Reporters sans frontières (RSF) démontre que, sans le contrôle et la censure imposés par les autorités, les médias chinois auraient informé bien plus tôt le public de la gravité de l’épidémie de coronavirus, épargnant des milliers de vies et évitant peut-être la pandémie.
Depuis le début de l'épidémie, plusieurs journalistes indépendants, dissidents politiques et lanceurs d'alerte ont été interpellés. Beaucoup ont été assignés à résidence ou placés en quarantaine forcée.
Plus dangereux que le coronavirus, le gouvernement chinois.
Dans le même ordre d'idées, je suis en train de lire un article du dernier numéro de XXI sur la façon dont la Chine place des fonctionnaires et des membres du parti dans des familles oïghours (pour rappel : une population de 12 millions de personnes, 1,5 millions de déportés dans des camps de concentration) pour les "rééduquer", un peu à la façon dont Louis XIV faisait dormir ses dragons chez les protestants.
Dans un message électronique adressé à ses collègues, cet ophtalmologue avait fait état de l’apparition d’un coronavirus dans la ville de 11 millions d’habitants. Avec sept autres personnes, il avait été convoqué le 30 décembre par la police locale, qui lui avait reproché de propager des “rumeurs”.
Il fait désormais figure de héros national face à des responsables locaux accusés d’avoir caché les débuts de l’épidémie.
Ah c'est fin.
J'aime bien la nouvelle interface de Plague Inc.
Red Candle Games avait récemment proposé Devotion, jeu d'horreur disponible sur Steam et édité par Indievent. Un titre qui avait suscité la colère du gouvernement chinois après la découverte d'une comparaison sous forme d'easter egg de son actuel président Xi Jinping et Winnie L'Ourson. Le jeu avait ensuite été retiré de Steam suite à un review bombing de la part de joueurs chinois.
J'aime bien la revue de presse de France Culture, on y lit des trucs que les autres médias passent volontiers sous silence, ou rangent complaisamment dans les brèves "insolites", entre la dernière défaite du Stade français et choupette tombée dans une bouche d'égout.
Deux informations essentielles ce jour, donc :
1/ La contestation à Hong-Kong vire à l'insurrection : (n'en déplaise à ceux qui pensaient que c'était terminé)
"Nous sommes en guerre", disent les mêmes manifestants au Washington Post dont la reporter Shibani Mathani a suivi tout particulièrement six jeunes hong-kongais, un groupe d'amis passés experts en confection de cocktails molotov. Ce qui intéresse la journaliste, c'est que ces six-là ne sont pas des étudiants mais des "cols blancs, avec des emplois stables et plutôt enviables" dans des tours de bureaux. Ils expliquent avoir rejoint la contestation à force d'attachement aux idées démocratiques (à commencer par cette idée simple de pouvoir élire eux-mêmes ceux qui les dirigent) et à force d'indignation face à l'ampleur des violences policières.
2/ Patriarcat et féminicides en Russie :
La presse russe, depuis samedi, n'utilise pas le mot "féminicide", comme nous le ferions ici, pour décrire le meurtre de sa victime Anastasya Echtchenko. Elle y préfère des gros titres plus complaisants, faciles, comme celui d'Argumenty y Fakty qui explique que "Napoléon a avoué le meurtre de sa Joséphine". Mais il y a tout de même, avec les jours qui passent et les langues qui se délient, quelque chose d'une prise de consience qui s'ébauche sur les violences conjugales (qui sont un problème massif en Russie) et sur l'emprise qu'un vieux mâle tout-puissant peut exercer en toute impunité dans une institution, l'université russe, qui selon le site d'info Meduza avait connaissance depuis des années des "relations" que Sokolov entretenait avec plusieurs de ses étudiantes... pour ne pas parler de comportements de prédateur sexuels et de "tyran cruel", tel que les décrit l'agence nationale d'information RIA.
via Seb :
Rappel: La Chine a des camps de concentration où elle entasse 1,5 million de Musulmans.
On apprend également maintenant qu'ils PRÉLÈVENT DES ORGANES DE FORCE POUR LES VENDRE.
Pourtant, vous voyez, je pense qu'on en entendra pas un mot au journaux télévisés.
Article :
Un crime contre l'humanité qui touche les personnes incarcérées et les minorités religieuses.
Un vainqueur de tournoi de Hearthstone, Hong-Kongais, a été interviewé après sa victoire et a dit "je soutiens les manifestants à Hong Kong".
Ni une ni deux, Blizzard a banni le joueur de la compétition, a ANNULE ses gains, et a annoncé qu'ils ne travailleraient plus avec les 2 interviewers. Au prétexte d'une règle du tournoi qui autorise Blizzard à kick un joueur menaçant la réputation de Blizzard.
Visiblement l'argent de la Chine est plus importante que les Droits de l'Homme. GG Blizzard.
La Chine poursuit, dans l'indifférence polie de la communauté internationale, son travail d'élimination des Ouighours. Le Dailymail révèle qu'ils détruisent désormais les cimetières musulmans, pour être tout à fait sûr qu'il ne reste rien de ce peuple.
via Reddit
Comme la rhétorique chinoise qualifie désormais les manifestations de « révolution de couleur » et de « signes de terrorisme », une action militaire ne peut être exclue.
C'est sympa, pour les 30 ans de Tian'anmen
Je me note ça là pour ne pas l'oublier :
Premières humaines génétiquement modifiées :
Une équipe de l'Université de Shenzhen annonce avoir modifié l'ADN de deux jumelles nées ce mois-ci pour les rendre résistantes au virus du SIDA.
Et le président ukrainien veut aussi instaurer la Loi Martiale dans son pays. C'est finalement cela qui semble inquiéter avant tout Ukrainska Pravda qui liste les conséquences que pourrait avoir cette chape de plomb sur les institutions démocratiques.
« Je pensais que les toilettes étaient le seul endroit au monde où j’avais droit à ma vie privée mais on m’observe jusque-là. »
Pourtant, Lei Feng est un pur produit de l'imagination de Mao qui le fait exister en 1963. Du jamais vu dans l'histoire de la propagande communiste chinoise. Dans son journal intime, probablement un faux, Lei Feng écrit qu'il "veut travailler avec diligence pour devenir un bon soldat de Mao et un membre modèle du Parti". Et qu'il veut être "la vis révolutionnaire qui ne rouille jamais".
Je ne prendrai plus jamais l'ascenseur en Chine
Coup de bol : je n'y vais jamais.
Comme le dit Me Eolas sur Twitter : c'est une histoire de Stephen King avec un titre du Gorafi...
C'est épouvantable de cynisme : de l'art produit en masse, comme des biens manufacturés. Parce que la main d’œuvre est bon marché.
EDIT : le village est même devenu un lieu de visite pour les touristes https://www.tripadvisor.fr/Attraction_Review-g297415-d2051368-Reviews-Dafen_Oil_Painting_Village-Shenzhen_Guangdong.html
Il est des jours où ce monde m’écœure plus que d'autres.
Je crois que la Chine a trouvé la forme ultime de la censure : en faire un jeu...