J’en reviens à «ma frère». Si le féminin est possible pour ces locutrices, c’est que l’emploi en tant qu’adresse est si répandu que «frère» n’y code plus du tout le masculin. Il s’est blanchi sémantiquement. Il ne fait qu’engager la discussion, interpeller, marquer le lien. Il peut donc être associé au possessif «ma», qui lui, code bien le genre de l’amie à qui je parle. Rémi Soulé, fondateur de l’association Néolectes, qui sur Instagram fait un travail de veille sur les nouveaux langages, raconte avoir aussi entendu, dans le genre, «frérotte» ou «frérette». Autres cas de féminisations expressives du masculin.
Pourquoi ce serait puissant, symboliquement ? Parce que c’est un cas d’appropriation du système linguistique. Je ne suis plus assujettie à la langue, je m’en empare. Dire «ma frère», c’est adapter la grammaire à mes besoins intersubjectifs expressifs. Mais cette puissance profite-t-elle à la cause féministe ? Il y a débat. D’autres étudiantes, auxquelles je demandais la semaine dernière si elles aussi disaient «ma frère», se sont énervées : «Pas du tout. Jamais entendu. Pourquoi toujours le masculin ? Pourquoi pas ma sœur ? Et la sororité dans tout ça ?»
Soudain, je me suis rappelée de moi à 13 ans. De façon assez compulsive, et visionnaire, je m’étais mise à m’exclamer en boucle «je m’en bats les couilles !» (ancêtre du «balec» actuel). Ma sœur (la vraie) préférait dire, elle «je m’en bats les ovaires». Mais à quel point le sens figuré est-il encore perçu comme masculin ? Et pourquoi toujours ce besoin d’emprunter les images du masculin pour se sentir puissante ? Une thèse sur ce sujet est en cours, celle de Jeanne François, dirigée par Gilles Siouffi, intitulée : «La «virilisation» des pratiques langagières de femmes en périphérie urbaine en France aujourd’hui».
Intéressant.
Le constat a quelque chose de vertigineux. À chaque fois que vous entendez parler d’une infraction ou d’un comportement asocial, vous pouvez parier que c’est un mec qui l’a commis. C’est plus sûr que de parier sur le sport, les gens.
Et ça veut dire que des pans entiers de la société, les gens à l’intérieur, leurs salaires, les infrastructures, leurs process de travail, leur matos, tout ça n’existe que pour gérer les ennuis causés par des mecs.
C’est facile de se dire que l’industrie du porno existe principalement à cause des mecs. C’est moins évident de se dire que le Ministère de la Justice entier existe massivement pour la même population.
Lucile Peytavin fait 2 choses dans son livre : explorer les causes de ce constat, et proposer un chiffrage en euros de tout ce que ça nous coûte, à l’échelle de la France.
La virilité toxique, mais autant écrire la virilité TOUT COURT, coûte environ 95 milliards d'euros par an à la société.
Et pourquoi donc ? Est-ce ce sont les z'hormones, le cerveau des meufs qu'il est pas fait pareil didonc,c'est la testostérone madame, s'pas ma faute ? Eh ben non. C'est -quelle surprise- un problème d'éducation.
La vraie raison du comportement des hommes, c’est une socialisation et une éducation différentes. La société apprend aux hommes à être violents, à ne pas respecter les règles, à n’écouter ni ses émotions ni celles des autres, à prendre des risques pour soi et pour les autres. On leur apprend à être “viril”, un concept qui n’a pas d’équivalent féminin.
via Seb
EDIT : pour ce que ça vaut, ça me rappelle cette critique de Star Wars épisode 8, qui a été interprété par certain·e·s comme une critique de la masculinité toxique.
Dans une double étude publiée début mars 2021 et dédiée aux biais de genre dans l’estimation de la douleur éprouvée par autrui, un groupe international de recherche en psychologie en arrive à la conclusion que « les stéréotypes de genre liés à la douleur (…) prédisent les biais d’estimation de la douleur ». Une conclusion qui se trouve être particulièrement défavorable aux femmes dans les traitements qui leur sont proposés et la prise au sérieux de leur souffrance physique.
« Alors que je flânais sur Internet, j’ai fait cette découverte étrange : l’appareil génital masculin ne pèse en
moyenne que 100 grammes ! Information quelque peu cocasse qui m’a d’abord fait sourire, jusqu’à ce que je réalise
que c’était précisément ces 100 petits grammes qui me séparaient de l’égalité » explique la photographe Lisa Miquet au sujet de son projet 100 Grammes.Irrévérencieuse, décalée, culottée, sa série photographique expose des compositions d’objets insignifiants qui pèsent, justement, 100 grammes afin de mettre en évidence la caducité des préjugés de genre.
Je pose ça là : des romans de l'imaginaire (SF, fantasy...) publiés récemment et écrits par des femmes. Bravo à @azaliz (°m pour sa recherche (en réaction à la sélection des Utopiales 2020 qui ne comporte que "5 mecs dont 4 blancs".
J'ai !! trouvé !! 6 livres écrits par des autrices de l'imaginaire françaises en 2019 !! C'était tellement plus ardu à trouver que je ne le pensais… Merci pour vos contributions !
- Les Brigades du Steam (Etienne Barillier et Cécile Duquenne),
- Dans l'ombre de Paris (Morgan of Glencoe),
- Les Îles noires (Sylvie Lainé et Philippe Aurelle),
- Mers Mortes (Aurélie Wellenstein),
- Résolution (Li-Cam),
- Les Secrets d'Éole (Claire Krust)
Sur une feuille, deux enfants sont dessinés. L’un dans une posture de domination, l’autre représentant la subordination. Aucun des deux personnages n’offre le moindre indice sur son genre et pourtant, ”à partir de quatre ans, une large majorité d’enfants considère que le personnage dominant est un garçon”, rapportent les chercheurs dans un communiqué du CNRS.
[...]
“On a, au niveau global, une tendance à associer masculinité et pouvoir mais avec des variations selon le genre des participants dans certaines expériences”, résume-t-il.
via Tommy
Alors est-ce que tout ça, c’est la faute des écrans? En partie, mais si ce n’était que cela, tous les ados seraient touchés de la même manière. Or il se passe autre chose à partir du collège: la lecture, ça devient un truc de fille.
L’un des chiffres qui m’avaient frappée au sujet du magazine J’aime Lire, c’est qu’il y avait une quasi-parité entre lecteurs et lectrices. À partir du collège, c’est fini et enterré. Livre = utérus. Il faut dire que la lecture allie les qualités attendues chez les filles: immobilité, calme, silence et enrichissement de la vie intérieure.
Le désintérêt des adolescents pour les livres correspond exactement à ce qu’on appelle «la fabrique des garçons», un ensemble de stéréotypes qui encouragent les garçons à se détourner de la lecture. Les garçons, c’est l’agitation, l’interaction physique, le désordre (en gros, ce sont des chiots totalement soumis à leurs pulsions).
[...]
C'est moi qui graisse :
On ne dira jamais suffisamment combien la fabrique de stéréotypes de genre est néfaste pour les filles et les garçons. On s’intéresse généralement plus aux filles parce qu’elles subissent des discriminations évidentes, mais la masculinité hégémonique est aussi un problème pour les hommes.
Arrivés à l'âge adulte, les hommes lisent moins que les femmes. Manque de temps ? Que nenni. Flemmingite aigüe :
Les hommes auraient donc moins de temps que les femmes. Or pour avoir étudié les emplois du temps des Françaises et des Français pour mon dernier livre, je sais que c’est faux. Les hommes français ont en moyenne 3h30 de temps de loisir de plus que les femmes par semaine.
[...]
Or les femmes sont souvent entrainées à la contrainte et à l’autodiscipline, dès leur plus jeune âge. Quand on est capable de limiter son alimentation et de s'arracher des poils, l’effort d’ouvrir un livre ne paraît franchement pas insurmontable –fin de l'hypothèse.
