"Les quatre titres principaux de cette "suite historique" s’alignent dans l’ordre chronologique : Crusader Kings, dans sa deuxième version, évoque le contexte moyen-âgeux de 1066 à 1453 ; Europa Universalis 3 va de 1399 à 1822 ; Victoria 2, de 1836 à 1936 ; et Hearts of Iron 3, autour du conflit mondial de 1936 à 1948. Si l’on parle de suite, c’est que les similitudes sont frappantes, et d’abord visuelles : ils sont à présent tous écrits à partir du du Clausewitz Engine — du nom de Carl von Clausewitz, qui professait l’importance d’une stratégie globale dans la guerre : tout est dit. Le résultat, c’est qu’on a l’impression de lire une même page web dont on aurait changé la feuille de style [...] donnant l’illusion d’un unique jeu en plusieurs phases."
Dans la série "le saviez-tu", l'information du jour : Simenon avait un frère. Un salaud, un collabo, un assassin, qui a participé l'arme à la main à des représailles aux côtés des nazis.
L'écrivain belge Patrick Roegiers lui consacre un livre qui sort ces jours-ci, fort judicieusement intitulé "l'autre Simenon", tant il est vrai que peu de personnes avaient entendu parler du cadet maléfique (ce n'est pas forcément une référence, mais la fiche Wikipédia de Simenon ne l'évoque même pas) ; et que le Simenon connu a aussi sa part d'ombre.
Le salaud d'abord : "Engagé, dès le début de l’Occupation allemande en Belgique, dans la collaboration avec le parti catholique d’extrême droite Rex, que Léon Degrelle avait fondé afin de «rendre toute sa pureté à la race wallonne», il participa, un revolver à la main, au massacre de Courcelles, en août 1944." Condamné à mort par contumace, il s'engage dans la Légion, et meurt en Indochine à 41 ans.
Mais le si respectable grand frère vaut-il mieux ?
"Georges Simenon a fait preuve durant la guerre d’un opportunisme accablant, et d’une habileté redoutable. Il mène la vie de château en Vendée, avec sa femme et sa maîtresse. Il reçoit des officiers de la Wehrmacht au château de Terre-Neuve, il apprend l’allemand en 1942, il gagne plus d’argent pendant la guerre qu’avant, il est l’auteur le plus adapté au cinéma durant cette période avec cinq films, il cède les droits d’exclusivité de Maigret à la Continental pour 500 000 francs et une durée de trois ans, il accorde des interviews à La Légia, journal collaborationniste, publie les bonnes feuilles de Pedigree, et pose souriant à côté de ses melons. Il fréquente des bordels de luxe où paonnent collaborateurs et gestapistes de la rue Lauriston. A la fin de la guerre, il est sévèrement menacé et craint pour sa vie. Il s’en sort miraculeusement grâce à ses appuis. Il quitte l’Europe en 1950 et aboutit en Suisse où il restera trente-deux ans."
Comprenons-nous bien : ce ne sont ni les putes, ni le fric, ni les belles bagnoles qui sont choquantes, Simenon n'ayant jamais caché ni écrire pour devenir célèbre et riche, ni être un baiseur compulsif (faut quand même dire les choses comme elles sont). Ce que cet extrait de l'interview de l'auteur fait plus que suggérer, c'est que Simenon, pas engagé dans un parti pro-hitlérien comme son cadet, était a minima extrêmement tolérant vis à vis du nazisme, pour ne pas dire autre chose.
Cependant, les Siméoniens fervents, junior en tête, s'emportent sur ce qu'ils considèrent être des "contre-vérités" et des affabulations. Alors ? L'auteur a t-il des comptes à régler avec Simenon, ou toutes les vérités ne sont-elles pas bonnes à entendre ? Affaire à suivre.
