallumera plus », disait le député René Viviani en 1906. Et ce n'est pas en allumant les feux d'une guerre civile que vous ferez croire aux électeurs que vous brillez, madame. Tout le monde le sait : vous n'êtes pas une lumière."
"La « Beurette voilée », expliquent Fassin et Trachman, révèle le fantasme social d’une femme arabe à la fois émancipée (des hommes arabes) et soumise (au désir des hommes blancs). Elle est féminine mais pas féministe, libérée mais pour le plaisir des Blancs.
[...]
Ou comme les fantasmes sexuels d’un pays peuvent en dire long sur ses rapports sociaux."
EDIT : il parait que c'est faux : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/09/30/non-beurette-n-est-pas-le-terme-le-plus-recherche-sur-les-sites-pornographiques_4778462_4355770.html
(via http://seenthis.net/messages/413190#message413645)
"chaque nationalité concentre la plupart du temps ses recherches sur ses concitoyen(ne)s"
Non, jamais. Et ce que mon ironie sous-entend, c'est que la glorieuse nation franchouillarde n'a pas trop fait la publicité de cet événement -et surtout du comportement ignobles de ses élites dirigeantes- aux générations suivantes.
En gros, si je force le trait, à l'école on te parle de Gambetta (un peu), de Jules Ferry (beaucoup, mais pas de son côté colonisateur hein, juste le gratuit et obligatoire...) et de Jaurès, mais surtout pour dire ahlala c'est tellement triste qu'il ait été assassiné. Pas vraiment de ses combats, ni d'exemples précis, comme celui-ci.
On te parle de Zola, J'accuse, Germinal, le travail des z'enfants, les corons, Pierre Bachelet, c'était dur... mais tout ça reste très vague. On ne te raconte pas l'injustice, l'iniquité, la monstrueuse organisation sociale où les riches sont des hommes et les pauvres, des dommages collatéraux.
L'Histoire, ce n'est pas 1515, 1789, 1914. L'Histoire, ce sont les hommes et les femmes qui l'ont vécu, et leurs conditions d'existence. Et c'est ça que ton shaare rappelle : à travers les événement de ce genre on en apprend plus sur une société et ses valeurs, qu'à travers le récit des batailles et conquêtes de ses dirigeants. Et bien sûr, comme tu le soulignes à la fin, c'est aussi valable pour le présent...
"Honnêtement, je me fous de ce qu'ils veulent. Je me fous de savoir si, oui ou non, ce que je fais leur plais ou pas, les aide ou pas. La question qu'on devrait se poser, tous, sans exception, c'est "que voulons-nous, nous ?". Comment nous définissons-nous, en tant que société ? En tant que peuple ? Comment voulons-nous vivre ? Quelles sont nos valeurs ? Point."
Merci pour ça.
Je te rejoins complètement sur le fait que défiler "pour la liberté" et/ou "pour la liberté d'expression" aux côtés du 1er ministre turc, d'Orban, de Bongo et de Netanyahou, c'est au moins paradoxal, si ce n'est complétement absurde.
"Où étaient tous les Charlie pendant SOPA, ACTA, la Loi sur la Programmation Militaire ? Combien de "Charlie" défendent le régime de la garde à vue ? Combien de "Charlie" usent du terme "droitdelhommiste" comme d'une insulte ? Combien de "Charlie" trouvent dégueulasse que la pire des raclures ait le droit à un avocat ? Combien de "Charlie" s'élèveront contre les lois liberticides à venir ?"
Là,tu es un peu dur, même si tu as raison. Je veux dire qu'il ne faut pas nier les bonnes intentions de certains. Le problème dont souffrent tous ces "Charlie" d'après moi ? Le manque de culture. Le manque de culture tout court, et le manque de culture politique en particulier. Et effectivement, les politiques qui défilent aujourd'hui avec des mines de circonstances vont nous entuber et nous supprimer des libertés demain en nous expliquant que c'est pour notre bien.