Achievement unlocked :
En tout cas, nous sommes face à un cercle vicieux, parce que d’après toutes les études, ce qui encourage le plus efficacement les garçons à lire, c’est de voir leur propre père lire, de l’entendre parler de littérature, que ce père leur lise lui-même des histoires, leur conseille des livres. Le rôle de modèle joue là aussi, dans l’association d’une figure masculine à la lecture.
\o/
Un bon article sur Ursula Le Guin, et qui s'élargit sur les questions du féminisme, du genre... :
On peut se demander si c’est une si bonne nouvelle que des thèmes aussi cruciaux que la division genrée de la société, la domination masculine, ou bien l’écologie soient pris en charge massivement par des cultures de genres.
Je pense, pour l'écologie, aux fictions apocalyptiques, ou à la science-fiction dystopique pour le féminisme. Je me demande si ce n’est pas une façon de les remiser dans des cases bien identifiées, qui permettent pendant ce temps à la marche globale de la société de continuer de faire son petit bonhomme de chemin sans remise en question.
Parce que cantonner ces fictions, y compris dans leurs charges potentielles de lanceurs d’alertes, aux littératures de genre qui, qu’on le veuille ou non, sont encore moins valorisées que la littérature dite générale, c’est une façon de repousser à la marge les grandes questions sociétales qu’elles portent. Alors oui, on peut avoir l’impression que la science-fiction ne s'est jamais aussi bien portée, mais je ne suis pas si sûre que ça soit une si bonne nouvelle, tout compte fait.
Au-delà de ces réflexions militantes, lisez Ursula Le Guin : juste parce que c'est vachement bien.
Je suis entré dans son œuvre par le cycle de Terremer, et je suis en train de lire le cycle de l'Ekumen, et c'est 'achement bien.
Je rejoins totalement l'article que je viens de lire sur la question de la dimension ethnologique de ses œuvres : j'ai été fasciné par la main gauche de la nuit et, si elle remet en cause au passage la division genrée des tâches sur notre monde / notre société, c'est un effet de bord positif, pas forcément un objectif lors de la rédaction. Par-ailleurs, dans d'autres romans du cycle de l'Ekumen, cet aspect "ethnologique" se traduit par de petites touches discrètes,par exemple la façon de dire oui en levant les épaules plutôt qu'en hochant la tête ; par-ailleurs elle met en scène des peuples majoritairement "non blancs" à tel point qu'un blanc aux cheveux blond apparait comme une curiosité exotique... Mais ce n'est pas forcément mis en avant, on le découvre généralement seulement à la réaction des différents protagonistes découvrant un être venu d'une autre planète.
Un autre point pour finir, qui rejoint un peu la conclusion de l'article : Ursula K. Le Guin est inclassable. Ce n'est pas que de la SF, ou que de la fantasy, et déjà que ce type de classement me barbe à la base (car revenant à désigner des littératures "légitimes", et d'autres, "de genre" qui le seraient moins), il est encore moins pertinent pour elle. C'est à peu près aussi absurde que de dire que La possibilité d'une île, de Houellebecq, est de la science-fiction parce qu'une partie du roman se passe dans un futur lointain et parle de clonage. Chez UKLG, dans certains romans, on est globalement dans ce qu'il convient d'appeler de la SF, mais les 9/10ème du roman mettent en scène un univers de type "héroïc fantasy"... (je pense notamment au Monde de Rocannon). Dans La cité des illusions, on pourrait très bien lire un roman de type "post-apo" (La route ?), et le fait que la Terre (la Ligue ? l'univers ? on ne sait pas) soit sous l'emprise d'une race extra-terrestre n'a que peu d'importance, ils n'interviennent qu'à la fin. Etc. Au final, ce qui compte, c'est d'avoir une bonne histoire. (Et le cycle de l'Ekumen, c'est une bonne histoire car chacun des livres du cycle est une fenêtre ouverte sur un monde et une époque aléatoire d'un récit fragmentaire se déroulant sur des dizaines de milliers d'années... L'imagination bouche les trous.
Géniale, comme toujours.
Désormais, en Allemagne, un individu pourra être administrativement désigné comme de genre féminin, masculin ou "divers". Une avancée saluée par les associations de défense des personnes LGBTQI+ mais qui auraient souhaité voir disparaître la demande d'attestation médicale à fournir pour pouvoir se déclarer comme "divers".
Je comprendrai plus tard qu’il ne s’agit pas tant d’astronomie que d’un syndrome rare : je suis une femme XY. Une fille avec le patrimoine génétique d’un garçon. Et il faudra bien que j’apprenne à vivre avec.
Intéressant hein. Bon, corrélation ne veut pas dire causalité, mais c'est troublant. Et les jouets genré, c'est mal.
=> l'animation montre une corrélation entre les ordinateurs, marketés comme des jouets genrés pour les garçons à partir de la fin des années 70 / début des années 80, et la chute du nombre de femmes étudiantes en informatique dans les décennies qui suivent.
L’exemple souligne que ces enjeux grammaticaux et syntaxiques ne sont pas innocents. Derrière les mots que l’on emploie, il y a des structures sociales, des rapports de pouvoir, des constructions de stéréotypes sexuels. Alors, entre Almodis, femme seigneur, et Ermessende, fidèle à sa féminité, qui l’emportera ? Cette histoire-là, c’est à nous de l’écrire… tou.te.s ensemble !
Au Moyen-äge déjà, les femmes étaient des hommes comme les autres. Ou l'inverse. Enfin, vous voyez le genre.
Si pro et anti écriture pour tous et toutes n’en finissent pas de s’affronter, c’est principalement à cause du point médian, ce · qui permet d’inclure le féminin dans certains mots ( «Les manifestant·e·s») et enflamme les discussions. Dommage. Si on comprend les réticences face à un tel changement des habitudes grammaticales, l’écriture inclusive, c’est bien plus que ce point médian de crispation.
[...]
Voilà pourquoi nous avons décidé de publier le manifeste de ces 314 professeurs et professeures bien décidées à braver les indications de leur ministre en cessant d’enseigner à leurs élèves cette formule du masculin tout puissant. Pas de point médian dans leurs leçons, mais une règle, celle de l’accord de proximité, «venu du latin, qui consiste à accorder le ou les mots se rapportant à plusieurs substantifs avec celui qui leur est le plus proche». «Les pays et les villes étrangères» plutôt que «les pays et les villes étrangers».Cette règle de proximité, nous nous engageons à l’appliquer par défaut dans les papiers de Slate.fr. Tout comme nous préférerons désormais l’emploi de mots épicènes, c’est-à-dire «les mots dont la forme ne varie pas entre le masculin et le féminin» ( un ou une élève, membre, fonctionnaire), de mots désignant indifféremment une femme ou un homme ou des mots «englobants» (le corps professoral, le peuple, le public), suivant les recommandations du Haut Comité à l’égalité entre les femmes et les hommes.
J'applaudis dès aujourd'hui (c'est vrai, pourquoi toujours vouloir applaudir dès demain ?).
La tribune des prof : https://www.slate.fr/story/153492/manifeste-professeurs-professeures-enseignerons-plus-masculin-emporte-sur-le-feminin
Ainsi, quand en 2002 Martine Aubry et Elisabeth Guigou demandent à être appelées «madame la ministre», l’Académie exprime de nouveau sa plus grande frilosité, en des termes plus mesurés que cet automne, arguant de «l’importance de la neutralité des fonctions».
Allez, encore une couche.
La neutralité du masculin, non mais quel LOL.
J’avais 9 ans, et cette image m’a révoltée. Le jour de cette leçon, toutes les filles de la classe ont hué et les garçons ont applaudi. On comprenait parfaitement ce qui était en jeu –et l’illustration du livre nous le jetait à la gueule. Les filles perdaient la partie. Guillaume et Quentin ont claironné: «Vous êtes moins fortes! Vous êtes moins fortes!» Mme Péron a tenté de tempérer les choses en expliquant que c’était de la grammaire, qu’il n’était pas question de justice, que c’était la règle. Il fallait apprendre la règle et respecter la règle.
