Le 25 août 1944, 124 hommes, femmes et enfants du village de Maillé, en Indre-et-Loire, étaient abattus par la Waffen-SS. Mais la France n’a retenu de cette date que celle de la Libération de Paris. Aujourd’hui, les habitants commémorent dans l’indifférence de l’Etat les 80 ans de la tragédie.
Effectivement : je n'en avais JAMAIS entendu parler. A croire que dans l'histoire nationale, il ne peut pas s'être passé deux choses le même jour.
Je suis tombé sur et article via https://larepubliquedeslivres.com/ce-quelque-chose-dabsent-qui-tourmentait-laurent-mauvignier/
Un petit compte-rendu rapide de lecture, ou comment une conférence donnée par un prisonnier polonais dans un camp soviétique pourrit bien vous donner envie de lire La Recherche du temps perdu.
Au fait, je ne l'ai pas précisé dans l'article, mais c'est très court.
Une extrême droite puissante mais résistible, et un pouvoir d’« extrême centre » aux mains de « libéraux autoritaires » prêts à tout pour demeurer aux commandes. Brossée à grands traits, une telle situation caractérise autant la France du début des années 2020 que l’Allemagne du début des années 1930, à lire le dernier ouvrage de l’historien Johann Chapoutot, intitulé Les Irresponsables. Qui a porté Hitler au pouvoir ? (Gallimard).
Un livre impressionnant qui se concentre sur les agissements de la « petite oligarchie, désinvolte, égoïste et bornée qui a fait le choix, le calcul et le pari de l’assassinat d’une démocratie : des libéraux autoritaires qui, convaincus de leur légitimité supra-électorale, persuadés du bien-fondé de leur politique de “réformes” (le mot était déjà omniprésent en 1932), infatués de leur génie, de leur naissance et de leur réseau, ont froidement décidé que la seule voie rationnelle et raisonnable pour se maintenir au pouvoir et éviter toute victoire de la gauche, était l’alliance avec les nazis ».
Vu sur Brief.me :
Depuis 1945, 35 millions d’obus et engins divers (mines, bombes, etc.) ont été désamorcés et 450 tonnes d’engins explosifs sont collectées et détruites chaque année en France
Parce que je sais que ça vous passionne, voilà ce qu'Apathie avait dit sur RTL en février :
Chaque année, en France, on commémore ce qui s’est passé à Oradour-sur-Glane, c’est-à-dire le massacre de tout un village. Mais on en a fait des centaines, nous, en Algérie. Est-ce qu’on en a conscience ?"
Je n'ai pas spécialement de sympathie pour Apathie, mais sur ce coup, il a raison. Et Sotto, même s'il a la décence de prendre des précautions oratoires ("j'y connais rien mais je vais quand même ouvrir ma gueule"), a tort.
Je cite le premier commentaire du fil Reddit, parce qu'il me semble qu'il a tout dit :
L'Histoire c'est les Nazis qui ont massacré des civils dans le village d'Oradour, en les fusillant et en les cramant dans une église. L'Histoire c'est les colons français qui ont massacré les populations algériennes notamment en les asphyxiant dans une grotte dans le but explicite de les tuer.
Mais la Mémoire n'a retenu qu'Oradour sur Glane, symbole de la barbarie Nazie, qui n'est même pas le seul exemple mais qui est le seul qu'on retient et qu'on enseigne à l'école. Et la barbarie des colons en Algérie c'est silence radio.
Donc quand Thomas Sotto dit "j'y connais rien mais quand même, comparer ça aux Nazis c'est un peu excessif" ça illustre parfaitement notre manque de mémoire sur l'Histoire de l'Algérie et la "sacralisation" (c'est pas le bon terme, je sais pas comment dire autrement) de l'horreur Nazie à Oradour qui rend insupportable toute comparaison avec des faits historiques pourtant comparables dans les actes et l'horreur.
