A propos du "Mechanical turk" d'Amazon.
"Vous croyez que les entreprises qui vous vendent des transcriptions de réunion minute ont recours à des logiciels superperfectionnés ? Eh bien non, elles ont recours au Turc mécanique d’Amazon, à des petites mains éparpillées dans monde entier qui pour presque rien transcrivent en quelques minutes des petits morceaux de la réunion, des morceaux qui sont découpés par des algorithmes, distribués par des algorithmes, puis ré-assemblés ensuite par des algorithmes."
J'y ai déjà pensé, et c'est vrai que la jurisprudence semble assez fluctuante.
Droit de retrait reconnu : Cf. les points b) et e) du document (http://www.solidaires.org/IMG/pdf/jurisprudence_droit_de_retrait.pdf) que tu lies :
b) "Le refus d'un veilleur de nuit de se présenter à son poste, alors qu'il avait été menacé directement par un résident du foyer, ivre, qui avait cassé la baie vitrée de protection, est justifié quand l'employeur alerté n'a pris aucune précaution à l'encontre du danger qui persistait "
e) "Même si les conditions de travail ne constituent pas un danger grave et imminent pour sa vie et sa santé, elles peuvent être inacceptables et légitimer le refus de travailler du salarié "
En revanche, droit de retrait non reconnu pour les cas suivants :
b) "De même, lorsqu’à la suite de l'attaque à l'arme lourde d'un fourgon blindé un convoyeur de fonds refuse de poursuivre son travail et est licencié.
Le recours à la notion de retrait est rejeté dans la mesure où le danger n'apparaît pas imminent, la récidive étant un risque impondérable, l'employeur a pris des dispositions supplémentaires de sécurité. Le risque est inhérent à la fonction exercée et initialement accepté par le salarié ( ̈ CA Aix-en-Provence, 8 nov. 1995, no 1055, Sté Securiposte c/ Lacombe : JCP éd. E 1996, II, no 859)."
c) "Ne constitue pas un danger grave et imminent justifiant l'exercice du droit de retrait l'agression isolée d'un machiniste de la RATP sur une ligne de bus, alors que des mesures de sécurité ont été prises sur la ligne concernée. Lorsque le salarié de la même ligne a arrêté le travail pour retourner au dépôt , le danger n'était plus imminent, ni sérieux du fait des mesures préventives mises en œuvre , même si ce conducteur avait déjà fait l'objet d'agressions antérieures dans l'exercice de son activité professionnelle (CA Paris, 21e ch., 26 avr. 2001, no 99/35411, Vernevaux c/ RATP)."
=> à mon sens, ce qui fait la différence (hormis quelques situations extrêmes où la vie de l'employé.e était effectivement menacée de façon grave et imminente), c'est selon si l'employeur a pris ou non des mesures préventives. Après, c'est sujet à débat. Dans le cas du fourgon blindé, on est un peu dans le même cas que celui de la centrale nucléaire, évoqué plus bas : du fait d'accepter ce travail, l'employé.e accepterait de fait les contraintes -et donc les risques- qui vont avec. Attention, je ne dis pas que j'approuve. C'est même assez contestable dans la mesure où, d'après ce même Code du travail (qu'il faudrait s'empresser de "simplifier" selon certains : mais dans quel sens ?), l'employeur est tenu d'assurer la sécurité de ses employé.e.s,la négligence de ceux-ci ne suffisant pas à dégager sa responsabilité.
Mais on en revient à ce que je disais : il faut que l'employeur soit en mesure de démontrer qu'il a bien pris les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de ses employé.e.s.
Pour les agents de la RATP, je partage ton questionnement : la reconnaissance du risque grave et imminent ne s'appliquerait que dans les situations où la RATP serait dans l'impossibilité de démontrer qu'elle a bien pris des mesures préventives appropriées. D'un autre côté, la jurisprudence e) citée plus haut fait état de "conditions de travail inacceptables", élément qui peut éventuellement être retenu par le juge => on n'est donc jamais sûr. Et ce n'est pas très sécurisant pour les employé.e.s, qui risquent leur sécurité dans un premier temps, et leur job en cas de mauvaise interprétation de la loi...
Une bonne question piège lors d'un entretien d'embauche... et comment la contourner.
"Mais alors que la plupart des créateurs de l’Internet déplorent la façon dont leur créature est tombée aussi bas, leur colère est mal orientée. La faute n’est pas à cette entité amorphe mais à « l’absence d’une politique de gauche en manière de technologie »."
"tout l’enjeu est de faire croire à ses collègues que non, on ne fait pas caca. Les autres peut-être, mais moi jamais." Oh putain, c'est tellement vrai.
Après, faut pas rigoler avec ça : se retenir = pas bon + facteur de stress ; stress = risque accru de maladies cardio-vasculaires. C'est con quand même.
