En ces temps troublés, l’histoire de notre pays fait l’objet de tous les fantasmes passéistes et de toutes les récupérations politiques. Loin, très loin de ces tentatives de réhabilitation à grands coups de menton du « grand roman » national, La Revue Dessinée et les Éditions La Découverte se sont associées pour créer ce projet d’Histoire dessinée de la France, des origines à nos jours. L’ambition de cette collection est simple : présenter un nouveau visage de l’histoire de France, en associant les meilleurs historiens français aux plus talentueux auteurs de bande dessinée.
Réalisé par un tandem historien-dessinateur, chaque volume présente une période de l’histoire de la France à jour des connaissances et des débats historiographiques les plus contemporains, à rebours des légendes nationales comme des images d’Épinal. L’écriture de l’historien et le geste du dessinateur se conjuguent pour offrir une vision à la fois dense, originale, et décapante de notre histoire. Un regard croisé, à chaque fois singulier et créatif, qui propose un traitement graphique renouvelé de la période.
WANT.
En librairie le 14 novembre 2018 : Pax romana !
À VENIR EN 2019 :
- La France de Charlemagne
- Le temps de la féodalité
Un article sur les jours qui ont précédé l'armistice : tout le monde veut la fin de la guerre, mais la guerre n'est pas finie. A telle point qu'on assiste à cette scène surréaliste, où les plénipotentiaires allemand venus négocier les conditions de l'armistice ont failli se faire tuer avec leur escorte française en rentrant dans leur lignes avec le message !
Beaux exemples bien crades de récupération mémorielles :
Dans les deux cas, ça en dit bien plus long sur ces deux guignols qu'ils ne voudraient bien le reconnaître.
Et pendant qu'on célèbre les maréchaux, les généraux, les victoires, qu'on dépose des saloperies de fleurs sur quelques tombes, des bises sur les joues des petites filles, tout en faisant un beau discours conjuguant le plus jamais ça au conditionnel passé, on pisse à la raie des 10 millions de pauvres bougres assassinés pour la plus grande gloire des fondeurs d'acier.
Pour mémoire.
1)Le 17 octobre 1961 a eu lieu la répression d'Etat la plus violente qu'ait jamais provoquée une manifestation de rue en Europe occidentale dans l'histoire contemporaine. Une répression longtemps occultée…
Pour mémoire.
via LLM
Analyse tardive mais intéressante : Assassin's creed unity est-il un jeu réac ? Est-il juste un mauvais jeu ? Ou juste un mauvais Assassin's creed ?
TL;DR : jusqu'à Black flag, les Assassin's creed évitaient de tomber dans le manichéisme ; après, ils n'ont même plus fait semblant de faire attention.
Au risque de décevoir : je ne me joindrai pas au cœur de ceux qui vouent à Unity une haine féroce. C’est un mauvais Assassin’s Creed, certes (même si, contrairement au suivant, Syndicate, j’ai réussi à le finir, plusieurs fois), mais pas un jeu terriblement mauvais, surtout une fois ses bugs initiaux corrigés. La ville est très belle, la jouabilité n’est pas mauvaise et il n’est pas plus répétitif que les précédents opus. Le scénario est sans conteste son point faible, même sans se soucier du point de vue historique. L’histoire est peu claire et pas franchement intéressante… mais à vrai dire, c’était devenu une habitude de la série, depuis au moins Black Flag, de sous-exploiter totalement les possibilités scénaristiques de ses jeux.
Reste que, par rapport à ce qui avait été fait dans la série, et au vu de la période traitée, on pouvait s’attendre à quelque chose de beaucoup mieux, même sans renouveler le genre. Surtout, le propos reste très politique, et pas dans le bon sens du terme. Les craintes des scénaristes étaient fondées : le jeu sonne réellement royaliste, et son message reste globalement que la Révolution est une mauvaise chose. L’image qui en est donnée est finalement bien classique, et assez datée, comparable par exemple au diptyque de films sortis pour le bicentenaire avec une prestigieuse distribution. Peu importe que la réalité historique ne soit pas respectée à la lettre : ce n’était pas le cas dans les précédents opus et heureusement. On parle de jeux vidéo, pas de cours d’histoire. Mais c’est bien ici l’esprit, et le message global, qui pose nettement problème.
