"possibilité pour la police administrative de procéder à des saisies, sans donc l’intervention préalable d’un juge" => ne met pas les doigts là dedans petit État de droit, ça pince très fort :(
Là, je vois la tête de l'empereur à la fin du retour du jedi :/
Un procès "exemplaire" :
=> remise en cause de l'inspection du travail "pas là pour protéger les plus faibles/les salariés"
=> au delà : remise en cause du droit du travail
=> relise en cause des syndicats
=> pas de statut pour les lanceurs d'alerte
Ce pays est foutu. On a atteint un point de non-retour en matière de connerie.
Cette circulaire est manifestement illégale, et je me demande par quelles voies elle pourrait être dégommée (c'est une note de service, pas une décision administrative ; elle ne s'impose qu'aux personnels de l’État concernés - ici, celui de l’Éducation nationale). [EDIT : ce n'est même pas une circulaire, c'est juste un formulaire pour signaler des événements graves]
Mais le mal est là, et il est profond. Ainsi, les directeurs d'établissements devraient signaler les parents portant des "tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse" comme portant atteinte au "principe de laïcité".
Quel est le sombre connard qui a écrit une ineptie pareille ? L'interdiction des tenues et signes "ostensibles", dans l'enceinte de l'établissement, c'était discutable (surtout pour la mise en œuvre très ciblée sur une population en fait) mais maintenant, on va dénoncer les gens dans la rue ? Les parents sur le trottoir devant l'école ? MAIS C'EST QUOI CE BORDEL, PUTAIN ? Mais il faut l'écrire comment, que la laïcité, c'est la tolérance religieuse et pas la surveillance religieuse ? Que le "principe de laïcité" n'existe pas, si ce n'est pour les agents publics ? Et que la seule véritable atteinte reconnue par la jurisprudence, c'est le prosélytisme ? (en clair : OSEF que tu sois musulman, chrétien ou pastafariste ; tu viens habillé comme tu veux tant que ce n'est pas attentatoire à la pudeur, et tu fais pas chier le monde en essayant de recruter pour ta religion. C'est pourtant pas bien compliqué)
J'étais déjà passablement en colère. Puis j'ai lu la suite de l'article.
On invite également les enseignants à dénoncer leurs collègues qui se rendraient coupables de "grève, blocages, manifestations, rassemblements, perturbations", en lien ou non avec "une revendication nationale". Alors là, c'est même plus de l'illégalité. On tombe dans la dictature.
Le formulaire est ici : http://www.youscribe.com/catalogue/tous/cachet-de-l-etablissement-2680054
Vous noterez que les "disparitions inquiétantes" ne sont plus des fugues, mais des suspicions d'élèves partis faire le Djihad.
Grosse, grosse fatigue.
Hop, un nouveau Code.
Présentation ici : https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A10097
Téléchargeable au format EPUB sur la Documentation française : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/numerique/9782110771926-code-des-relations-entre-le-public-et-l-administration
EDIT : Mine de rien, c'est une petite révolution : la codification des bases du droit administratif (du moins dans sa partie rapports avec les usagers), jusqu'ici essentiellement jurisprudentiel.
Cependant, après avoir survolé le sommaire, c'est une codification de dispositions essentiellement législatives : règle du silence gardé par l'Administration (voir ci-dessous), procédures d'accès aux documents administratifs, dispositions de la loi de 1979 sur les rapports entre l'Administration et les usagers...
J'ai trouvé mes articles préférés ^^
http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=C4A1B6C2A63A570B4F726CE52028471B.tpdila12v_1?idSectionTA=LEGISCTA000031367617&cidTexte=LEGITEXT000031366350&dateTexte=20160101
Sous-section 1 : Exceptions à la règle du silence valant acceptation
Article L231-4 (différé) En savoir plus sur cet article...
Créé par ORDONNANCE n°2015-1341 du 23 octobre 2015 - art.
Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet :
1° Lorsque la demande ne tend pas à l'adoption d'une décision présentant le caractère d'une décision individuelle ;
2° Lorsque la demande ne s'inscrit pas dans une procédure prévue par un texte législatif ou réglementaire ou présente le caractère d'une réclamation ou d'un recours administratif ;
3° Si la demande présente un caractère financier sauf, en matière de sécurité sociale, dans les cas prévus par décret ;
4° Dans les cas, précisés par décret en Conseil d'Etat, où une acceptation implicite ne serait pas compatible avec le respect des engagements internationaux et européens de la France, la protection de la sécurité nationale, la protection des libertés et des principes à valeur constitutionnelle et la sauvegarde de l'ordre public ;
5° Dans les relations entre l'administration et ses agents.
