La situation des droits des femmes a empiré en 2018, selon le dernier rapport d'Amnesty international. Mais à part ça, les féministes exagèrent.
D’ailleurs, Amnesty International pointe du doigt les politiques sexistes menées à travers le monde. « Un nombre croissant de politiques et de lois visent à soumettre et à contrôler les femmes, en particulier en ce qui concerne leur santé dans les domaines de la sexualité et de la procréation », lit-on.
Le rapport cite en exemples la Pologne et le Guatemala, où « les décideurs politiques défendent un durcissement des lois sur l’avortement », les Etats-Unis et la baisse des subventions aux centres de planning familial, ou encore le Brésil et l’assassinat de la militante Marielle Franco.
Chapeau. J'espère qu'elle l'a eu sa thèse au final.
Dans un précédent article de notre série sur le traitement médiatique de l’affaire Weinstein et du hashtag « BalanceTonPorc », nous évoquions la manière dont certains commentateurs et éditocrates ont occulté la question de la libération de la parole de femmes victimes de violences. À ce sujet de fond, ils ont substitué de vaines polémiques sur les termes employés, qui renverraient à la délation ou seraient trop insultants pour la gent masculine… voire pour les porcs.
Dans ce nouvel article, nous revenons plus particulièrement sur des formes plus radicales de détournement voire de déni du phénomène, et sur la large audience médiatique dont elles ont bénéficié. Un nombre significatif d’éditocrates et de polémistes réactionnaires aux positions parfois édifiantes ont en effet joui d’une exposition médiatique considérable, au-delà des médias de parti-pris dans lesquels ils interviennent quotidiennement.
[...]
On l’a compris : le féminisme ne devrait être bon qu’à se focaliser sur les agresseurs musulmans ou les migrants, mais certainement pas à remettre en cause la domination masculine.
Ce qui me fait le plus peur, à la lecture de cet article, c'est la façon dont il met en lumière à quel point nous vivons dans un pays, une société, une époque hyper-réactionnaire... pour ne pas dire dominée par la pensée conservatrice, pour ne pas dire d'extrême-droite.
La façon dont les initiatives de Poe Dameron, caricature de "l'action virile" sont systématiquement vouées à l'échec (voire à la catastrophe) dans cet épisode est une manière assez géniale de faire la critique de la "masculinité toxique" :
However, while he may be filling the role of the dashing pilot that Han did in the Original Trilogy, director Rian Johnson is using the archetype to say something completely different about heroism, leadership, and—perhaps most importantly—masculinity.
In the Original Trilogy, Han is presented as the ultimate dude. In heteronormative terms, he is the character every man should want to be and every woman should want to be with. In The Last Jedi, Poe is presented as a character who needs to stop with the mansplaining and learn from the more seasoned female leaders in his life.
Et du coup, je trouve assez génial la façon dont, en tant que spectateur mâle hétérosexuel, j'ai été embarqué à embrasser le point de vue de Poe, trouver géniale sa mutinerie -et tout y est, même l'obstruction de C3PO, qui pour le coup, montre que les robots réfléchissent mieux que les hommes- avant de même faire bacher par Leia Organa :
Instead, the film supports General Leia and Admiral Holdo and their measured maturity over Poe's machismo-driven exuberance. "She cared more about protecting the light than seeming like a hero," Leia tells Poe about Holdo's sacrifice, subverting the tired narrative trend of the alpha male hero as the only viable or best leadership choice. "Not every problem can be solved by jumping in an X-Wing and blowing stuff up," Leia tells Poe before demoting him. Skilled X-Wing piloting is a solution to some problems, sure, but for Poe to think his is a skillset that solves all problems is pure hubris.
En fait, c'est tous les personnages masculins qui en prennent pour leur grade dans ce film, de Luke qui part chouiner sur son île parce qu'il n'arrive pas à faire face à son échec, à Kylo Ren qui n'arrive pas à faire face à ce qu'il a fait.
Et si celui-ci faisait un peu ridicule dans le réveil de la force (faisant irrésistiblement penser à l'ado a problèmes qui surmonte son anxiété par la violence), son côté "choupi" comme dirait LLM ne l'empêche pas de devenir effrayant :
Kylo Ren is a character who is easy to make fun of (which also happens to be his worst nightmare), but that doesn't take away from his power as a villain. He is scary because he reminds us of the real-world men whose anger and frustration and sadness have curdled into something ugly inside of them, causing them to lash out at those they perceive to have robbed them of what they deserve.
