Un très bon article sur franceinfo à propos de "la grotted 'OUvéa", dont j'avais toujours vaguement entendu parler sans en connaître les détails.
"Il n'est pas impossible qu'ils aient été interrogés un peu violemment", admet le général Jacques Vidal, alors commandant des forces armées en Nouvelle-Calédonie.
Fumier.
Un euphémisme, à en croire l'enquête publiée en 1989 par la Ligue des droits de l'Homme.
Ceux qui n'ont pas été tués pendant l'asaut ont été purement et simplement exécutés ensuite :
Très vite, les jeunes Kanaks présents sur les lieux contredisent la version officielle. "Alphonse Dianou et deux autres [Kanaks] auraient été exécutés après avoir accepté de se rendre", titre Le Monde le 10 mai.
[...]
La justice se penche tout de même sur trois morts. En juin 1988, le procureur de la République à Nouméa Jean-Pierre Belloli requiert l'ouverture d'une information contre X pour non-assistance à personne en danger concernant Alphonse Dianou, et pour homicide volontaire en ce qui concerne Wenceslas Lavelloi et Waina Amossa. Il n'y aura jamais de suite.Le paquet cadeau prévoit aussi l'amnistie pour la mort des quatre gendarmes le 22 avril à Fayaoué, et pour celles des deux militaires et des 19 indépendantistes lors de l'assaut du 5 mai. Il interdit tout procès. Le 18 août 2008 sur France Culture, rapporte Mediapart, Michel Rocard livre cet aveu : "Des blessés kanaks ont été achevés à coups de bottes par des militaires français dont un officier. Il fallait prévoir que cela finisse par se savoir et que ceux-là aussi soient garantis par l'amnistie."
Vive la France. /Marseillaise/
«George Orwell disait des humains vivant hors d’Europe, de l’Amérique du Nord et de quelques pays privilégiés d’Asie qu’ils étaient des non-personnes », écrit André Vltchek dans l’avant-propos. Tel est le fil conducteur de ce livre, où l’on évoque des millions de morts par lesquels la conscience occidentale n’a pas été marquée: «non-personnes» des colonies, puis du tiers-monde, victimes de la poursuite occidentale du pouvoir, des ressources et du profit, tuées et rendues insignifiantes.
Dialogue entre Noam Chomsky et André Vltchek sur le double standard des morts du point de vue occidental.
La répression du Printemps de Prague par Moscou, en 1968, a marqué durablement les esprits de l’Occident comme une tragédie terrible: elle a fait 70 à 90 morts. Trois ans plus tôt, le «coup d’Etat commandé par Washington» contre l’Indonésie de Soekarno, pays coupable d’avoir attrapé «le virus du développement autonome», a été suivi de massacres faisant, selon les estimations, entre un demi-million et trois millions de victimes. On s’en souvient moins.