Pouah. Notez le nom du bar : "La Citadelle". Tout un programme.
Allez, je vais être un peu pédant.
Dans son livre La Peur en Occident (XIVe-XVIIIe siècles), l'historien Jean Delumeau parle de mentalité obsidionale pour qualifier le sentiment dominant dans l'Europe du XIVème siècle, qui se vivait comme une cité assiégée ; il faut dire que le tableau n'était pas très réjouissant : la grande peste, famines, guerres et pression des Turcs jusqu'à la fin du XVIIème siècle - je rappelle que les ottomans assiègent Vienne en 1529 et en 1683.
Obsidional vient du latin obsidio (je délègue la partie version latine à Kevin !), qui se rapporte à l'action d'assiéger une ville. Le TLFI (Trésor de la langue française informatisé, dont je vous conseille vivement la consultation régulière via le site du CNRTL (Centre national de ressources textuelles et lexicales) ou via le moteur de recherche dédié à installer dans Firefox, c'est une ressource précieuse) rapporte qu'il existe une acception psycho-pathologique du terme, le délire obsidional : Délire, folie d'une personne qui se croit assiégée, persécutée.
Je vous laisse faire tout seuls le rapprochement avec les furieux du bloc identitaire, et le nom choisi pour leur "bar".
La loi organique n° 2008-695 du 15 juillet 2008 relative aux archives du Conseil constitutionnel a modifié le régime d'accès à ces archives et a sensiblement raccourci les délais de communicabilité de celles-ci.
Ce délai au-delà duquel les archives du Conseil constitutionnel peuvent être librement consultées, qui était jusqu'alors de 60 ans, a en effet été ramené à 25 ans.
Oui, je sais, c'est BaltringueFM, mais bon, le fond reste. Et j'avions loupé cette perle. Comme quoi, travailler sans suivre les péripéties de la bêtise politique française est un vrai repos pour l'esprit.
"Marianne, le symbole de la République, elle a le sein nu parce qu'elle nourrit le peuple, elle n'est pas voilée parce qu'elle est libre. C'est ça, la République"
Je vous fais un shorter des propos de Valls : "Marianne a les seins nus. La femme sur le tableau de Delacroix, c'est la liberté, mais comme elle a les seins nus, c'est Marianne aussi. Donc la République préfère les femmes aux seins nus, parce que c'est pour nourrir le peuple".
Notez au passage le fétichisme latent, et la réduction de la femme à des seins nourriciers. (aucun sens ludique ce garçon)
Bref, la femme, qu'elle soit humaine ou allégorique, n'existe que pour nourrir la marmaille / le peuple.
Bel état d'esprit. Et ça s'auto-décerne des brevets de féminisme.
Voici le lien de la réponse de l'historienne @LarrereMathilde => https://twitter.com/LarrereMathilde/status/770355021921779713
Bon, c'est pas tous les jours la fête, je vous recopie la tweet story, pour en garder une trace, et parce que ça m'a bien intéressé :
(mais allez voir sur Twitter, c'est mieux avec les images)
Marianne a le sein nu parce que c'est une allégorie crétin!
La Marianne au sein nu, allégorie du 19e sc, siècle du Code civil qui réduisait les femmes au statut de mineurs et leur interdisait le vote
et pis... y a tout un conflit sur la poitrine dénudée de Marianne... allez, je vous fais une petite histoire du sein de Marianne...
1)La première allégorie féminine de la République date de 1792, quand il fallut faire des sceaux pour la république
2)Choisir une femme permettait de faire contre poids aux représentations masculines des rois, loi salique oblige
3)On prit le modèle de l’allégorie antique de la liberté, qui avait déjà été utilisée au début de la révolution (d'où le bonnet phrygien)
4)Cette 1ère république par ailleurs ne s’appelle pas Marianne, le prénom est postérieur
5)Son sein est dénudé sur le modèle des allégories antiques, sans que ça signifie quoi que ce soit… juste un code artistique
6)En 1830, Delacroix peint sa Liberté qui n’est pas une République, mais 1 liberté (Eugène n’étant pas républicain)
7)Il joue avec les codes allégoriques (vêtement, seins nus) et réalistes (musclée, pilosité sous les bras). (ça a grave choqué alors!)