Je disais plus haut "il ne faut pas nier les bonnes intentions". Je pense que la question qui se pose, c'est : on fait quoi maintenant ? C'est ce que dit Xavier de la Porte dans l'article que nous avons lié tous les deux. Plus d'éducation ? Trop tard. Une autre politique ? Les 4 millions de personnes dans la rue aujourd'hui n'ont pas appelé à un changement de politique, on peut donc supposer qu'elles valideront implicitement les lois répressives qui ne vont pas tarder.
D'accord avec tout le reste. Hélas.
D'accord avec ça surtout :
"Comment qualifier, alors, une société qui laisse des centaines de personnes mourir dans la rue de maladie, de froid, alors qu'elle a largement les moyens de l'éviter ? Comment qualifier une société où des centaines de milliers de personnes manifestent dans la rue contre une orientation sexuelle, contre une ouverture de droits à une partie oubliée de la population ? Comment qualifier une société où de jeunes trans* se suicident en raison de la violence qui est, pour elles et eux, la société d'aujourd'hui ? Comment qualifier une société qui remplace le mot "solidarité" par "assistanat" ? Comment qualifier une société qui surveille sa population sans contrôle d'un juge ? Comment qualifier une société qui vend des armes et des moyens de surveillance aux pires dictatures ? Comment qualifier une société qui ne considère pas le jet d'une grenade dans un kebab "d'attentat" ? Comment qualifier une société où une femme ministre noire est décrite comme étant une guenon ? Comment qualifier une société dont le premier ministre se laisse aller au pire racisme envers les Rroms ? Barbares, monstres, voici ce que nous sommes aussi."
Ça détonne salement avec la mièvrerie diffusée en même temps par France 2 (émission hommage à Charlie hebdo... déjà on dirait les enfoirés en encore plus mauvais, mais en plus -et surtout- le concept me donne envie d'hurler : 17 personnes sont mortes, et toutes ne travaillaient pas pour Charlie hebdo). Ça détonne, mais ça fait du bien, dans un pays où le premier ministre déclare "nous sommes tous juifs et policiers" Ah bon, on a pas le droit d'être musulmans et agent d'entretien ? Ça détonne à un moment où le président va se recueillir à la synagogue. Ok, c'est TRES bien. Mais j'aurais tellement aimé qu'il aille se recueillir dans une mosquée, aussi. Pourquoi dans ce pays, demande t-on aux musulmans de se "désolidariser", tout en les traitant comme des citoyens de seconde zone ? Combien de réactions politiques pour les actes islamophobes et/ou anti-arabes commis depuis mercredi ? (http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?Fx1I5g)
Pour tout ça Kevin, merci.
Et aussi tu fais chier, un peu. Depuis jeudi que j'essaie d'écrire un article sans parvenir à mettre mes idées au clair ;)
Ce qui me gêne dans la tribune de papy d'Ormesson, c'est qu'il cautionne la thèse de tous ceux qui sont persuadés que les actes de fous furieux sont forcément téléguidés par Daech. Je suis d'accord avec cette phrase : "Daech est une organisation terroriste et criminelle qui se réclame de l'islam." bien évidemment, mais voir dans les actes de n'importe quel taré la main de ces terroristes, c'est perdre tout sens de la mesure, et leur accorder un pouvoir qu'ils n'ont pas.
Oui, j'entends bien qu'un camion qui fonce dans la foule en Écosse, une voiture qui renverse 13 personnes à Dijon, et un connard du même acabit 2 jours plus tard à Nantes, ça peut paraitre troublant. Sans compter l'attaque du commissariat. Mais je maintiens que nous voyons une chronologie dans ces faits disparates uniquement parce que nous le voulons bien, parce que notre regard est biaisé. Nous plaçons cote à cote des éléments qui nous paraissent semblables, en nous appuyant sur des concordances assez faibles (l'utilisation d'un véhicule et/ou le fait de tenir des propos impliquant l'Islam et/ou le fait d'être musulman) et nous nous efforçons d'en tirer des conclusions. C'est une fois encore confondre corrélation et causalité. Attention, je ne dis pas que certains des individus responsables de ces actes ne soient pas des "intégristes-djihadistes-autoradicalisés-loups-solitaires" pour user du jargon officiel. C'est juste que le fait de placer l'actes d'un fanatique à côté de celui d'un malade mental et de celui d'un chauffard ordinaire, quelque part, ça rend service au fanatique.