Sources :
http://www.tdg.ch/culture/livres/Il-y-avait-deux-Simenon-le-cadet-fasciste-et-l-ecrivain-ambigu/story/20915904
http://bibliobs.nouvelobs.com/critique/20150828.OBS4879/simenon-le-collabo.html
http://culturebox.francetvinfo.fr/livres/polemique-autour-du-roman-de-patrick-roegiers-sur-le-frere-damne-de-simenon-228203
"Lors des recherches qui ont permises de mettre au point la bombe atomique, la manipulation de réflecteurs en demi-sphères au béryllium, dans lesquelles étaient posés une boule de plutonium se faisait parfois avec un simple tournevis. Or, si les deux réflecteurs se mettaient en place, le cœur de plutonium devenait critique et pouvait exploser avec la puissance d’une bombe atomique. L’expérience avec le tournevis a été nommé « titiller la queue du dragon », tellement elle était risquée et tant les conséquences pouvaient être catastrophiques."
:O
Du coup, je viens de passer 20 minutes à m'instruire sur Wikipédia.
A ma grande honte -mais c'est aussi le résultat du silence dénoncé par le film- j'ignorais totalement l'existence de ces massacres.
Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacres_de_1965_en_Indon%C3%A9sie
"Les massacres de 1965 en Indonésie sont la répression déclenchée contre le Parti communiste indonésien (PKI) et ses sympathisants par les milices du Nahdatul Ulama (parti musulman) et du Parti national indonésien, encadrées par les forces armées indonésiennes, entre la fin de l'année 1965 et le début de l'année 1966.
L'éradication du puissant PKI, troisième parti communiste au monde en nombre d'adhérents, accusé d'avoir fomenté le mouvement du 30 septembre est achevée en quelques mois, à la suite d'une série de tueries qui entraine la mort de 500 000 à un million de personnes. Bien que le PKI et ses sympathisants soient les principales victimes de la terreur, celle-ci s'exerce également contre d'autres groupes comme les athées, les hindouistes, certains musulmans modérés et de nombreux immigrés chinois."
Un autre lien : http://www.cairn.info/revue-internationale-de-politique-comparee-2001-1-page-59.htm
Au passage, c'est trivial, mais je trouve que cette affiche https://en.wikipedia.org/wiki/The_Look_of_Silence#/media/File:The_Look_of_Silence_%282014_film%29.jpg rappelle un peu celle-ci : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-5578/photos/detail/?cmediafile=20211214 (même si les lunettes d'ophtalmo semblent plutôt dire au spectateur "ouvre les yeux" ; il faudrait sans doute voir le film pour comprendre l'affiche)
Généalogie abrégée des rois et reines d'Angleterre, de Guillaume le Conquérant, à Zabeth the 2nd.
"il traine avec ses serviteurs qu’il n’hésite pas à inviter à sa table" Effectivement, il était fou ^^
Le blog -a priori clos- d'une doctorante en Histoire, dont la thèse portait sur l'abolition de la peine de mort en Europe.
Photos déclassifiées montrant la préparation de "Little Boy" et de "Fat Man", les bombes atomiques larguées sur le Japon les 6 et 9 août 1945 ainsi que le transport et le chargement de la bombe dans le bombardier "Enola Gay".
via http://shaarli.callmematthi.eu/?pGJRVA
Intéressant. Je note tout de même qu'il ne s'attarde pas sur la "période où l'Eglise pose une telle chape de plomb qu'elle seule fait les choses, et qu'elle massacre". Sans doute parce que c'est vrai ? :p
Après, l'argument le plus évident à mon sens pour démontrer que le qualificatif de "moyen-âgeux" ne veut rien dire, c'est de rappeler que cette période -nommée ainsi après coup- a duré plus de mille ans. => "T'es moyen-âgeux ! Ouais, mais plutôt 480 ou plutôt 1440 ?"