8)En 1848, la république naissante lance un concours de représentation de la nouvelle allégorie du régime
9)Certaines ont les seins nus, comme celle de Daumier, d’autres non
10)En fait, progressivement, deux images de Marianne co-existent et sont concurrentes, car il y a deux conceptions de la république
11)Il y a la marianne « sage », cheveux attachés, seins couverts, pas d’arme, sagement assise
12)Et la Marianne révolutionnaire, cheveux détachés, bonnet phrygien, poitrine découverte, combattante et armée
13)La première est la Marianne des républicains libéraux conservateurs, la seconde des radicaux révolutionnaires
15)Une circulaire du 3 mars 1849 interdit même les « emblème séditieux » sur les représentations de la république : le sein nu, le bonnet
16) La Marianne sera bien rangée, ainsi veut la IIe République (qui voulait remettre les femmes à leur place (interdites de club, de vote)
17)Avec la IIIe république, les deux Mariannes concurrentes refont leur apparition
18)Les opportunistes (libéraux) sont pour la sage, les radicaux pour l’autre, logique
19)La Marianne de la place de la République, en pleine répu opportuniste ( qui colonise le monde et ne fait rien pour les ouvriers) est sage
20)Après l’affaire Dreyfus et l’arrivée des radicaux au pouvoir, la Marianne de la place de la Nation est à nouveau la révolutionnaire
21)Les voici pour que vous voyez la différence
22)Evidemment, tout ce qui se joue là est l’image que l’on veut donner de la République, et pas du tout ce qu’on veut dire des femmes !!!!
23)Car aucun de ces messieurs n’a envisagé à l’époque de donner aux femmes une capacité civile, une liberté, ou le droit de vote
J'aime bien la "Marianne révolutionnaire",
cheveux détachés, bonnet phrygien, poitrine découverte, combattante et armée
Elle n'est pas réduite à une vague fonction nourricière comme dans les fantasmes de Valls.
Pourtant, Lei Feng est un pur produit de l'imagination de Mao qui le fait exister en 1963. Du jamais vu dans l'histoire de la propagande communiste chinoise. Dans son journal intime, probablement un faux, Lei Feng écrit qu'il "veut travailler avec diligence pour devenir un bon soldat de Mao et un membre modèle du Parti". Et qu'il veut être "la vis révolutionnaire qui ne rouille jamais".
Je viens d'apprendre cette histoire via la newsletter artips à laquelle je m'étais abonné dans un moment d'égarement et que pour une fois, je lis.
Ce shaare est une copie de la newsletter du 6 juillet.
1940, Paris vient de tomber aux mains des Allemands ! Franz von Wolff-Metternich, envoyé par le régime nazi, se précipite au musée du Louvre. Chargé du patrimoine artistique des territoires occupés, il doit s'assurer que les œuvres sont bien en sécurité...
Mais à son arrivée, il ne découvre que des salles vides. Seuls quelques cadres jonchent le sol. Où sont donc passés les chefs-d’œuvre du Louvre ?Ils ont fui à l'approche des Allemands ! C'est Jacques Jaujard, le directeur des musées nationaux, qui a pris la décision de les faire partir dès l'entrée en guerre. Cet homme d'exception a eu du flair... Depuis des années, craignant un possible conflit et des bombardements, il préparait un plan d'évacuation. Ainsi, en 1940, les œuvres sont sous bonne garde au château de Chambord.
Au fil de l'avancée allemande, les œuvres sont ensuite dispersées en province. La célèbre Joconde finit son périple au château de Montal dans le Lot. Elle y reste cachée durant toute la guerre ! Plus de 4 000 œuvres ont ainsi été lancées sur les routes de France...
Cette incroyable épopée n'a été possible que grâce à Jaujard et ses employés. Grâce aussi à un allié inattendu... Wolff-Metternich lui-même ! Ce dernier a beau être au service d'Hitler, en vrai historien d'art, il n'hésite pas à soutenir et à couvrir les agissements de Jaujard. Il empêche d'ailleurs le retour des œuvres à Paris, malgré la convoitise des nazis...
Et grâce à ces deux hommes devenus amis, toutes les œuvres réintègrent leur musée dès la fin de la guerre, sans aucune détérioration !
Intéressant parallèle entre ce coup d’État raté et l'incendie du Reichstag en 1933.
