Loin de disparaître, les oppositions se renforcent et retrouvent ou commencent à cerner des motifs plus essentiels, ceux qui relèvent des rapports de pouvoir, de la dépossession des instruments utilisés pour des enjeux de la vie quotidienne et de la violence de l’intrusion dans la sphère intime. Voilà exactement où nous en sommes en ce qui concerne le déploiement des compteurs qu’on a nommé intelligents pour mieux masquer la dépossession qu’ils infligent aux usagers traités en objets de contrôle et d’une surveillance pudiquement appelée analyse des comportements ou production des données. Il ne faut donc pas s’étonner que les compteurs jugés intelligents par leurs concepteurs soient considérés par ceux qui ne les ont pas choisis comme des compteurs débilitants.
Si vous voulez sauver les compteurs de nouvelle génération, ou tout au moins ne pas avoir à les installer de force, il faudra donc accepter de rouvrir le débat sur les relations de pouvoir et les capacités qu’ils donnent respectivement aux distributeurs et producteurs d’énergie et aux usagers et citoyens. Ce n’est pas qu’un problème de données personnelles. Dans ce domaine comme tant d’autres, les personnes acceptent de fournir des données bien plus intimes, par exemple sur l’alimentation et la santé, pour des études, à condition d’être associées à la définition de leurs buts et à leur mise en œuvre et que des garanties d’indépendance à l’égard des grands intérêts économiques existent, ce qui est hélas rarement le cas.
La réouverture de ces débats sur les pouvoirs d’agir de chacun, loin d’être une perte de temps, est la seule chance d’en gagner, même si cela passe par la mise à la poubelle d’une génération de Linkys et Gazpars. Attention, il ne s’agit pas que de calmer des peurs jugées irrationnelles par les techniciens. Il s’agit de prendre en compte qu’il y a un enjeu démocratique essentiel, une condition d’exercice des droits fondamentaux lorsqu’on déploie des dispositifs informatisés dans la sphère intime, celle du foyer ou celle des comportements quotidiens. Il s’agit de prendre conscience que le fait qu’un compteur appartienne au distributeur et soit sous son contrôle - qui était presque universellement accepté lorsqu’il s’agissait d’un dispositif « bête » - devient intolérable lorsqu’il incorpore une « intelligence » (des algorithmes aussi élémentaires soient-ils) conçue par d’autres dont on ne partage pas nécessairement les buts. La technique est une composante essentielle de la vie humaine, mais elle ne remplace pas la démocratie.
Et encore, j'ai failli tout citer.
Une sorte de Tetris. Libre.
via (°m
Le Conseil Constitutionnel vient de head shooter le "délit de consultation habituelle de consultation de site terroriste", qu'il avait déjà censuré une première fois, mais que les abru... corr... petits malins qui nous gouvernent avaient réintroduits en douce dans le Code pénal.
via Alexandre Archambault sur (°m
Je recopie les passages qu'il met en exergue, parce que la beauté se doit d'être partagée :
Aux termes de l'article 11 de la Déclaration de 1789 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ». En l'état actuel des moyens de communication et eu égard au développement généralisé des services de communication au public en ligne ainsi qu'à l'importance prise par ces services pour la participation à la vie démocratique et l'expression des idées et des opinions, ce droit implique la liberté d'accéder à ces services.
Aux termes de l'article 34 de la Constitution : « La loi fixe les règles concernant ... les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l'exercice des libertés publiques ». Sur ce fondement, il est loisible au législateur d'édicter des règles de nature à concilier la poursuite de l'objectif de lutte contre l'incitation et la provocation au terrorisme sur les services de communication au public en ligne, qui participe de l'objectif de valeur constitutionnelle de sauvegarde de l'ordre public et de prévention des infractions, avec l'exercice du droit de libre communication et de la liberté de parler, écrire et imprimer. Toutefois, la liberté d'expression et de communication est d'autant plus précieuse que son exercice est une condition de la démocratie et l'une des garanties du respect des autres droits et libertés. Les atteintes portées à l'exercice de cette liberté doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées à l'objectif poursuivi.