La suite de l'article -que j'ai lu un peu plus vite- rend hommage à Rey, qui essaie d'ouvrir les yeux tant à Luke qu'à Ren, et à Leia, qui transmet le pouvoir et la connaissance à son entourage, là où Ren ne connait pas d'autre manière de l'acquérir que tuer celui qui le détient.
Leia doesn't need to use the Force; she already has a superpower.
Au final, Le dernier Jedi est un film où les femmes tentent d'expliquer aux hommes que leurs actions ont des conséquences au-delà de leur propre point de vue de héros ; ce n'est pas qu'une question de féminisme, c'est une question de prendre la bonne décision pour le groupe, et non pas au nom de la quête d'héroïsme du "mâle alpha"
From Leia's quashing of Poe's ill-advised mutiny to Rose's quashing of Finn's suicidal run for glory, The Last Jedi is filled with women trying to explain to men that their actions have consequences outside of their own hero's journey, that glory and pride and victory are never the most important thing—at least not for the larger cause. That the decision that is best for the group is the one made by the group and its chosen leaders, not by the alpha male hero who thinks he knows best.
Plus que cela :
The Last Jedi is a step in the right direction when it comes to gender diversity not only because it gives us more female characters with more to do, but because it refuses to glorify its male heroes in simplistic ways that create unrealistic, harmful expectations for everyone involved. True gender diversity in media and in real life will come by recognizing that the system of patriarchy we live in benefits no one—not even the Poe Damerons of the world.
Je reprends à mon compte la conclusion de l'article :
The Last Jedi is a story that recognizes that we won't "win" by fighting the things we hate, but by saving the things we love
Je me disais à tort que ce film n'avait pas de punchline, cette phrase qui passera à la postérité (comme "Je suis ton père" ou "There is no try") mais en fait, si. Et il n'est pas anodin que ce soit une femme qui la prononce.
via LLM
Le roman que Houellebecq aurait pu tirer de cette communauté de merdeux... (désolé, mais c'est vraiment le seul mot qui me vienne, là, tout de suite).
TIL : ces rageux sont en train de "migrer" sur Reddit : https://www.reddit.com/r/EliteDeLaNation/
Il est urgent de repolitiser la question du ménage, comme les féministes des années 70 avaient déjà tenté de le faire.
Nous sommes heureux.ses d’annoncer la création de l’association Women in Games France. Association de professionnel.le.s, Women in Games France oeuvre pour promouvoir la mixité dans l’industrie du jeu vidéo français. A travers des initiatives de formation, sensibilisation, d’éducation et d’entraide, elle cherche à réduire les barrières d’entrée et les raisons de sortir des femmes de l’industrie du jeu vidéo. L’association est indépendante, ouverte à tou.te.s les professionnel.le.s et édudiant.es. dans le développement, l’édition, les métiers supports, les médias ou de l’e-sport, du coté des indépendants aussi bien que des grands groupes.
Par ailleurs, si le débat devient public, c’est aussi en raison de la violence des réactions (harcèlement, menaces) auxquelles font face les critiques féministes, notamment lors des controverses autour du GamerGate. Plus généralement, ces débats prennent de l’importance dans un contexte politique inquiétant de recul des droits des femmes, qui donne à nos luttes un caractère de plus en plus urgent.
Je ne connaissais pas Peggy Sastre.
Je ne perdais rien, si ce n'est un motif de m'énerver.
Je vous encourage à lire cet article, intéressant à plus d'un titre :
Voir aussi :
EDIT : je ne résiste pas au plaisir de vous recopier mon passage préféré (dans cette partie de son texte, l'auteur·e démontre en quoi les arguments de PS comme du mémo sont faux, et que, programmer, ça a d'abord été "un métier de femmes" :
En fait, si l’on remonte encore plus loin, une surprise de taille attends Peggy Sastre : à ses débuts, la programmation informatique était une activité essentiellement considérée comme féminine. Comme l’explique l’historien Nathan Ensmenger, la programmation informatique a été un domaine majoritairement féminin dans les années 1950-1960. Principalement parce que s’occuper du software était considéré comme une tâche subalterne et peu virile, par rapport à la recherche sur le hardware qui, elle, convenait aux vrais hommes. C’est ce qui faisait dire au Docteur Grace Hopper (qui dirigeait l’équipe qui a créé le premier compilateur, et qui est en photo en exergue de cet article) que les femmes étaient « naturellement faites pour la programmation » : « C’est juste comme préparer à dîner. Vous devez anticiper et tout planifier pour que ce soit prêt quand vous en avez besoin ».
