Le 2 mai dernier, je vous entretenais de ma volonté de mettre en place un bullet journal. Ce que je fis le jour même, avec un esprit d'initiative surprenant de la part d'un procrastineur de l'extrême tel que moi.
Je me suis souvenu que j'avais quelque part un vieux carnet-agenda Moleskine du siècle dernier, récupéré je ne sais où (brocante, braderie du Secours populaire...) et gardé dans l'idée d'en faire un carnet de gribouillage pour l'enfant. Sans faire ni une, ni deux, ni rien du tout d'ailleurs, j'en arrachais le premier cahier prétentieusement inutile (les fuseaux horaires, les horaires de l'Orient Express, les grands crus des vins de bordeaux et les dates des vacances de la zone A bref, toutes ces bêtises uniquement destinées à augmenter le prix de vente d'un carnet déjà inutilement cher à la base), et attaquais gaillardement la chose, en suivant les prescriptions déjà indiquées :
Dans un premier temps, je n'ai pas utilisé la typographie développée par le créateur du truc, mais je commence par la fin en vous révélant que je l'ai finalement adoptée, après avoir tenté durant deux semaines différentes variantes autour des cases à cocher. L'idée n'est pas si mauvaise, et permet quelques finesses (case cochée ou noircie quand l'action est réalisée, noircie à moitié quand c'est juste en cours ou à moitié fait), mais :
J'ai trouvé assez facilement des tâches à inscrire jour après jour, ne serait-ce, comme prévu, qu'en réunissant les post-it, carnets et autres confettis de choses à faire ; par la suite, les aller-retour à la maternité dans un premier temps, à l'hôpital ensuite, se sont chargés de me pourvoir en choses à faire quotidiennement, au point de manquer de place certains jours !
Et pour ce qui est des pages thématiques, après avoir assez prosaïquement constitué la meta-liste de mes multiples listes de livres à lire, j'ai appliqué le principe consistant à regrouper sur une même page les éléments apparentés : démarches administratives post-naissance, suivi des pesées de micro-chéri, choses à faire avec chéri-géant (eh oui, j'ai un nain et un géant maintenant), des idées "cuisine" que je n'appliquerai sans doute jamais (encore que, vu la rigueur que je déploie à réaliser les tâches de mon journal, ça pourrait bien marcher), idées de travaux et bricolages à faire à la maison, etc.
Bref, l'essai qui était censé se dérouler sur le mois de mai s'est vite avéré concluant, et c'est le plus naturellement du monde que j'ai poursuivi l'exercice en juin.
Quelques remarque personnelles si vous voulez vous lancer :
Notre premier fils est né en août 2011. Ça ne s'était pas très bien passé, l'accouchement s'étant terminé par une césarienne en urgence après une nuit interminable où nous nous étions sentis quelque peu abandonnés au 4ème étage de la maternité. Au final, l'enfant va bien, et il nous impressionne jour après jour par son intelligence (et sa beauté, mais pour tous les parents tous leurs enfants sont beaux).
Notre deuxième fils est né le 20 mai 2019. 8 ans après son frère, après 6 ans de tentatives dont 5 ans d'assistance médicale à la procréation. 13 tentatives. 12 échecs.
C'est long. Ça fait mal moralement. Et vous ne serez donc pas étonné·e·s que je présente une sensibilité particulière au sujet, et que je voue une haine particulière à toutes les personnes expliquant qu'illes sont contre la PMA, contre la GPA, par principe parce que Dieu, parce que la Nature, parce que c'est dans la tête, parce que il n'existe pas de droit à l'enfant ; et celleux qui ne sont pas contre, mais pas pour les couples homosexuels, ou bien que les enfants nés par PMA ou GPA, ça ne devrait pas exister (je ne sais plus quelle créature de Laurent Wauquiez avait proféré cette horreur, il y a quelques années).
8 mois et demi* d'angoisse, d'attente et de joie. Nous l'avons senti bouger, nous l'avons désiré, et nous l'avons accueilli avec une joie que je vous laisse imaginer.
L'accouchement s'est très bien passé. Un accouchement comme dans les manuels, hyper-rapide et sans péridurale parce que c'est trop tard madame, vous êtes à 8 cm et on voit la tête.