Si je suis d'accord sur le fond (Erdogan en sort considérablement renforcé, et son exercice autoritaire du pouvoir n'en sera que plus féroce), je mettrais néanmoins un petit bémol à cette comparaison, qui a le tort de sous-entendre que le véritable instigateur du coup d’État, c'est Erdogan lui-même...
(pour rappel il est fort probable que ce soient les nazis qui manipulé l'incendiaire du Reichstag, voire qui aient mis eux-même le feu => https://fr.wikipedia.org/wiki/Incendie_du_Reichstag#Une_man.C5.93uvre_des_nazis)
Bilan: 265 morts, 1.400 blessés
On a tellement parlé de Nice que j'étais passé à côté de cette information : le bilan est très lourd.
Je veux dire que, techniquement, et à force de tortures et d'exécutions sommaires, les légionnaires ont remporté la bataille d'Alger, le gouvernement de l'époque ayant pudiquement choisi de regarder ailleurs et de déléguer les pleins pouvoirs à Massu et ses sbires.
"La civilisation européenne est un mélange de l'héritage gréco-romain et chrétien."
Bon, faudrait lui expliquer deux-trois précisions historiques à la dame :
D'autres pour continuer la liste ? Je n'ai pas le temps là ^^
Pour l’élite surtout, ce qui est honteux, ce n’est pas de coucher avec homme : c’est de coucher avec un homme comme une femme. Au Xe siècle, un prince maghrébin se voit ainsi attaqué par un poète : « Guennoun prétend qu’il n’est que pédéraste ; il est cependant le passif quand il se trouve seul avec son page ». Où on voit bien que la relation sexuelle n’est pas le cœur du problème : la question de la domination dans le rapport à l’autre, en revanche, oui. La position passive rappelle celle de la femme, elle est donc déshonorante ; c’est bon pour un jeune homme ou un individu d’une classe sociale inférieure…
Toujours aussi intéressant ce blog.
via Riff
Il n’y aura jamais eu en France autant de commémorations que pendant le mandat de François Hollande : célébrations diverses des deux Guerres mondiales, entrée au Panthéon de grands résistants, récente polémique sur le choix de la date du 19 mars - celle des accords d’Evian - pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie… Il y a plus de vingt ans, l’historien Henry Rousso publiait Vichy, un passé qui ne passe pas (Fayard). Dans son dernier livre Face au passé : essais sur la mémoire contemporaine, il s’interroge sur l’activisme mémoriel. Alors que la mémoire s’est mondialisée pour devenir une valeur cardinale des sociétés démocratiques, l’historien pointe les limites d’une mémoire collective purement négative, prescriptive et conjuratoire (le fameux «plus jamais ça»). Qui n’a évité ni la résurgence de l’antisémitisme en France ni le regain des nationalismes en Europe de l’Est.
Le journaliste fut torturé à plusieurs reprises au cours de sa détention, et ce sont ces séances de « gégène » qui constituent le point de départ du livre « La Question ».
Pour l’establishment français de l’époque, Henri Alleg était un « traître ». Il fut jugé pour « atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat » et « reconstitution de ligue dissoute », et condamné à dix ans de prison.
Il parvint à s’échapper, et rejoignit la Tchécoslovaquie alors communiste. Il ne put revenir en France qu’après l’amnistie des Accords d’Evian qui accordèrent l’indépendance à l’Algérie en 1962.
Mesdames, messieurs : la France.
via https://tviblindi.legtux.org/shaarli/?pjI4kQ
P.S. : Maurice Audin ; le lien de Rue89 est cassé.
Il est génial ce blog !
via http://www.seven-ash-street.fr/links/?iBcr6g
Aujourd’hui, le foot n’est plus, évidemment, interdit. Mais on retrouve toujours cette logique de rentabilité, de profit : l’État a horreur du temps perdu, du temps gaspillé, improductif. A l’heure de la crise économique, les hommes politiques de gauche comme de droite ne cessent de nous répéter qu’il faut « faire des efforts » – un discours culpabilisateur qui fait sournoisement retomber la responsabilité de la crise sur les gens qui ne feraient pas ces « efforts » jamais définis. « Faire des efforts » : tirer à l’arc hier, accepter des hausses d’impôts et des lois arbitrairement imposées aujourd’hui, et demain ? Les Londoniens et les Parisiens du XIVe siècle nous montrent la voie : il faut continuer à vivre, à jouer, à faire du sport, pour le plaisir d’en faire, pour ignorer les sirènes de l’urgence.