EDIT 2 : super blog au passage.
Et je suis tombé là dessus via Mastodon, comme quoi, on ne passe pas notre temps à y raconter des conneries :O
Je regarde le chiffre effarant, affolant des violences sexuelles, dont les hommes ne cessent de me dire que cela devrait être mon unique et seul combat et je le vois s’éloigner car je suis trop occupée à chercher mes mots pour ne pas blesser les hommes.
Je sais qu’ils sont blessés lorsque je parle des violences sexuelles. Blessés que je puisse les en croire auteurs. Blessés que je puisse les comparer avec ceux qui violent et que je ne définis pas plus précisément ce qui entretient un doute insupportable entre les hommes qui ne violent pas et les hommes qui violent. Blessés que tout mon discours ne soit pas mieux choisi, mieux construit, mieux écrit afin de ne pas les stigmatiser.
Il se joue alors un jeu étrange entre eux et moi, dont on feint de ne pas connaître les règles mais dont on connaît l’issue.
Ces hommes vont me presser de questions, de demandes de références, de leur expliquer la totalité du féminisme, des violences sexuelles aux tâches ménagères en passant par l’inégalité salariale. J’aurais droit à la mauvaise foi, aux arguments homme de paille. Tout mon défi sera de chercher les bons mots, la bonne phrase, la bonne tournure. Toute mon attention sera concentrée sur le fait de ne pas leur déplaire, et que peut-être ils deviennent moins des ennemis de classe, des dangers directs ou indirects, des participants actifs ou passifs au sexisme. Tout leur discours sera sous-tendu par la menace suivante : « SI tu n’es pas gentille, SI tu ne réponds pas à toutes mes questions, SI tu t’énerves, alors je serai un ennemi du féminisme et cela sera ta faute ».
Les femmes sont en général vues comme responsables des violences sexuelles qu’elles subissent. La boucle se boucle. Si nous n’expliquons pas gentiment aux hommes qu’il faut pas violer, alors ils le feront.
Les féministes deviennent alors responsables des violences faites aux femmes. Si les féministes étaient plus pédagogues, plus gentilles, moins agressives, alors les hommes s’énerveraient moins en réaction. Je ne travaillerais plus à lutter contre les violences faites aux femmes mais concentrerais toute mon attention à ce que les hommes ne violent pas davantage à cause de moi, ne soient pas plus sexistes à cause de moi, ne soient pas des ennemis du féminisme à cause de moi. Toutes les violences faites aux femmes pourraient s'estomper, d'un coup, si les féministes faisaient un peu plus d'efforts et comprenaient un peu mieux le mal-être des hommes.Les hommes m’expliquent qu’ils sont prêts à m’écouter. M’écouter comme si ce dont je parlais concernait la lecture du dernier polar de l’été ou de la dernière recette de cuisine testée. Comme si au fond ce ce que je disais n’avait que peu d’importance alors que cela implique des dizaines de milliers de victimes par an. M’écouter comme si c’étaient des mots de plus, sur un sujet aussi intéressant ou inintéressant que le jardinage ou les jeux videos. Pas un discours qui implique ma vie, ma liberté, la libre disposition de mon corps. M'écouter avant de prendre leur café ou après avoir pris leur dessert. "Ils ont quelque minutes à me consacrer" me disent-ils.
Ils m’écouteront, auront cette grandeur d’âme si je fais quelques efforts. Si j’adapte mon vocabulaire. Si je choisis mes mots. Bannir le mot « homme » de mon vocabulaire peut-être. Dire « ils ». Dire « les monstres ». Bannir le mot « viol » peut-être aussi. Dire « abus ».
[...]
Pourquoi vous sentez vous plus mal de mes mots que des violences sexuelles ? C’est une chose assez extraordinaire que de constater que vos egos priment sur la lutte contre les violences sexuelles. C’est une chose assez incroyable de vous voir subordonner votre aide relative aux luttes des femmes à la façon dont nous allons vous caresser dans le sens du poil, en prenant soin de ne pas vous déranger.
Je regarde les chiffres des violences sexuelles et je me dis qu’une femme est violée toutes les 7 minutes en France. Ce sont des mots, souvent un peu abstraits. Je sais qu’il suffirait d’un peu de bonne volonté masculine pour que ces chiffres diminuent drastiquement. Cela parait étrange de parler de "bonne volonté" en matière de violences sexuelles non ? Et pourtant.