Bref, nous voyons des attentats partout. Par ailleurs, nous vivons depuis 2001 dans un carcan sécuritaire de plus en plus serré (et ce n'est pas fini).
"Ils" ont gagné. Le terrorisme a gagné. Son but n'est-il pas de nous gâcher la vie ? C'est réussi. Et nous l'aidons, de toute notre ardeur, en voyant sa marque partout.
Quoi qu'on fasse désormais. "Ils" ont semé le trouble, et bientôt la peur, qui arrive sur ses talons. Et juste derrière, il y aura les réactions violentes, inévitables, car dictées par cette peur. Je m'attends maintenant à des meurtres de musulmans ; oh, peut-être pas tout de suite, mais ça va venir. Il y a déjà la parole raciste, de plus en plus assumée, de plus en plus banalisée, au point que même des gens que je qualifierais par raccourci de "non-extrêmistes" finissent par ne plus distinguer le racisme de l'opinion ordinaire, et raisonnent -ou plutôt croient raisonner- en s'appuyant sur des clichés et des lieux communs stéréotypés.
Tout dépend du rythme des événements qui vont suivre, tout dépend de la résonance que les médias voudront bien donner aux prochains faits divers. Ça prendra quelques semaines ou quelques années, mais je crains que ça n'arrive assez rapidement. Quand on voit que des journalistes, des écrivains, des politiques font publiquement et sans précaution l'association d'idée entre Islam et terroriste, même en l'encadrant des précautions oratoires habituelles (du style "j'ai plein d'amis arabes" ou "l'Islam est une très belle religion" ou bien "mon épicier algérien est très gentil, faut pas généraliser"), il est sans doute déjà trop tard.
Une fois que la ligne jaune sera franchie, qui sait où cela nous mènera ? Non, papy Jeannot, nous ne sommes pas en guerre. Pas encore.
Et à part agiter les bras en criant au feu, quand est-ce qu'ils vont changer leur politique, leurs façons de faire (enrichissement personnel et autres magouilles) etc. pour réellement empêcher l'extrême-droite d'arriver au pouvoir ?
Lu à l'instant sur Seenthis :
Libé/papier, 12 juin 2014 :
Saint-Etienne. Procès d’un prêtre hébergeur de sans-papiers :
Le prévenu :
–Je ne vois pas en quoi proposer à des gens de dormir sur un matelas peut créer un appel d’air.
Le Président du tb :
– Il y a des règles à respecter. Notre société étant très bien faite, on ne peut pas accueillir un nombre de personnes qui commence à être important dans un lieu pas adapté.
Le proc requiert une amende de 50 euros par jour d’infraction, soit 12000 euros.
Il avait pas dit un truc Hollande, en arrivant au pouvoir, comme le délit d'assistance aux sans-papiers allait être abrogé ? Bah, c'est juste une promesse non tenue de plus.
Chais pas si vous visualisez bien le bordel ; Filippetti, des gens tout nus, les hystériques anti-mariage pour tous, des fonctionnaires territoriaux inquiets... Bonne image de la France d'aujourd'hui : une multitude d'intérêts sectoriels particuliers, parfois égoïstes, mais aucun mouvement d'ensemble.
Vous vous souvenez du légionnaire au Mali avec son masque à tête de mort ? Ben c'est un sacré gâchis. Tout ça pour satisfaire quelques politicards énervés... Vive la glorieuse armée française...
"« Mes chefs m'ont dit que je faisais du bon travail. Ils m'ont expliqué que j'allais être puni pour calmer la pression médiatique. »"
Putain, c'est à chialer de tristesse...
Et en même temps, au-delà du fait que tout est vrai, il y a tout : la référence juridique, la référence à la constitution, la référence à Star Wars... Chapeau.
Une image vaut mieux que 1000 mots parait-il.