Article L231-5 (différé) En savoir plus sur cet article...
Créé par ORDONNANCE n°2015-1341 du 23 octobre 2015 - art.
Eu égard à l'objet de certaines décisions ou pour des motifs de bonne administration, l'application de l'article L. 231-1 peut être écartée par décret en Conseil d'Etat et en conseil des ministres.
DONC, on crée un nouveau principe (le silence gardé par l'Administration vaut désormais acceptation), on lui colle des exceptions dont le champ est tellement large qu'il rend de fait le principe inopérant, et pour "simplifier" encore un coup, on crée des exceptions à l'exception. C'est beau :)
Récapitulatif shaarlizé :
http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?ljBUHg
http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?azYsKg
http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?FYkzSA
http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?IOh2jg
En gros il a dit : Comme je sais pertinemment que ma loi n'est pas conforme à la Constitution, je vous demande de ne pas saisir le Conseil Constitutionnel.
Comme ça, tranquilou le Manu.
Je... oh et puis merde.
Merde.
Merde.
Merde-euh.
EDIT : voir http://www.politis.fr/Etat-d-urgence-Valls-admet-ne-pas,33107.html
Je vois des shaares ce matin -Kevin, Alda, d'autres- révoltés, étonnés... devant ce vote. Révolté, oui, il faut l'être. Étonné ? Je ne le suis pas. Gauche, Droite -même ceux qui péroraient sur toutes les ondes qu'ils allaient votre contre... ils ont tous voté pour. Après tout ce qu'ils ont fait depuis 2014 (Loi de programmation militaire, Loi renseignement), êtes-vous vraiment surpris ? Bon.
Personnellement, je suis presque étonné qu'il se trouve encore 6 députés courageux pour voter contre.
Voici leurs noms :
Pouria Amirshahi => http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/19/pourquoi-je-voterai-contre-la-prolongation-a-3-mois-d-un-etat-d-urgence-par-pouria-amirshahi_4813055_3232.html
Barbara Romagnan => http://www.metronews.fr/info/attentats-de-paris-vote-contre-l-etat-d-urgence-une-decision-tres-difficile-a-prendre/moks!t8r9a6Wjct6Yc/
Gérard Sebaoun => http://gerardsebaoun.fr/2015/11/pourquoi-jai-vote-contre-le-projet-de-loi-sur-la-prorogation-de-letat-durgence/
Isabelle Attard => http://isabelleattard.fr/blog/2015/11/nul-par-la-guerre-ne-devient-grand/
Sergio Coronado => http://sergiocoronado.fr/2015/11/nul-besoin-detat-durgence-pour-lutter-contre-les-terroristes/
Noël Mamère => http://noelmamere.eelv.fr/prolongation-de-letat-durgence-noel-mamere-votera-contre/
Mais concrètement, que fait cette loi ? Me Eolas met le doigt là où ça fait mal : une même loi proroge l'état d'urgence ET le modifie https://twitter.com/Maitre_Eolas/status/667367426099699712. Du coup, on vote pour la prorogation ET la modification. On ne peut voter pour la prorogation et contre les modifications associées. Malin, non ?
elle prolonge l'état d'urgence pour 3 mois. C'est contestable, mais ça va encore ; c'est dans la légalité et la lettre de la loi de 1955. On pourrait d'ailleurs l'abroger avant le terme si on considère qu'il n'est plus utile.
Prorogation des dispositifs existant : perquisitions jour et nuit sans contrôle judiciaire, assignation à résidence
MAIS cette assignation à résidence est adaptée et renforcée". J'en ai parlé ici : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?LfKuZA. Concrètement, toute personne dont le comportement est susceptible de créer des "troubles à l'ordre public" pourra être visée par cette mesure. C'est tellement vague que ça pourra concerner n'importe qui.
