Contrairement à la légende, L'Invincible Armada envoyée par Philippe II conquérir l'Angleterre n'a pas été battue par les anglais -qui ont soigneusement évité l'affrontement- mais a juste perdu quelques bateaux (17%, et encore c'est parce qu'ils n'étaient pas adaptés à la navigation hors de la Méditerranéenne) à cause des conditions météo.
L'Armada est donc restée Invincible... même si ça n'a servi à rien.
Toute la pauvre rose est éparse sur l'onde ;
Ses cent feuilles, que noie et roule l'eau profonde,
Tournoyant, naufrageant, s'en vont de tous côtés
Sur mille petits flots par la brise irrités ;
On croit voir dans un gouffre une flotte qui sombre.
" Madame, dit la duègne avec sa face d'ombre
A la petite fille étonnée et rêvant,
Tout sur terre appartient aux princes, hors le vent. "
Cf. http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/la_rose_de_l_infante.html
Intéressant : à l'âge d'or du théâtre élisabéthain (dont le représentant le plus connu est Shakespeare), a succédé une période d'une vingtaine d'années où le théâtre a été tout bonnement interdit pour des raisons sécuritaires (peste, guerre civile) mais aussi (et surtout ?) religieuses et idéologiques.
Je ne l'ai pas encore lu celui-ci, voilà qui redouble mon envie.
Remarque au passage : dans le même registre uchronique sur la seconde guerre mondiale, il y a aussi :
EDIT : d'excellents conseils de lecture via Riff
=> http://www.seven-ash-street.fr/links/?n5VgCg
"«Chaque image est un artefact –elle a un créateur, un contexte et, à l’ère de la photographie sur pellicule, un original physique qui est conservé quelque part. Séparé de toutes ces métadonnées, un flux d’images historiques va rapidement s’avérer totalement creux.»
En ne reliant pas ces images à une source, à un contexte, ces comptes Twitter donnent de l’histoire une image lisse et imperméable."
Un article-coup de gueule contre la multitude de comptes Twitter genre "HistoryPics" qui retweetent des photos non sourcées, non datées, et réduisent l'Histoire au cliché.
Quelques "bons" comptes à suivre à la fin de l'article.
Oui, c'est bon de le répéter, parce que la confusion est souvent faite : Hitler est parvenu légalement au pouvoir, mais pas parce qu'il a été élu par une majorité, mais grâce à un jeu d'intrigues et au soutien des industriels.
Attention, je vais flirter avec le point Goldwin ;)
On lit ça dans l'article de Wikipédia consacré à Hitler :
"Hitler réussit à faire l'unité d'un électorat très diversifié. Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les chômeurs qui ont mis leur espoir en lui (c'est parmi eux que Hitler fait ses moins bons scores), mais les classes moyennes, qui redoutent d'être les prochaines victimes de la crise" (https://fr.wikipedia.org/wiki/Adolf_Hitler#.C2.AB_R.C3.A9sistible_ascension_.C2.BB_.281929-1932.29)
Et ce matin, j'ai entendu ça dans la revue de presse de Nicolas Martin sur France Culture (http://www.franceculture.fr/emission-la-revue-de-presse-de-nicolas-martin-le-temps-des-responsabilites-2015-12-08) :
"Ce ne sont pas systématiquement les plus pauvres ou les chômeurs, des ouvriers ou des employés renchérit l’historien Hervé LE BRAS dans le Parisien. Le FN recrute beaucoup au sein des artisans ou des cadres moyens, au sein d’une classe moyenne inférieure ou d’une classe populaire supérieure pour qui l’ascenseur social est bloqué"
Voilà. Faites en ce que vous voulez.
Charles Martel, vainqueur à moitié, pilleur de Béziers, spoliateur de l’Église...
et idole du FN.
LOL, LOL et reLOL.
