C'est à se taper la tête contre les murs, vraiment.
via Twitter
L’histoire édifiante de cette jeune singapourienne ne doit pas nous distraire de la vraie nouvelle : Trump a externalisé la préparation de plusieurs supports de campagne à des tacherons numériques recrutés via des plateformes de « Digital labor », et cela de façon récurrente. L’arme secrète de la victoire de ce candidat raciste, misogyne et connu pour mal payer ses salariés s’avère être l’exploitation de travailleuses mineures asiatiques. Surprenant, non ?
Un collègue m'a envoyé ce lien, je le partage avec vous.
Qu'ont constaté ces pionniers ? Qu'en doublant la quantité de travail agricole on ne double pas la quantité de blé produite. Et que, plus on approche d'une certaine limite, plus il faut ajouter de travail pour obtenir toujours moins de blé supplémentaire. Au-delà, on entre dans la zone dite des rendements décroissants. Illich considère qu'il en va de même pour l'être humain : au-delà d'un certain seuil, son efficacité finit par devenir négative.
Il y un impact direct en termes de RPS :
Stakhanov et ses adeptes ont certes noté que, plus on subit de pression, plus on est performant. Certaines personnes ne travaillent jamais aussi bien que sous stress. Mais cela n'est vrai que jusqu'à un certain point. Au-delà, toute dose de stress supplémentaire sera contre-productive.
Mais finalement, c'est grâce à l'intervention de ses collègues qu'Emeline a été secourue trois heures après son arrivée au travail. Et notamment grâce au concours "autoritaire" d'un syndicaliste, qui fait depuis l'objet d'une mise à pied et d'une procédure disciplinaire, après avoir demandé la réunion de deux CHSCT extraordinaires et lancé une enquête sur ce qu'il s'est passé ce matin là, sur la plateforme de distribution du courrier à Villeneuve d'Ascq. Il a également déposé une plainte pour mise en danger de la vie d'autrui.
Rien que le passage que je mets en gras suffit pour démontrer que la direction de La Poste ment ; sinon, pourquoi vouloir faire taire le gêneur ?
Cette affaire est ignoble, et ce qu'il se passe à La Poste -et ça fait plusieurs années que ça dure dans l'indifférence générale- n'est pas très loin de ce qu'il s'est produit à France Telecom.
Ce que dit Kevin sur la loi travail (affaiblissement du rôle du CHST -et de la médecine du travail- etc.) est rigoureusement exact mais cependant, elle n'est pas ici en cause car par encore entrée en application (aucun décret n'est encore paru, à ma connaissance)... Non, ce que nous voyons à l’œuvre ici, c'est le monde du travail normal, dans son fonctionnement antérieur à la loi travail (qui, faut-il le rappeler, va -encore- faire perdre des droits aux salariés) : accumulation de CDD au-delà de tout cadre légal, salarié·e·s (et surtout les CDD) pressé·e·s comme des citrons, mépris, non-assistance à personne en danger... ça c'est le monde du travail d'avant la loi travail.
Profitez-en bien.
Après, ce sera encore pire.
Ce moment d'intense satisfaction où tu peux envoyer à ton chef un mail démontrant que tu avais raison depuis le début, malgré son obstination.
Son employeur, l’Office public de l’habitat de l’Ain, dénommé « Dynacité », est allé jusque devant la Cour de cassation pour faire valider ce licenciement. Mal lui en a pris : la haute juridiction a confirmé, dans un arrêt du 13 juillet, que son licenciement était sans cause réelle et sérieuse, comme l’a annoncé une dépêche de l’Agence emploi formation(AEF) du 17 août.
Il pleuvait, ce soir du 12 avril 2012, quand Brigitte (le prénom a été modifié) a quitté son bureau, au siège de Dynacité, à Bourg-en-Bresse. Dans le sas d’entrée de l’immeuble, elle trouve, posé au sol, un parapluie et l’emporte avec elle, le croyant abandonné. Celui-ci se révèle être en mauvais état et inutilisable. Arrivée chez elle, elle le jette. Ce qu’elle ne sait pas encore, c’est qu’il appartient à une collègue d’un autre site, qui s’est plainte du vol de son parapluie.