Cépatou : présence obligatoire 10h / jour, bracelet électronique, 3 contrôles par jour. Et pas d'internet. Et retrait des papiers d'identité (même si je ne vois pas trop à quoi ça sert)
placement sous surveillance électronique par décision administrative : maintenant, on pourra "perquisitionner" votre ordinateur... de toute façon vous n'en saurez rien. Elle est pas belle la vie ? Cependant, "l’exécutif a mis tellement de conditions à sa mise en œuvre qu’il ne devrait qu’être peu pratiqué". Parce que les services de renseignements respectent toujours scrupuleusement les impératifs constitutionnels, c'est bien connu.
les associations ou groupements de fait pourront être dissous encore plus facilement (1 condition au lieu de 2), dès lors qu’un trouble grave à l’ordre public peut être imputé à ce groupe de personnes, quand bien même ce trouble serait sans aucun rapport avec les motifs qui ont justifié l’état d’urgence (les attentats terroristes). Grandiose.
après la fin de l'état d'urgence, les "dissous" seront surveillés grâce aux moyens prévus par la récente Loi Renseignement. Vous voyez que tout est dans tout.
nouvelle version du blocage administratif des sites incitant ou provocant au terrorisme. Même si c'est du pipeau : tout est déjà dans la loi de 2014. Même Urvoas admet que ça ne sert à rien. Après (Cf. l'article d'Andrea Fradin), la formulation est tellement vague (« prendre toute mesure » pour couper « tout service de communication au public en ligne »). qu'elle laisse la possibilité "en cas d'urgence", de TOUT couper : couper l'accès à tout Twitter par exemple. Et on fait ça comment ? Oh, on reparle du DPI-qui-n'existe-pas-en-France.
Sinon, pour le fun, histoire que vous compreniez quels sont les personnes qui dirigent ce pays :
Sources :
http://www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/prorogation_loi_55-385.asp
http://www.nextinpact.com/news/97394-securite-liberte-fraternite-deputes-adoptent-loi-sur-l-etat-d-urgence.htm
http://rue89.nouvelobs.com/2015/11/19/pourquoi-les-deputes-ont-vote-blocage-sites-existe-deja-262191
Hors-sujet mais dans le même thème : depuis le 18 novembre, les policiers nationaux ont l'autorisation (dérogatoire et temporaire... bien sûr) de conserver leur arme en dehors du service. Cazeneuve envisage de mettre en œuvre "en dur" cette mesure "le temps que durera l'état d'urgence" [Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/11/19/m-cazeneuve-autorise-les-policiers-a-porter-une-arme-en-dehors-de-leur-service_4812973_3224.html)
Oh, et pour ceux qui en doutaient encore : les mesures d'exception sont TOUJOURS définitives. Regardez les Etats-Unis avec le patriot act et toutes les mesures liberticides depuis 2001. Sont-ils revenus dessus ? Non. Regardez cette infographie sur le plan Vigipirate depuis 1991 https://twitter.com/custinda/status/667329764340989952. Quelques "suspensions" mise à part, il n'a fait que se renforcer -et se maintenir- dans le rouge.
Oh² : ne croyez pas que le Sénat modifiera quoi que ce soit à tout cela. Les mêmes causes entrainant les mêmes effets, tout retard dans l'adoption du texte rendrait caduque la prorogation. C'est d'ailleurs en jouant sur ce sentiment d'urgence que le gouvernement arrive à obtenir ce qu'il veut.
EDIT : l'analyse de la Quadrature du net : https://wiki.laquadrature.net/PJL_%C3%89tat_d%27urgence/Analyse
"Mais comme on a suspendu tout recours en justice grâce à l'état d'urgence, pourquoi se priver de régler les petits problèmes en cours, hein ? C'est plus simple comme ça après tout."
Voilà. Vous parliez d’État de droit ?
Avez-vous suivi l'intervention du PDR devant le Congrès ?
Non ? Vous avez raison, Me Eolas fera sûrement un article là dessus.
Pour ma part, j'ai suivi via Twitter.
Et je suis inquiet.