En bref : le principal problème est que, comme toujours, les éditeurs veulent faire trop de jeux, trop vite, et la qualité s'en ressent :
Or, cette frilosité, ce désir de ne pas trop prendre position, devient de fait une prise de position, surtout quand on traite d’un sujet comme la Révolution française. Assassin’s Creed Unity n’est pas réactionnaire parce que ses créateurs sont contre-révolutionnaires : il l’est, et c’est peut-être pire, par une certaine naïveté. S’y ajoute également, à mon sens, le désir de produire toujours plus de jeux, qui a aussi conduit à une évidente baisse de leur qualité car, plus qu’un désir de propagande, ce qui ressort d’Unity, scénaristiquement comme techniquement, c’est un véritable manque de soin. Dommage…
Monsieur,
Vous serez sans doute étonné de recevoir cette lettre d’un inconnu qui vient réclamer de vous un service : mais dans la triste position où je me trouve, je suis perdu si les honnêtes gens ne viennent pas à mon secours ; c’est vous dire que je m’adresse à vous, dont on m’a dit trop de bien pour que j’hésite un instant à vous confier toute mon affaire...Un énième spam reçu dans votre boîte mail que vous auriez supprimé sans une once d'hésitation, malgré la lucrative promesse de 50 000 euros ? Pas du tout. Il s'agit ici d'une escroquerie remontant au XVIIIe siècle et dont les tristement fameux courriels type "prince nigérian" ne sont que les lointains descendants.
Ce qu'on appelle aujourd'hui le "spam nigérian" s'appelait alors les "lettres de Jérusalem" :
En 1836, le célèbre Eugène-François de Vidocq, ancien délinquant et bagnard devenu chef de la Sûreté nationale pendant la Restauration, rédige un ouvrage intitulé Les Voleurs dans lequel il “dévoile les ruses de tous les fripons et destiné à devenir le vademecum de tous les honnêtes gens”.
Il y entreprend alors de conter la façon dont des prisonniers envoient chaque jour des lettres d'escroquerie, nommées en argot des voleurs "lettres de Jerusalem". Dans ces courriers, les malfrats ciblent "des personnes riches habitant la province", auxquelles ils assurent qu’ils ont connaissance de l’existence d’un trésor caché. Ils sont évidemment dans l'incapacité d'y d’accéder et réclament l’aide, contre l'assurance de récupérer une partie de la fortune dissimulée.
Escrocs, vous cherchez un moyen d'arnaquer le pauvre monde ? Commencez par acheter des livres d'Histoire !
Une frise historique recherchée sur le web après l'avoir aperçue sur Mastodon.
J'aime beaucoup le principe : en abcisse, la durée (en milliers d'années) ; en ordonnée, l'étendue géographique. Ca relativise bien des choses sur une conception "linéaire" de l'Histoire, sur l'impérialisme, sur ceux qui dominèrent des continents entiers avant de disparaitre complétement...
ALors, je ne sais pas vous, mais j'utiliserais bien cette histoire et celle de Stephen Hawking à titre de promotion pour la semaine du handicap, plutôt que les récits gnan gnan habituels...
Super blog trouvé via LLM
Abélard et Héloïse, une belle histoire d'amour ?
Que nenni. Ce serait même assez sordide en fait : position dominante, menaces, violence, viol. Abélard s'est fait couper le zgeg ? Ben c'est pas aussi injuste que ce que je pensais jusqu'alors.
La culture du viol ? Ca remonte à loin, très loin. Et on comprend mieux, du coup, pourquoi c'est aussi bien enraciné.
Vous avez joué au dernier Assassin’s Creed ou au dernier Call of Duty ? Alors, il est très probable que vous vous soyez posé la question de la véracité des faits et événements racontés dans le jeu. C’est sur cette relation entre l’Histoire et le jeu vidéo, pas toujours très fidèle, que s’intéresse la nouvelle série d’Arte France, History’s Creed.
A voir.
Je pense pour ma part qu'il faut effectivement rééditer ces textes, pour trois raisons au moins :
https://www.lexpress.fr/culture/livre/celine-etait-un-agent-d-influence-nazi_1875236.html
La légende d'un Céline qui n'aurait collaboré que par des "mots", et non par des "actes", a perdu toute crédibilité: le pro-hitlérien déclaré a donné dans la délation. Et il faudra bien qu'un jour les biographes de Céline se soumettent aux faits. J'avais relevé, en 1999, les dénonciations par voie de presse de Robert Desnos et du Dr Mackiewicz, secrétaire des médecins de Seine-et-Oise, la dénonciation publique du Dr Howyan - sa collègue médecin au dispensaire de Clichy - devant une assemblée doriotiste, ou celle de Serge Lifar.
Voir aussi : https://www.cairn.info/revue-revue-d-histoire-de-la-shoah-2013-1-page-285.htm#pa23
Céline aura pratiqué, à lui tout seul, quatre modes différents de dénonciation : orale et écrite, publique et privée. Le tragi-comique de ces dénonciations de Juifs est que, dans celles que nous connaissons tout au moins, il n’y ait en fait pas un seul Juif. Ce qui ne veut pas dire qu’elles n’aient pas eu de suite.