Mais quand même :
"1 mosquée pour 12500 fidèles musulmans
à comparer à
1 église pour 630 fidèles catholiques"
De toute façon, ce genre de comparaison ne satisfera pas les islamophobes. Car ils ne sont pas tant anti-mosquées que anti-Islam.
Entendu tout à l'heure à la radio, mais je l'avais déjà entendu il y a quelques mois : la Suède leur accorde systématiquement le statut de réfugié, l'Allemagne a prévu d'en accueillir 10 000, et la France... 500.
On vit dans un chouette pays hein ? Généreux, exemplaire, tout ça...
Justement... J'ai l'impression que tu tournes autour de la vérité sans la voir : ce projet est une forme de re-centralisation qui ne dit pas son nom.
Basique mais révélateur : "Vous gagnez plus de 1 712 euros par mois ? La moitié des Français touche moins que vous. "
via http://nicolas-delsaux.hd.free.fr:8080/Shaarli/?i8jHlg, mais je partage tout à fait le commentaire de http://famille-michon.fr/links/?ab6nmg : c'est le découpage en déciles qui est révélateur.
Je reprends le titre de la chronique de France culture parce qu'il est on ne peut plus approprié.
Christiane Taubira victime d'insultes racistes trois fois en 10 jours, d'abord par une candidate FN (http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?kfNM0w), puis par une gamine d'une dizaine d'années et enfin par un curé intégriste... C'est triste à chialer, mais au moins le vernis de respectabilité de la "Manif pour tous" commence à craquer et montre le vrai visage de ces gens. Ils n'auront pas tenus bien longtemps...
Le plus inquiétant, comme le fait remarquer la principale intéressée, c'est l'apathie collective devant ce phénomène : on peut tranquillement insulter une ministre noire, la traiter de guenon jusque sous les fenêtres d'un Palais de justice sans que ça ne provoque plus de réaction que cela. Le FN a même le culot de porter plainte contre elle pour injure.
Quelques liens pour un éventuel article ultérieur :
http://www.franceculture.fr/emission-le-billet-politique-d-hubert-huertas-taubira-face-au-racisme-silence-on-coule-2013-10-29
http://www.rue89.com/2013/10/29/taubira-guenon-tout-va-bien-est-france-247022
http://www.midilibre.fr/2013/10/28/taubira-insultee-a-angers-c-est-pour-qui-la-banane-c-est-pour-la-guenon-lance-une-gamine-de-10-ans,775607.php
http://lelignel.fr/chose-vue-sous-les-fenetres-de-christiane-taubira-garde-des-sceaux/
http://www.angersmag.info/Quand-les-opposants-au-mariage-pour-tous-depassent-les-bornes_a7994.html
Et les excuses bidon de la Manif pour mon cul : http://www.lamanifpourtous.fr/fr/fil-d-infos-fr/890-mise-au-point-concernant-l-accueil-de-mme-taubira-a-angers-le-25-octobre-2013
Citoyens de seconde zone ? Mais non, voyons...
via http://sebsauvage.net/links/?Tra4Qg
La soi-disant "révolte" des patrons qui seraient "écrasés" sous les taxes par un gouvernement "stalinien" n'est qu'une vaste mascarade ; en réalité, le budget 2014 est largement plus favorable aux entreprises qu'aux ménages ! Décorticage de l'embrouille (en fait, c'est juste de la comm') sur le site d'Arrêt sut images. Mis dans mon Respawn, pour le cas l'accès deviendrait payant.
@Serendipity : Je suis désolé. Vraiment. Il m'arrive assez régulièrement d'avoir honte d'être français, mais j'ai parfois peur de perdre de ma sensibilité, à la longue...
"C'est à ce moment que je vois qu'il commence vraiment à réaliser que c'est fini – qu'il ne peut plus échappe r–, que c'est là que sa vie, que les instants qui lui restent à vivre dureront tant que durera cette cigarette."
Oh putain les boules
via http://foualier.gregory-thibault.com/?cWSUqw
Un texte à garder parce que si le FN arrive au pouvoir, il rétablira la peine de mort et il y a fort à parier que ce genre de texte sera de nouveau censuré. Oui, je suis pessimiste.