Non mais quel truc de fou. J'ai l'impression, au vu de la multiplication des exemples de ce type, que nous sommes dans une société où "le patron" serait sans cesse à l'affut du meilleur moyen de virer ses salariés. Ou plutôt, une sorte de monde à la Brazil, où tu peux te retrouver puni/viré/emprisonné pour des motifs futiles, voire carrément inexistants...
Déjà évoqué, mais c'est une bonne synthèse sur l'affaire.
J'espère qu'ils vont prendre cher.
Les conséquences de la mise en œuvre de ces deux programmes furent dramatiques. Soixante personnes se sont suicidées en trois ans, dont trente-cinq pour les seules années 2008 et 2009.
[...]
Si le juge d’instruction, qui rendra son ordonnance d’ici quelques semaines, suit l’avis du parquet, Didier Lombard, ancien numéro un de France Télécom (devenu Orange en 2013), son ex-bras droit, Louis-Pierre Wenes, et celui qui fut DRH, Olivier Barberot, comparaîtraient pour « harcèlement moral ».
De même pour la société France Télécom, personne morale. Deux directeurs territoriaux – Nathalie Boulanger et Jacques Moulin –, ainsi que le DRH France de l’entreprise, Guy-Patrick Cherouvrier, et l’ex-directrice du programme Act, Brigitte Bravin-Dumont, devraient répondre, eux, de « complicité de harcèlement moral »
Bien. La justice est lente, mais elle avance. Parfois.
L’idée est de développer une économie contributive sur un tout autre modèle que celui d’Uber. Le temps qui va être gagné par l’automatisation, il faut le rendre aux gens, faute de quoi l’économie s’effondrera. L’économiste indien Amartya Sen a démontré, à partir de l’exemple du peuple bangladais comparé aux habitants de Harlem, que l’espérance de vie est meilleure et que l’on vit mieux dans une société où le partage des savoir-faire renforce les liens sociaux. Il parle d’indice de développement humain. Plaine Commune est un peu comme le Bangladesh : les gens y déploient une énergie remarquable. Les acteurs, entreprises et habitants ont conscience de l’urgence à inventer quelque chose de radicalement nouveau. Il s’agit d’utiliser les instruments contributifs pour développer des communs dans un projet qui favorise l’élaboration, l’échange, la transmission de savoir-vivre, de savoir-faire et de savoirs théoriques entre les jeunes générations, des associations, des entreprises, des services publics du territoire et des doctorants venus du monde entier. Les chercheurs auront pour mission de faciliter et d’accompagner ces transformations.
Je découvre le concept de néguentropie, "l'entropie négative".
Au-delà du story-telling obamanien (je suis tombé là depuis cet autre article) -et il est vrai très doué dans son domaine- je me note cette phrase qui n'a, vous allez le voir, qu'un rapport ténu avec la choucroute :
le simple fait de prendre des décisions diminue la capacité à en prendre d'autres
Il faut absolument que je trouve le moyen de la caser dans une conversation avec mon chef, qui veut tout voir, tout savoir, tout contrôler, et qui bien sûr s'énerve parce qu'il ne le peut pas.
A vrai dire il m'épuise nerveusement :/
Voili voilou. Il est comme ça le Gattaz, tranquilou.
Pour mémoire.
De l’eau dans le gaz. Mardi 26 avril, un petit opuscule #OnVautmieuxqueça signé par neuf auteurs est sorti aux éditions Flammarion, entraînant un début de médiatisation à la radio et à la télé. Petit hic : le collectif du même nom assure n’avoir publié aucun livre. Que s’est-il passé ? Les membres à l’initiative de ce collectif né en février n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur leur rapport aux médias. D’où le schisme.
Voir aussi https://twitter.com/DanyCaligula/status/725318912246734848
"Dans la tuerie, glisse-t-il, l'ouvrier est la seule machine qui ne fait pas de bruit".
Je ne sais pas ce que l'audition de ce monsieur devant l'AN a donné, mais je rapproche son témoignage de ce que j'écrivais ici ; et lui est beaucoup plus qualifié que moi pour en parler.
