Ce sont deux des mille exemples de symétrie que l’on rencontre partout dans les discours sociaux : toute opposition binaire entre deux éléments quels qu’ils soient (des gens, des genres, des peuples, des races, des classes, des religions, des belligérant.e.s, des mort.e.s, de simples opinions ou positions) est susceptible d’amener l’argument de la symétrisation, c’est-à-dire la mise en équivalence des éléments en cause.
[..]
La dénonciation d’un « racisme antiblanc » est un excellent exemple, le meilleur peut-être, de symétrisation idéologique (la question se pose différemment selon les aires géographiques et culturelles et je parle ici plutôt de la situation française ; et je parle de l’opposition blanc/noir mais le « racisme antiblanc » concerne également les arabes et l’ensemble des non-blanc.he.s). L’affirmation de l’existence d’un racisme antiblanc repose sur une analogie : les attaques des noir.e.s fondées sur la couleur des blanc.he.s seraient équivalentes aux attaques des blanc.he.s fondées sur la couleur des noir.e.s, et relèveraient donc du racisme. Je n’ai pas fait de recherche étymologique sur l’origine de l’expression dont l’emploi courant semble daté des années 1980, émanant du Front national pour certains ; aux États-Unis, on parle de « reverse racism« , la notion d’inversion manifestant bien la dimension symétrique. Mais cette symétrie fondée sur l’analogie gomme l’essentiel, c’est-à-dire l’histoire, le point d’énonciation et le contexte.
[...]
La misandrie est également, et surtout, un argument : elle est au cœur du discours masculiniste qui fait des hommes les victimes des féministes, comme si le combat féministe constituait une violence structurelle envers les hommes. Elle sert aussi d’arme courante contre le féminisme en soi (les revendications féministes seraient plus motivées par la haine des hommes que par un véritable désir de changement des rapports homme-femme), ou contre une forme de féminisme (la misandrie serait un des risques du féminisme, selon Élisabeth Badinter dans Fausse route par exemple).
Perceived/actual % of population that is Muslim
Fra 🇫🇷 31/8
Ger 🇩🇪 19/6
Ita 🇮🇹 20/4
Esp 🇪🇸 16/2
UK 🇬🇧 21/5
Intéressant hein ?
Il y a néanmoins deux trucs qui me chifonnent dans cet article, c'est la localisation des actes terroristes : pourquoi Dijon ?!? L'enquête a démontré depuis longtemps qu'il s'agissait d'un type qui n'aurait jamais dû sortir de l'hôpital psychiatrique, et il y a encore des gens, journalistes ou badauds, pour donner foi à cette thèse de l'attentat ? (pareil pour Joué-les-Tours, mais j'ai moins vérifié, me sentant moins directement concerné... oui, c'est con)
Après, je reconnais que les circonstances jouent en faveur de cette obstination : quelques semaines avant Charlie hebdo, 1er du genre avec une voiture...
Le second truc : qu'on ne puisse pas s'empêcher de parler de terrorisme quand on parle d'Islam.
De toutes les images de « violence » possibles – laissons ici la critique de la supposée « violence » qui ne mène à rien – c’est l’image des révoltés de banlieue qui leur est venue à l’esprit. Pourquoi pas celle d’agriculteurs en colère qui foutent le feu, balancent fruits et légumes comme cela a pu déjà se produire, ou encore celle de syndicalistes qui séquestrent leur patron ? Non, c’est l’image d’une banlieue en explosion qui leur sert de support pour dire que ce n’est pas ainsi qu’il faut résister. Pourtant c’est sur ceux qui sont censés mal s’y prendre que s’abat le contrôle policier permanent avec toutes les violences qui en découlent, et pas sur ces deux hippies fiers de s’être retirés de la société. D’ailleurs, peut-être doit-on s’interroger sur les conditions rendant possible une vie, ou des aspects de sa vie (supposément) en dehors du système ? C’est quand même pas donné à tout le monde il faut le dire.