Je vais annoncer une banalité, mais je n'avais pas vécu un moment aussi fort lors de la naissance de notre premier enfant, je ne l'avais pas vu. J'avais passé environ 25 minutes d'agonie à imaginer que la mère et l'enfant étaient morts (césarienne en urgence, ça veut bien dire ce que ça veut dire : il y a un risque vital), puis on m'avait emmené voir ce petit machin geignant dans une boîte, m'expliquant qu'il avait mal. Le geignement de ce bébé en vrac (il avait quand même le pied gauche sur l'épaule droite, il lui a fallu quelques heures pour se déplier et quelques jours pour ne plus avoir mal) fait partie des choses qui peuvent encore me faire pleurer quasiment sur commande. Je parle beaucoup de moi, mais je vous laisse imaginer l'état (physique et mental) de la mère...
Toujours est-il que tout s'est bien passé cette fois, et quand les sages-femmes ont posées l'enfant sur sa maman, je n'ai pu que murmurer dans un souffle, tant cela reflétait exactement ma pensée : c'est extraordinaire.
Ça, c'était le lundi. Le jeudi, le bébé et la maman sont rentrés à la maison.
Le dimanche, nous sommes retournés aux urgences pédiatriques. Il ne se réveillait pas pour manger, il fallait le réveiller, puis le stimuler, et même là, il ne prenait pas grand chose, il fallait presque le gaver à la cuiller, puis à la pipette. Problème. Allant contre l'avis des professionnelles, nous avions loué un pèse-bébé, et constaté qu'il avait tout de même largement perdu 10% de son poids depuis la naissance. On a été aux urgences, ils l'ont gardé, et a débutée l'angoisse. Il a été réhydraté et nourri par sonde, ça, c'est plutôt normal vu le contexte. Mais il a eu plus de prise de sang que moi dans toute ma vie, il a été ausculté, palpé, tripoté, échographié ; on a analysé le sang, l'urine, les selles, pour finir par -le mercredi !- lui faire la séance de photothérapie qui aurait dû être faite beaucoup plus tôt. Ça aussi, j'ai du mal à le digérer, parce que dès son 2ème jour de vie j'avais dit qu'il était jaune.
J'ouvre une parenthèse pour les lecteurices qui n'ont pas eu d'enfants : la plupart des nouveaux-nés développent un ictère à la naissance, communément appelé "jaunisse", causé par une surabondance de globules rouges, qu'ils ne sont pas capable de détruire, leur foie n'étant pas assez mature, ce qui entraîne une production de bilirubine, donnant au bébé cette jolie teinte dorée de l'estivant méditerranéen. C'est plutôt banal, c'est rarement inquiétant, et le traitement est assez simple : exposition aux UV pendant 2 ou 3 heures pour détruire les globules rouges en trop. Sauf que l'ictère, ça fatigue. Et qu’apparemment, tous les enfants ne réagissent pas de la même façon (ce qui n'est pas très étonnant). Et lui, ça l'a épuisé au-delà de ce qui était autorisé par la faculté. Tellement au-delà, que les soignants ont préféré chercher tous les problèmes possibles, histoire d'être vraiment sûr·e·s qu'il n'y avait pas autre chose. Depuis le 26 mai, on a eu droit, et écarté, toutes les hypothèses : cancer, malformation intestinale, malformation cardiaque, épilepsie nocturne, maladie métabolique... Hier, il a passé un électro-encéphalogramme et une IRM cérébrale. Si vous avez des enfants, essayez de les visualiser à 15 jours, passant un EEG et une IRM, en restant sereins. Oh, et ajoutez à ça le grand frère, les aller-retours à l'hôpital, les nouvelles à donner aux collègues forcément au courant, à quelques ami-e-s choisies, la bouffe, les lessives, un peu de ménage, le travail quand même... avec tout de même l'aide de mes beaux-parents pour l'école le soir.
Hier soir, l'interne qui nous suit est passé dans la chambre pour dire qu'il n'y avait finalement rien à l'IRM.
J'ai eu envie de l'embrasser. J'ai été follement heureux pendant quelques secondes, mais j'ai commencé à me sentir mal juste après. Comme si mon cerveau ne voulait pas admettre que je pouvais enfin redescendre la pression, que tout allait petit à petit rentrer dans l'ordre (ça ne va pas être facile dès le début mais on s'en fout : il va bien). A midi, en répondant à des collègues qui me demandaient des nouvelles, j'ai failli fondre en larmes. Je sais que c'est le contre-coup, l'effet de la tension qui se relâche, mais c'est assez perturbant. J'imaginais que j'allais être léger, guilleret, et reprendre mon rythme d'avant, et je vois que ce n'est pas aussi simple, qu'il va me falloir quelques semaines pour cicatriser de l'âme. J'ai eu tellement, mais tellement peur.
