En Macronie, la montée du « national-libéralisme » - POLITIS
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> Six ans plus tard, l’autoritarisme dont fait preuve le garant de nos institutions pourrait le placer au rang de ceux auxquels il voulait précisément s’opposer : Viktor Orban en Hongrie, Andrzej Duda en Pologne. Les dérives illibérales de ces deux pays ont toujours été vues du coin de l’œil depuis l’Hexagone, comme si la France en était par nature préservée. Et pourtant. Manifestations interdites, surveillance des voix protestataires, déploiement d’outils technologiques, violences policières, contournement des corps intermédiaires, évitement des débats parlementaires, promulgation d’une réforme des retraites qu’une grande majorité de la population rejette.
> Les exemples étaient déjà nombreux, mais les voyants s’allument partout depuis cinq mois. Les institutions qui veillent au respect des libertés ne cessent de sonner l’alarme : commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, rapporteur spécial de l’ONU sur les libertés associatives, Ligue des droits de l’homme ou encore contrôleuse générale des lieux de privation de liberté. Les médias internationaux, eux aussi, décrivent la réalité brutale derrière le mythe du « pays des droits de l’homme ». Banales réactions par rapport à une crise passagère ? Pas si sûr, tant la violence autoritaire semble s’être installée au cœur de la pratique du pouvoir.
En lisant ce paragraphe, je me suis dit, "ça a quand même commencé sous Hollande", et bim :
> « Il y a une intensification de la restriction des libertés comme élément systématique de la politique gouvernementale », alerte Stéphanie Hennette-Vauchez, professeure de droit public à l’université Paris-Nanterre. Une dynamique liberticide favorisée par les états d’urgence successifs que la France a connus depuis les attentats terroristes de 2015.
[..]
> Emmanuel Macron s’inscrit dans un courant politique hérité du XIXe siècle : le « national-libéralisme ». « Ce concept renvoie à la tension entre l’État-nation et le système capitaliste international. Il désigne la triangulation entre l’emprise du capitalisme sur les populations, l’universalisation de l’État-nation comme forme de domination légitime et la généralisation d’une conscience politique nationaliste. Emmanuel Macron est exemplaire de cette triangulation », explique le chercheur. Entre la fascination pour le Puy du Fou et le « sommet de l’attractivité » Choose France, la tension est, pour Jean-François Bayart, « surmontée par le recours massif et systématique à la répression. »
J'aime (non) quand je lis un texte qui vient confirmer point par point ce que je pense depuis des années. D'aucuns diront que c'est du biais de confirmation. Moi je me contenterais de dire que ça fait vachement peur.
EDIT : wooo pinaise, la fin est brutale :
> Une forme « d’autoritarisme participatif » [l'article fait référence aux "conventions citoyennes" dont les "propositions ne sont reprises que lorsqu’elles conviennent au pouvoir"], comme le formule le maître de conférences en science politique Guillaume Gourgues dans « Les faux-semblants de la participation », un article paru dans La Vie des idées. Cette technique gouvernementale, rappelle-t-il, est beaucoup utilisée en Russie et en Chine. De belles références en matière de démocratie.
2023-05-25 - permalink -
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https://www.politis.fr/articles/2023/05/en-macronie-la-montee-du-national-liberalisme/