"Le constat de Didier Fassin n’est pas « antiflics » comme une lecture rapide de son livre pourrait le laisser croire ; parmi les policiers se dessine la lassitude d’une profession pressée par le pouvoir politique de « faire du chiffre »."
"L’observation que je fais, c’est celle d’un décalage entre l’image de policiers toujours sur le terrain et la réalité. Pour autant, il ne s’agit pas de suggérer que les policiers ne travaillent pas : ils ne peuvent pas produire plus de délits qu’il n’y en a d’accessibles. Un vol de téléphone portable, c’est un acte extrêmement rapide, et même la brigade la plus rapide n’arrive quasiment jamais à temps pour attraper le voleur.
Les policiers se plaignent souvent de n’avoir eu qu’un ou deux appels pendant une nuit, pour des faits mineurs, alors qu’ils apprennent le lendemain qu’un cambriolage ou qu’un crime a été commis, sur lequel ils ne sont pas intervenus."
Il en résulte que... les policiers s'emmerdent ! D'après le chercheur, cela a deux conséquences :
Tl;DR, mais j'ai quand même lu en diagonale.
Un extrait qui donne le ton : "Comment peut- on encore user de l'argument du laxisme alors que nos prisons sont bourrées à craquer? (+ de 10 000 personnes détenues en + de ce que les capacités des prisons permettent) Je ne comprends pas. Vraiment, je ne comprends pas.
Je comprends encore moins que l'on bloque encore sur l'idée du durcissement des lois et des peines comme solution crédible et viable pour lutter contre la délinquance. C'est à se taper la tête contre les murs en fait.
Les contres exemples s'entassent, les faits parlent d'eux même, mais non.
Et puis sérieusement, quel sens ça a de parler de "durcissement de peine" au regard des conditions de détentions actuelles? Humiliations, privations, violences, menaces, bafouement des droits fondamentaux, vie privé zéro, enfermement, j'en passe et pas des moindres. Mais en fait non, faudrait que ce soit encore plus dur, là ça ne l'est pas assez pour être dissuasif. OK."
La France, de plus en plus un Etat de non-droit...
Le système STIC, le plus gros des fichiers policiers, fiche la moitié de la population française, sans cadre légal. Le policier Philippe Pichon a été mis à la porte pour l'avoir dénoncé. Jeudi, la justice examine son recours.
"Ce qui a précédé la manifestation du 17 octobre et la rafle de près de 12 000 algériens fait partie du tabou de l’histoire de France. Les documents d’archives que publie aujourd’hui OWNI ne laissent pourtant aucun doute sur la violence policière assaisonnée au silence de Maurice Papon qui s’était installée dans le pays."
"17 octobre 1961 : à Paris coulent la Seine et les cadavres. On en dénombre au moins 200 pour cette nuit-là. À lire les documents et les notes de la Préfecture de police de Paris, la tragédie est le résultat d’une politique de violences policières planifiée, voulue en haut lieu. Et soutenue alors que les autorités n’ignoraient rien du caractère pacifiste de la manifestation organisée par le Front de libération nationale (FLN) algérien."
La CNDS (Commission nationale de déontologie de la sécurité) est indépendante et impartiale, et son dernier rapport attaque sévèrement les abus commis par les services de police. Un projet de loi propose de... la supprimer, évidement.
La saga Hadopi résumée
"Le terrorisme fait beaucoup moins de morts qu'il ne fait de paranoïaques. C'est l'origine-même du mot "terrorisme", et son objectif : qui cherche à faire peur."