Vous voulez dormir cette nuit ? Ne lisez pas cet article.
Un accident majeur en France est une certitude, on en est à se demander quand il arrivera. Et il arrivera par pur intérêt économique et mépris des compétences des techniciens et des ouvriers.
via Vader
Il y a quelques années, Louis a été sanctionné, avec l’un de ses collègues, après avoir refusé de lancer le redémarrage d’un réacteur. Les conditions optimales de sécurité n’étaient, selon lui, pas réunies : il n’y avait pas assez de stock de bore, substance chimique qui sert à modérer la réaction nucléaire. Par ailleurs, les réservoirs d’eau n’étaient pas disponibles, et l’une des pompes du circuit de secours ne tournait pas correctement. « C’est incroyable qu’on ait pas encore fondu un cœur, lâche Jean. Heureusement, la machine a été bien conçue, avec du très bon matériel. »
[...]
D’après les agents, l’encadrement répète à l’envie qu’une organisation n’est pas faite pour durer, sans que personne ne comprenne exactement pourquoi. Comme si le changement organisationnel répondait à une loi inexorable de la nature. « Mais quand l’organisation change tout le temps, les gens passent leur temps à chercher leur place. Ils ne s’occupent plus du reste, alerte Luc. Comment se rendre disponible pour faire remonter une problématique qui vous inquiète, quand vous ne savez pas à qui vous adresser ? L’analyse critique devient un problème en soi, parce que vous ne pouvez pas la faire remonter. »
[...]
« Un jour, un poste de chef s’est libéré, rapporte Louis. A notre grand étonnement, ils ont choisi le plus médiocre des quatre candidats. Celui que nous pressentions connaissait pourtant l’installation comme sa poche. Il aurait même pu être le directeur de la centrale. Il nous a semblé complètement absurde qu’il soit écarté. On a compris des années plus tard. Il incarnait ce que la direction voulait démolir : notre métier. Ils ne pouvaient pas privatiser EDF comme ça, d’un seul coup. On aurait mis la France dans le noir. Ils ont donc fait autrement ; ils nous ont attaqué là où on était forts, là où on était soudés, là où on avait le pouvoir : notre travail. »
[...]
« Si Kafka venait chez nous, il écrirait deux bouquins par trimestre », enfonce Louis. En cas de fuite sur un circuit, au lieu de la réparer, on envoie un agent de terrain qui doit cocher une case sur une feuille A4 qu’il garde avec lui (et qu’il remet en fin de journée à son responsable) toutes les deux heures pour dire qu’il y a une fuite. Même chose pour une alarme incendie défectueuse, se désole Frank : on envoie quelqu’un toutes les deux heures pour s’assurer qu’il n’y a pas d’incendie. Et il coche.
[...]
Pour lui, si un accident grave devait arriver, « ce serait à cause de l’organisation du travail : il y aura un enchaînement de conneries, d’absence de prise de décision, de non-mobilisation des compétence de gens qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble. » « Ce que nous espérons, termine Frank, c’est qu’un jour ils n’arriveront tout simplement plus à redémarrer les centrales, faute de compétences. Et que le nucléaire s’arrête comme ça. Enfin ça, c’est le scénario optimiste. »
Canard PC s’est associé à Mediapart pour une série d’articles et d’enquêtes sur les conditions de travail dans l’industrie du jeu vidéo. Depuis le mois de septembre 2017, deux journalistes de chacune des rédactions travaillent directement ensemble, partageant démarches et informations. Ce croisement des regards et des compétences entre un magazine de jeu vidéo et un média spécialiste de l’investigation, au service d’une enquête commune, est à notre connaissance inédit.
A lire.
C'est donc presque 50 % de personnels supplémentaires arrêtés dans la fonction publique territoriale par rapport au privé. Un absentéisme qui, de surcroît, a grimpé de 28 % en dix ans, notamment à cause des accidents du travail, en hausse de... 53 % ! Mais les absences pour maladie ordinaire ne sont pas en reste, elles ont crû de... 44 % et celles pour congé de longue maladie de 15 %. La situation sanitaire ne s'est pourtant pas dégradée à ce point en dix ans en France.