Prenez soins de vos gosses, essayez de ne pas trop vous engueuler avec eux. C'est vraiment trop rare, trop fragile, trop précieux. Trop fugace.
*désolé, je n'ai jamais su compter en semaines d’aménorrhée. C'est "à peu près" 8 mois et demi, et en tout cas une semaine de plus que son frère.
EDIT du 12 juin : ils sont enfin rentrés à la maison hier soir.
Déjà entendu quelque part, cette histoire des 5 drivers.
Hop; je note, ça peut resservir (attention, il ne s'agit pas d'une marche à suivre) :
C'est accorder bien du crédit à ce petit monsieur que de lui dédier un aussi long article.
Hélas, ses livres sont lus.
En 2012, des pédiatres marocains ont décrit un cas de détresse respiratoire secondaire à la présence, sous la glotte, de deux sangsues vivantes chez un enfant de trois ans.
Merci Seb pour le partage :S
Si ça vous intéresse : 3 jeux gratuit sur la page Steam pour les promos de tinyBuild (1 gratuit et 2 à 100% de réduction).
Médias libres, indépendants, alternatifs… Pas facile de s’y retrouver ! Pour cette carte, nous avons adopté l’expression « presse pas pareille » lancée par le journal Le Ravi, basé à Marseille, pour définir des journaux non inféodés aux pouvoirs politiques et économiques. Parce qu’il fallait bien choisir, nous avons sélectionné les médias répondant grosso modo aux critères suivants :
- ils produisent essentiellement du contenu écrit, sur papier ou en ligne.
- ils n’appartiennent à aucun groupe industriel, financier, ni à aucun mouvement politique, syndical ou religieux.
- ils sont détenus par leurs salarié·es, leurs lecteurs et/ou une association.
- professionnels ou bénévoles, ils mènent une véritable démarche d’information, sans se cantonner à l’expression d’opinions.
- ils sont favorables à une société plus juste et solidaire, sans exclure aucune catégorie de personnes.
- la publicité n’occupe pas plus de 10 % de leurs pages.
Des journaux et sites internet répondant à ces critères nous ont sans doute échappé. N’hésitez pas à nous les signaler !
Il manque XXI ou j'ai mal regardé ?
via http://shaarli.mydjey.eu/?FFRYYg
Voir aussi http://shaarli.mydjey.eu/?Ztq8mw
Encore une bien belle histoire de Boulet (via un shaarliste, désolé, je n'ai pas gardé cet onglet ouvert) ; elle m'a fait penser au jeu What Remains of Edith Finch, que celles et ceux qui ont eu la présence d'esprit de prendre sur l'Epic store lorsqu'il était gratuit vont se dépêcher d'installer après avoir lu ce shaare ^^
Le point commun avec le strip de Boulet : une vieille maison pleine de pièces ; chaque occupant d'une chambre est mort, et le joueur va les incarner tour à tour pour découvrir leur histoire et comment illes sont mort·e·s. Ce n'est ni gore, ni effrayant, juste un peu grinçant parfois.
Le test sur Gamekult : https://www.gamekult.com/jeux/what-remains-of-edith-finch-3050816509/test.html
La page Steam : https://store.steampowered.com/app/501300/What_Remains_of_Edith_Finch/
La page Qwant du jeu : https://www.qwant.com/game/what-remains-of-edith-finch
Horreur et stupéfaction : nous apprenons aujourd’hui, via un commentaire posté par un community manager sur Reddit, que le BFG9000 ne sera pas dans Rage 2 à son lancement… à moins de débourser 20 € supplémentaires et de s’acheter la version Deluxe (80 €) du jeu. Vous pouvez aussi opter pour la version Collector à 130 € si vous avez beaucoup d’argent, vous avez le droit après tout, bande de bourgeois. Comprenons-nous bien : si vous possédez la version standard de Rage 2, le BFG9000 sera donc introuvable dans le jeu.
Rappelons que cette arme emblématique de DOOM, autre série id Software, avait pourtant été présentée dans plusieurs vidéos officielles, comme celle-ci. On a hâte de voir ce que nous réserve l’éditeur Bethesda pour ses prochaines sorties : fusil à pompe en season pass pour Wolfenstein: YoungBlood, double saut uniquement dans la collector pour Doom Eternal ou encore corrections de bugs en DLC pour le prochain Fallout, les paris sont ouverts.
Nan mais ils partent complétement en vrille chez Bethesda là. Après leur brillant succès sur Fallout76, ils feraient mieux de faire profil bas.