[...]
Il faudra admettre que les hommes n'ont pas le droit de disposer du corps des femmes, du corps des enfants et du corps d'autres hommes. Cela les rend très malheureux je le sais, on me parlera de leur misère sexuelle pendant que je parlerais de viol. On comparera le fait de ne pas pouvoir baiser alors que je parle du fait de ne pas violer.
[...]
Pendant ce temps, les hommes se demandent pourquoi les féministes disent "les hommes" au lieu "des hommes".
Pendant ce temps, des hommes me disent que lire ce que j'écris, lire des récits de violence sexuelle est "dur mais qu'ils arrivent à ne plus se sentir mis en cause". C'est tout ce que ce que cela suscite. Ils ne se sentent plus accusés (alors qu'ils le sont), ils ne se sentent plus visés (alors qu'ils le sont), ils ne sentent plus ma colère (alors qu'elle est là, intacte, entière, brûlante). Ils sont tranquillisés ; je ne les visais pas eux et c'est bien tout ce qui importe n'est ce pas. Je dois continuer à "être pédagogue" me disent-ils en me tapotant sur la tête pour me féliciter de mes efforts à les rassurer, à ce qu'ils ne se sentent pas impliqués, touchés, blessés. Ce n'est pas la violence sexuelle commise par les hommes qui est dure, ce sont les mots des féministes qui en parlent. Ce ne sont pas les hommes violeurs qui sont durs - et la masse bêlante des hommes occupés à pinailler sur le "bon mot" pour parler - mais mes mots mis sur les violences sexuelles commises SUR les femmes PAR les hommes
Trouvé via Mastodon :
Le Reset est un hackerspace : un espace de bidouille et d'apprentissage des technologies numériques.
Il acueille de nombreux espaces, ateliers et conférences afin de partager la connaissance et le savoir numérique.
Leur site : https://lereset.org/
(présent·e·s sur Twitter et Mastodon)
Je n’ai pas pris conscience tout de suite de ce qui ne me va pas dans notre société, ayant été moi-même formatée. Oui, un homme à le droit de pleurer et d’avoir des sentiments, tout comme une femme a le droit de diriger une entreprise et de se montrer impassible au désarroi d’autrui. Nous sommes avant tout comme nous sommes : humains. Et c’est bien pour cela que nous devons casser ce qui nous a été fourré dans la tête depuis tout petit. On a le droit d’être fort ou vulnérable, ce n’est aucunement de la faiblesse. On a le droit de demander de l’aide lorsqu’on est un homme et de la refuser lorsqu’on est une femme. Le sexe faible, c’est dans votre tête. Le sexe fort, c’est dans votre tête aussi. Et tous ces clichés nous ont été inculqués par la société patriarcale et la culture du viol.
Un pavé plein de rappels, et de liens pour creuser certains sujets.
Eh oui. Non seulement faire le ménage ou s'occuper de malades c'est épuisant, mais en plus, les travaux "manuels" demandent de grande capacités cognitives, et parfois une grande adaptabilité. Mais ces tâches présentées à tort comme "simples" et souvent confiées aux femmes, sont invisibilisées.
Je rapproche cette interview de celle-ci, sur le même sujet, lue dans XXI : http://www.revue21.fr/tous_les_numeros#n-33_le-cynisme-de-la-resignation-entretien-avec-christophe-dejours
Ressources sur le féminisme. Buffy Mars.
Juste en passant, un truc qui m'a traversé l'esprit en lisant : quand l'autrice dit "Cacher ses cheveux, son cou, ses oreilles, ses bras et ses jambes, c’est reconnaître que la femme est un objet sexuel [...] C’est s’afficher ostensiblement comme une proie sexuelle au regard des hommes. C’est se définir comme objet du désir des hommes, tout en transformant ceux-ci en de vulgaires prédateurs." : on n'est pas loin du discours de la "culture du viol" qui explique que les femmes doivent s'habiller comme ceci ou comme cela pour ne pas être vu comme de simples objets sexuels par ces pauvres mâles pilotés par leurs hormones.
Ce que ce dessin résumait parfaitement :

Source : https://twitter.com/LaSauvageJaune/status/765608378223714304
Un peu l'impression de toujours lire la même chose, hélas. Ça finira peut-être par rentrer à force.
A rapprocher de : http://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/?uOGm9Q (2013...)
« Mansplaining » ou « mecsplication »
« Manterrupting »
« Bropropriating »
« Manspreading »
« Manslamming »