L'analyse n'étant pas poussée plus avant, nous ne connaîtrons pas les raisons structurelles pouvant expliquer cette progression de l''absentéisme. Ah si : c'est parce que les fonctionniares sont tous des grosses feignasses. Suis-je bête.
Mis de côté pour les liens.
Je signale tout de même que le sujet des bullshit jobs est évoqué depuis 2013, au moins, par David Graeber : http://www.lagrottedubarbu.com/2013/08/20/emplois-foirreux-bullshit-jobs-par-david-graeber/
J'avais ça qui traîne dans mes onglets ouverts depuis avant les vacances [via Riff], je partage avant de nettoyer...
Une fois de plus, méfiez-vous des histoires un peu trop belles...
http://www.ithaquecoaching.com/articles/formuler-une-critique-avec-elegance-et-delicatesse-823.html
http://www.ithaquecoaching.com/articles/mieux-communiquer-les-demandes-assertives-949.html
http://www.ithaquecoaching.com/articles/rater-demande-3065.html
http://www.ithaquecoaching.com/articles/elegance-relationnelle-mots-gentils-reconnaissance-11947.html
http://www.ithaquecoaching.com/articles/tous-manipules-tous-manipulateurs-864.html
http://www.ithaquecoaching.com/articles/communication-non-violente-5444.html
http://www.ithaquecoaching.com/articles/les-rates-de-la-communications-les-interpretations-abusives-955.html
http://www.ithaquecoaching.com/articles/lecture-emotionnelle-competences-relationelles-2524.html
http://www.ithaquecoaching.com/articles/ebook-gratuit-le-triangle-de-karpman-1799.html
Beaucoup de stress actuellement, d'agitation, de gens au bord de la rupture...
On vient de quasiment me reprocher d'être trop calme, au motif que je serais "dans ma bulle".
Je crois bien que c'est la première fois que l'on me dit une chose pareille. Donc ici, on n'est pas résistant au stress, on est pas super organisé, non, on est "trop calme", "dans sa bulle".
Je crois que la personne qui m'a dit ça - une personne que je respecte au demeurant- doit vraiment aller très mal :/
Eh oui. Non seulement faire le ménage ou s'occuper de malades c'est épuisant, mais en plus, les travaux "manuels" demandent de grande capacités cognitives, et parfois une grande adaptabilité. Mais ces tâches présentées à tort comme "simples" et souvent confiées aux femmes, sont invisibilisées.
Je rapproche cette interview de celle-ci, sur le même sujet, lue dans XXI : http://www.revue21.fr/tous_les_numeros#n-33_le-cynisme-de-la-resignation-entretien-avec-christophe-dejours
Quand ils se délogguent de l’application à une heure où Uber préférerait qu’ils continuent à travailler, les chauffeurs voient apparaître des messages comme : “Encore une course et vous atteignez 300 dollars !” C’est un système qu’on appelle la “boucle ludique” (qui incite à lancer une partie de plus pour essayer d’aller un peu plus loin que la précédente). Uber remplit donc son interface de petits signes dollars, des schémas, de badges à gagner (un petit Groucho Marx pour les conducteurs les plus rigolos…). C’est, en acte, ce qu’on appelle la gamification. Un phénomène pas nouveau dans les entreprises, mais qu’Uber pousse à l’extrême. Et ça marche. Les conducteurs le disent : ces formes de rétribution qui ne coûtent rien à l’entreprise lui permettent de faire faire aux conducteurs ce qui est bon pour elle, et pas forcément pour eux.
[...]
Et puis, Uber est de moins en moins seul à user des ces méthodes pour contrôler ces travailleurs (son concurrent Lyft fait à peu près la même choses). Et puis le nombre de plateformes qui ont recours à des travailleurs indépendants augmente aussi, sans que les droits de ces travailleurs - et les possibilités qui leurs sont données pour se défendre - ne s’accroissent. Ce qui fait dire une chose terrible au quotidien américain : “On n’est pas loin d’être revenu à l’époque qui précédait le New Deal (...les années 30 donc...) où les entreprises avaient presque tout pouvoir sur les employés, et eux presque aucun moyen pour se défendre.”