Sinon, si vous voulez gerber, c'est là : http://lelab.europe1.fr/la-nouvelle-provocation-de-robert-menard-pleine-de-sous-entendus-je-veux-retrouver-la-france-de-charles-martel-2629327
Où l'on reparle de Dimitri Casali, ce (triste) clown (Cf. http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?od9Baw)
via Riff
"En 1921, Mehmet Talaat Pacha, ancien chef du gouvernement turc en exil à Berlin, est abattu en pleine rue par un jeune étudiant arménien, Soghomon Tehlirian. Aussitôt arrêté, ce dernier est jugé quelques semaines plus tard. Au fil des audiences se produit un renversement inattendu : le procès devient celui des horreurs perpétrées six ans plus tôt par l'Empire ottoman contre sa population arménienne, sous l'égide notamment de Talaat Pacha, grand ordonnateur des massacres et des déportations." Il sera acquitté. C'est bien évidemment un non-sens judiciaire (il y a bien eu assassinat), mais la portée symbolique est énorme (on est juste 6 ans après le génocide, et l'Allemagne n'a rien fait pour empêcher son allié turc d'assassiner sa population arménienne).
100 ans plus tard, la Turquie n'a toujours pas reconnu le génocide.
Pour le centième anniversaire du génocide arménien, la Cour européenne des droits de l’homme offre l'absolution à un politique turc négationniste.
Dégoût.
Effet Matilda : pourquoi si peu d'hommes célèbres sont-ils des femmes ?
(oui, j'ai le goût du paradoxe, et j'espère que cela vous incitera à lire l'article)
Oh la vache. Quelle claque. La dernière image m'a mis les larmes aux yeux.
via Bronco
Quelques ressources sur la Première Guerre Mondiale.
Bien. Une solution intelligente, à l'allemande, comme évoqué ici : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?xvkqcg
Edith Cavell, infirmière et résistante anglaise fusillée par les allemands le 12 octobre 1915.
Désolé pour les quelques jours de retard, madame.
"Stefan Zweig écrira dans "Le Monde d'Hier: Souvenirs d'un Européen" (paru en 1944), que l'exécution de l'infirmière Edith Cavell et le torpillage du Lusitania furent plus fatals à l'Allemagne que la défaite d’une bataille en raison de l’immense vague d’indignation provoquée par ces deux événements"
Voir aussi : http://www.france24.com/fr/20151012-premiere-guerre-mondiale-execution-infirmiere-anglaise-edith-cavell-allemagne-espionnage
"De récentes révélations des médias anglais sont venues étayer la thèse selon laquelle l’infirmière était bien une espionne."
Suite de ce que j'évoquais ici : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?YLjUdQ
Pour Assouline, il n'y a pas matière à ergoter : "Le récit est bourré non d’erreurs mais de contre-vérités. Toutes volontaires, mises en scène à dessein dans l’intention de nuire."
N.B. : Assouline est l'auteur d'une biographie de Simenon.
Un passionné, profitant de la politique d'ouverture de la NASA, qui a placé un grand nombre de documents dans le domaine public, est en train de mettre en ligne l'intégralité des photos relatives aux missions Apollo. Oui, y compris les moins belles, les carrément ratées, les sur-exposées, les floues... elles font toutes parties de l'Histoire. Même les selfies, comme quoi cette mode ne date pas d'hier.
C'est marrant, il n'y a que 26 photos pour la mission Apollo 13 ^^
DISCLAIMER : (puisqu'il parait qu'il faut s'excuser de tout maintenant, autant le faire à l'avance)
Je ne compte donner de leçons à personne, vous pouvez tout à fait trouver que M. Casali est supra-génial. Ce shaare est simplement le fruit de ma curiosité née de l'affirmation qu'untel était un "historien de renom" alors que je n'en avais jamais entendu parler. Le résultat de ma recherche m'amène à la conclusion que ce n'est pas un individu que j'aurais envie de fréquenter, mais oulalala, ce n'est que mon opinion, Charlie pour tous et tous dans son coin, vous pouvez bien pensez ce que vous voulez.
Oui, je suis amer.
Lien trouvé dans le site précédemment cité : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?xhv7NQ
"Cependant, je suis beaucoup plus séduit par l'interprétation de Dimitri Casali, un historien de renom qui a écrit un essai à ce sujet (lecture gratuite en ligne). Voilà son explication des mots : "Qu'un sang impur abreuve nos sillons". Pendant l'Ancien Régime, la population était scindée en trois : les nobles, qui avaient soi-disant, le sang "pur" (ou sang "bleu"), le clergé, et le "tiers-état", qui avait soit-disant, le sang "impur" (selon la noblesse).
