Entre incompréhension et injustice, je crois qu’à cette époque un vague « quoi ? Mais je suis une fille, c’est injuste ?! » m’avait traversé l’esprit. Puis la pilule passe, on respecte la règle, on l’applique, c’est le système et puis c’est tout. Mais on en vient tout de même à se répéter mentalement que « le masculin l’emporte sur le féminin », des centaines et des centaines de fois, à chaque occasion où la règle s’applique. Alors je me demande : est-ce que la grammaire a influencé nos cerveaux et notre société ? Est-ce que le genre en grammaire a un lien avec l’équité homme/hemme ?
Bon, c'est une redite, j'ai déjà dû shaarlier des liens semblables 3 ou 4 fois.
Depuis que j'ai pris conscience de cet état de fait, je milite pour l'application de la règle de proximité... même si je suis intimement persuadé que le conditionnement dont j'ai fait l'objet par l'école mettra encore quelques années avant de moins produire ses effets.
Abricot, artichaut, aubergine, café, épinard, limonade, orange, pastèque, safran, sirop, sorbet, sucre, nous parlons la bouche pleine de mots venus de l'arabe.
D’origine québécoise (1990), le mot « courriel » est la contraction de « courrier électronique ». Il est agréablement explicite en plus d’être de jolie consonance, si bien que de nombreux locuteurices francophones l’ont adopté. Accepté par l’Académie française, présent dans les dictionnaires courants, ce terme a été rendu obligatoire en France pour les textes officiels, depuis le 20 juin 2003 par la DGLFLF.
Alors ? On prend ça ?
En Europe, courriel est encore trop peu fréquent. Pour bien parler français et s’assurer d’être compris en francophonie, aussi bien au Québec où l’anglicisme « e-mail » est très rare qu’en Suisse où « courriel » est une étrangeté, il est recommandé de préciser les deux, par exemple : « Merci de répondre par courriel (e-mail) ».
Bref, c'est pas simple.
La règle précisant que le masculin l’emporte sur le féminin finit par s’imposer au XVIIIe pour des raisons qui ne doivent pas grand-chose à la linguistique : à cette époque, la supériorité masculine va tout simplement de soi. « Lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte », affirme Bouhours en 1675. « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle », complète élégamment, en 1767, le grammairien Nicolas Beauzée.
C'est pas tout jeune (2012) et, si vous me lisez depuis un moment, ça va commencer à faire ressassé (mais il parait que je radote), mais ça va mieux en le répétant encore et encore : accordez en utilisant la règle de proximité. Comme Racine.
« Surtout j’ai cru devoir aux larmes, aux prières, consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières. »
2017 : ça commence à entrer dans les moeurs :
Russie : l’opposant Alexeï Navalny et des centaines de personnes arrêtées lors d’une manifestation
Pour les deux liens : via @tetue
Alors là, mais je suis à trouze-mille pour cent d'accord.
Avec ça :
En France, on a un problème d'analphabétisme et d'illettrisme. Un gros, très gros problème. 20% des adolescents de 15 ans sont illettrés à plus ou moins haut niveau (on parle d'un problème de littératie, source OCDE). Moins de 8% de la population maîtrise l'écrit de manière assez importante pour n'avoir aucun problème (la moyenne de l'OCDE est de 12%). Le français est une langue extrêmement dure à maîtriser, elle crée des clivages importants entre les gens, c'est un facteur clivant de la société.
Et aussi avec ce que dit Bronco (http://warriordudimanche.net/article445/5880a8817959b)
En français, la langue a été complexifiée à dessein pour la réserver à une élite dont seraient exclus les pauvres et les femmes... C'est effrayant de voir que beaucoup cherchent de fait à maintenir cette oppression par la langue.
Merci à Bronco pour ce lien : http://www.charivarialecole.fr/a125065000/ parce que j'étais passé complétement à côté de cette histoire (mais je vais être complétement dedans dans 2-3 ans, merci l'école). Je me suis particulièrement reconnu dans ce passage : "Et quand on reprochait aux élèves de confondre Natures et Fonctions..." C'est moi ça. Je n'ai jamais particulièrement eu de problèmes en français, mais je me rappelle de sales quart d'heures en CM1/CM2 sur ces notions de nature du verbe blablabla, fonction du groupe nominal blablabla... Je n'y comprenais QUE POUIC et je crois bien que je m'en tamponnais complétement (justement parce que je n'y comprenais rien).
Mais j'avais la chance de ne pas avoir de difficultés particulières ; j'étais un gamin qui lisait beaucoup, et c'est sans doute pour ça que la façon d'écrire correcte me paraissait évidente : j'en étais déjà abreuvé. Mais je me rends compte avec le recul que si j'avais dû maîtriser l'écrit juste en apprenant par cœur des règles que je ne comprenais pas, je me demande comment je m'en serais sorti...