Gros +1 sur le rappel qu'au "Moyen-Age", l'histoire du monde ne s'est pas limitée aux frontières (inexistantes au demeurant) de l'Europe. Il se passait des choses... ben partout ailleurs dans le monde en fait. J'ai toujours regretté que l'on n'enseigne à l'école que les clichés sur les chevaliers, les châteaux, les croisades... (tiens, en l'écrivant je me dis que ce n'est peut-être ni anodin, ni innocent...)
Voir aussi ce qu'en dit Kevin, plus dans l'analyse de la féodalité comme base de la lutte des classes : http://mypersonnaldata.eu/shaarli/?jyQmWw Ce en quoi, si je puis me permettre, tu commets l'erreur dénoncée par l'auteur de ces tweets : en disant "en pensant le moyen-âge (et donc la féodalité)", tu réduis le MA à la féodalité, alors que c'est
1/ une période du MA (en 1492, on est plus vraiment dans ce système... en 480, on n'y est pas encore...)
2/ en Europe... :p
A l'instant dans la voiture, j'écoutais une émission sur France Inter ; impossible de trouver le titre ni la personne invitée -une prof d'Histoire en l’occurrence- car mon PALC (Proxy A La Con) m'empêche d'accéder au site de France Inter. Si, si.
Mais je tenais quand même à vous en faire profiter ; et à me le noter pour retrouver le podcast plus tard.
Le professeur est comme un personnage de jeu vidéo : il doit avancer en tenant compte des obstacles !
L'élève n'arrive pas vide de représentations, le professeur doit en tenir compte. Par exemple, Homer Simpson a déjà tout vu, il faut en tenir compte...
L'émission est ponctuée d'extrait de films des Monty Pythons (La vie de Brian, Sacré Graal) pour montrer que l'on peut aussi enseigner l'Histoire avec une approche moins "académique".
- Lui c'est sûrement un roi ou quelque chose comme ça
- Pourquoi ?
- Parce qu'il est pas couvert de merde.
=> Mara Goyet
Merci Erase :) http://links.green-effect.fr/?oFUByQ
"le Parlement l'a lavé, le Roi l'envoie à la chaise"
On avait le sens de la formule à l'époque.
Désolé, faut lire toute la page pour comprendre ^^
Blog consacré à l'illustrateur tchèque Antonin Pelc (1895-1963). Je recopie la notice publiée sur la page d'accueil :
"Antonín Pelc est né le 16 janvier 1895 à Lišany Rakoníka en Tchécoslovaquie, selon toute vraisemblance il est le fils d’Antonín Pelc qui fonda en 1902 le café Louvre, à Prague, le plus grand de tout l’Empire austro-hongrois, siège du Pen Club et fréquenté tant par Kafka que par Einstein, fermé en 1948 pour ne rouvrir qu’en 1992.
Dessinateur, peintre et illustrateur, après des études aux Beaux-Arts de Prague de 1913 à 1916 et sa démobilisation, Antonín Pelc débute en 1919 dans le Sebenicky et devient dans les années vingt un caricaturiste politique très en vue dans le Rude Pravo communiste, Lidové Noviny, Dobrý Den, Kulturní Tvorba, Literární Noviny… jusqu’à publier dans le New York Times, sans oublier surtout le Simplicus fondé en 1934 pour stigmatiser la soumission du Simplicissimus, initiative qui ne fut pourtant pas du goût de Th. Th. Heine, son fondateur et directeur, réfugié au même moment à Prague. Très impliqué dans le combat antifasciste, il doit s’exiler en 1939 mais, après un séjour à la Santé, comme son ami Adolf Hoffmeister, il est interné en France au camp de Damigny, gagne la Maroc en 1940, où il est de nouveau arrêté et interné, puis la Martinique, avant de réussir à atteindre les États-Unis, où il expose en 1943 au musée