Estimer qu’un journaliste qui a fait des révélations sur un parti politique est incapable de couvrir honnêtement (le mot «objectivité» est un mot piège en matière de journalisme) un évènement de cette organisation, c’est participer à la décrédibilisation de l’ensemble de la presse. Alors qu’une partie de la presse sous l’empire Bolloré subit justement une «déjournalisation» de ses pratiques, ce n’est vraiment pas le moment de briser la confiance envers ceux qui, à Libération et au Monde (entre autres), pratiquent un journalisme rigoureux.
Le fait que des journaux étiquetés à gauche enquêtent aussi sur des partis politiques et des personnalités de gauche prouvent bien leur professionnalisme et leur attachement à la vérité journalistiquement établie selon les règles de notre métier. Le simple fait que la décision de Jean-Luc Mélenchon ne semble souffrir en interne d’aucune contestation, n’ait d’ailleurs fait l’objet d’aucuns débats dont nous aurions pu avoir l’écho, valide, s’il en était besoin, l’enquête des deux auteurs de la Meute.
CQFD
La Meute raconte comment l’ancien ministre de Lionel Jospin a verrouillé de l’intérieur le mouvement qu’il a fondé. Le grand public a pu, au fil des années et de certains événements qui ont marqué la vie interne du mouvement insoumis, être informé des accès de violence de Jean-Luc Mélenchon, de son goût pour les purges, de son peu de goût à l’inverse pour la démocratie interne et les débats collectifs sur la stratégie à suivre. Mais le livre de nos confrères démontre, en s’appuyant sur d’innombrables exemples et témoignages de proches, anciens ou actuels, de militants, anciens ou actuels, qu’il ne s’agit pas de faits isolés qui peuvent s’expliquer par la violence du combat politique ou par les rivalités qui sévissent dans tous les partis. Non, il s’agit bien d’un mode de fonctionnement assumé, où celui qui émet un désaccord avec le chef est du jour au lendemain blacklisté, sorti des boucles de discussion, privé d’une investiture, écarté d’une fonction dans l’appareil. Ainsi va la vie à LFI, organisation tout entière dédiée au culte du patron, où aucune tête ne doit dépasser, aucun désaccord n’est toléré.
Depuis le temps qu'on vous dit que c'est Mélenchon le problème...
Même interview, autre sujet, celui qui colle aux basques de LFI et de son leader minimo : l'antisémitisme.
Et, il faut bien le reconnaître, ils ne font absolument AUCUN effort pour éviter d'être accusés. A une époque où l'extrême-droite utilise la bombe nucléaire de l'antisémitisme pour discréditer tous ceux qui l'emmerdent (Blanche Gardin, Guillaume Meurice et j'en passe), la moindre des choses est de faire gaffe aux codes visuels que l'on emploie - sauf si on le fait exprès, bien entendu. Et je dois dire que la question doit être posée, même si ça m'emmerde au-delà du dicible d'être potentiellement d'accord avec un type comme Pascal Praud ou de sembler voler au secours d'un type comme Hanouna. :( :( :(
Parce que ce ne sont pas eux le problème, c'est l'utilisation de clichés antisémites classiques et rebattus. Feindre de ne pas s'en rendre compte, c'est être un imbécile.
Surtout quand on a un passif tel que le leur.
L'image en question, vous pouvez la voir ici par exemple (lien Instagram, compte de Joann Sfar) : https://www.instagram.com/p/DHE0yKxoHhj/?img_index=1
Sourcils froncés donnant l'impression d'un gros nez proéminent, surexposition du visage sur un fond noir sur lequel les oreilles se détachent largement. Gros nez, grandes oreilles, air méchant : on est dans la caricature typique du juif, telle qu'elle circulait dans les années 20, 30 et 40, et après aussi, dans certains milieux.
Alors, dire, comme Mélenchon :
Ce que je dis à mes camarades, c'est qu'il va falloir vérifier tout le temps la religion des gens qu’on caricature
C'est, je vais être sympa, de la mauvaise foi. Au mieux.
Une caricature qui n'est pas sans en rappeler une autre qui avait en son temps, visée Macron, lequel n'est pas juif à ma connaissance : c'est bien la démonstration par la nausée que ce n'est pas "la religion des gens qu’on caricature" qui est en cause, mais les clichés -ouvertement antisémites, je persiste- utilisés dans ladite caricature.
Mais quelle bande de cons. C'est lamentable.
Vous pouvez être en désaccord total avec les écrits de Sansal (d'ailleurs, je n'ai moi-même jamais rien lu de lui), mais s'opposer à une résolution s'élevant contre une détention arbitraire, faut vraiment être taré. C'est indéfendable. Ca veut dire quoi du coup ? Qu'à LFI on n'est pas totalement contre la détention arbitraire, ça doit être examiné au cas par cas ? Bande de tocards.
LFI est-elle un parti antisémite ?
Une qualification en effet "fausse" pour l'historien Robert Hirsch, auteur de La Gauche et les juifs (2022). Le parti n'a rien à voir avec des mouvements comme l'Action française au XIXe siècle, qui prônait un antisémitisme d’État.
En revanche, il y a eu "des dérapages importants" depuis le 7 octobre, observe l'historien, lui-même juif et membre du Réseau d'actions contre l'antisémitisme et tous les racismes. Il cite le refus d'élus insoumis de qualifier le Hamas d'organisation "terroriste", au lendemain des massacres commis par le mouvement islamiste palestinien en Israël. En réponse, LFI a répété qu'elle ne minimisait pas la gravité de ces attaques, préférant le terme de "crimes de guerre", en référence au droit international.
AMHA, pour résumer :
Parce que ce n'est -évidement- pas pareil. Dire, comme Mélenchon, que l'antisémitisme est "résiduel" en France, il y a de quoi s'étouffer dans son vomi. Qualifier d’antisémite une critique envers un gouvernement génocidaire, c'est de la basse manipulation, et dans le meilleur des cas de la bêtise crasse. Mais en retour, qualifier de sioniste la politique de colonisation d'Israël, c'est jouer avec le feu. Il faut appeler un chat un chat : le sionisme, à l'origine, c'était la construction et la défense d'un État juif en Palestine. Mais c'est à double tranchant : on critique quoi ? Le colonialisme de l’État hébreu, qui ne respecte pas les décisions de l'ONU, ou bien le droit des juifs à avoir un État ? Le terrain est glissant.