Mais nous, ce qu’on voyait, c’était que la règle nous disait que les garçons l’emportaient. Et les garçons comprenaient exactement la même chose.
Tiens, celleux sur (°m à qui on s'échigne à expliquer que "non, ce ne sont pas que des mots", ça vous cause ?
En fait, le vrai point de friction vient de mots auxquels on ajoute le point médian suivi d’un féminin voire d’un féminin pluriel. Franchement, on s’y habitue. Mais je peux comprendre que cela perturbe certaines personnes qui trouvent que c’est trop compliqué (mais alors, on est ok pour l’accord de proximité du coup, vu qu’il est plus simple?). Si on n’aime pas écrire «les électeur·trice·s» on peut se contenter d’un «les électeurs et les électrices» voire même «le corps électoral». De manière générale, de toute façon, on déconseille le point médian quand les formes au masculin et au féminin sont trop différentes. Et c’est évident qu’il ne faut pas en coller partout. Mon bémol personnel, c’est que ça a un petit côté écriture administrative –et pour le coup, je pense que toutes les administrations doivent l’adopter.
En même temps, pour les textes plus littéraires, c’est intéressant d’un point de vue stylistique de se forcer à chercher d’autres formulations, à équilibrer différemment ses phrases.

Oui, oui, c'est via (°m
"Est-ce qu'on le soutient dans ses envies ? Ou est-ce qu'on le contraint ? Si un petit garçon demande à s'habiller avec une robe ou un vêtement à fleurs, faut-il le laisser faire ou l'en empêcher pour le protéger ?
J'ai fait le pari de lui donner suffisamment d’aplomb pour qu'il puisse agir comme il le souhaite, librement."
[..]
Pour l'amour de son fils (et de la liberté), Elise a donc fait la chose la plus mignonne du monde. Elle a collecté des images d'hommes connus (ou pas) pour fabriquer de petits dépliants libérateurs.
[...]
Elise ne s'est pas arrêtée là. Elle a imaginé les mêmes petits dépliants pour les filles. Car contrairement à ce qu'on leur dit parfois, elles peuvent aimer les voitures, le foot, les maths, les sciences, les jeux vidéo, les ordinateurs, avoir des poils ou des cheveux rasés...
GE-NIAL
Les dépliants sont téléchargeables ici et là.
EDIT : liens vers les dépliants mis à jour :
Au Royaume-Uni, une chaîne de magasin de vêtements pour enfants a décidé de retirer les étiquettes "garçons" et "filles" de ses rayons, pour "éviter de renforcer les stéréotypes liés au genre"
La marque va donc proposer des jeans, des t-shirts et des robes ornées de dinosaures, de vaisseaux spatiaux ou encore de petits soldats. Bien sûr, les réactions à cette annonce ont été variés. D’un côté, l’association Let Clothes Be Clothes, qui lutte contre les stéréotypes sexuels dans le marché des vêtements pour enfants s’est dite « absolument ravie » de cette décision. Tandis que d’autres, comme Campaign for Real Education, un groupe de pression d’extrême-droite britannique y voient « un grave problème« .
Il faut importer cette belle idée en France. Rien que pour le communiqué de la Manip pour tous qui suivrait.
Entre incompréhension et injustice, je crois qu’à cette époque un vague « quoi ? Mais je suis une fille, c’est injuste ?! » m’avait traversé l’esprit. Puis la pilule passe, on respecte la règle, on l’applique, c’est le système et puis c’est tout. Mais on en vient tout de même à se répéter mentalement que « le masculin l’emporte sur le féminin », des centaines et des centaines de fois, à chaque occasion où la règle s’applique. Alors je me demande : est-ce que la grammaire a influencé nos cerveaux et notre société ? Est-ce que le genre en grammaire a un lien avec l’équité homme/hemme ?
Bon, c'est une redite, j'ai déjà dû shaarlier des liens semblables 3 ou 4 fois.
Depuis que j'ai pris conscience de cet état de fait, je milite pour l'application de la règle de proximité... même si je suis intimement persuadé que le conditionnement dont j'ai fait l'objet par l'école mettra encore quelques années avant de moins produire ses effets.
Murielle Gerin et Chloé Riban, doctorantes au Centre de Recherche sur l'Éducation, les Apprentissages et la Didactique (CREAD) à Rennes 2, ont décroché le 2e prix du jury lors du festival Sciences en cour[t]s avec leur très court métrage de vulgarisation scientifique "Les garçons et les filles sont belles".
|...]
Nous sommes toutes les deux doctorantes en première année de thèse en Sciences de l'éducation au sein du CREAD (Centre de Recherche sur l'Éducation, les Apprentissages et la Didactique).
Dans notre travail de thèse nous avons un questionnement commun, le genre en sciences de l'éducation, mais avec une méthodologie différente: sociologique pour l'une, didactique pour l'autre.
Chloé étudie les enjeux du genre dans les relations école-famille avec une approche intersectionnelle.
Murielle tente de comprendre comment se met en place l'égalité fille-garçon dans les situations de lire-écrire en CP en France et en Allemagne.
Court-métrage à voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=8X45yYIF1Gw&list=PLKPWsU9ZzptKjVmkWOy4y6w-OF6TFoyng&index=2
via Mastodon
Lors de chaque élection, les personnes trans dont l'état civil n'est pas conforme à leur genre vécu hésitent à se rendre dans les bureaux de vote par peur d’être outées. Néanmoins, pour la première fois, une solution a pu être trouvée avec la ville de Rennes pour leur garantir d'exercer sans stress leurs droits civiques.
La solution est pourtant simple :
Petite avancée cette année : pour la première fois en France, une mesure a été prise à la veille du scrutin présidentiel par les services des élections de la ville de Rennes pour respecter le droit à la citoyenneté et le respect à la vie privée des électeurs et électrices trans rennais. Cette disposition est le fruit d’une concertation entre le CGLBT de Rennes (soit, le Centre LGBTI) et la Direction des prestations administratives à la population de la ville bretonne. Ainsi samedi, «des instructions claires» seront envoyées aux présidents des bureaux de vote, d’une part pour que le titre de civilité (M., Mme, Mlle) ne soit plus énoncé puisqu’il ne fait pas partie de l’état civil, d’autre part pour que toute personne qui souhaite que son prénom ne soit pas énoncé voit sa demande concrétisée.
La règle précisant que le masculin l’emporte sur le féminin finit par s’imposer au XVIIIe pour des raisons qui ne doivent pas grand-chose à la linguistique : à cette époque, la supériorité masculine va tout simplement de soi. « Lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte », affirme Bouhours en 1675. « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle », complète élégamment, en 1767, le grammairien Nicolas Beauzée.
C'est pas tout jeune (2012) et, si vous me lisez depuis un moment, ça va commencer à faire ressassé (mais il parait que je radote), mais ça va mieux en le répétant encore et encore : accordez en utilisant la règle de proximité. Comme Racine.
« Surtout j’ai cru devoir aux larmes, aux prières, consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières. »
2017 : ça commence à entrer dans les moeurs :
Russie : l’opposant Alexeï Navalny et des centaines de personnes arrêtées lors d’une manifestation
Pour les deux liens : via @tetue
Car employer « théorie du genre » semble ainsi vouloir précisément sous-entendre, sémantiquement, que le genre serait une théorie hypothétique, qui reste à prouver – autrement dit, qu’il pourrait ne pas exister. Quel meilleur moyen que cette francisation ambiguë et imprécise des gender studies pour invisibiliser les recherches scientifiques qui leur sont liées, et permettre de nier les réalités sociales qu’elles recouvrent ?