Dès lors, au regard de l'exigence de nécessité de l'atteinte portée à la liberté de communication, les autorités administrative et judiciaire disposent, indépendamment de l'article contesté, de nombreuses prérogatives, non seulement pour contrôler les services de communication au public en ligne provoquant au terrorisme ou en faisant l'apologie et réprimer leurs auteurs, mais aussi pour surveiller une personne consultant ces services et pour l'interpeller et la sanctionner lorsque cette consultation s'accompagne d'un comportement révélant une intention terroriste, avant même que ce projet soit entré dans sa phase d'exécution.
- En second lieu, s'agissant des exigences d'adaptation et de proportionnalité requises en matière d'atteinte à la liberté de communication, les dispositions contestées n'imposent pas que l'auteur de la consultation habituelle des services de communication au public en ligne concernés ait la volonté de commettre des actes terroristes. Si le législateur a ajouté à la consultation, comme élément constitutif de l'infraction, la manifestation de l'adhésion à l'idéologie exprimée sur ces services, cette consultation et cette manifestation ne sont pas susceptibles d'établir à elles seules l'existence d'une volonté de commettre des actes terroristes. Les dispositions contestées répriment donc d'une peine de deux ans d'emprisonnement le seul fait de consulter à plusieurs reprises un service de communication au public en ligne, sans que soit retenue l'intention terroriste de l'auteur de la consultation comme élément constitutif de l'infraction.
Niveau scénario, les enjeux sont clairs et simples
Bon, c'est Star Wars quoi... légèrement manichéen sur les bords...
J'attends avec impatience le retour de Kevin, qui ne peut pas encore nous le donner tout de suite, n'en étant qu'à son 8ème visionnage ^^
Les Derniers Jedi maintient ainsi artificiellement les personnages dans une sorte d’activité permanente justifiée par une succession de rebondissements permanents, pour justifier de leur non-développement. Leurs enjeux personnels sont ainsi réduits au strict minimum, dans le seul but de s’acheminer vers un final aussi prévisible que grandiloquent. Le tout ressemble à une course typique d’un film de super-héros, dans lequel les différents affrontements épars entre les héros et les méchants ne font qu’annoncer une bataille finale qui se veut épique grâce à une débauche de moyens et de scènes pompeuses.
Numerama avait été dythirambique à la sortie de l'épisode VII, là le bilan est plutôt en demie-teinte. Je ne suis qu'à moitié surpris.
Je vous dirai une fois vu si mon ressenti va dans le même sens.
Venant moi-même de passer au format liseuse, j'ai bien envie de faire un article du même genre. Et j'en profiterai pour dire du mal de Kobo tiens :p
(Bookeen, ils sont trop cools, allez chez eux)
Et pour ceux qui me diront "oui mais le contact du papier, l'odeur du livre, ça me manquerait trop"... ben pour quelqu'un qui se disait ça aussi... au final pas tant que ça.
Ben... je dois dire que "c'est vrai, mais..." Je me rends compte que le contact du papier ne me manque pas tellement ; par-contre, j'avais toujours eu l'objection que dans un livre physique, il y a toujours cette possibilité de se repérer sur la tranche, ce qui est impossible à faire avec un ebook. Lequel compense largement cette faiblesse avec la recherche plein texte, et la possibité d'afficher (en tout cas pour moi) un pourcentage d'avancement ET une barre de progression, avec un curseur que l'on peut faire glisser pour avancer / reculer dans le livre. Cependant, l'encre électronique, ce n'est pas de la technologie ipad... Ce n'est pas franchement réactif, et si on veut faire autre chose que de passer rapidement du chapitre 13 au premier quart du livre, ben c'est la misère, il vaut mieux passer rapidement les pages.