A rapprocher de ce que je racontais l'autre jour
via Marc (Marc, ton Shaarli tue les yeux)
Un petit échange par mail avec une collègue vient de me remémorer ce storify, montrant une fois encore en quoi, en français, le masculin n'est pas neutre.
Voici, en résumé, le contenu du mail que j'ai envoyé :
Tu trouveras ci-joint ton compte-rendu et ta fiche mise à jour pour 2016.
Ce à quoi ma collègue a répondu que :
Quand dans une phrase, il y a une énumération de termes, le masculin l'emporte toujours sur le féminin.
Du coup, j'ai pu lui expliquer :
Cela s'appelle l'accord de proximité, n'en déplaise aux vieux croûtons décatis du quai Conti.
En lui donnant le lien vers les tweets de Docteur Culotte !
C'est intéressant de voir comment le français est expliqué aux étrangers qui l’apprennent, ça remet en perspective des choses qui nous semblent évidentes. (non, je ne reparlerai pas du masculin-pas-neutre, des termes oppressifs... même si c'est exactement la même démarche)
Du coup, j'apprends qu'un dépanneur, au Québec, c'est la boutique du coin de la rue où l'on vend des casse-croûtes :)
Un générateur d'anagrammes. Cool :)
via https://shaar.libox.fr/?QT1N-w
A rapprocher de ça : https://www.actualitte.com/article/monde-edition/baffie-et-enthoven-pique-pique-pique-et-anagrammes/61647 ^^
"Plus je lis des réflexions sur l’orthographe sur facebook, plus j’en entends au quotidien, et plus je me dis : dingue ce que le gens sont capables d’envoyer comme flux de mépris (c’en est presque odorant) quand il s’agit de respect de l’orthographe. Le respect de l’orthographe. Me fait marrer ce terme. Et si on commençait à respecter les personnes plutôt que l’orthographe ?"
via Alda (https://tools.aldarone.fr/share/?pqzJoQ)
Allo le central ? Envoyez une ambulance, Nurmancien vient de faire un arrêt cardio-respiratoire.
De rien, c'est gratuit.
"Seulement voilà, en 1647, douze ans après la création de l’Académie française, l’un de ses membres (Claude Favre de Vaugelas) préconise que le masculin l’emporte en grammaire au motif qu' «il est plus noble». Et en 1882, quand l’instruction devient obligatoire, l’Etat tranche à nouveau en faveur du masculin, envoyant ad patres, des mots du français ancien comme le féminin de médecin: medecine ou medicineuse… Même si la pâtissière, elle, reste! «Cette hiérarchie des sexes par le langage est ensuite devenue si courante et intériorisée qu’on ne la remarque (presque») plus aujourd’hui»"
Le rapport : http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/hcefh__guide_pratique_com_sans_stereo-_vf-_2015_11_05.pdf
via http://seenthis.net/messages/425264
Je suis de bonne humeur, tiens.
Au fait, question : pourquoi stéréotypes de sexe et pas stéréotypes de genre ?
EDIT : le rapport présente même une "Foire aux arguments" ; exemple :
"L'argument du masculin générique : «Le masculin est aussi le marqueur du neutre. Il représente les femmes et les hommes» [N.B. : et dire que je pensais ça avant... :S]
En français, le neutre n'existe pas : un mot est soit masculin, soit féminin.
Et d'ailleurs, l'usage du masculin n'est pas perçu de manière neutre en dépit du fait que ce soit son intention, car il active moins de représentations de femmes auprès des personnes interpellées qu'un générique épicène. C'est tellement courant que nous en avons à peine conscience. Cette problématique pourrait être mise en parallèle avec l'histoire du suffrage universel. Le masculin n'est pas plus neutre que le suffrage n'a été universel jusqu'en 1944."
Je... rhâââ^.
Je ne veux pas paraphraser Gee, mais c'est vrai que ça frôle la schizophrénie : dire qu'il ne faut plus utiliser un terme, et immédiatement le réemployer dans la définition... ><
Ce strip (http://sinfest.net/comikaze/comics/2013-02-25.gif) est génial. Alda, je te dois un aveu : je viens de comprendre pourquoi tu t'emportes des fois... euh non, souvent ^^ (bon, ce n'est pas une excuse, mais je crois que j'arrive à adopter ton point de vue)
Je n'ai fait que parcourir l'article (http://lechodessorcieres.net/ecrire-inclusif-1-coucou-cest-la-facteure/), il faudra que je prenne le temps de le lire.
Pour répondre à Neuromancien, c'est un "truc ridicule" si on est disposé à le voir comme tel. Si on lit avec un esprit neutre, alors certains arguments n'apparaissent ni ridicules, ni révolutionnaires, mais juste... logiques. Le truc tout con : pourquoi dire "un écrivain femme" (ou une femme écrivain), et ne pas dire "un écrivain homme" ? C'est bien la preuve que, quelque part, quelque chose ne va pas.