La colonisation, dans sa globalité, ça a été une suite de massacres. La conquête de l'Algérie, ça ne s'est pas fait dans l’allégresse. Les décolonisations, ça s'est fait dans le sang. Avec, en Algérie, l'emploi de gaz, ce que la France, aujourd'hui encore, se refuse à admettre publiquement (même si c'est désormais, et au moins depuis une enquête de XXI il y a 3-4 ans, un secret de polichinelle). Et entre les deux, on aura traité les "autochtones" comme des esclaves. Lisez au moins "Terre d'ébène" d'Albert Londres, tiens, pour voir les bienfaits de la colonisation à l’œuvre. Ou lisez "Congo, une histoire" de David Van Reybrouck, si vous voulez taper sur les belges aussi.
Ce n'est jamais bon d'instrumentaliser l'Histoire, dans n'importe quel sens. Il faut prendre les faits comme ils sont, tan t pis si ça écorne le "roman national".
En France , Mein kampf est dans le domaine public depuis 2016.
Le Journal d'Anne Frank n'y est toujours pas, ses ayant droits s'y opposent (et cumulent les procès pour empêcher toute communication du manuscrit).
Par pure charité, je n'ajouterai pas une pierre supplémentaire à ce monument dressé à la bêtise.
Voilà pourquoi je dis que l'Ukraine va perdre cette guerre : la Russie a deux "atouts" qu'elle n'a pas :
J'aime beaucoup ce genre d'analyse qui déconstruit un peu quelques mythes : les nazis étaient des ordures, pas des abrutis, et les opérations d'intox n'ont fonctionnées qu'à la marge - avec toutefois comme résultat de plonger l'adversaire dans l'expectative : le débarquement aura lieu, mais où et quand ?
EDIT : juste une remarque sur la fin de l'interview, sur l'adhésion des allemands au régime nazi, et sur les "apolitiques", plus ou moins partisans du régime, mais qui suivent le "régime en place". Déjà, il y a une contradiction dans les termes, ce qui tend à démontrer que l'apolitique n'existe pas.
Ensuite, cela n'a rien d'étonnant : pour les conscrits nés à la fin des années 20, ils n'ont connu que le nazisme.
Le Commando Kieffer est le seul bataillon français du jour du débarquement. Cela suffit presque à fabriquer une légende en soi. Cette unité porte le fameux béret vert, ils sont jeunes, ils ont rejoint la France libre et ont été formés dans un camp d’entrainement en Ecosse pour mener des actions coup de poing. Le commando Kieffer fait œuvre de compensation et lave la honte de Vichy. Le courage de ses hommes est rendu célèbre dans le film Le Jour le plus long avec John Wayne en 1962. Enfin, un hommage public, un peu de notoriété, diront certains ! Car du côté de l’État français et de l’armée, l’histoire du Commando Kieffer nous dévoile un oubli bien français. Journaux intimes et archives familiales font enfin parler la grande muette, mal à l’aise avec ces hommes, la plupart engagés volontaires dans la France libre, non militaires de carrière, parfois indisciplinés, engagés sous le sceau du secret à défendre la nation.
J'avoue piteusement ignorer cette histoire.
En revanche, dois-je vraiment avouer que l'ingratitude de la mère patrie ne me surprend guère ?
EDIT : autres liens :
https://www.france24.com/fr/france/20240528-d%C3%A9barquement-en-normandie-les-177-du-commando-kieffer-ont-tous-retrouv%C3%A9-un-visage
https://www.lunion.fr/id605249/article/2024-06-02/lentretien-du-dimanche-les-hommes-du-commando-kieffer-etaient-des-gens-tres
Bon, coupez moi l'accès à YouTube ou je vais y passer la journée - vous savez ce que c'est, vous regardez un truc, ça vous propose autre chose sur le même thème, etc.
Bref : je viens de découvrir comment Ladislas de Hoyos, que j'avais toujours considéré comme le monsieur chauve avec un nom rigolo qui présentait le JT quand j'étais petit (1984-1989... ah oui, quand même) était en fait LE type qui avait permis d'identifier formellement Klaus Barbie en 1972.
En partant du constat que la Shoah n'est pas montrable, ce film (a priori assez choquant... et pourtant ne montre rien) se focalise sur le quotidien du directeur du camp d'Auschwitz, dans sa belle maison adossée au camp d'extermination... La "zone d'intérêt", pour les nazis, désignant les 40 km² autour du camp.