Voilà ce qui nous attend dans les jours qui viennent ; et dans un avenir proche :
état d'urgence prolongé à 3 mois => pourquoi ?
modification de la Constitution, car l'état d'urgence et l'état de siège ne seraient pas adaptés à la situation actuelle (pour rappel, l'état d'urgence permet l'interdiction des réunions publiques, les assignations à résidence, le couvre-feu ; l'état de siège permet, entre autre joyeusetés, des perquisitions à toute heure par l'autorité militaire. Et ça, donc, ce n'est pas assez ? Pinaise)
Objectif : modifier l'article 36 de la Constitution, et refondre ces 2 dispositifs en un seul, afin de "disposer d’un outil pour prendre des mesures exceptionnelles sans compromettre l’exercice des libertés publiques" (LoOoOol)
C'est tout ? Ben non, maintenant qu'on est lancés, on va pas s'arrêter. Mais comme je suis machiavélique, je vous propose une pause-détente récréative : il y 3 jours, si je vous avait fait lire ces propositions sans les assortir de commentaires, auriez-vous vraiment cru qu'elles émanaient du président François Hollande ? Ou auriez-vous pensé "alalah, quel déconneur ce Nicolas Sarkozy" ?
Allez, courage, reprenons.
dissolution des associations ou groupements qui provoquent la haine ou incitent aux actes terroristes => ça parait légitime, mais vu comment les choses se sont passées pour la loi de programmation militaire et la loi renseignement, je m'attends au pire : absence de contrôle du juge, décision administrative dépourvue de voies de recours, etc.
"Les enquêteurs et les magistrats doivent avoir plus largement accès aux moyens d’enquêtes pour lutter contre les trafics d’armes" Bon, ça, c'est juste pour le LOL : c'est le président d'un pays qui doit être le 2ème ou 3ème vendeur d'armes au monde qui dit ça. Ah,c'est si bon de rire. Merci monsieur le Président.
Extension du régime de la légitime défense. Ça promet. Actuellement, si vous perdez un œil à cause d'un tir de flashball, c'est parce que vous avez tenté d'agresser le policer avec votre visage hein. A l'avenir, les policiers pourront faire usage d'armes létales. Tout va bien. Je pose juste ça là : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?searchtags=violences_polici%C3%A8res
Oh, et tout ça en s'appuyant sur l'article 2 de la DDHC : "La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirme que la sûreté et la résistance à l’oppression sont des droits fondamentaux" ( => "Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression." http://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Declaration-des-Droits-de-l-Homme-et-du-Citoyen-de-1789)
Quel cynisme.
Vous croyez que j'exagère ? Que "de toute façon çui là, il dramatise toujours tout " ?
Admettons. Relisez tout ça en imaginant le FN au pouvoir.
Et faites de beaux rêves cette nuit.
"Le terrorisme ne détruira pas la République française car c’est la République qui le détruira"
car c'est la République qui va s'auto-détruire.
Les « exégètes amateurs » déposent des recours contre les lois sur la surveillance et leurs décrets d'application.
Screen de l'article complet : https://chabotsi.fr/uploads/files/Firefox_Screenshot_2015-10-26T17-28-25.507Z.jpg
via https://chabotsi.fr/links/?5Oh5zw
Encore un retour sur l'affaire Anne Frank qui pourrait bien, au final, être une non-affaire.
Pour faire court :
1/ Comme déjà exposé, notamment par Olivier Ertzscheid, les arguments du fonds Anne Frank sont irrecevables
2/ Cependant, tout dépend de quoi l'on parle : si l'on parle bien du journal d'Anne Frank, et seulement de celui-ci, et pas des versions successives réalisées par son père et les éditeurs (Voir ici : https://nonblocking.info/anne-frank/), il devrait s'élever dans le domaine public en 2016 tout à fait normalement ; la version qui continuera à être protégée, c'est celle ayant été "éditée", c à d ayant fait l'objet de modifications substantielles.
Cependant, un doute subsiste dans mon esprit : si c'était aussi simple, Lionel Maurel (Calimaq) et Olivier Ertzscheid auraient-ils pu ne pas le voir ? De toute façon, le combat de fond (les abus du système actuel) est légitime et doit être mené. Tant mieux si cette affaire ne sert que de révélateur pour le plus grand nombre.
Vous noterez au passage que Tristant Nitot parle "d'élévation dans le domaine public" ;)
retour sur "l'affaire Anne Frank" par celui qui a lancé le pavé dans la mare.
« En matière de terrorisme, vous avez presque systématiquement accepté toutes les réductions des libertés individuelles », a dit l’avocat aux membres du Conseil constitutionnel. C’est ce qui s’appelle prêcher dans le désert, mais ça fait sûrement du bien et c’est inhabituellement jubilatoire.