30 mars 2019. Les policiers répriment. Des manifestants se couchent au sol pour protester pacifiquement. Les policiers veulent dégager Odile du passage, certainement pour avancer et mieux violenter les manifestants. Malgré les réprimandes de la militante qui explique la dangerosité d’actionner le joystick de son fauteuil sans connaître la machine, un policier joue à l’apprenti artificier. Résultat : le fauteuil s’emballe, file à toute vitesse contre un fourgon de police, le cale-pied se relève, et, dans le choc, le cheville d’Odile se retrouve en sandwich entre le fauteuil et la carrosserie. Le véhicule à quatre roues finit sa course folle en renversant un policier. Il s’en sortira indemne à la différence d’Odile, victime d’une fracture au pied à cinq endroits, d’un arrachement osseux au niveau du tibia et de multiples ecchymoses pour 10 jours d’ITT, et un pied dans le plâtre pendant un mois. La militante associative avait livré à Street Press, amère : « j’en aurai pour deux à trois mois de rééducation. Je vais perdre tout le bénéfice de celle que je fais depuis dix ans ».
Cette violence va aller jusqu'où ?
L'hymne officiel de la Ligue des champions de football est inspiré de « Zadok the Priest » (tirée de l'oeuvre " Coronation Anthems") de George Frideric Handel. Cette oeuvre est interprétée pour les couronnements des nouveaux souverains du Royaume-Uni. Elle a donc été interprétée la dernière fois en 1952 pour la cérémonie de couronnement d'Élisabeth II.
Appris grâce au burger quizz pour ma part. ^^
Je trouve ça assez triste finalement.
"-Oh, l'hymne de la ligue des champions !
-Non c'est du Haendel connard !"
des gens qui ne savent pas ne serait-ce qu'épeler le mot truelle sont persuadés d'être à l'origine de leur château.
xD
via Tommy
EDIT : ajoutée illico à ma liste de podcasts dans Clementine :)
J'ai détesté Les petits mouchoirs, ce film au propos stupide (notre pote va sans doute mourir, YOLO, on part à la plage sans lui) et qui se complaisait dans l'homophobie, je ne risque pas d'aller voir celui-ci.
D'une manière générale, je dois confesser avoir trouvé stupides tous les films de Guillaume Canet que j'ai vu :O
Ah oui, il y a carrément quelque chose, tu as raison.
Non seulement ce type est fou, mais il est dangereux.
Retranscription de l'échange sur Checknews
Le pire, c'est la facilité avec laquelle on passe du négationnisme dans sa version la plus stupide :
Personne n’a de haine des juifs. Vous en connaissez beaucoup sérieusement ?
à une phrase terriblement ambiguë :
Moi, je voudrais aimer librement ou critiquer librement les personnes qui se disent juives, comme des êtres humains…
via Alda et Tommy
Suis fan, surtout de Thanos, Drax et Loki xD
Wouah, j'adore ! Moi je suis carrément fan de la gueule de Ron Perlman. Comme quoi pour faire carrière, avoir "une gueule" est parfois mieux qu "être beau".
A chercher : produits en vrac, surtout le riz, les lentilles etc.
Le livre Crépuscule entend dénoncer la collusion entre les journalistes et les politiques. Sa thèse: en accédant au pouvoir, Emmanuel Macron n’a fait que respecter formellement la démocratie. En réalité, justement grâce à cette collusion entre presse traditionnelle et politique, l’actuel Président a été placé à l’Elysée par un petit groupe de personnes décidées à défendre leurs intérêts capitalistiques, au premier rang desquels Xavier Niel, le patron de Free par ailleurs actionnaire du Monde, et son beau-père Bernard Arnaud. Fils du producteur Paulo Branco, l’auteur du livre Juan Branco, aujourd’hui âgé de 29 ans, a grandi dans le milieu parisien qu’il dénonce, se présente comme un traître à sa classe, appelle dès les premières lignes à étriller la classe « élitiste » dit-il, dont il vient, et "donne raison à ces haines et ces violences» écrit-il, qui électrisent le pays depuis plusieurs mois. Clairement ancré à l’extrême gauche, il est par ailleurs l’avocat de Maxime Nicolle dit Fly Rider, l’un des leaders autoproclamés les plus complotistes du mouvement des Gilets jaunes. Aujourd’hui, toujours sans presse, le livre se vend plus que jamais et chaque apparition de Branco dans une librairie est un véritable événement. De quoi cet événement est-il le signe?