> C’est en visionnant ces images que le parquet de Bobigny – qui avait dans un premier temps placé les policiers en garde à vue pour viol en réunion – avait demandé leur mise en examen pour violences volontaires. Il avait ainsi considéré que le policier auteur du coup n’avait pas eu l’intention de pénétrer l’anus. « Depuis le départ, mon client dit qu’il n’y a pas d’intentionnalité », insiste son avocat, Frédéric Gabet.
Ok. Ben c'est déjà pas reluisant.Il n'y avait pas intentionnalité de perpétrer un viol, admettons. Mais il y avait une intention réelle et absolument indiscutable de blesser : une matraque, ça ne s'utilise pas pour frapper d'estoc, mais de taille (on tape avec le bâton, pas avec la pointe : c'est censé faire mal, mais pas entrer dans les chairs ou défoncer des organes).
Pourquoi est-ce que je vous parle de ça ? Parce que j'ai été il y a quelques jours en formation avec une collègue dont je crois vous avoir déjà parlé, celle dont le mari est flic. J'en viens à ne plus savoir si cette personne, sympathique au demeurant, est intoxiquée par les thèses de son mari (au risque de passer pour un gros sexiste), ou bien si, dès que l'on parle police, violence et immigration, cela lui donne l'occasion d'exposer au grand jour toute la merde qu'elle a dans le cigare.
Bref, je ne sais plus pourquoi on en vient à aborder ce sujet, mais elle m'explique doctement qu'une vidéo démontre que les blessures infligées à Théo sont de son propre fait (moi, goguenard : mais tout à fait, il s'agissait d'une relation sexuelle librement consentie avec une matraque, rien de choquant là dedans) et que de toute façon, il avait été mis en examen pour fraudes. Je viens également de vérifier : [si ce n'est lui, c'est donc son frère][2]... (admirez au passage la causalité induite par cette confusion, qu'elle soit volontaire ou pas : c'est un fraudeur, donc il méritait bien de se faire défoncer l'anus par une matraque télescopique).
Tout ceci me laisse songeur.
- Je pense bien entendu aux micro-trottoirs de Guillaume Meurice, où il arrive habilement à tirer le "meilleur" du quidam moyen en l'interrogeant sur le racisme, la police, la ZAD, les réfugiés, l'immigration, Macron, les riches... quidam qui aurait pu paraitre agréable et bien suos tout rapports si on l'avait interrogé sur ce qu'il pense de, je ne sais pas, le sujet du bac de philo ou vous ne trouvez pas qu'il fait un peu frais, pour un mois de juin ?
- Quand j'en viens à aborder ce genre de sujet avec cette collègue, j'ai l'impression de voir fonctionner in vivo les rouages du mécanisme d'enfumage confusionniste : dans le cas d'espèce, tout se base autour d'une vidéo qui ne fait que convaincre les partisans des flics (comme les partisans des victimes) que l'autre camp n'est peuplé que d'abrutis irrécupérables, à laquelle s'ajoute la confusion entretenue autour de la personnalité du frère de la victime (en gros, et pour reprendre un adage stupide, "il n'y a pas de fumée sans feu")
- j'ai aussi l'impression de voir se dessiner cette espèce de frontières invisible, mais tellement solide, qui structure toute une société : il y a "nous" et il y a "eux" ; il y a la société et les sauvages, les sauvageons, les-qui-refusent-de-s'intégrer, les-qui-foutent-le-bordel, c'est quand même malheureux qu'on soit obligé de leur taper dessus mais y comprennent que ça... etc.
Bon désolé pour ce pavé, c'est un peu du vrac, du comme ça vient...
[2]:
https://www.20minutes.fr/justice/2285899-20180607-soupcons-escroquerie-frere-theo-mis-examen