«George Orwell disait des humains vivant hors d’Europe, de l’Amérique du Nord et de quelques pays privilégiés d’Asie qu’ils étaient des non-personnes », écrit André Vltchek dans l’avant-propos. Tel est le fil conducteur de ce livre, où l’on évoque des millions de morts par lesquels la conscience occidentale n’a pas été marquée: «non-personnes» des colonies, puis du tiers-monde, victimes de la poursuite occidentale du pouvoir, des ressources et du profit, tuées et rendues insignifiantes.
Dialogue entre Noam Chomsky et André Vltchek sur le double standard des morts du point de vue occidental.
La répression du Printemps de Prague par Moscou, en 1968, a marqué durablement les esprits de l’Occident comme une tragédie terrible: elle a fait 70 à 90 morts. Trois ans plus tôt, le «coup d’Etat commandé par Washington» contre l’Indonésie de Soekarno, pays coupable d’avoir attrapé «le virus du développement autonome», a été suivi de massacres faisant, selon les estimations, entre un demi-million et trois millions de victimes. On s’en souvient moins.
L’exemple souligne que ces enjeux grammaticaux et syntaxiques ne sont pas innocents. Derrière les mots que l’on emploie, il y a des structures sociales, des rapports de pouvoir, des constructions de stéréotypes sexuels. Alors, entre Almodis, femme seigneur, et Ermessende, fidèle à sa féminité, qui l’emportera ? Cette histoire-là, c’est à nous de l’écrire… tou.te.s ensemble !
Au Moyen-äge déjà, les femmes étaient des hommes comme les autres. Ou l'inverse. Enfin, vous voyez le genre.
L'Encyclopédie, celle dont vous avez entendu parler à l'école : entièrement numérisée et commentée. Travail de fou.
Un excellent article de Merlanfrit, qui vous poussera à aller fureter du côté de Wikipédia pour en savoir plus sur le pacte germano-soviétique, le massacre de Katyn, l'histoire de la Pologne en général et son gouvernement actuel de facho en particulier... tout ça grâce à The Witcher 3.
Juste mes 2 cents sur le blanc du drapeau français : c'est possiblement le blanc du pouvoir royal, oui.
Mais si on est pas très sûr pour le drapeau européen, on en est par-contre certain pour le drapeau français : le bleu est bien la couleur de la vierge. J'ai lu ça à l'été 2016, dans un livre passionant de l'historien Michel Pastoureau : Le roi tué par un cochon.
Il y est question de la mort du jeune roi Philippe, roi désigné (c'est à dire couronné du vivant de son père, le système héréditaire n'était pas encore totalement assuré à l'époque), et tué par un cochon girovague en l'an de disgrâce 1131.
Cet événement aura pour première conséquence que c'est son frère qui deviendra roi à sa place, mais il aura des conséquences plus lointaines dans le temps, et plus du domaine des mentalités/croyances. L'auteur explique comment le cochon, animal impur, voire démoniaque, est la cause d'une mort ignominieuse, comment le royaume et la dynastie ont été souillés par cette mort. Et c'est pour tout cet ensemble de raisons que ce frère monté sur le trône (que nous connaissons aujourd'hui sous l'appelation de Louis VII) place son royaume sous les attributs de la Vierge : la fleur de lys et le bleu azur.
Ce drame national (la mort de Philippe et ses conséquences sur un royaume qui se pense comme maudit) a été connu et enseigné pendant des années, puis il a disparu des livres d'Histoire au tournant du XIXème siècle rationaliste, qui a classé l'événement au chapitre des anecdotes, avant qu'il ne tombe complétement dans l'oubli.
Pastoureau montre par la suite comment cette couleur bleu azur est devenue la vraie couleur symbolique de la nation française, à travers des explications que j'ai oublié et quelques exemples assez révélateurs : les maillots des équipes nationales, la façon dont les militaires plient le drapeau pour ne laisser paraître que le bleu...
Ca faisait longtemps que je voulais vous conseiller ce livre, voilà qui est fait.
Bon sinon, Méluche et ses insoumis à deux balles m'emmerdent de plus en plus, mais ça c'est pas une révélation.
J'adore les termes utilisés dans cet article.
On longtemps cru que les femmes combattantes viking étaient une "légende", puis on a trouvé un squelette féminin ; mais "les spécialistes de cette société [sont] réticents à reconnaître leur existence". On fait donc des tests ADN dans les années 1970 : les résultats sont "très controversés".
Je rappelle juste que quand il s'agit d'envoyer un quidam au trou, les résultats ne sont jamais controversés, quand bien même le doute existe ; quand il s'agit de déterminer si le squelette appartenait à un homme ou à une femme, alors là, on va contester la méthode miracle...
Au final, l'analyse d'un prélèvement ADN effectué sur un humérus "fin et gracile" (mais non ce n'est pas sexiste, qu'allez-vous imaginer là ?) confirme la présence de deux chromosomes X.
Si même les sociétés fantasmées de gros bourrins barbares n'étaient pas aussi patriarcales que l'on a bien voulu l'imaginer...