Autrement dit, une jeune fille en jupe, dans une cour de récréation, à la cantine ou dans les allées de son école va être entravée dans ses mouvements et surtout, son genre va déterminer la façon dont elle va se comporter dans l'espace et avec ses congénères. Cette façon dont la jupe va modeler le corps des filles et les contraindre à se faire toute petites quand le pantalon, lui, ne va en rien encombrer les hommes fait d'ailleurs écho au manspreading, ou cette faculté que peuvent avoir les hommes à s'assoir les jambes écartées, et à prendre le plus de place possible comme s'ils détenaient entre les jambes, un bien précieux nécessitant aération et décontraction.
Mais ce vêtement imposé peut avoir des effets encore plus pernicieux. En février 2016, l'Australie a lancé une campagne baptisée «Girls Make Uou Move» dont l'objectif est d'encourager les jeunes filles à faire davantage de sport. Et pour cause, le bureau des statistiques australien a constaté que les jeunes femmes faisaient moins d'activités physique que les garçons. La corrélation avec le port de la jupe obligatoire semble évidente quand on apprend que ces dernieres sont physiquement moins actives quand elles portent la jupe de leur uniforme que quand elles portent un short.
Et cela ne réside pas que dans l'aspect peu pratique de la jupe (même si vous devriez essayer de piquer un sprint ou de faire la roue avec une jupe plissée au genou, juste comme ça pour voir). Une seconde étude a en effet constaté que les filles avaient davantage peur d'«être jugée ou ridiculisée» et étaient inquiètes de «paraitre moins féminine» si elles se mettaient à faire du muscle et à suer.
Quelle éducation?Car c'est bien le message qu'adresse la jupe obligatoire aux fillettes et jeunes femmes. D'abord, elle institue de fait une différenciation de genres, ce qui est diablement contradictoire avec la supposée homogénéisation qu'est censé créer l'uniforme. Ensuite, la jupe, quand elles est imposée, renvoie donc celles qui la portent non pas par choix, mais parce que c'est ce qu'on exige d'elles, à se «comporter comme des filles» dans des univers réglé sur le pas de la domination masculine.
Jusqu’ici, les utilisateurs de Tinder ne pouvaient s’identifier que comme « homme » ou « femme ». Mardi 15 novembre, l’entreprise a annoncé qu’ils pourraient désormais choisir parmi près d’une quarantaine d’autres options, permettant aux personnes transgenres et à toutes celles ne se reconnaissant pas dans la définition d’« homme » ou de « femme » de se présenter correctement sur le réseau social. Les personnes ne trouvant pas le terme adéquat dans ces nouvelles propositions pourront écrire ce qu’elles veulent.
Bravo.
Le pape François a accusé, dimanche 2 octobre, les manuels scolaires français de propager un « sournois endoctrinement de la théorie du genre ».
Immonde connard. Euh, pardon : Sa Sainteté est un Immonde Connard.
Lien via Liandri, mais entendu sur France Info ce matin.
"comment l’emprise des stéréotypes de genre a abouti non seulement à présenter une fois de plus une image fantaisiste des différences entre hommes et femme, mais aussi à conseiller de manière profondément infondée des activités sportives différentes censément adaptées à chaque sexe."
La différence de stature entre hommes et femmes est donc très (très) loin d’être entièrement causée par la croissance plus rapide des premiers durant la puberté, comme c’est pourtant affirmé dans l’émission. En outre, celle-ci ne met la différence de stature qu’en relation avec le fait que les garçons produisent surtout de la testostérone et les filles surtout des œstrogènes, ce qui n’est pas non plus pertinent.
On remarque que si ce mythe savant, bien que présenté dans l’émission comme un fait établi, est clairement démenti par la réalité, il est en revanche parfaitement conforme à deux représentations très communes. La première est celle de la puberté vue comme « déferlement hormonal » ayant pour effet de véritablement bouleverser le fonctionnement et la structure de tout le corps (ici la croissance osseuse, ailleurs les muscles ou le cerveau – j’y reviendrai). La seconde est celle de la testostérone vue comme une sorte de potion magique, cette hormone dite masculine étant en particulier vue comme plus « puissante » que les « hormones de la femme » que seraient les œstrogènes
[...]
De plus, l’idée selon laquelle « chacun des muscles d’homme développe plus de force que les muscles de femme » est également fausse : un muscle d’homme peut parfaitement être moins puissant qu’un muscle de femme, et ce même à masses musculaires égales. [...] Je m’explique mal comment les auteur-e-s de l’émission en sont arrivé-e-s à écrire ce texte tout en recommandant « pour en savoir plus » la lecture d’un manuel de physiologie du sport qui le contredit. On peut en effet y lire qu’à poids totaux égaux, les femmes sont en moyenne « 5% à 15% moins fortes que les hommes », mais d’une part que « [c]ertaines femmes de taille moyenne sont malgré tout capables de développer des forces considérables, bien supérieures à celle d’un homme de stature moyenne », et d’autre part que « si on rapporte la force développée à une même masse musculaire, on ne note pas de différence entre les deux sexes ».
Encore une couche :
Un autre facteur important est le type de pratique physique, car si l’entraînement de force ou en résistance (typiquement effectué en soulevant des poids) stimule nettement la synthèse de protéines, conduisant à une hypertrophie des fibres musculaires ou à une limitation de leur atrophie avec l’âge, ça n’est pas le cas de l’entraînement en endurance (typiquement effectué en pratiquant… un sport d’endurance). Or si le premier type d’activité est bien plus répandu et culturellement favorisé chez les hommes que chez les femmes (surtout lorsqu’il développe les muscles du haut du corps de manière visible…), le second est jugé dans nos sociétés mieux convenir aux femmes, ce que l’émission ne manque d’ailleurs pas d’asséner. Il semble par ailleurs que l’entraînement en vitesse, particulièrement lorsque les contractions musculaires effectuées sont excentriques (associées à un étirement du muscle), provoque une plus grande hypertrophie que l’entraînement en lenteur. Or les sports « explosifs » sont justement ceux que l’émission recommande aux hommes et non aux femmes, encore une fois par ce qu’ils seraient censés mieux leur convenir. Par ailleurs, l’hypertrophie d’un muscle peut être causée soit par l’hypertrophie des fibres qui le composent, soit par l’augmentation du nombre de fibres. D’après Kenney et al. 2015, ce phénomène a par exemple été observé dans les biceps de certains sujets soumis à un entraînement en résistance intensif : il semble que soumettre les fibres musculaires à des efforts particulièrement intenses peut les faire se scinder en deux, chaque moitié devenant une fibre fonctionnelle pouvant atteindre la taille de la fibre initiale. Par conséquent, le potentiel d’hypertrophie musculaire pourrait être davantage augmenté chez les hommes dans la mesure où ils s’exposent davantage à des efforts très intenses. Enfin, il faut savoir que la force maximale développée par un muscle ne dépend pas que de sa taille, mais aussi du fonctionnement des motoneurones qui pilotent sa contraction, or l’entraînement peut largement modifier celui-ci de telle sorte que le muscle développe davantage de force même à masse égale. Ainsi, il a été montré que pendant les huit premières semaines au moins d’un entraînement en résistance, les gains de force (qui peuvent être considérables) sont obtenus principalement grâce à cette modification, et non grâce à l’hypertrophie musculaire.