C’est que cette main-d’œuvre qualifiée et low-cost présente tous les avantages. Le stagiaire est corvéable à merci : la loi ne dit pas explicitement qu’il est soumis aux 35 heures. Il n’a pas droit aux RTT ni aux congés payés. Enfin, cette jeune pâte ne coûte pas plus de 417 euros par mois à ceux qui s’en tiennent au minimum légal. En outre, son "contrat" est ultra-flexible : on peut le prendre six mois et renouveler sa convention de stage d’autant, sans avoir à justifier quoi que ce soit ! Certes, il n’est pas censé occuper un vrai poste, mais les entreprises ne recrutent pas les stagiaires pour jouer aux morpions. Bref, et très cyniquement, on peut dire que l’abus de stagiaire n’est pas dangereux. A condition toutefois de ne pas dépasser certaines bornes.
Oh, et quelles sont ces bornes à ne pas dépasser ami patron, vite, enseigne moi ta sagesse !
C'est bien simple, petit scarabée : le stagiaire ne doit pas faire plus d'heures que tes employés (tu sais, les cons que tu es obligé de payer), sinon ça va trop se voir que tu l'exploites.
J'ai toujours un a priori négatif vis à vis du télétravail, notamment en ce qu'il transforme le lieu d'habitation en lieu de travail : il n'y a plus de frontières et, partant, plus de "sas de décompression", de coupure entre le monde du travail et la vie privée et/ou familiale. J'ai bien noté l'argument sur le temps perdu passé dans les bouchons, mais tout le monde ne travaille pas dans Paris et sa banlieue, et une majorité de français n'habitant pas à Paris, rentre tout de même chez elle le soir. De fait, "partir au travail" et "rentrer chez soi" marque une coupure entre les deux univers.
Ça n'a l'air de rien, mais travailler chez soi ça veut aussi dire... habiter sur son lieu de travail. J'entrevois bien les côtés positifs, genre travailler en slip sans partager la cafetière, mais, c'est plus fort que moi, je vois aussi les côtés négatifs : plus de transition donc, mais aussi une pression accrue, ironiquement appelée "confiance" dans l'article :
Aujourd'hui les mentalités évoluent doucement, mais la confiance met du temps à s'installer. Certaines entreprises autorisent 1 ou 2 jours de télétravail seulement, peu le font à temps plein et de manière généralisée. Chez Anybox la confiance est une valeur par défaut, donc le télétravail s'impose de lui-même : c'est un fonctionnement juste logique. Ce n'est pas un privilège attribué à certains employés qui ont montré patte blanche. Bien évidemment, une grande confiance va de pair avec une grande responsabilité.
J'aime aussi beaucoup cette phrase, d'un cynisme assez effrayant :
Si vous passez 100% de votre temps au bureau, alors pourquoi ne pas rester chez vous ?
Bien sûr, nous passons tous 100% de notre vie au bureau. Le travail est notre seule raison de vivre.
Bref, t'es chez toi peinard, donc t'as intérêt à être deux fois plus productif que si tu étais euh... comment dire, au boulot ? Faut pas perdre de vue que c'est doublement gagnant pour la boite qui met ça en place :
Nous avons résilié la location de notre bureau dans la pépinière d'entreprises Soleillet à Paris 20eme [...] prestataires plus productifs que la moyenne [...] l'entreprise qui [...] réduit ses frais généraux".
Bref, pas d’infrastructure, que des gens qui bossent. Et qui bossent plus. Le rêve de tout patron. Un peu à l'image (je vais sans doute être excessif) de ces paysans-ouvriers, à cheval entre deux monde, qui fabriquaient des objets chez eux plutôt qu'à l'usine ou à la filature et étaient payés à la pièce. Tandis que de plus en plus d'entreprises mettent en place des chartes, des règlement, des guides de bonnes pratiques sur la "déconnexion" (auxquelles je ne crois pas plus d'ailleurs), d'autres mettent en place, permettent et quelque part suggèrent à leurs emplyés de travailler 24/24. Chez eux. On appelle ça le progrès social.