On sent que la journaliste s'est éclatée à écrire l'article quand même. J'ai bien rigolé.
EDIT : il y a une suite ici http://www.liberation.fr/cahier-ete-2015/2015/08/11/faire-caca-n-est-pas-un-acte-sale-mais-un-rituel-purifiant_1362053 mais c'est un article payant. Mais le titre est grandiose : «Faire caca n’est pas un acte sale, mais un rituel purifiant»
Ridicule. Tout ce que je vois moi, c'est un accident du travail causé par le fait de n'avoir pas respecté la consignation = quand tu interviens sur une machine (arrêtez de vous gargarisez avec "robot", on n'est pas dans un roman d'Asimov, c'est juste une putain de machine), tu la DÉBRANCHES.
Alors, plutôt que de faire des articles à la con sur "le premier meurtre par un robot" et "oh, la journaliste s'appelle Sarah Connor LOL", vous feriez peut-être mieux de vous interrogez sur les conditions de travail qui ont entrainées la mort d'un homme. Quand on ne respecte pas les consignes de sécurité, c'est rarement un choix délibéré, mais le plus souvent la résultante de circonstances faisant qu'on a pas laissé le choix à la personne : cadence, impératifs de production...
via Timo
Sur un autre registre, ça me rappelle ça : http://humour-et-blagues-anti-dominants.tumblr.com/post/122345821545#notes
Je vais vous parler d'une anecdote de mon travail.
Ce matin à 11h, j'ai fait parvenir à popole emploi une offre : un CDD de 2 mois, pour un travail pas super intéressant, payé au lance-pierre.
Entre 11h46 et 16h46 (authentique), j'ai reçu 23 réponses.
Voilà.
Misère.
Hum. Je n'arrive pas à caser la problématique des délocalisations dans ce strip... On continue de vendre des produits à "l'homme" de l'image, mais c'est un collègue encore plus mal loti qui les fabrique...
via https://links.nekoblog.org/?reW0BQ
Voir aussi : https://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?cFGTQw
Ah ben si tu as vécu sur place, ça explique (presque) tout ! ;)
Si je synthétise ton raisonnement, le mot clé c'est : intéressez-vous. (voire "cultivez-vous"). Demandez-vous pourquoi la plaque commémorative, pourquoi le jour chômé, pourquoi la statue...
Puisque que tu as commencé à digresser, j'ajoute que je suis d'accord avec toi ; j'ai souvent fait le même type de réflexion à propos des "RPS" (Risques psycho-sociaux). Trèèès à la mode. Tout le monde fait son petit couplet là dessus. Et ça m'énerve. Beaucoup. Parce qu'on nous parle de reconnaître les RPS, traiter les RPS, éventuellement éviter les RPS... mais changer les conditions de travail qui mènent les gens dans cette situation (le burn out et le suicide en étant les cas extrêmes), surtout pas.
Et évidemment, tous les vieux de la vieille se soutiennent mutuellement...
Et je suis sûr que tous les animateurs ont bien rigolé de cette bonne vanne (je n'ai pas écouté le mp3, mais je connais ces matinales de merde).
Merci à Kevin (http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?5IiDOw) d'avoir signalé ce billet de Borée. La rémunération, ce n'est pas que le salaire, c'est aussi le temps de travail et les congés.
Après, j'aimerais qu'on m'explique clairement pourquoi les médecins sont contre le projet de loi santé, parce qu'avec les informations parcellaires dont je dispose, je n'ai pas bien compris les raisons de la colère.
J'ai déjà des idées de réutilisation de cette image...
http://shaarli.callmematthi.eu/?xXGdKQ
Oh que je suis d'accord avec toi. Et pourtant, parles-en aux gens, que diront-ils ? "Ouais, ouais, je sais, mais je continue parce que c'est quand même pratique"...
Lien direct vers l'article : http://www.liberation.fr/economie/2013/12/17/une-employee-d-amazon-raconte-la-peur-organisee_967185
EDIT : il y a aussi le fait que la "norme" de la compétition est intégrée par ceux là même qui en sont les victimes, c'est terrifiant : "Ils veulent battre des records, "comme ça, pour la performance", et la reconnaissance qui va avec."
EDIT 2 : je viens de me rendre compte que cet article, qui tourne sur les Shaarlis depuis quelques jours, a un an... Mais je ne pense pas que les méthodes d'Amazon aient changé dans l'intervalle.
Remarque annexe : le point Godwin est atteint dès le troisième commentaire \o/
>> toujours avoir une preuve de ce que tu as fait, et de pourquoi tu l'as fait comme ça, si besoin en gardant tous les mails qu'il a envoyé...
Non, jeune padawan, ceci de la paranoïa n'est pas. Du fruit d'une longue expérience je te parle.
Le Mechanical Turk d'Amazon, qu'est ce que c'est : remplir de micro-tâches moyennant de micro-salaires.