Oh, et puis ça aussi :
Leur représentation en images de synthèse, pour commencer, est en revanche erronée. En effet, pour produire de l’énergie, les fibres lentes utilisent surtout le métabolisme aérobie, c’est-à-dire l’oxydation d’un substrat énergétique (glucose, acides gras ou à défaut acides aminés), ce qui nécessite un apport d’oxygène. Celui-ci est assuré dans les fibres musculaires par la myoglobine, jouant le même rôle que l’hémoglobine dans le sang et comme elle rouge. Riches en myoglobine, les fibres lentes sont donc rouges. Les fibres rapides utilisent quant à elles surtout la glycolyse anaérobie, une dégradation du glucose qui n’utilise pas d’oxygène. De ce fait, elles sont pauvres en myoglobine, d’où une couleur rose pâle ou blanche. C’est la dominance de tel ou tel type de fibre selon l’espèce et le muscle dont provient une viande qui fait qu’elle est plus ou moins rouge ou blanche. On remarque que ces couleurs (ou les sexes) ont été inversées dans les images de synthèse censées représenter les muscles « d’homme » et « de femme ». Peut-être a-t-il paru plus logique aux concepteur/ices des illustrations d’associer aux hommes la couleur de la viande rouge et aux femmes le rose pâle : les biais induits par les stéréotypes de genre se nichent parfois dans des recoins inattendus…
Où vont se nicher les stéréotypes quand même...
J'ai été chez le docteur hier.
Je téléphone le matin à 8h ; "le docteur Truc est absent, il est remplacé par le docteur Machin".
Arrive le soir ; il est 17h30, j'attends le docteur Machin. Le docteur a 10 petites minutes de retard, à cette heure de la journée ce n'est pas anormal. Je lis Le Canard enchaîné, c'est cool.
Passe le docteur Bidule. Je continue à lire.
Puis on m'appelle ; le docteur Machin, enfin.
C'était une femme.
Et je ne l'avais absolument pas envisagé. Pas une seule fois.
Parce que le docteur.
Tout rapport avec ce que j'écrivais hier sur la féminisation des noms et des pronoms de fonctions n'est absolument pas fortuit.
A rapprocher de ce que je racontais l'autre jour
via Marc (Marc, ton Shaarli tue les yeux)
un jour je ferai une compilation des combos antigenre / antisémitisme...
Voilà. On n'est un peu à côté de l'homophobie, mais les anti "théorie du genre" et les homophobes revendiqués se recoupant en grande partie, je trouve ça assez éclairant.
Son (excellent) blog : https://cafaitgenre.org/
D’après la source de Sweatpants & Coffee, cette tendance à vouloir effacer les figurines féminines est courante dans l’industrie du jouet : «On nous a demandé la même chose avec les Power Rangers. Et Paw Patrol, aussi.» Et la princesse Leia, déjà, ces dernières années. Mais l’exemple récent le plus flagrant fut celui du film de superhéros The Avengers : «Il y avait une scène dans laquelle la Veuve noire débarque d’un avion sur sa moto. Quand le jouet est sorti, on pouvait mettre plusieurs personnages du film sur la moto. Tous des hommes. Et pas de Veuve noire. Elle a été enlevée de sa propre scène.»
On en avait parlé lors de la sortie de l'épisode VII, mais je viens (grâce à l'article précédent) de tomber sur cet article ; le phénomène ne touche pas que Hasbro / StarWars mais tous les jouets à figurine. Misère.
Un dessin animé où il n’y aurait que des filles et un seul personnage masculin semble inconcevable, alors pourquoi l’inverse nous semble-t-il normal ? La fausse neutralité du masculin (cisgenre et hétérosexuel) fait des ravages : pour exister en tant qu’individu au-delà des stéréotypes de son genre, mieux vaut être né-e mâle.
4h/jour devant un écran ? D'après la personne que je connais le mieux, c'est environ 4 fois plus. ^^
Trêve de plaisanterie, encore un article -sous forme de BD- didactique pour faire comprendre l'importance des représentations dans les médias.
Sinon, je connaissais le test de Bechdel, mais j'oublie tout le temps son nom, je me le marque donc là.
"Il n'existe pas de jouets pour les filles ou pour les garçons, mais des jouets, tout simplement."
Super U <3
Et en plus ça emmerde Les fachos pour tous. Super combo.
Et j'ai trouvé ça : https://twitter.com/williamrejault/status/680005531344453632 J'ai pouffé.
Allo le central ? Envoyez une ambulance, Nurmancien vient de faire un arrêt cardio-respiratoire.
De rien, c'est gratuit.
"Seulement voilà, en 1647, douze ans après la création de l’Académie française, l’un de ses membres (Claude Favre de Vaugelas) préconise que le masculin l’emporte en grammaire au motif qu' «il est plus noble». Et en 1882, quand l’instruction devient obligatoire, l’Etat tranche à nouveau en faveur du masculin, envoyant ad patres, des mots du français ancien comme le féminin de médecin: medecine ou medicineuse… Même si la pâtissière, elle, reste! «Cette hiérarchie des sexes par le langage est ensuite devenue si courante et intériorisée qu’on ne la remarque (presque») plus aujourd’hui»"
Le rapport : http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/hcefh__guide_pratique_com_sans_stereo-_vf-_2015_11_05.pdf
via http://seenthis.net/messages/425264
Je suis de bonne humeur, tiens.
Au fait, question : pourquoi stéréotypes de sexe et pas stéréotypes de genre ?
EDIT : le rapport présente même une "Foire aux arguments" ; exemple :
"L'argument du masculin générique : «Le masculin est aussi le marqueur du neutre. Il représente les femmes et les hommes» [N.B. : et dire que je pensais ça avant... :S]
En français, le neutre n'existe pas : un mot est soit masculin, soit féminin.
Et d'ailleurs, l'usage du masculin n'est pas perçu de manière neutre en dépit du fait que ce soit son intention, car il active moins de représentations de femmes auprès des personnes interpellées qu'un générique épicène. C'est tellement courant que nous en avons à peine conscience. Cette problématique pourrait être mise en parallèle avec l'histoire du suffrage universel. Le masculin n'est pas plus neutre que le suffrage n'a été universel jusqu'en 1944."
J'ai bien aimé incarner un personnage féminin dans Jedi Knight : Academy et, ah tiens, dans KOTOR aussi. Je m'étais aussi créé un perso féminin pour tester Dragon Age Inquisition (http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?e9Z0Fg)
Bizarrement, je n'ai jamais eu l'idée de me faire une femme Shepard dans Mass Effect (sans doute ai-je été trop influencé par l'illustration de la boite du DVD montrant Shepard homme...). Voilà une bonne occasion de refaire la trilogie ^^
Là où je rejoins ton explication sur l'identification, c'est que je me suis toujours créé des personnages masculins dans Morrowind, Oblivion et Skyrim => 3 jeux beaucoup plus immersifs que les précédents, ceci expliquant sans doute cela. (J'avais pourtant créé une éphémère elfe noire, je ne me souviens plus pourquoi elle s'est transformée en mâle...)
Il faudra que je regarde sur Merlanfrit s'il n'y a pas d'articles sur ce thème : incarne t-on son avatar, où joue t-on "avec" lui ? Vous avez 3 heures.
"Dans son jugement, le tribunal de Tours a considéré que « le sexe qui a été assigné à M. X à sa naissance apparaît comme une pure fiction, qui lui aura été imposée pendant toute son existence sans que jamais il ait pu exprimer son sentiment profond »."
Bien sûr, le Parquet a fait appel. Mais les choses avancent.
Cette image est le pendant féminin de cette fameuse illustration : http://www.technobuffalo.com/wp-content/uploads/2015/09/Deus-Ex-Human-Revolution.jpg pour Deus Ex : Human revolution.
Et là, question : pourquoi les personnages principaux des jeux vidéos sont-ils presque toujours des hommes ?
Oui, il y a Lara Croft. Et puis qui d'autre ? Et Lara Croft ne se contente pas d'être une femme : elle est un condensé de fantasmes supposés communs à tous les mâles (un peu comme Miranda Lawson dans Mass Effect)
Intéressant.
" La chanteuse, qui ne compte pas «s'assagir» de sitôt, sait parfaitement reconnaître l'écart de traitement médiatique entre elle et d'autres artistes juste parce qu'elle est une femme:
«Il y a beaucoup trop de sexisme, d'âgisme. Kendrick Lamar parle de LSD dans ses chansons et il est cool. Je fais la même chose et je suis une pute complètement camée.» "
"Il y a comme un tabou à faire tomber dans l’Hexagone."
