Je suis content que tu écrives ça, parce que ça me permet de rebondir (boing). Il n'y a guère que sur Mastodon que j'ai vu passer des allusions à Malik Oussekine, c'est dire si c'est un réseau d'islamo-gauchistes.
Par-rapport à la mort de Johnny, je ressens un peu la même chose : je ne suis pas fan de Johnny, je n'aime que certaines chansons (le sytle "ballades"), mais il fait partie de ces artistes qu'on a toujours connu et qu'on croit destinés à ne jamais disparaître. Le jour où ça arrive, ça fait bizarre. Il y a une chanson de Cali où il s'interroge sur ["combien de jours de deuil pour la mort de Johnny ?"][1]. Ben voilà, maintenant on le sait.
On peut penser ce qu'on veut du personnage, et je suis le premier à déplorer l'unanimisme quasi-obligé de ce genre d'événement. (Le président de l'Assemblée Nationale qui dit "on a tous en nous quelque chose de Johnny, et les député·e·s qui applaudissent debout, c'est grotesque. Par-contre, Ruffin en maillot de foot, c'est un scandale).
Oui, Johnny avait un problème... disons conceptuel avec le fait de payer des impôts. Oui, il était drogué et alcoolique (Rock'n'roll attitude quoi). Il a aussi été accusé de viol, mais je me bornerai à mettre des liens, chacun se fera son opinion : [lien 1][2] et [lien 2][3]. Il ne faut pas le mettre sous le tapis, et heureusement qu'il y a des voix discordantes pour faire entendre certaines vérités désagréables. Ce n'est pas ça qui me dérange.
Ce qui m'agace ces jours-ci, c'est la posture de tous ceux qui croient malin d'afficher des commentaires du genre "heureusement que "il n'y aura qu'un Johnny", ouf", "sa musique c'est de la merde, de toute façon c'était un abruti illettré", etc. Entre rappeler des vérités désagréables -encore que ce n'est pas forcément le bon moment si on veut vraiment qu'elles soient entendues- et se retrancher derrière un mépris malséant, il y a une sacrée différence. Ce qui me gêne dans ce mépris ? J'ai un peu de mal à l'expliquer. Sans doute parce que pour certains on est dans le mépris de classe ("Johnny ? Non désolé, je n'écoute que de la vraie musique" ou plutôt une variante élitiste sur le thème "je ne vais quand même pas apprécier un chanteur populaire, je risquerais de me retrouver à aimer la même chose que des ouvriers"). Ben ça, ça me chagrine. Parce qu'on aime ou qu'on aime pas, on est bien obligé de reconnaitre l'impact, l'aura, la longévité du personnage.
Au-delà, c'est finalement une conception étriquée et malsaine de la culture que j'entends dénoncer. Non, la "vraie" culture, ce n'est pas juste les opéras-où-tu-comprends-rien mais comme on t'as dit que c'est beau, alors c'est beau ; ce ne sont pas les soirées Arte, ni les films d'art et d'essai serbes sous-titrés en polonais ; ni lire les oeuvres complètes de Montaigne d'un air pensif. Non, la culture, c'est l'ensemble des activités dans lesquelles se retrouve une population donnée. La chanson en fait partie. Un chanteur populaire depuis plus de 50 ans, que tout le monde connais et dont tout le monde connais au moins une chanson aussi. (Notez que cette définition s'applique également à Charles Aznavour, Eddy Mitchell ou Céline Dion, même si elle est moins vieille ; Johnny avait ce petit truc en plus qui en faisait un monument national).
[1]:
http://musique.ados.fr/Cali/Il-Y-A-Une-Question-t2109.html
[2]:
http://www.francesoir.fr/culture-celebrites/mort-johnny-adeline-blondieau-rend-en-hommage-johnny-son-ex-mari-accuse-viol-mineur-people-polemique-photo
[3]:
http://www.liberation.fr/societe/2004/03/13/confrontation-sterile-entre-johnny-et-son-accusatrice_472280