On ne voit rien, mais le camp est toujours présent à l'image, en arrière-plan, ou dans les pensées, ou dans les bruitages, et ça à l'air assez terrible :
j'ai fini par oublier le bruit de fond ; quand j'ai fini par m'en rendre compte, je me suis détesté
Choisir de filmer la banale vie de famille d'un homme et de sa famille, finalement, c'est revenir à la banalité du mal conceptualisée par Hannah Arendt :
le véritable effroi, c'est de voir un homme ordinaire [Eichmann],médiocre
J'ai à la fois envie et très peur de voir ce film...
Dans le même genre, j'ai un souvenir très net de Amen de Costa Gavras, qui s'attache à montrer que tout le monde était au courant et personne n'a rien fait, tout le monde avait une bonne excuse et personne n'était responsable, du petit fonctionnaire tatillon dont le boulot était juste de coordonner des trains... juste des trains... aux alliés pour lesquels les camps n'étaient pas un objectifs stratégiques, en passant par l’Église, et c'est le cœur du film de Costa Gavras, qui s'est consciencieusement appliquée à regarder ailleurs, quand bien même des ecclésiastiques avaient envoyés des rapports circonstanciés sur ce qui était en train de se passer. Et le passage d'interminables convois de wagons rythme le film.
(Un résumé ici : https://billetterie.memorialdelashoah.org/fr/evenement/amen-de-costa-gavras)
Jusque dans les années 1970, la Shoah est taboue. L’histoire de ces juifs est inaudible. “Quand je racontais mon histoire, tout le monde éclatait de rire en me disant que je mentais. D’autres, me disaient que les juifs se plaignaient tout le temps”, explique Boris Cyrulnik. “Certains m’ont même dit “tu sais, pour nous aussi, c'était dur, on n’avait plus de beurre”.
Boris Cyrulnik
TIL : Il y a eu un pseudo-tour de France en 1942, et ça n'a pas été très reluisant.
Mais, organisée à la hâte, basée sur des données approximatives et improvisée tout au long du parcours, la course tant attendue vire au fiasco : retards délirants obligeant les coureurs à rouler la nuit ; concurrents perdus dans l’obscurité ; une étape raccourcie de moitié, une autre où la ligne d’arrivée est déplacée ; pire encore, un directeur de course qui embarque un coureur retardé sur une moto de l’organisation pour lui faire rattraper son retard… ou qui en menace un autre s’il refuse de participer à la course.
C'était bien Twitter quand même (oui, dans ma tête, c'est déjà mort), surtout pour des choses comme ça : le témoignage du grand-père évadé du stalag en 1943. L'histoire par celui qui l'a vécue : au retour, en 1944, il écrira toute son aventure, avec cartes et dessins inclus.
Sous le slogan « Ni bolchevisme ni fascisme », ils proclamaient leur hostilité aux partis politiques.
Le "ni de droite ni de gauche (mais surtout pas de gauche)" de l'époque.
Article intéressant.
Au-delà de l'inexactitude factuelle de la thèse de E.Z., ce qui me rend dingue, c'est que ça ne choque absolument pas ses partisans de dire une énormité telle que "Pétain a protégé les juifs français et envoyé les juifs étrangers à la mort", comme si c'était quelque chose de glorieux.
Venez pas me dire que je suis naïf, s'il vous plait. Je dis juste que ça m’écœure.
L'est nul ce titre. Moi j'aurais mis : "A Vichy, la pastille ne passe pas".
Bon, si vous avez besoin de ma collaboration vous savez où me trouver uhuhuh.
Nan mais en vrai je suis en état de choc là. Je viens de voir EZ pointer un fusil de sniper sur un groupe de journalistes en se marrant, il va me falloir du temps pour accepter que je vis dans une série de SF dystopique.
Au Japon, l'activité volcanique a fait émerger un petit ilot. Ca arrive assez souvent. Ce qui est plus rare, c'est qu'il a fait remonter des épaves de la seconde Guerre Mondiale.