Des histoires d'ados transgenres.
TIL : "dysphorie de genre"
via http://cochi.se/links/?hKIZLA
Je retombe là dessus, shaarlié par https://lienspersos.accessibilisation.net/shaarli/?EG9V4g il y a presque un an : Version numérique de ce rapport de/pour Thomas Hammarberg, Commissaire aux Droits de l'Homme, du Conseil de l'Europe à Strasbourg.
Oui : on ne demande que ce qu'on connait. L'article que tu lie est très éclairant à ce sujet.
-> https://culturesgenre.wordpress.com/2013/05/28/de-linconvenient-detre-feministe-en-librairie-jeunesse/
Je l'ai d'ailleurs constaté il y a quelques semaines à peine : je tombe dans je ne sais quel magasin sur un livre du genre Les plus belles histoire du Père Castor POUR LES GARÇONS... avec son pendant "POUR LES FILLES" à côté, bien évidemment. Le plus "drôle", c'est qu'on ne pouvait même pas distinguer l'habituelle dichotomie entre les fées roses qui font la cuisine et le repassage pour les garçons, et les cow-boys de l'espace qui bricolent en tuant des dragons pour les filles, ou l'inverse. Non. Il y a juste un connard qui, quelque part, a arbitrairement séparé les histoires entre "pour filles" et "pour garçons". Juste pour le "marketing différencié".
Je ne trouve pas si étonnant que cela que ce soit une petite île qui ouvre la voie ; les suqamish avaient bien légalisé le mariage homosexuel presque avant tout le monde : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/08/03/une-tribu-amerindienne-legalise-le-mariage-homosexuel_1555911_3222.html
via Kevin http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?VWojzQ
Ce strip (http://sinfest.net/comikaze/comics/2013-02-25.gif) est génial. Alda, je te dois un aveu : je viens de comprendre pourquoi tu t'emportes des fois... euh non, souvent ^^ (bon, ce n'est pas une excuse, mais je crois que j'arrive à adopter ton point de vue)
Je n'ai fait que parcourir l'article (http://lechodessorcieres.net/ecrire-inclusif-1-coucou-cest-la-facteure/), il faudra que je prenne le temps de le lire.
Pour répondre à Neuromancien, c'est un "truc ridicule" si on est disposé à le voir comme tel. Si on lit avec un esprit neutre, alors certains arguments n'apparaissent ni ridicules, ni révolutionnaires, mais juste... logiques. Le truc tout con : pourquoi dire "un écrivain femme" (ou une femme écrivain), et ne pas dire "un écrivain homme" ? C'est bien la preuve que, quelque part, quelque chose ne va pas.
J'ai longtemps moi aussi adhéré au credo du "masculin neutre". Mais cette religion est comme toute les autres : basée sur une tromperie, et j'en suis revenu aussi. Je cite toujours en exemple cet article du Plafond de verre (http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?mQH9Cg) à propos de Bansky : nous ne savons rien de cette personne, mais nous sommes plus ou moins consciemment persuadés qu'il s'agit d'un homme. Pourquoi ? Il y a sans doute plusieurs raisons à cela, dont la moins pernicieuse est sans doute l'inconscient collectif qui nous pousse à imaginer que ce qu'elle fait, c'est "un truc de mec". Mais il y a aussi une raison grammaticale : on dit "il", on dit "lui", et du coup, l'image de l'homme que nous avions confusément en tête s'en trouve implicitement confortée.
Ce n'est qu'un exemple, où l'on prend une situation donnée pour en tirer des généralités, et Bansky peut être un homme au final, cela ne changera rien à l'argumentation : le masculin n'est pas neutre, c'est une tromperie. On peut n'en avoir rien à foutre, on peut se battre bec et ongle pour ne pas changer cet état de fait, on peut faire des propositions plus ou moins heureuses pour faire bouger les choses, on peut en souffrir, aussi. Mais le nier me parait de plus en plus faire preuve de la dernière mauvaise foi.
Avec le FN, tout ira mieux ! Enfin, on n'a pas dit que ça irait mieux pour tout le monde quand même. Pour paraphraser une phrase célèbre de Coluche, si t'es petite, arabe, trans, grosse, moche et handicapée, ça va même être très très dur.
via Alda http://tools.aldarone.fr/share/?DO6PDQ
Un point complet et précis, que les obscurantistes ne liront bien sûr pas.
via https://tviblindi.legtux.org/shaarli/?EdpFKA
Pour celles et ceux à qui la "théorie du djendeur" (LOL) ne fait pas peur, voici deux chouettes petits livres avec lesquels ils pourront pervertir leurs enfants et troller la manip pour tous : "On n'est pas des poupées" et "On n'est pas des super-héros".
J'y ai découvert des choses REN-VER-SAN-TES du style que les filles pourraient jouer au foot, les garçons à la poupée, et même qu'ils auraient le droit de pleurer, et pas qu'en cachette. Tsss, où va t-on j'vous l'demande mâme Christine.
"Vous savez, la pire chose que l’on peut faire à une personne transgenre, c’est de ne pas lui reconnaitre sa nouvelle identité"
Un peu déçu par la chute de l'article : on ne sait pas trop si l'armée française est plus vivable pour les trans que l'armée américaine ou pas.
Article associé qui répond en partie à la question : http://rue89.nouvelobs.com/rue69/2009/11/12/pour-larmee-ladjudant-delphine-doit-redevenir-ladjudant-thierry
Merde, c'est super.
J'ai du mal avec la forme combinée, mais j'aime beaucoup la forme neutre en -æ, même si j'aimerais qu'on me dise comment ça se prononce.
Je ne suis plus un ayatollah : un tout petit détail m'a fait comprendre que les pronoms aussi avaient leur importance : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?mQH9Cg
via http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?_r4plw
"C’est important qu’ils l’apprennent de notre bouche parce que c’est un grand secret et s’ils l’apprennent de quelqu’un d’autre, ça pourrait les faire grandement souffrir." Et c'est donc pour ça que j'en parle sur internet... >_<
via http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?DIUINg
"Il semblerait que l’univers du jouet ait connu une “régression à la fois sociologique et consumériste” depuis les années 1990 avec une distinction beaucoup plus flagrante des jouets entre les filles et les garçons.Selon le rapport, cela s’expliquerait par l’influence du “marketing” et de l’hyperconsommation.
En voulant dégager toujours plus de bénéfices, les experts en marketing auraient fait en sorte que les jouets soient moins susceptibles de se transmettre au sein d’une fratrie. Quand la sœur pourra emprunter les Kapla de son frère, on doute que celui-ci acceptera de pédaler sur le vélo rose devenu trop petit pour son ainée."
Ah ah. Allez expliquer aux allumés de la Manip pour tous qu'ils sont victimes des stratégies marketing ^^
J'aime beaucoup ta vision des choses :)
Intéressant. Sans toi, je n'aurais jamais fait attention à ça. On est formatés pour que ça paraisse "normal".
Pour en revenir à la discussion initiale, je suis d'accord avec Kevin : c'est à nous, consommateurs, de pousser dans le sens que nous voulons.
Merci de tenter de me rendre un peu de foi dans Lego :)
Vachement cools les exosquelettes http://shop.lego.com/fr-FR/Robot-Exo-21109 :)
J'ai mis des liens vers Amazon parce que c'est le plus pratique et le plus représentatif. Mais j'avais déjà abondement râlé en préparant Noël dans les rayons des grandes surfaces spécialisées. Et je te rejoins sur ce point, la distribution, soit "physique", soit la façon dont le produit est présenté sur le site d'un vendeur renforce beaucoup cette impression : on a des rayons entiers de camaïeu rose/violet faisant face à un autre bleu/gris/noir...