d’art moderne de New York en compagnie d’Adolf Hoffmeister, puis à Londres en 1944 (Jesters in Earnest), toujours avec lui, ainsi qu’avec ses autres compatriotes Walter Trier, Stephen et Z. K., avant de revenir dans son pays à la Libération pour y devenir professeur, d’abord à l’École des arts appliqués puis à l’Académie des Beaux-Arts de Prague, se consacrant à la peinture tout en soutenant la propagande du régime communiste par ses caricatures qui lui valurent tous les honneurs, comme celui d’“Artiste national” en 1963. "
Certains dessins sont d'une efficacité redoutable :
https://3.bp.blogspot.com/--rMmaIQnMQc/UR-4wHEUR2I/AAAAAAAAJuw/Zq1WFi3iYHY/s1600/img018.jpg ("Goebbels : Berlin sera défendu jusqu'au dernier homme")
https://3.bp.blogspot.com/-fxYGaVA7aEo/URkbFDa4IRI/AAAAAAAAJgU/x7L8OjmMeBQ/s1600/imsd005.jpg ("Tout fantassin allemand qui mettra le pied à Stalingrad y restera pour toujours")
https://4.bp.blogspot.com/-RO3D6XRMgp0/UR-2UcH-5dI/AAAAAAAAJuo/AUXH2qzISj0/s1600/img019.jpg "Golgotha allemand - 1943 (celui-ci, vu la date, prend une "saveur" particulière quand on pense aux négationnistes...)
https://1.bp.blogspot.com/-3Xbq-hNG-Rs/UQQshtl6aQI/AAAAAAAAI9M/AKNQUNlRDKs/s1600/img7.jpg (Croix de Hitler / Croix de Staline)
Le blog d'Erik Kwakkel, historien néerlandais du livre médiéval.
Il a aussi un Tumblr, a priori plus mis à jour : http://erikkwakkel.tumblr.com/
via https://links.nekoblog.org/?Uca_6w (oui, je fais le ménage dans mes favoris...)
Juste un détail auquel je n'aurais jamais pensé si, là aussi, je n'avais entendu un bout de cette émission : pour peindre ce fantastique tableau, Van Eyck, qui devait alors approcher de la cinquantaine avait très certainement... des lunettes contre la presbytie. En 1425.
Le tableau en grand : http://classconnection.s3.amazonaws.com/497/flashcards/3697497/jpg/jan_van_eyck_070-1451B619F452813F56F.jpg (mais honnêtement, l'image ne lui rend pas justice)
" L’Histoire par l’image explore l’Histoire de France à travers les collections des musées et les documents d'archives.
Ce site s’adresse aux enseignants et à leurs élèves mais aussi aux curieux et à l'amateur d'art et d'histoire. "
Je suis tombé sur ce site l'autre jour ; c'est plutôt pas mal.
A lire, vraiment.
"À l’interrogation : «Pourquoi, malgré sa valeur républicaine, cet homme-là fut-il oublié?», succéda donc peu à peu une autre, tout à fait inverse : «N’est-ce pas justement à cause de sa valeur républicaine que l’action de Jean Zay fut occultée?»"
Quand je lis ça, j'ai du mal à comprendre pourquoi les allemands ont perdu la guerre : mieux organisés, mieux équipés...
Ah ben si tu as vécu sur place, ça explique (presque) tout ! ;)
Si je synthétise ton raisonnement, le mot clé c'est : intéressez-vous. (voire "cultivez-vous"). Demandez-vous pourquoi la plaque commémorative, pourquoi le jour chômé, pourquoi la statue...
Puisque que tu as commencé à digresser, j'ajoute que je suis d'accord avec toi ; j'ai souvent fait le même type de réflexion à propos des "RPS" (Risques psycho-sociaux). Trèèès à la mode. Tout le monde fait son petit couplet là dessus. Et ça m'énerve. Beaucoup. Parce qu'on nous parle de reconnaître les RPS, traiter les RPS, éventuellement éviter les RPS... mais changer les conditions de travail qui mènent les gens dans cette situation (le burn out et le suicide en étant les cas extrêmes), surtout pas.