Faudrait quand même pas perdre de vue que ce n'est pas parce que c'est en apparence cool que c'est pour votre bien ; et que les start-up ne sont pas des entreprises passées en mode bisounours
via Seb
Lorsque Martin Thibault, sociologue du travail à l’université de Limoges, a entamé son enquête, Ouvriers malgré tout (Raison d’agir éditions, 2013), auprès des agents de maintenance de la RATP, l’entreprise lui a répondu qu’il n’y avait pas d’ouvrier chez elle. Souvent, les agents eux-mêmes ne se disaient pas ouvriers, jusqu’à ce qu’ils soient rattrapés par la réalité de leur métier – physique, répétitif, très encadré et exercé dans des hangars où il fait trop chaud ou trop froid. Dans les entrepôts de la grande distribution, même constat : ni les préparateurs de commandes ni les caristes ne se disent ouvriers. Et chez Amazon, les salariés sont des « associates ».
Intéressant cette volonté (délibérée) de faire disparaitre le terme d'ouvrier. Est-ce pour casser l'esprit de classe ? Un tel est "préparateur", tel autre est "associate", le troisième est "agent d'entretien" et personne ne se reconnait dans la catégorie unique d'ouvrier, dont ils reprennent pourtant toutes les caractéristiques.
Il faut sans doute aussi rapprocher ceci de... ce que l'on nous a appris à l'école. J'ai le souvenir très net de cours d’Histoire, d'économie... où l'on nous a expliqué que les ouvriers, y'en avait plus, c'était fini, maintenant on ne faisait que du "tertiaire" et du "service à la personne".
Ce sont avant tout des postes non qualifiés du secteur industriel qui ont disparu : en moins de quinze ans, l’industrie a perdu près de 1,4 million d’emplois. Mais si la figure mythique de l’ouvrier en bleu de travail sur une chaîne de production n’est plus centrale, les ouvriers ont investi d’autres secteurs : la moitié d’entre eux travaillent désormais dans le tertiaire, ils sont 15 % dans le bâtiment et, dans certains domaines, comme la logistique, leur nombre augmente.
La réponse est à chercher dans le corps de l'article : les ouvriers ne sont plus représentés (partis politiques, syndicats) en tant que catégorie sociale. Pire : on est désormais "précaires" avant d'être "ouvrier"...
Toutes ses entreprises sont hyper innovantes quand il s’agit de disrupter la terre entière ou d’uberiser le boulot des autres, mais quand il s’agit de faire de l’argent on revient aux bonnes vieilles recettes : On fait travailler la main d’œuvre la moins coûteuse et la plus qualifiée disponible sur le marché (ici des stagiaires)
Germinal c'est carrément ringard. Pour bien exploiter tes escla... salariés, monte une start-up.
via Tommy
Fichage de salariés, licenciements montés de toutes pièces, répression syndicale
Diverses pratiques de harcèlement ont été utilisées : « Détérioration des conditions de travail, isolement physique et moral, demandes floues et répétées suivies de reproches, jeu sur la mobilité... »
"Il a Free, il a tout compris"
Je doute que les autres opérateurs aient de meilleures pratiques. Mais ça fait tâche, quand on prétend tout faire mieux que les autres.
"Je me suis dit : Il faut que je me sauve d'ici, sinon je vais perdre autre chose que l'envie d'aller bosser"
Ne soyez pas trop durs avec les démarcheurs qui vous appellent à 12h45 le samedi, ou à 18h30 les jours de semaine : ils ont un boulot de merde.
De fait, une présence excessive (horaires trop importants, trop tardifs, pas de pause, etc.) entraîne un manque d’efficacité, de concentration et bien sûr de motivation. Tous les prémices de la dépression et du burn-out. Dans ces conditions, la fatigue physique et émotionnelle donne en toute logique une baisse de résultats et de productivité pour l’entreprise. De ce constat est née l’idée de chiffrer les coûts liés à ce dysfonctionnement.
Si le taux d’absentéisme est de 4,53% (2012), le taux théorique de présentéisme peut être compris entre 6,34% et 9% de la masse salariale. Selon le cabinet Midori consulting, le coût caché du présentéisme serait entre 2,67% et 4,86% pour la masse salariale, soit entre 13,7 et 24,95 milliards d’euros par an !
Intéressant. Il me semblait en avoir déjà parlé, mais je ne retrouve pas.
Évidemment, si on montre à un chef d'entreprise ce que lui coûte le présentéisme, ça va tout de suite lui parler...
via Tommy