J'ai longtemps moi aussi adhéré au credo du "masculin neutre". Mais cette religion est comme toute les autres : basée sur une tromperie, et j'en suis revenu aussi. Je cite toujours en exemple cet article du Plafond de verre (http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?mQH9Cg) à propos de Bansky : nous ne savons rien de cette personne, mais nous sommes plus ou moins consciemment persuadés qu'il s'agit d'un homme. Pourquoi ? Il y a sans doute plusieurs raisons à cela, dont la moins pernicieuse est sans doute l'inconscient collectif qui nous pousse à imaginer que ce qu'elle fait, c'est "un truc de mec". Mais il y a aussi une raison grammaticale : on dit "il", on dit "lui", et du coup, l'image de l'homme que nous avions confusément en tête s'en trouve implicitement confortée.
Ce n'est qu'un exemple, où l'on prend une situation donnée pour en tirer des généralités, et Bansky peut être un homme au final, cela ne changera rien à l'argumentation : le masculin n'est pas neutre, c'est une tromperie. On peut n'en avoir rien à foutre, on peut se battre bec et ongle pour ne pas changer cet état de fait, on peut faire des propositions plus ou moins heureuses pour faire bouger les choses, on peut en souffrir, aussi. Mais le nier me parait de plus en plus faire preuve de la dernière mauvaise foi.
""Accro" résulte de l'apocope (ablation de la fin d'un mot) de "accroché". Le "ché" a chu. S'en souvenir permet de l'écrire sans accroc."
C'est clair maintenant ? C'est ACCRO, sans C au bout. Comme je dis toujours, un accro, c'est un fan ; un accroc, c'est une déchirure dans ton pantalon.
Un générateur de langue de bois.
Merde, c'est super.
J'ai du mal avec la forme combinée, mais j'aime beaucoup la forme neutre en -æ, même si j'aimerais qu'on me dise comment ça se prononce.
Je ne suis plus un ayatollah : un tout petit détail m'a fait comprendre que les pronoms aussi avaient leur importance : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?mQH9Cg
via http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?_r4plw
C'est moche.
via http://colibri-libre.org/liens/?t9wRYw
Voir aussi : " Étiquetage simplifié de la viande - Un déni de culture" http://www.quechoisir.org/alimentation/produit-alimentaire/viande-charcuterie/actualite-etiquetage-simplifie-de-la-viande-un-deni-de-culture
Je viens de lire ce billet sur Seenthis, et j'y ai laissé ce commentaire :
Au passage, il me semble que dire « alunissage » n’a pas beaucoup de sens. Cette pratique découle de la croyance que le mot « terre » désigne aussi la planète « Terre », alors qu’il n’est question que du sol. C’est la faute à la langue française, qui ne possède qu’un seul mot pour les deux notions ; en anglais, on fait la différence entre « earth » et « land ».
Mais revenons-en à nos alunissages : faudra t-il dire un « amarsissage » quand nous irons sur Mars ? Et pour un robot qui se pose sur une comète, un « acométage » ? C’est stupide et en pratique impossible (car tous les astres ne sont pas nommés). On dit « atterrissage » parce qu’on se pose sur de la terre, à prendre dans le sens de « sol ». (ce qui ne résous pas le problème d’une sonde envoyée sur une planète gazeuse... mais on s’éloigne du sujet)
Et en pratique dit « landing » parce que tous les astrophysiciens communiquent en anglais ^^
Shaarliste ça me va aussi. Je viens de vérifier, et j'ai très peu utilisé "shaarlieurs" (11 occurrences dans mon Shaarli, et encore, une bonne partie sont des reprises de Kevin !), et plus souvent "shaarlistes" ; mais je dois bien reconnaître que ce n'était pas pour des raisons de genre... mais parce que la sonorité en -ieur ne me plait pas. Pas de problème pour opter définitivement pour l'un des deux, donc.
Après, pour ta réflexion sur le genre, il y a encore quelques temps je t'aurais dit que tu exagérais, tout ça... Mais, comme disait Nicolas Menteurorzy à une certaine époque : "j'ai changé" :) Et notamment en lisant certaines choses chez toi et surtout chez Kevin (ceci par exemple : http://mypersonnaldata.eu/shaarli/?LGneOA).
Ok, en français le masculin est neutre et l'emporte. Je ne pense pas que l'on puisse changer la langue. Pas à court terme en tout cas. Mais quitte à créer de nouveaux mots, autant éviter de recréer ce genre d'écueil. Après oui, plein de shaarlistes s'en tamponnent complètement. Je peux même te donner des noms... ;) Mais si je peux me permettre un conseil, sans pour autant être un expert en manip... en communication, pardon : tu aurais pu ne pas écrire ton dernier paragraphe, pour plein de raisons :
EDIT : sinon, TIL épicène, "nom non marqué du point de vue du genre grammatical" (https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pic%C3%A8ne)