Cela dit, je marque moins que toi cette différence entre l'entreprise Lego et le "réseau de distribution" : si Lego ne voulait pas faire des jouets genrés, on ne trouverait à la vente que des boîtes non genrées.
Cet article incomplet vous était offert par Gizmodo...
Pourquoi je râle ? Parce que cette fameuse modernité de Lego, c'était effectivement il y a 40 ans... Maintenant, Lego fait des boites roses avec des princesses et des poneys pour les filles et bleues avec des super-héros et des policiers pour les garçons...
Voyez par vous-même :
Lego filles : http://www.amazon.fr/lego-fille-Jeux-Jouets/s?ie=UTF8&page=1&rh=n%3A322086011%2Ck%3Alego%20fille
Avec ses déclinaisons LEGO Disney Princesse : "LEGO® Disney Princesse est une nouvelle gamme qui permet de revivre les aventures des princesses Disney avec LEGO®. Tout un monde de rêves à construire et à ré-inventer pour les filles dès 5 ans." et Lego Friends : "Les ensembles sont centrés autour de cinq amies, chacune ayant une personnalité unique, qui vivent dans une ville magnifique pleine d'animaux à soigner, de magasins à visiter et de maisons pour habiter"
Pas mal le partage des tâches hein ? Aux petites filles les animaux, la maison et les magasins. Aux petits garçons... ben tout le reste en fait : Star Wars, les châteaux forts, la police, les super-héros... Soit EXACTEMENT l'inverse de ce que disait la notice culte de 1974. (Je l'avais déjà évoqué il y a quelques temps : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?EfkOwQ)
Pas tout compris l'histoire des pronoms... (enfin, j'ai compris l'idée générale quand même, mais dire ille ou el, hum... c'est vraiment un effort trop conceptuel pour moi)
Tiens, tiens... au delà du facepalm relatif au fait qu'une appli merdique génère autant d'argent, la chute de l'article, met en lumière ce que les catho-intégriste-qui-défendent-le-Christ (Cf. http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?d43p9Q) ne veulent pas voir : le genre existe, et c'est une construction sociale. Et c'est pour ça que les hommes aiment jouer à la poupée virtuelle...
« Sac à merde », « vous savez très bien que la théorie du genre existe », « vous allez devoir répondre de vos actes devant la justice des hommes et la justice divine », « on vous laissera pas faire ».
[...]
« Moi, je n’appartiens à aucun mouvement, je défends seulement le Christ. »
Et son fameux message de paix et d'amour...
Combien de temps encore la complicité passive de l’État laissera t-elle le champ libre à ces allumés ?
Trouvé sur Seenthis : http://seenthis.net/messages/296314
La seule catégorie de personnes autorisée à n'avoir pas au moins une larme au coin des yeux à la fin de ce film est le militant de la Manip pour tous (merci Kevin pour l'expression)
Et vous savez quoi ? Cette histoire existe en vrai : http://yagg.com/2012/08/30/pere-en-robe-en-solidarite-avec-son-fils-de-5-ans/
"Les pieds dans l’eau, j’observe l’horizon et la mer. Pas une vague. La Manif pour tous veut faire des remous dans la société ? Qu’elle ne prenne pas, alors, sur son radeau, l’enfance en otage, et qu’elle assume de faire remonter la vase."
via http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?4ambHg
Un livre qui va plaire aux agités de la théorie du genre (mais si, ceux qui avaient commis ces affichettes : http://www.madmoizelle.com/lmpt-stereotypes-genre-224065)
via http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?KsMVIA
Et pour ceux qui en voudraient encore plus, l'auteur a publié une liste de "livres caca-pipi-prout dans ma bibliothèque" : http://elisegravel.com/fr/content/caca-pipi-prout-dans-ma-biblioth%C3%A8que, à compléter avec : https://www.facebook.com/elisegarnotte/posts/10152526970531421
Entendu à l'instant à la radio : en Loire-Atlantique, la Bible pour tous, euh non, la Manif pour tous a envoyé durant l'été une lettre aux 1000 et quelques proviseurs et/ou directeurs d'école (je chercherai les détails plus tard), pour les avertir qu'elle allait "surveiller" les professeurs et le "matériel pédagogique" mis à disposition des enfants, visant à promouvoir la "théorie du genre".
PUTAIN.
PUTAIIIIIN
MAIS J'EN AI MARRE !
Tout d'abord : c'est quoi ces méthodes de fachos et/ou de mafioso ? [Voix du parrain/ON]On va te surveiller, Marcello, fais très attention à ce que tu donnes à lire à nos enfants. Sinon... tu ne voudrais pas qu'il arrive des malheurs à ta famille, no ? (insérer musique sicilienne ici)[Voix du parrain/OFF]
Ensuite, il faut leur dire comment à ces abrutis, que la théorie du genre n'existe pas ? Il n'existe que des études de genre, ou alors il faudrait parler de la théorie de la terre ronde... Et puis ces études n'ont pas pour vocation à "faire disparaître les différences sexuelles entre les enfants" (mais d'où peuvent-ils tirer de telles conneries ?), c'est juste un outil d'analyse.
Moi, tout ce que je vois là dedans, c'est qu'il est des livres qui déplaisent à cette bande de cathos intégristes tendance facho : tous ceux qui osent aborder des thèmes touchant à la sexualité, à la différence (différent du cadre 1 papa - 1 maman - 3 enfants blancs qui vont à la messe s'entend), et qu'ils cherchent tous les prétexte pour argumenter leur déplaisir, et tous les moyens, y compris l'intimidation (il y a eu des "descentes" dans des bibliothèques...), pour les ôter de la vue de leurs enfants. Et des autres, ceux dont les parents n'ont rien demandé. J'ai parlé il y a quelques temps de la censure qui s'exerce dans les bibliothèques aux États-Unis (http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?iDmdHg), mais au moins les ricains ont-ils le bon goût de prévoir des structures réglementaires pour que les affolés du religieux puisse exercer leur courroux ; après, les résultats sont discutables. Nous, on laisse cette bande d'excités faire la loi dans les écoles et les bibliothèques selon leur bon plaisir... Jusqu'à quand ? Jusqu'où cela va t-il aller ?
Encore un mot. Je suis tout à fait POUR laisser cette bande de tartuffes s'exprimer librement, leurs idées fussent-elles stupides. C'est le fait qu'ils tentent d'imposer leur volonté aux autres qui me met hors de moi. La liberté d'expression d'accord. La tyrannie des fachos, le retour à l’ordre morale ou la dictature de l’Église, non.
TIL : Lovecraft était un "brillant connard" (expression appliquée à Céline dans l'article), raciste et xénophobe. Oui, oui, il s'agit bien d'un article sur les jeux vidéo. Mais encore une fois, les rédacteurs de Merlanfrit montrent que l'on peut parler de jeux vidéo ET être brillant. Le sujet du jour étant comment sont traités les problématiques de genre (oui, encore) et des minorités sexuelles dans les jeux vidéo.
"Le meilleur moyen de mesurer à quel point les méga-muscles sont devenus la norme dominante est de jeter un coup d’œil sur l’évolution du physique des stars masculines qui n’étaient au départ pas spécialement dans le registre de la puissance musculaire. Contrairement aux Arnold Schwarzenegger ou Sylvester Stallone (encore en activité aujourd’hui), ces acteurs n’ont pas d’abord rencontré le succès dans des rôles de gros bourrins. Ces trajectoires me semblent être un signe assez indubitable que cette norme virile du corps super-musclé s’est généralisée à presque toutes les stars masculines (et pas seulement à une poignée de balèzes du cinéma d’action)."
Les photos qui suivent sont assez explicites... Du coup, je découvre qu'acteur, c'est un métier physique : pour réussir de nos jours, il faut faire 10 ou 12 heures de muscu par jour... Eh oui, réfléchissez avant de vous inscrire à un casting !