L'opposition individus / groupe est particulièrement pertinente :
On choisit de montrer des photos des uns en pleine révolte, la nuit, sans voir leur visage, simplement comme des « meutes » enragées, et pour les autres, on montre des photos où on voit leur visage car ce sont des personnes bien distinctes ayant droit à l’individualité, l’humanité, et pour qui on peut donc ressentir de l’empathie. C’est d’ailleurs un classique des jeux d’oppositions racistes par les images (la série Homeland excelle dans ce registre) : foule non blanche, bruyante, désorganisée, sans individus se dégageant VS individus distincts blancs, qui ont une pensée etc.
via Tommy (et d'autres)
A lire.
Mais n’ayons pas peur de cette période de backlash sévère et disons-le une fois pour toutes : en France, on ne subit pas de discriminations parce qu’on est blanc. On peut être blanc et subir une discrimination parce qu’on est de classe sociale inférieure, handicapé, femme, lesbienne, gay, trans, trop âgé, trop jeune, à cause de son accent, trop gros, trop maigre etc.
Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, recommande que des sanctions disciplinaires soient prises contre cinq policiers que des photos postées sur internet en 2014 montraient déguisés en Noirs lors d'une soirée privée, rapporte l'AFP. Le Défenseur estime que ces cinq policiers ont «manqué gravement à leur devoir d'exemplarité» et «manqué de discernement» en «publiant sur les réseaux sociaux des photographies à caractère raciste».
"C'était un accident."
Le 13 mars, dans un débat filmé de deux heures sur la plate-forme de diffusion en direct Twitch, ce spécialiste du jeu vidéo a confié à un autre vidéaste, dit « Destiny », ses vues sur l’immigration aux Etats-Unis. « Une nation est supposée être un groupe lié par sa culture, si ce n’est par ses gènes, appelez ça comme vous voulez », a-t-il expliqué en détaillant que les Etats-Unis étaient pour lui « fondamentalement un pays européen », à la stupéfaction de son interlocuteur.
Reprenant des thèses très en vogue dans les milieux d’extrême droite, il a plaidé pour la défense de l’histoire blanche des Etats-Unis. « Les Blancs ne peuvent pas accepter de devenir une minorité dans les pays où leurs ancêtres sont nés si cela ne s’applique pas aux autres pays »
Ce qui m'a immédiatement fait penser à ceci :
http://imgur.com/gallery/YMMyxAT
Il n'y a pas si longtemps, Danette : http://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/?YCbu4g
Ils n'apprennent donc rien ?
Arrêtez de vous acharner sur ce pauvre François Fillon !
Ok, on va s'intéresser à ceux qui l'entourent alors.
Le racisme de Gala, entre le "tissu de mardi gras" du haut-commissaire du Swaziland et la coiffure afro "ridicule" d'Omar Sy.
Encore beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail d'éducation à faire.
Le «blackface», terme qui désigne le fait de se grimer en «personne noire», est l’objet de fréquentes polémiques en France, où encore beaucoup de gens ignorent ou nient son caractère raciste.
Attention, les propos qui suivent risquent de faire très mal aux émétophobes. Les autres, prenez un sac assez grand, merci.
On a vu des déclarations choquantes d' @EmmanuelMacron . Il a promu une société multiculturelle contraire à nos valeurs @LCI
https://twitter.com/ECiotti/status/838829171166044160
Retenez-vous encore un peu, il y en a encore :
Cette France multiculturelle qu'essaie de promouvoir #Macron est contraire à toutes les valeurs de la République @LCI @24henquestions
https://twitter.com/ECiotti/status/838829434580975618
Spoiler : je déteste Macron. Mais comparé à ce que je ressens pour Ciotti, c'est quasiment de l'amour.
Ah merde, vous en avez foutu partout.
EDIT : oh sinon, je me garde celle-ci de côté, pour le plaisir de la ressortir :
.@FrancoisFillon sera élu Président de la République, j'ai senti une forte mobilisation chez les électeurs de droite
https://twitter.com/ECiotti/status/839020851500625920
Théo, 22 ans, agressé le 2 février par quatre policiers de la Brigade spécialisée de terrain (BST), dont l'un qu'il accuse de l'avoir violé avec une matraque alors qu’il était en chemin pour rendre une paire de baskets à une amie de sa sœur, n’est semble-t-il pas un cas exceptionnel.
