Le témoignage de Kayane, cette joueuse pro stalkée par un malade, que j'évoquais [hier][1].
> Mes proches me disent: «Ah bah tu ne vas pas là-bas!»
Mais ma première réaction était: «Il m’attend là-bas, JE DOIS Y ALLER !»
C’était ma seule et unique occasion de l’attraper, d’être enfin sûre de savoir où il est. La police ne m’aidera que si je suis en sa présence. Il ne pourra consulter un psychiatre et se faire soigner QUE si la police l’y mène.
> On arrive avec mon ami, on gare notre voiture à côté de la sienne pour qu’il ne puisse pas fuir. Je sors de la voiture, je le regarde et il me sourit d’un air «te voilà enfin!» Je le regarde avec beaucoup de mépris, et devant lui, je sors mon téléphone et j’appelle les urgences. Il faut qu’il comprenne que c’est moi qui le dénonce. (…)
> La police arrive, c’est un soulagement.
Je reporte plainte, et je dois consulter un médecin spécialisé pour justifier de la nuisance de ses faits sur mon état de santé, mon travail, mon bien-être. Le RDV a été pris pour mi-mai seulement…
Quant à lui, il est pris en charge et j’espère qu’il pourra être entendu par un psy, qu’il réalise son problème et qu’il sera soigné.
[...]
> Je tiens à dire que le harcèlement pourrit la vie d’une personne au quotidien, et qu’il ne peut être affronté seul. Il faut en parler. Parce qu’on ne peut pas continuellement vivre dans la peur seule.
Je n’aurais jamais réussi à l’attraper hier soir sans avoir parlé de ça à mes proches, sans avoir prévenu de ce qui se passait. Je ne les remercierai jamais assez pour leur réactivité et leur bienveillance.
De par mon vécu, le harcèlement semble vraiment méconnu et pas pris au sérieux. Souvent parce qu’il n’y a pas d’impact physique visible, l’impact est intérieur et est dur à voir. S’il n’y a pas eu de violence, ce n’est pas très important alors que la violence peut aussi être mentale. (…)
Tout ce que je vous raconte là, ce n’est que le récit de trois jours. Mais ça dure depuis des mois. Je vous passe énormément de détails sur ce qu’il a fait tout ce temps, et sur la réaction de sa famille et particulièrement son père qui est très choquante.
Je n’arrive plus à dormir correctement, je ne peux plus m’entraîner en étant complètement concentrée, je ne peux pas promener Yumiko sereinement. Je passe mon temps libre au commissariat.
[1]:
http://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/?C850xA