EDIT : coup de chapeau à Christian Bale qui n"a pas volé pas son pognon : http://www.lecinemaestpolitique.fr/wp-content/uploads/2014/04/costauds21.jpg Regardez la date de chacune des prises de vue... Cela dit, c'est pas ça qui fait un bon acteur, mais tant de souffrance doivent bien être compensées d'une manière ou d'une autre, non ?
Suite de l'article : et les femmes ? (oui, je fais du live-shaarling) "Ainsi, alors que les hommes deviennent de plus en plus musclés, les femmes sont toujours aussi minces (quand elles ne sont pas squelettiques). Il semble même y avoir eu régression à ce niveau par rapport aux années 80-90, époque à laquelle on pouvait trouver des héroïnes au corps musclé. Certes, celles-ci n’étaient qu’une poignée et étaient loin de rivaliser avec les Stallone ou Schwarzenegger, mais elles existaient néanmoins. On peut penser par exemple à Sigourney Weaver dans Aliens (1986), Linda Hamilton dans Terminator 2 (1991), ou Demi Moore dans G.I. Jane (1997)" [...] "les babes in arms sont « des femmes au physique souvent plus adolescent, qui combinent la prouesse physique et le glamour et réalisent l’improbable synthèse de l’hyperféminité traditionnelle et de la violence masculine »[6]. « Elles sont moulées dans des vêtements sexy, dont la coupe ou les matières rappellent parfois l’attirail du porno soft : le short et la jupette laissent bien souvent la place à la combinaison en latex, accessoire incontournable de l’hyperféminité de la babe in arms."
Copé et ses copains agités de la théorie du genre peuvent se rassurer : il n'y a jamais eu autant de livres pour enfants véhiculant des clichés et des stéréotypes. Et le pire, c'est que ça se vend bien. Vous comprenez ce que ça veut dire : le public est demandeur...
On a récemment offert à mon fils (2ans 1/2) un album illustré où il est question d'un gentil lutin qui vient raconter des histoires la nuit aux oreilles des 'tits n'enfants. Le lundi, ce sont des histoires vertes avec des dragons et qui sentent la menthe (c'est un livre à sentir aussi) etc. Je ne sais plus quel jour, ce sont des histoires roses avec des princesses, et là, est-il écrit, c'est plutôt pour les filles (faudrait que je recopie la phrase exacte). J'ai aussitôt crié au cliché sexiste... dans l'indifférence générale, tout au plus ai-je eu droit à quelques remarques du genre "il est comme un tel" (ce qui signifie, dans le contexte famillial, il a des opinions "spéciales"...)
Ah, ah, les cons ! Ils dénoncent aujourd'hui ce qu'ils promouvaient hier. Mais comment les gens font-ils pour continuer à voter pour des guignols pareils ?
via https://twitter.com/pdwn/status/433743131373105152?refsrc=email
Théorie du genre, hein ? J'ai pas tout lu, mais je crois que j'ai compris l'idée essentielle : "The news van kit struck her as really quite different. She does not have children, so the change in LEGOs represented by the Friends line was startling: “In 1981,” explains Giordano, “LEGOs were ‘Universal Building Sets’ and that’s exactly what they were…for boys and girls. Toys are supposed to foster creativity. But nowadays, it seems that a lot more toys already have messages built into them before a child even opens the pink or blue package. In 1981, LEGOs were simple and gender-neutral, and the creativity of the child produced the message. In 2014, it’s the reverse: the toy delivers a message to the child, and this message is weirdly about gender.”"
Juste pour garder la trace de la folie de ces tarés. C'est marrant hein, tous les livres qui les dérangent sont ceux où il est question de différence sexuelle. Non seulement je n'arrive même pas à comprendre pourquoi ça leur pose problème à ce point, mais en plus, ils demandent le retrait de certains ouvrages sans même les avoir lus, juste en se fiant au titre : http://twitpic.com/dv3hc3/full
Alors on en est là... J'en frémis de honte et d'impuissance.
Twitté par @Maitre_Eolas. Comme disait Milo, les bras m'en tombent.
EDIT : une bonne réponse choppé sur Seenthis : http://www.jeromeuh.net/wp-content/uploads/2014/01/blog-aide-manif-pour-tous.jpg
http://seenthis.net/messages/217313#message217317
"Une masculinisation d’autant plus étrange, alors même que, historiquement, il y a eu des femmes importantes dans l’histoire de l’informatique. Sans remonter jusqu’au 19e siècle et à Ada Lovelace, la fille de Lord Byron, à qui on attribut l’écriture du premier programme pour une machine (la machine du mathématicien Charles Babbage, avec qui elle travaillait), on doit une étape décisive de cette histoire à Grace Hopper qui, au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, s’est dit qu’il serait quand même beaucoup plus pratique de programmer les ordinateurs avec des langages proches du langage naturel, et non plus seulement avec des chiffres. Mais à l’époque, ces questions de langage étaient secondaires, les hommes préférant s’attaquer aux machines, à l’électronique… Depuis, l’histoire de l’informatique s’est masculinisée."
"De quoi s’agit-il ? Ce sont des étudiants de l’Université de la Saskatchewan (Canada) qui ont diffusé, sur Youtube, une vidéo de leur projet consistant… à proposer une analyse sociologique sur la représentation des genres en publicité."
via http://seenthis.net/messages/196459
La théorie du genre n'existe pas. Ce sont les opposants à la notion de genre qui dénonce le fait qu'il s'agirait d'une "théorie", ce qu'il faut traduire par "ce n'est pas prouvé DONC pas vrai". Une petite BD qui explique bien ce que c'est, en restant très accessible. J'y reviendrai, j'ai 2-3 liens qui traînent là dessus.
via http://ex0artefact.eu/ahpuch/?CBZopQ
Oh purée ! Un gros, un énorme, un mega +1 !
"Sans revenir sur les arguments qu’elle exposait en 1984 et auxquels elle reste attachée, l’Académie française déplore les dommages que l’ignorance de cette doctrine inflige à la langue française et l’illusion selon laquelle une grammaire « féminisée » renforcerait la place réelle des femmes dans la société."
[...]
"Comme l’Académie française le soulignait déjà en 1984, l’instauration progressive d’une réelle égalité entre les hommes et les femmes dans la vie politique et économique rend indispensable la préservation de dénominations collectives et neutres, donc le maintien du genre non marqué chaque fois que l’usage le permet. Le choix systématique et irréfléchi de formes féminisées établit au contraire, à l’intérieur même de la langue, une ségrégation qui va à l’encontre du but recherché."
Mais pour bien faire, je devrais recopier tout le texte. J'ai l'impression, chaque fois que je râle contre cet usage inconsidéré, de pisser dans le désert (ou de prêcher dans un violon, au choix). Mais qu'est ce que ça me chier, bordel ! (Merci Timo de m'avoir autorisé à dire des gros mots, ça soulage) Dire que certains imaginent que torturer la langue à ce point revient à faire étalage de son ouverture, de son "non-sexisme", façon "vous avez vu ? je féminise à tort et à travers donc je ne suis pas sexiste, envoyez-moi des fleurs, youhouhou"
Je suis content, ça va bien faire chier nos amis de la manif pour tous, coincés du derche et autres cathos intégristes hostile au genre.
"À partir du 1er novembre, suite à une recommandation de la Cour constitutionnelle, le genre "indéterminé" pourra être inscrit sur les certificats de naissance, indique le journal allemand Süddeutsche Zeitung. Cela concerne tous les bébés nés avec ce que l'on nomme une ambiguïté sexuelle constitutive, rendant impossible la différenciation des organes génitaux. Cependant, chacun aura la possibilité pendant toute sa vie de revenir sur ce déterminisme sexuel, s'il décide de devenir homme ou femme."
Pour une fois, je suis d'accord avec l'idée de prendre exemple sur l'Allemagne. Mais c'est marrant, la seule chose qu'on copie sur eux, c'est l'austérité économique...