P.S. : la description qui est faite de la sole, ou foteball ("le jeu est, disons, assez physique : on s’y blesse, et parfois, on s’y tue") n'est pas sans évoquer {Allez les mages !]1 :)
J'adore toutes ces anecdotes et petites histoire de la grande Histoire :O
via http://mayaweb.fr/links/?Xk7u4g
J'ai une affection particulière pour le cimetière du Père Lachaise, depuis que nous en avons fait la visite guidée, il y a quelques années, avec Bertrand Beyern. L'homme, se présentant comme un nécrosophe passe, de son propre aveu, sa vie dans les cimetières. Il accueille les visiteurs de ses visites-conférences du Père-Lachaise en leur demandant de quelle ville ils viennent, et enchaine aussitôt avec une particularité du cimetière de ladite ville...
Il commence à avoir une petite réputation, des Inrocks au guide du routard, des portraits de Libé à L'officiel des spectacles. Je viens de googler son nom, c'est assez impressionnant. Il est aussi sur Twitter, mais son fil n'est pas à la hauteur de ses conférences.
Avec lui, point de visite où l'on passe de tombe célèbre en tombe célèbre : cela n'a aucun intérêt. A travers des visites thématiques (histoires d'amour, crimes célèbres, le zoo du Père Lachaise, Le père Lachaise érotique...) il produit une véritable représentation, tissée d'anecdotes, forcément macabres. Car l'humour noir est son fond de commerce. (il est d'ailleurs le président du jury du Grand prix de l'humour noir)
Si vous avez l'occasion de faire une de ses visites, faites le, vous m'en donnerez des nouvelles. Mais prévoyez votre après-midi, celle que nous avions faite durait bien 3 heures... que l'on ne voit pas passer.
Pour tous les connards qui affirment qu'un noir n'a pas sa place dans la commémoration de la bataille de Verdun, et de la première guerre mondiale en général, sous prétexte que ce serait un massacre "de souche" (je ne peux pas m’empêcher de rire jaune à voir ainsi résumer les arguments de ces abrutis de la fachosphère) : fermez vos putains de gueules.
Et ouvrez des livres d'Histoire.
Rappels :
On parle des mêmes, à nouveau couillonés lors de la seconde GM ? Non, pas tout le même jour hein. Je ne voudrais pas vous couper l'appétit.
Oh :(
L'était pas tout jeune, c'est peut-être pour ça que je l'ai toujours connu...
On peut penser ce qu'on veut de sa vie / son œuvre, mais les premiers livres d'Histoire que j'ai lu; c'est grâce à Alain Decaux.
via https://shaar.libox.fr/?kpZ84w
(Dommage qu'il se soit reconverti dans le mobilier urbain par la suite.
Oui, je sors)
Gros délire ^^
Le Gorafi communiste.
J'ai un peu scrollé pour voir le style, et j'avais envie de faire mon chieur. Alors voilà, j'ai trouvé ça : https://lafaucilleetlaplume.wordpress.com/2016/03/08/lenine-liberateur-des-femmes/
Je précise tout de suite, je n'ai pas lu l'article (OSEF, c'est satirique).
C'est la photo qui m'a attiré l’œil ; vous la connaissez sans doute, c'est en cas d'école de manipulation : Trotsky était présent sur cette photo, mais elle a été retouchée sous Staline, pour le faire disparaitre (ce que le petit père des peuples a fait aussi au sens propre du terme d'ailleurs)
Photo d'origine là => https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/63/Lenin-Trotsky_1920-05-20_Sverdlov_Square_%28original%29.jpg
Encore un excellent article, qui partant de Crusader Kings II, analyse le concept de décadence.
J’ignorais cette histoire.
Et une fois encore, on se trouve confronté au cynisme glaçant de la logique militaire et de la raison d'Etat :
Alors qu'ils n'avaient pas été capables d'employer les fonds et les moyens pour mener à bien le nettoyage, ils ont pu malgré tout enquêter sur les effets de la contamination. Il s'agit bien d'un accident, mais c'était la première fois que l'on avait accès à un laboratoire d'essai dans lequel on pouvait extraire des données des effets secondaires des effets radioactifs sur l'être humain, les cultures, les animaux d'élèvage, sur les sols : en définitive sur tous les domaines.