Le classement des emails représente une activité chronophage. Le principal avantage pour les défendeurs de cette pratique : le gain de temps pour les retrouver par la suite. Le classement leader en la matière se fait par personne et/ou par projet. On aboutit à une arborescence plus ou moins profonde ou longue. Au bout d’un certain temps avec le volume, il devient assez difficile de retrouver le bon mail. Quelle personne, quel projet ? Autant ne rien classer.
J’utilise la fonction « Archiver ». Elle permet d’envoyer un email dans un dossier Archives et un sous-dossier par année ou mois / année. La touche raccourcie est « A ». Ainsi dés que j’ai traité ou lut un email dans ma boîte et qu’il n’appelle pas de réponse ou d’action de ma part j’archive. Pas de classement non plus pour les emails envoyés. Ils s’empilent dans mon dossier « Envoyé ». Une fois par an, je crée un sous-dossier pour l’année et je déplace tous les emails de l’année dedans.
Lorsque je veux suivre une personne ou un groupe de personnes en particulier dans le cadre d’un projet, je crée là aussi des dossiers virtuels en utilisant la règle « De, Pour, copie, copie cachée » avec un opérateur « contient » sur le nom de domaine par exemple ou sur une adresse email précise. Le dossier ainsi obtenu me permet de retrouver ainsi tous les emails envoyés et reçus avec ces personnes.
Rhââââ. Quand je lis ça, et que je pense que là où je bossais avant on avait Thunderbird, et que là où je bosse maintenant on a une bouse immonde qui ferait passer Outlook pour le top du top, j'enrage.
Conférence sur la souffrance au travail.
via https://www.e-jim.be/liens/?OAbIGA
Images cocasses sur le thème de la sécurité, ou plus précisément de l'imprudence. Réutilisables lors d'une présentation sur la sécurité au travail.
Autre article du même site : http://www.megacurioso.com.br/humor/46922-16-imagens-que-provam-porque-as-mulheres-vivem-mais-do-que-os-homens.htm
Ainsi, elles ont découvert que l'homme débordé de travail serait mieux perçu socialement. Silvia Bellezza, avec qui j'ai pu discuter par mail, a déclaré : « En d'autres termes, plus nous croyons que la réussite est basée sur le travail acharné, plus nous avons tendance à penser que les gens qui ignorent les loisirs et travaillent tout le temps ont un statut social élevé. »
[...]
Bien sûr, il y a des gens passionnés qui ont objectivement « beaucoup de boulot » mais ne ressentent pas nécessairement le besoin de le répéter toutes les huit minutes. La France est rongée par le présentéisme de salariés qui veulent toujours en faire plus, et de patrons qui n'en ont objectivement rien à foutre. Cette culture du présentéisme favorise déjà la propagation de maladies en France et va jusqu'à tuer au Japon.
En dehors du contexte immédiat de la relation employeur-employé, le « droit à la déconnexion » est une arme aussi efficace contre l’anxiété que le droit à l’abstinence dans la lutte contre l’alcoolisme. Tout le monde en jouit, mais ça ne règle pas le problème. Quand on y regarde de plus près, on peut même douter de son efficacité contre les abus des employeurs, car son applicabilité dans le cadre plus général de l’économie à la tâche (en anglais, la gig economy) semble incertaine.
[...]
Ainsi, dans le règne de l’hyperflexibilité — et donc de la précarité — associée à l’économie à la tâche, le droit à la déconnexion ne veut pas dire grand chose. Derrière une apparence de flexibilité se cache le fait que pour réussir, il faut toujours être prêt à effectuer une nouvelle tâche. On parvient donc à une situation absurde, où les emplois déjà bien protégés acquièrent des bénéfices supplémentaires comme le « droit à la déconnexion » tandis que les emplois uberisés se développent en s’appuyant précisément sur des infractions répétées à ce droit.
Intéressant.
Ce qui m’amène à un seul grand conseil pour toute personne cherchant un emploi dans ma branche : Oubliez que VOUS cherchez un travail et expliquez-moi pourquoi JE vous cherche. Parlez-moi de ce que vous pouvez faire chez moi et montrez-moi que ce n’est pas un e-mail groupé. Vous devez vous mettre dans les chaussures du recruteur, qui ne cherche pas à vous donner un emploi, mais qui cherche des talents à ajouter à son équipe.