Dans une postface qui brosse l’historique du genre en France, Jacques Barbaut avance la théorie suivante : cette forme poétique est si contraignante qu’elle touche au métaphysique. Pour le dire plus clairement : il s’agit d’un quintil, (poème de 5 lignes et 2 rimes) qui doit obligatoirement mentionner un nom propre et chuter sur du salace. Il semblerait que ce genre, très prisé outre-manche, ait fait la joie des repas de noces : on portait le toast avec un limerick, histoire de mettre en train les mariés. De même, l’entrée dans un club se fêtait en levant le verre sur quelques vers bien troussés. Aucun gentleman ne se serait cru digne de porter ce nom sans avoir fait rimer deux mots grotesques avec une cochonnerie.
[...]
Native de Vic-en-Badoit,
A la fête comme il se doit
S’en va la gentille Charlotte.
Sous sa robe point de culotte :
Qui te l’a dit ? Mon petit doigt.
Suite à cet article, nous avons reçu un courrier de Facebook que nous vous livrons en l'état (traduit de l'anglais) : "Chamath Palihapitiya ne travaille plus pour Facebook depuis plus de 6 ans. Lorsqu'il était dans l'entreprise, nous nous sommes concentrés sur la création de nouvelles expériences dans les médias sociaux, et sur la croissance de Facebook dans le monde entier. À l'époque, Facebook était une entreprise très différente et, à mesure que nous grandissions, nous nous sommes rendu compte de nos responsabilités. Nous prenons notre rôle très au sérieux et nous travaillons dur pour nous améliorer. Nous avons mené beaucoup de recherche avec des experts et des universitaires extérieur à la société pour comprendre les effets de Facebook sur le bien-être, pour éclairer le développement de nos services. Nous investissons également davantage dans les ressources humaines, et - comme Mark Zuckerberg l'a déclaré - nous sommes prêts à réduire notre rentabilité pour nous assurer de faire les bons investissements.
Je trouve ce droit de réponse presque plus terrifiant que le contenu de l'article lui-même.
Editeurs MarkDown :
A part :
C'est encore déjà les soldes chez GOG ; pour l'occasion :
Entrave au droit de grève : des intérimaires encadrés par des policiers armés.
Et le premier qui moufte, on tire ?
Parce que l'expression de LLM "un des rares hommes de droite respectables" me titillait un peu depuis hier...
« S’il faut tirer une leçon du Rwanda, c’est que les hommes sont tous coupables et qu’ils sont tous innocents. »
(…)
« Sortez vos mouchoirs : il va y avoir des larmes. Âmes sensibles s’abstenir : le sang va couler à flot sous les coups de machette. »
(…)
« Partout, dans les villes, dans les villages, dans les collines, dans la forêt et dans les vallées, le long des rives ravissantes du lac Kivu, le sang a coulé à flots – et coule sans doute encore. Ce sont des massacres grandioses dans des paysages sublimes. »
(indirectement via https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-a-moudre/johnny-jean-do-qui-ne-pleure-pas-nest-pas-francais)
Non, c'était juste un pourri bien élevé, bien habillé, avec beaucoup de talent, mais un pourri comme les autres.
EDIT du 11/12 : Encore une couche ?
Allez, encore une couche : https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/051217/jean-dormesson-sa-face-obscure-et-negationniste
Si vous voulez faire un p'tit cadeau à LLM pour noël, je crois que j'ai une super idée ^^
Et le nouveau mot le plus long est…
Intergouvernementalisations !
Il ne manque que la définition, c'est con.
via Chaipuki.
Mais non, la "francophonie" ce n'est pas du néo-colonialisme.
Simplement, tu restes bien sagement dans ta niche, tu répares la clim, ou sinon on va te montrer qui est le maître.
Je suis content que tu écrives ça, parce que ça me permet de rebondir (boing). Il n'y a guère que sur Mastodon que j'ai vu passer des allusions à Malik Oussekine, c'est dire si c'est un réseau d'islamo-gauchistes.