Ah merde. Il aurait mieux fait d'insulter Morano, ça lui aurait coûté moins cher.
Lien vers l'article : http://rue89.nouvelobs.com/2015/10/06/condamne-diffamation-maitre-eolas-ferme-compte-twitter-261524
EDIT : attention !
J'édite mon shaare parce que j'y ai repensé cette nuit (si, si) : pas de streisand pour une décision de justice. Ce n'est pas une entreprise qui fait des conneries avec vos données personnelles ou se livre au greenwashing ou à la discrimination, ou à des intimidations sur un blogueur... Non, c'est une décision de justice. Et soit on respecte la démocratie et la force de la chose jugée (et on ferme sa gueule), soit on ne la respecte pas (et c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres).
D'ailleurs, je pense qu'Eolas ne l'approuverait pas : si on estime avoir été mal jugé, et qu'il reste encore des voies de recours, alors on utilise les voies de recours existantes (appel, cassation... CEDH). Critiquer une décision de justice est un délit, ne vous amusez pas à ça.
EDIT de l'EDIT : par-contre, troller l'Institut pour la justice,oui, bien sûr. Mais attention au choix des mots, ils seront d'autant plus enclins à faire un procès qu'ils ont déjà gagné une fois...
Et les exceptions sont... ?
J'y ai déjà pensé, et c'est vrai que la jurisprudence semble assez fluctuante.
Droit de retrait reconnu : Cf. les points b) et e) du document (http://www.solidaires.org/IMG/pdf/jurisprudence_droit_de_retrait.pdf) que tu lies :
b) "Le refus d'un veilleur de nuit de se présenter à son poste, alors qu'il avait été menacé directement par un résident du foyer, ivre, qui avait cassé la baie vitrée de protection, est justifié quand l'employeur alerté n'a pris aucune précaution à l'encontre du danger qui persistait "
e) "Même si les conditions de travail ne constituent pas un danger grave et imminent pour sa vie et sa santé, elles peuvent être inacceptables et légitimer le refus de travailler du salarié "
En revanche, droit de retrait non reconnu pour les cas suivants :
b) "De même, lorsqu’à la suite de l'attaque à l'arme lourde d'un fourgon blindé un convoyeur de fonds refuse de poursuivre son travail et est licencié.
Le recours à la notion de retrait est rejeté dans la mesure où le danger n'apparaît pas imminent, la récidive étant un risque impondérable, l'employeur a pris des dispositions supplémentaires de sécurité. Le risque est inhérent à la fonction exercée et initialement accepté par le salarié ( ̈ CA Aix-en-Provence, 8 nov. 1995, no 1055, Sté Securiposte c/ Lacombe : JCP éd. E 1996, II, no 859)."
c) "Ne constitue pas un danger grave et imminent justifiant l'exercice du droit de retrait l'agression isolée d'un machiniste de la RATP sur une ligne de bus, alors que des mesures de sécurité ont été prises sur la ligne concernée. Lorsque le salarié de la même ligne a arrêté le travail pour retourner au dépôt , le danger n'était plus imminent, ni sérieux du fait des mesures préventives mises en œuvre , même si ce conducteur avait déjà fait l'objet d'agressions antérieures dans l'exercice de son activité professionnelle (CA Paris, 21e ch., 26 avr. 2001, no 99/35411, Vernevaux c/ RATP)."
=> à mon sens, ce qui fait la différence (hormis quelques situations extrêmes où la vie de l'employé.e était effectivement menacée de façon grave et imminente), c'est selon si l'employeur a pris ou non des mesures préventives. Après, c'est sujet à débat. Dans le cas du fourgon blindé, on est un peu dans le même cas que celui de la centrale nucléaire, évoqué plus bas : du fait d'accepter ce travail, l'employé.e accepterait de fait les contraintes -et donc les risques- qui vont avec. Attention, je ne dis pas que j'approuve. C'est même assez contestable dans la mesure où, d'après ce même Code du travail (qu'il faudrait s'empresser de "simplifier" selon certains : mais dans quel sens ?), l'employeur est tenu d'assurer la sécurité de ses employé.e.s,la négligence de ceux-ci ne suffisant pas à dégager sa responsabilité.