Le sang impur dont il est question dans les paroles n'est donc pas le sang de l'étranger, ni de l'ennemi, c'est le sang du peuple, son propre sang, qu'il va verser au combat, offrir à la patrie pour sa liberté, pour lutter contre tous les pays d'Europe qui attaquent la France afin de rétablir la monarchie!"
Une interprétation intéressante. Mais. Eh oui, il y a un mais.
C'est quand même mal fait hein ? Chaque fois que quelque chose parait cool, il y a toujours un con dans mon genre pour venir tout foutre par terre.
Mais quel rabat-joie.
D'un naturel méfiant, j'ai cherché qui était cet "historien de renom" Dimitri Casali.
Vous me voyez venir, hein.
Pour commencer, voici le monsieur dans ses œuvres :
http://www.lepoint.fr/culture/dimitri-casali-france-ton-histoire-fout-le-camp-20-09-2014-1864944_3.php
http://www.lexpress.fr/culture/livre/dimitri-casali-il-etait-une-fois-la-france_1295535.html
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/08/27/01016-20110827ARTFIG00002-ce-que-nos-enfants-n-apprennent-plus-au-college.php
http://www.atlantico.fr/decryptage/histoire-grande-braderie-comment-nouveaux-programmes-scolaires-preparent-guerres-civiles-francaises-demain-dimitri-casali-2116679.html
(les autres ici : http://www.atlantico.fr/fiche/dimitri-casali-1502659)
J'ai aussi trouvé ça, dans le même registre : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/08/24/01016-20120824ARTFIG00298-qui-veut-casser-l-histoire-de-france.php par Jean Sévilla... Tiens, tiens... Si ça ne vous rappelle rien, hop => http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?JWY_Qg
Dans Le Point : "Il s'est fait le chantre d'une histoire oubliée, négligée, amputée par des réformes successives : celle des grands héros, de Charlemagne à De Gaulle, celle du sang, des ambitions, des épopées" => ok, parce que l'Histoire, ce ne sont pas les femmes et les hommes qui ont vécu qui l'ont faite, ce sont les "grands hommes", les "héros", de Charlemagne à De Gaulle, en passant par Napoléon (il aime beaucoup Napoléon). Au bas mot 60 ans de retard sur la pratique de l'Histoire moderne.
Pour Le Figaro : "Raison invoquée par l’Éducation nationale: il faut consacrer du temps, entre la sixième et la cinquième, à «l'enseignement des civilisations extra-européennes», de l'empire du Mali à la Chine des Hans. C'est ce scandale pédagogique et culturel que dénonce l'historien Dimitri Casali...". Parler d'autre chose que de la France et de l'Europe,pour le Fig, est un "scandale". Casali est un poil plus nuancé dans l'article, mais cela revient à faire beaucoup de contorsions de langage pour finalement dire que oui, i préfère que l'on enseigne l'histoire de France que parler de ce qu'il se passait en Chine au même moment.
Au passage, ces deux extraits en disent aussi long sur Casali que sur la ligne éditoriale des journaux qui publient ses interventions, où parlent de ses ouvrages en termes élogieux...
Et dans l’interview d'Atlantico ? Aaaah, c'est du beau, du bon, du boudin. Je vous ai gardé le meilleur pour la fin. Ça commence fort dès la première phrase : "Dimitri Casali : J’ai pris ces nouveaux programmes comme un nouveau coup de poignard à ce qui fonde notre identité. Les concepteurs des programmes n’ont pas tiré les leçons des attentats de janvier, ni compris l'attente de tout un peuple pour retrouver ses racines".
Identité. Peuple. Racines.
Déjà, ça pose le cadre.
