Astérix et le "féminisme washing"
> Le problème, il me semble, c’est que lorsqu’il s’agit de féminiser une franchise, on entre dans une forme de ripolinage féministe. D’où cette expression de "féminisme washing" que je mentionnais au début.
> D’abord, comme s’il fallait "rattraper le coup", ce nouveau personnage féminin doit forcément être marqué par la vigueur, le refus des attributs de la séduction, et l’expression d’une indépendance farouche. Féminiser égale créer un super modèle. Et au fond l’héroïsme féminin se calque, peu ou prou, sur l’héroïsme masculin. Même si Adrénaline refuse la guerre, même si le canevas traditionnel d’un Astérix ne permet pas toutes les audaces, Adrénaline reste un Astérix sans moustache.
> De plus, il faut attendre les six premières planches pour l’entendre prononcer un mot, et elle reste dans cette aventure, celle qu’on protège et qu’on délivre. Au fond, il n’y a pas vraiment de révolution, car l’affichage de ces nouvelles femmes, ou filles, puissantes ne bouleverse pas les structures narratives.
> Comme le remarque le jeune écrivain Paul-Henry Bizon qui s’est penché sur ces questions "de la même façon que les sociétés matriarcales ne sont pas des systèmes patriarcaux gouvernés par des femmes mais des systèmes radicalement différents, les structures narratives d’un nouveau devenir héroïque doivent s’affranchir des modèles classiques".
A voir ce qu'il en est quand je l'aurai lu. Mais je ne suis pas vraiment étonné.
2019-10-29 - permalink -
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https://www.franceculture.fr/emissions/la-theorie/la-transition-culturelle-du-vendredi-25-octobre-2019