A lire, si vous n'aviez pas lu le strip de Emma.
Des calculs alambiqués pour un résultat simple : l’effondrement des droits au chômage
Conseiller dans une agence de Rennes, Yann Gaudin a été licencié début juillet. La direction lui reproche notamment d’avoir outrepassé son rôle en aidant des intermittents à percevoir leurs droits.
Pôle Emploi cette magnifique (non) institution...
Un tiers des chômeurs ne touchent rien. En ajoutant ceux qui touchent une faible indemnité, 40 % ne reçoivent pas plus de 500 euros par mois et les deux tiers moins que le Smic.
- Ce massacre, il est permis par la disparition d'une petite ligne de votre fiche de paie, l'air de rien, depuis Octobre 2018
- Ah oui, on paie plus l'assurance chômage ! Moi je trouvais ça chouette, je gagnais un peu plus quand je bossais.
Les faits ? Sur 6,3 millions de demandeurs d’emplois, 2,6 millions sont indemnisés aujourd’hui. Soit un peu moins de 40 %. Le montant moyen des indemnités perçues : environ 1000 euros par mois. Pas de quoi se payer des vacances de rêve, même low-cost au Bahamas ! La moitié des personnes indemnisées – c’est-à-dire 1,3 million de personnes – reçoivent moins de 860 euros par mois [1] Elles vivent donc sous le seuil de pauvreté.
[...]
En France, la moitié des demandeurs d’emploi n’ont aucune indemnité.
La loi sur « la liberté du choix de son avenir professionnel » (sic), votée en septembre dernier, avait prévenu : les contrôles sur les chômeurs allaient se durcir. Mais personne ne s’attendait à ce que les sanctions prévues contre les demandeurs d’emplois soient si rudes, y compris les agents de Pôle emploi. Annoncées fin décembre par un décret publié au journal officiel, ces sanctions prévoient de rogner, voire de supprimer les indemnités chômage pour des rendez-vous manqués, des offres d’emploi refusées, ou des connexions sur son espace personnel pas suffisamment fréquentes. Du côté des conseillers, c’est la consternation, teintée de colère et de stress.
via Seenthis
A présent je suis sans emploi ; et croyez-moi, être chômeur, ce n’est pas « chômer ». Nul besoin d’un retour aux travaux forcés pour les pauvres, ou de les envoyer casser des cailloux dans une association.
M’ennuyer, oh non Monsieur je n’ai fort heureusement pas le temps de m’ennuyer ; mes journées sont relativement les mêmes : je cours d’une administration a l’autre afin de faire valoir mes droits. Pensez-vous sérieusement que nous « inactifs » nous nous ennuyions ? Nous courons les administrations afin d’essayer d’avoir la place à l’emploi proposé celui où nous sommes parfois vingt à postuler, et vingt autres postuleront après, nous mettant en concurrence les uns contre les autres pour engraisser des patrons afin qu’ils gagnent du « pognon » !
Pour le cas où vous ne l'auriez pas lu...
Grèves depuis hier en Allemagne, dans le secteur industriel. IG Metall, le premier syndicat d'Europe, réclame des augmentations de salaires mais aussi un passage aux 28h hebdomadaires pour ceux qui le souhaitent, au lieu des 35h actuelles. La bataille s’annonce difficile.
C'est marrant, on entend plus trop nos politiques qui vantent le "modèle allemand" sur ce coup.
A rapprocher de : https://grisebouille.net/reglons-le-probleme-du-chomage/
A Alternatives Economiques, nous nous sommes dit que c’était l’occasion de concrétiser un vieux projet : créer et publier régulièrement notre propre indicateur alternatif, avec l’ambition de représenter la situation du marché du travail en France de manière plus pertinente que les indicateurs officiels. C’est chose faite : il s’agit du « taux de non-emploi en équivalent temps plein », qui se situe actuellement à 27,5 %.
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nous avons choisi de privilégier une notion plus simple, et, à notre sens, plus pertinente pour apprécier la situation du marché du travail et son évolution : celle de non-emploi. Combien de personnes d’une tranche d’âge donnée n’occupent pas d’emploi ? Ce qui englobe à la fois les chômeurs au sens strict du terme et l’ensemble des personnes qui sont dites (à tort) « inactives », parce qu’elles sont découragées de chercher un emploi. [...] L’objectif qui nous semble en revanche pouvoir rassembler un large consensus au sein de notre société, c’est que celle-ci doive être capable d’offrir un emploi à toutes les personnes âgées de 25 à 60 ans. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de limiter à cette seule tranche d’âge le calcul de notre indice de non-emploi.
[...]
Si on compare le taux de chômage classique au taux de non-emploi en équivalent temps plein, on constate, sans surprise, que les deux courbes suivent des profils assez proches. Le taux de non-emploi se situant cependant à un niveau beaucoup plus élevé que le taux de chômage : celui-ci oscille en effet autour de 10 %, tandis que le taux de non-emploi se situe quant à lui au dessus de 25 %.
La "bonne" nouvelle qui ressort de cet indicateur "maison" d'Alternatives économiques, c'est que la France, avec un taux de 27,6% de "non emploi", est sous la moyenne européenne (29,3%).
Donc, 3 idées à retenir selon moi :
Alors, il n'y a rien de révolutionnaire dans tout ceci, on s'en doutait forcément un peu. Mais cela pourra servir de point d'appui pour une contre-argumentation au discours dominant sur le "modèle allemand", la "situation catastrophique de la France", etc.
Ah, j'en avais le pressentiment mais Attac le confirme : la fameuse baisse du chômage en mars n'est que de l'enfumage.
J'avais spontanément pensé aux radiations, mais je n'avais pas pensé aux stages. Malin.
Je vais vous parler d'une anecdote de mon travail.
Ce matin à 11h, j'ai fait parvenir à popole emploi une offre : un CDD de 2 mois, pour un travail pas super intéressant, payé au lance-pierre.
Entre 11h46 et 16h46 (authentique), j'ai reçu 23 réponses.
Voilà.
Misère.
Magnifique. Ne dites plus "chômeurs" mais "fraudeurs supposés".
Tous les moyens sont bons pour radier des gens de toute façon ; là où ça devient kafkaïen, c'est que l'on est en train d'assister à l'émergence d'un système où l'on va consacrer plus de temps, d'énergie et de crédits à empêcher les gens de percevoir le minimum vital, qu'à les aider à sortir du trou. Il y a 8-10 mois, j'avais entendu une émission assez terrifiante sur France Culture, où des personnes directement concernées expliquaient comment Pôle Emploi tire parti du moindre micro-prétexte pour radier (et quand je dis micro-prétexte, ce n'est pas un abus de langage : convocation non reçue, retard de moins de 5 minutes à un entretien, tout est bon, y compris l'erreur de PE lui-même)
Oh, et je ne parle même pas de l'atteinte à la vie privée. Ne vit-on pas désormais dans un État policier ?
EDIT : voir aussi https://links.nekoblog.org/?2SdFBw
et https://links.nekoblog.org/?0UPFfg