Par-rapport à la mort de Johnny, je ressens un peu la même chose : je ne suis pas fan de Johnny, je n'aime que certaines chansons (le sytle "ballades"), mais il fait partie de ces artistes qu'on a toujours connu et qu'on croit destinés à ne jamais disparaître. Le jour où ça arrive, ça fait bizarre. Il y a une chanson de Cali où il s'interroge sur "combien de jours de deuil pour la mort de Johnny ?". Ben voilà, maintenant on le sait.
On peut penser ce qu'on veut du personnage, et je suis le premier à déplorer l'unanimisme quasi-obligé de ce genre d'événement. (Le président de l'Assemblée Nationale qui dit "on a tous en nous quelque chose de Johnny, et les député·e·s qui applaudissent debout, c'est grotesque. Par-contre, Ruffin en maillot de foot, c'est un scandale).
Oui, Johnny avait un problème... disons conceptuel avec le fait de payer des impôts. Oui, il était drogué et alcoolique (Rock'n'roll attitude quoi). Il a aussi été accusé de viol, mais je me bornerai à mettre des liens, chacun se fera son opinion : lien 1 et lien 2. Il ne faut pas le mettre sous le tapis, et heureusement qu'il y a des voix discordantes pour faire entendre certaines vérités désagréables. Ce n'est pas ça qui me dérange.
Ce qui m'agace ces jours-ci, c'est la posture de tous ceux qui croient malin d'afficher des commentaires du genre "heureusement que "il n'y aura qu'un Johnny", ouf", "sa musique c'est de la merde, de toute façon c'était un abruti illettré", etc. Entre rappeler des vérités désagréables -encore que ce n'est pas forcément le bon moment si on veut vraiment qu'elles soient entendues- et se retrancher derrière un mépris malséant, il y a une sacrée différence. Ce qui me gêne dans ce mépris ? J'ai un peu de mal à l'expliquer. Sans doute parce que pour certains on est dans le mépris de classe ("Johnny ? Non désolé, je n'écoute que de la vraie musique" ou plutôt une variante élitiste sur le thème "je ne vais quand même pas apprécier un chanteur populaire, je risquerais de me retrouver à aimer la même chose que des ouvriers"). Ben ça, ça me chagrine. Parce qu'on aime ou qu'on aime pas, on est bien obligé de reconnaitre l'impact, l'aura, la longévité du personnage.
Au-delà, c'est finalement une conception étriquée et malsaine de la culture que j'entends dénoncer. Non, la "vraie" culture, ce n'est pas juste les opéras-où-tu-comprends-rien mais comme on t'as dit que c'est beau, alors c'est beau ; ce ne sont pas les soirées Arte, ni les films d'art et d'essai serbes sous-titrés en polonais ; ni lire les oeuvres complètes de Montaigne d'un air pensif. Non, la culture, c'est l'ensemble des activités dans lesquelles se retrouve une population donnée. La chanson en fait partie. Un chanteur populaire depuis plus de 50 ans, que tout le monde connais et dont tout le monde connais au moins une chanson aussi. (Notez que cette définition s'applique également à Charles Aznavour, Eddy Mitchell ou Céline Dion, même si elle est moins vieille ; Johnny avait ce petit truc en plus qui en faisait un monument national).
Les cinq conseils d'Asimov pour organiser efficacement des séances de brainstorming :
Rassembler des connaisseurs et des excentriques
Créer une ambiance de travail ouverte aux réflexions stupides
Pas plus de cinq participants en même temps
Cultiver l’informel et éliminer le sentiment de responsabilité
Trouver un psychanalyste et un arbitre
Mais non, Harry Potter n'a pas 20 ans, mais non voyons...
Gloups.
Quand Tintin rencontre Lovecraft...
J'aimerais beaucoup que ces albums existent réellement, au delà de la simple couverture.
"Un écrivain doit faire attention à la façon dont il meurt. C'est très mauvais pour un écrivain de mourir, par exemple en même temps que Piaf. Piaf a pris toute la lumière pour elle et on n'a pas parlé de Cocteau."
Jean d'Ormesson
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