> Je refuse d’être assigné moi-même à ma couleur de peau. Je refuse de m’excuser d’être ce que je suis, au-delà de ce que je choisis d’être, je refuse évidemment et absolument de concevoir une autre responsabilité du fait d’être Blanc que de combattre toute discrimination contre celui qui ne l’est pas. Ma couleur n’est pas neutre, mais elle ne me définit pas.
> Être Blanc, n’est pas un « privilège », que l’on pourrait abolir ou auquel je devrais renoncer. Ce que je vis, parce que je suis Blanc dans un pays européen, est la normalité, qui doit être garantie à tous, sans distinction aucune. C’est à partir de là que le racisme doit être combattu, pas à partir d’une inversion logique qui me rend responsable, voire coupable, par la couleur de ma peau.
Je trouve somme toute assez excellente cette façon de définir par le refus ce qu'est le privilège blanc : "je refuse d'être assigné à ma couleur de peau" ; "ma couleur ne me définit pas" ; "ce que je vis est la normalité".
Eh bien, c'est exactement ça : comme tu es blanc, tu as la possibilité de refuser d'y penser, la liberté de refuser d'être réduit à ta couleur de peau, et même la liberté de trouver que tout est "normal", forcément, puisque que c'est "ton" monde, fait par des gens comme toi, pour des gens comme toi. Et c'est **exactement** ce que dit Virginie Despentes dans sa fameuse [lettre][1], ça ne sert à rien d'ergoter pendant 3 paragraphes sur le fait qu'elle a mal compté le nombre de ministres non-blanc·he·s.
J'aime beaucoup les moments de crise et de débats comme celui que nous vivons, ça me permet de virer beaucoup de gens de mon fil Twitter, de mes favoris Firefox, de mes flux... qui y étaient visiblement entrés par erreur.
[1]:
https://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/index.php?d-f4Kw