J'avais lu cet article à l'époque, c'est étrange qu'il ressorte 4 ans après...
Dans mon respawn, au cas où...
Passez moi le micro siouplait : Hum, hum... LE FRONT NATIONAL EST UN PARTI D'EXTREME DROITE !
Merci.
Hallucinant. Au-delà de l'anecdote, c'est l'échec d'une institution qui est ici mis en avant.
Lien vers l'article : http://www.lepoint.fr/societe/journal-d-un-prof-debutant-episode-7-un-eleve-de-troisieme-qui-ne-sait-pas-lire-c-est-normal-01-10-2013-1737011_23.php
"En salle des profs, l'enseignante n'est pas au bout de ses surprises. "Un troisième qui ne sait pas lire, c'est normal ?" questionne un nouveau. "Oh oui !" s'empresse de répondre un collègue, "deux ou trois élèves par niveau ne savent pas lire ou pas écrire, voire les deux". Désarçonnée, démunie face à cette découverte, Sophie s'interroge. Elle aimerait rester à la fin des cours au collège pour aider ses élèves. Mais comment ? "Je ne sais pas comment on enseigne la lecture ou l'écriture !" s'agace-t-elle. [...] Sa colère n'a fait que croître lorsqu'elle a appris que certains profs du collège avaient remué ciel et terre l'an passé pour trouver des solutions pour un élève de quatrième qui ne savait ni lire ni écrire. Sans succès. "Ni les enseignants ni l'administration n'ont pu faire quoi que ce soit : l'échec de l'institution est total", fulmine-t-elle."
Je ne comprends pas quels peuvent bien être les motifs qui ont poussés la Cour d'appel à revenir sur la décision de première instance.
Je ne comprends pas non plus que l'église (la paroisse) ait porté plainte d'après l'article (ce qu'il faut interpréter comme faire appel je pense) car c'est une procédure tout a fait acceptée par les curés eux-mêmes ; voir ce site du "cybercuré" mis en lien par France Info : http://92.catholique.fr/faq/bapteme_debaptisation%20apostasie.htm
Rappel : en France, cela fait 108 ans que l’Église et l’État sont séparés.
J'ai découvert coup sur coup ces deux initiatives à quelques jours d'intervalles. Cela me laisse perplexe ces gens, appartenant plus ou moins à la catégorie des décideurs, du monde politique ou de l'élite au sens large, qui ont besoin de descendre au ras du bitume pour -enfin- prendre conscience des problèmes de leur pays (merde, c'est pas comme si c'était là qu'ils vivent) et de leurs contemporains, et du rejet global de la classe politique. Je trouve ça très inquiétant.
Le député Jean Lassale :
http://www.franceinfo.fr/politique/les-invites-de-france-info/jean-lassalle-a-la-rencontre-de-francais-resignes-1099333-2013-08-09
http://www.ledeputequimarche.fr/blog/
Le généticien Axel Kahn :
http://www.rue89.com/2013/08/11/axel-kahn-marcheur-allegre-france-secession-244867
Un institut de formation (je n'ose dire "école") à droite. Très à droite.
On y trouve pêle-mêle les thèses les plus réacs, les anti-mariage gay, la "cathosphère", l'islamophobie... tout ce qui me fait gerber.
Pourquoi est-ce que je ne suis pas surpris ? Année après année, le classement de la France dans les différents classement de ce type est de plus en plus mauvais.
La discussion sur Seenthis : http://seenthis.net/messages/161009
Il faut lire les articles en relation pour bien comprendre :
http://www.rue89.com/2013/07/10/a-profite-reserve-parlementaire-a-jouer-244116 : en gros, plus un député est bien placé dans la hierarchie (président d'une commission...), plus il aura d'argent à redistribuer ; du coup, cela entraine une double inégalité : entre les communes ayant un député/sénateur et les autres, et entre celles ayant un parlementaire "puissant" et les autres...
http://www.rue89.com/2013/07/10/liste-tous-les-projets-finances-reserve-parlementaire-2011-244139 : Liste de tous les projets financés par la réserve parlementaire en 2011 (a servi a alimenter la carte)
Incidemment, je regrette la qualité des data-visualisations de feu-OWNI... :(
La carte de Rue89, bien que sympa, n'est pas à la hauteur.