Non, sans blagues ?
"On le connaît dans le quartier, c’est le même que celui qui a pénétré Théo avec sa matraque, tout le monde l’appelle 'Barbe Rousse'."
Mohamed K. explique que les trois fonctionnaires lui "font des croche-pattes" tentant de le "mettre à terre". Une fois dans l’immeuble, il reconnaît le "petit jeune arrêté juste avant moi, qu’ils sont en train de déshabiller". Là, le contrôle dégénère :
"Ils me frappent, coups de pied, coups de poing au visage, dans le ventre, dans le dos, je saigne parce qu’ils m’ouvrent le crâne, je leur dis que je suis essoufflé, ils me traitent de 'sale noir', de 'salope', ils me crachent dessus."
"'Barbe Rousse' me cogne avec sa matraque. Un des policiers me braque à bout portant avec son Taser, et me dit 'laisse-toi faire ou je te tase'."
Je vous rappelle la ligne de défense du policier accusé de viol :
C'est un tout jeune fonctionnaire de police de 27 ans. C'est un garçon paisible, calme, qui n'a jamais eu affaire à la justice. Et il est totalement dépassé par ce qui lui arrive. Il constate chaque jour qu'il est décrit comme un monstre, c'est compliqué pour lui.
Un garçon paisible et sans histoire. Je n'ose pas imaginer ce que ces gens qualifieraient de, par exemple, "grosse brute raciste sans cervelle".
Vive Tonton Roger et son lien vers WaybackMachine \o/
Il ne s’agit là que d’une seule raison. La plus importante de toutes est qu’en nommant « blanc » un blanc, on ne l’appelle plus français, ni gaulois, ni rien d’autre de spécial. On cesse de le rendre les blancs spéciaux et supérieurs en les appelant « blancs » comme ils nous appellent « arabes » et « noirs ». Ainsi les blancs ne sont plus spéciaux, ils sont comme nous. Ce faisant, les blancs cessent d’être une référence. Ils ne sont plus quelque chose par rapport à quoi il faut se référer, par rapport à quoi on doit se comparer. Ils ne sont plus le modèle à suivre. Ils ne sont plus le centre de la société.
En appelant « blancs » les blancs, nous les ramenons à notre niveau. Nous ne leur disons pas « nous sommes comme vous » mais bien « vous êtes comme nous » et cela fait toute la différence. Ce nous est un nous politique, et appeler « blancs » les blancs est un acte politique car cela change l’ordre social établi.
Elle admettait avoir peut-être commis une « faute » mais jurait qu’elle était « ouverte à toutes les cultures ». Pour preuve, ajoutait-elle, un selfie réalisé avec « cinq hommes noirs » venus, un jour, vers elle.
Chuis pas raciste, j'fais même des selfies avec des nègr... euh des noirs, pardon.
Juste pour garder une trace.
https://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?vMOQBw
Dès le titre, vous savez que c'est un blanc.
"Suspect". Pas "terroriste".
Qui va appeler tous les blancs à se désolidariser de cette ordure ? Personne.
Quel chrétien va lancer le hashtag "#NotInMyName" ? Aucun.
Une personne non-blanche appelle la police pour prévenir de la fusillade.
Alors qu'elle tente de porter secours après avoir prévenu la police de l'attaque, elle est considérée comme suspecte et enfermée toute la nuit, avant d'être, enfin, considérée comme témoin.
Ce qui n'est pas sans évoquer ceci : http://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/?i56p2A
l’identité du terroriste Alexandre Bissonnette, malheureusement connu de plusieurs militants à Québec pour ses prises de positions identitaires, pro-Le Pen et anti-féministes
Merci à Vader, qui a retweeté @Assma_MD de me confirmer que j'avais raison :(
Bjr, la LICRA est à ce jour la seule organisation antiraciste à reconnaître et avoir fait condamner le racisme anti-blanc.
Ce devient puant la LICRA :(
Incendie à #Pantin : des jeunes de la cité volent au secours des résidents...puis se font contrôler par la police.
Un jeune non-blanc qui sort en courant d'un immeuble en flammes, c'est forcément un criminel, pas un héroïque sauveteur. Misère.