Pour le reste, je vous épargne les citations fastidieuses, lisez l'article. Mais en gros, les "scandales" se succèdent : l'Histoire n'est plus enseignée comme "un grand récit fédérateur", on parle de l'Islam (hiiiiiii, une bombe ! Oups, pardon, c'est un réflexe), on parle de la traite négrière, ce qu'il interprète comme "une volonté de creuser davantage le fossé qui sépare les Français". Ben oui, pour unir les français, il ne faut pas parler de leurs histoires particulières, il faut les unir dans une fiction collective. Les français sont donc tous blancs et catholiques. Les guadeloupéens et les martiniquais ne sont pas des descendants d'esclaves, les "arabes" (le terme est impropre, je sais) ne sont pas les enfants et petits-enfants des immigrés des Trente glorieuses, il n'y a jamais eu d'immigrés italiens, espagnols, polonais ; il n'y a ni juifs ni protestants en France, et tous les noirs français sont de passage, ils vont rentrer dans leur pays. Ah ben non.
Bon. Ça veut dire quoi tout ça ? Ça veut dire que ce monsieur, outre le fait qu'il prône une vision de l'enseignement de l'Histoire que l'on peut juger rétrograde par certains aspects (importance excessive donnée à la chronologie, accent mis davantage sur les "grands hommes" que sur les hommes et les femmes d'une époque donnée, sur leur culture etc.), voit avant tout l'Histoire comme un instrument au service de son idéologie. La fameuse France éternelle, blanche, catholique. Et royaliste. Toute ressemblance avec ce guignol de Lorant Deutsch n'est absolument pas fortuite : ils appartiennent au même courant de pensée.
Ça va même très loin quand on prend la peine de lire vraiment ce qu'il dit : il ne s'arrête pas au simple regret d'un enseignement d'une Histoire-succession de clichés (Clovis à Reims, Saint Louis sous son chêne, Jeanne d'Arc, Napoléon à Waterloo...) ; il glisse dans son propos ses convictions politiques. Et ça sent pas bon. Il parle de "crise identitaire". Faut vraiment que je vous fasse un dessin ? Oulala tous ces pas-bien-blancs / pas-très-catholiques qui nous envahissent, c'est une vraie crise identitaire ! Voilà, vous avez compris.
Et puis, dans la même interview : y a trop de fonctionnaires, et c'est pas bien. La preuve : il y en avait moins à l'époque de Louis XVI : "La situation est même d’un certain point plus paralysante qu’a l’époque puisque Louis XVI contrôlait le pays avec 60 000 fonctionnaires (pour 26 millions d’habitants) alors qu’ils sont aujourd’hui 6 millions en comptant le personnel des hôpitaux (pour 65 millions d’habitants NDLR). Ce chiffre illustre parfaitement notre gabegie de la dépense d’État et il est aberrant de voir que nous continuons dans ce contexte de recruter dans les collectivités territoriales. Le statut des fonctionnaires n’a de plus jamais été modifié depuis Maurice Thorez en 1946 et cela prouve encore une fois notre incapacité à s’attaquer aux privilèges de quelques-uns au nom de l’intérêt général." (oups, j'avais dit que je ne mettais plus de citations...)
[EDIT du 18/10/2016 : et en plus c'est faux, le statut général du la Fonction Publique date de 1983-1986, mais mettre en avant un sale communiste avec le couteau entre les dents, c'est quand même plus croustillant]
Et faut-il que je relève une fois encore l'association quasi pavlovienne pour ces gens là entre "fonctionnaires" et "privilèges" ? Vous avez noté comme c'était bien amené ?
=> sous couvert de parler de Louis XVI et de la Révolution, c'est du présent qu'il parle, avec son point de vue, son analyse POLITIQUE.
Alors je sais bien que personne n'est neutre, jamais, mais lui, il est encore moins neutre que les autres. C'est un libéral au sens négatif du terme, voire un nationaliste. J'ai pas dit patriote, j'ai bien dit nationaliste.
Pour aller plus loin dans le démontage des propos du bonhomme, quelques liens :
http://www.leshistoriensdegarde.fr/quelle-histoire-se-cache-derriere-dimitri-casali/
http://cvuh.blogspot.fr/2011/09/lhistoire-de-france-fetiche-de-la.html
http://cvuh.blogspot.fr/2012/08/vague-brune-sur-lhistoire-de-france.html
Petit détail croustillant pour finir : même à l'UMP tout le monde n'est pas d'accord avec ses thèses http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/11/10/l-ump-se-prononce-pour-un-retour-a-la-loi-pasqua-sur-l-acquisition-de-la-nationalite-francaise_1602245_823448.html
Juste histoire de mettre les choses au point.