La France, de plus en plus un Etat de non-droit...
Il est plus risqué de télécharger une chanson sur BitTorrent que de profaner un cimetière...
"Ce qui a précédé la manifestation du 17 octobre et la rafle de près de 12 000 algériens fait partie du tabou de l’histoire de France. Les documents d’archives que publie aujourd’hui OWNI ne laissent pourtant aucun doute sur la violence policière assaisonnée au silence de Maurice Papon qui s’était installée dans le pays."
"17 octobre 1961 : à Paris coulent la Seine et les cadavres. On en dénombre au moins 200 pour cette nuit-là. À lire les documents et les notes de la Préfecture de police de Paris, la tragédie est le résultat d’une politique de violences policières planifiée, voulue en haut lieu. Et soutenue alors que les autorités n’ignoraient rien du caractère pacifiste de la manifestation organisée par le Front de libération nationale (FLN) algérien."
Lors de la nuit d'octobre 1961, la préfecture de police a planifié l'arrestation extrajudiciaire de près 12 000 personnes d’origine algérienne. Entassées plusieurs jours dans des stades dans des conditions inhumaines, comme le montrent les rapports de l'époque. Dans ces lieux, selon des témoignages concordants, plusieurs d’entre elles ont été victimes d’exécutions sommaires – on estime qu’au moins 200 personnes d’origine algérienne ont péri dans la nuit du 17 octobre.
« Si toutefois un se lève il est immédiatement rappelé à l’ordre par ses supérieurs ou tout simplement massacré par ses égaux : tu vas nous attirer des enmerdes », écrivait Rémy L, avant de s’immoler par le feu sur le parking de son entreprise, France Télécom. Un ancien cadre a réagi et envoyé à la presse cette lettre, qui illustre le mouvement de stérilisation qui a cours à FT depuis environ cinq ans. La controverse n’est plus possible.
« Ils évoquaient régulièrement les maladresses des sous-traitants, avec angoisse », raconte cette internaute. « Je me souviens surtout de la vanne qui alimentait un circuit de refroidissement et l’intervenant l’ignorait. C’est parce qu’un technicien s’en est avisé sans être mandaté d’une responsabilité de vérification que la vanne a été tournée du bon côté. Je me souviens aussi d’incidents commentés au fil des conversations et j’ai vu combien cette sous-traitance à bas coûts les inquiétait ».
FrenchLeaks est un site dédié à la diffusion de documents d’intérêt public concernant notamment la France et l’Europe. Edité par le journal d’information en ligne Mediapart, il est au service du droit à l’information et du débat démocratique, dans une indépendance totale vis-à-vis des pouvoirs politiques et économiques.
Visite virtuelle de la grotte de Lascaux
"Jusqu'ici la France était rangée parmi les pays "Démocraties à part entière". Mais plus depuis cette année, car dans son Indice 2010 la France a été rétrogradée avec les "Démocraties Imparfaites". "
En filigrane, deux rapports à l’édition s’opposent dans ce dossier : la gratuité universitaire, visant un petit noyau, et la commercialisation éditoriale : « C’est David contre Goliath », plaide, non sans une certaine malice, le sociologue québécois.
La chambre criminelle de la Cour de cassation, en assemblée plénière, a rendu mercredi 15 décembre un arrêt historique, qui bouleverse durablement le paysage français.
Voici le pièces du dossier, certes copieux, mais qui permettra à chacun de juger sur pièce. Au menu :
Un résumé, supposé didactique, de la décision de la Cour de cassation.
L’arrêt de la chambre criminelle
Les éléments de l’affaire présentée à la Cour
La plaidoirie (enflammée) de Patrice Spinosi, qui défendait le pourvoi de son client.
Les immigrés sont une très bonne affaire pour l’économie française : ils reçoivent de l’Etat 47,9 milliards d’euros, mais ils reversent 60,3 milliards.