Mais on en revient à ce que je disais : il faut que l'employeur soit en mesure de démontrer qu'il a bien pris les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de ses employé.e.s.
Pour les agents de la RATP, je partage ton questionnement : la reconnaissance du risque grave et imminent ne s'appliquerait que dans les situations où la RATP serait dans l'impossibilité de démontrer qu'elle a bien pris des mesures préventives appropriées. D'un autre côté, la jurisprudence e) citée plus haut fait état de "conditions de travail inacceptables", élément qui peut éventuellement être retenu par le juge => on n'est donc jamais sûr. Et ce n'est pas très sécurisant pour les employé.e.s, qui risquent leur sécurité dans un premier temps, et leur job en cas de mauvaise interprétation de la loi...
Il est interdit de se promener torse nu.
Sanction homme => 38€ d'amende
Sanction femme => un an de prison (max, on est pas des monstres)
Encore un truc que la laïcité a oublier de régler, tiens.
L'analyse de Me Eolas sur les menu sans porc des cantines de Châlon et le "Tartarin" de Beaucaire.
Pas lu, mais je suis tombé là dessus en survolant : "Car ce que cet édile a « oublié » de préciser, c’est que son arrêté n’a JAMAIS dit qu’il n’y aurait plus de menus sans porc les jours où du porc serait au menu. Son arrêté a décidé qu’il n’y aurait plus jamais de porc au menu. Il n’a ainsi pas supprimé les menus sans porc, il a supprimé les menus AVEC porc. Ce qui du coup exclut toute urgence à statuer, puisque dans l’intervalle, les enfants juifs, musulmans et hindous pourront manger de la viande tous les jours à la cantine, sauf les jours où il y aura du poisson au menu, bien entendu." Oh le con. Comme on s'est tous bien fait avoir.
Je continue de vider mes favoris... ça permet également de prendre du recul sur certains événements.
Vous souvenez-vous de l'histoire du street-artiste M.Chat, attaqué par la RATP pour "dégradations" ? (quand on voit l'état des couloirs du métro, l'attaquer LUI : c'est juste LOL) Attaque d'autant plus stupide que son œuvre avait été peinte sur un mur destiné à être couvert de carrelage.
(autre article sur le sujet : http://www.huffingtonpost.fr/2014/10/29/monsieur-chat-proces-street-artist-peinture-murale_n_6063384.html)
Les poursuites ont été rejetées pour vice de forme (du parquet !), la convocation ne précisant pas le délit reproché et la peine encourue) = remise en cause des droits de la défense.
=> http://next.liberation.fr/arts/2014/10/29/ratp-pas-de-quoi-fouetter-un-m-chat_1131850
Au final, la RATP ne demandait d'ailleurs qu'un euro symbolique, s'étant s'en doute rendue compte un peu tard qu'il ne s’agissait pas d'une dégradation, le dessin ne nécessitant pas d'être effacé...
Son site : http://www.monsieurchat.fr/
Page Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/M._Chat
"L'importance de la décision du juge des référés ne doit certes par être surévaluée. Celui-ci ne fait que constater l'absence d'urgence. Aux termes de l'art. L 521-1 du code de la justice administrative, la suspension d'une décision en référé ne peut être prononcée que si deux conditions cumulatives sont réunies, d'une parte que "l'urgence le justifie", d'autre part que les requérantes invoquent un moyen "propre à créer (...) un doute sérieux" sur la légalité du texte. "
Ah, qu'est ce que je disais ?
" Dès lors que la condition d'urgence n'est pas remplie, le juge des référés n'a pas à se prononcer sur l'existence éventuelle d'un "doute sérieux" sur la légalité. Cette appréciation est donc renvoyée au juge du fond. On peut cependant déjà s'interroger sur les chances de succès au fond du recours de la Ligue de défense judiciaire des musulmans."
TL;DR : "les parents qui ne sont pas satisfaits des menus proposés à leurs enfants peuvent toujours mitonner à la maison des petits plats conformes à leurs convictions religieuses ou philosophiques, ou diététiques..."
Est-ce que quelqu'un a trouvé une copie de la décision ?
Il semblerait que le TA n'ait statué que sur l'urgence et pas sur le fond, mais ce n'est pas clair.