Race, islamophobie, intersectionnalité : ces mots qui restent tabous en France
> Le concept a pourtant trente ans maintenant, puisqu’il remonte à un article de 1989 de Kimberley Crenshaw, une juriste américaine, noire, qui s’inscrit dans le mouvement du black feminism aux Etats-Unis. Professeure de droit à UCLA, et à Columbia University, Crenshaw endosse dans cet article de 1989 une approche critique de la lutte traditionnelle contre les discriminations. Elle entend montrer en quoi les femmes noires sont au fond au moins deux fois victimes (en tant que noires, et en tant que femmes), et peinent à faire reconnaître par la justice les multiples discriminations à l’emploi qu’elles subissent, et qui parfois se renforcent (parce que noires et parce que femmes).
> A l’origine, c’est ce point aveugle du droit que vise l’intersectionnalité. Aujourd’hui, il recoupe largement l’idée de ce qu’on appelle "la convergence des luttes" dans le champ militant, en vantant une approche plurielle de la domination pour dire que les discriminations sont multiples, et qu’elles peuvent tenir ensemble (mais pas toujours) le genre, la classe sociale, la race, ou encore l’orientation sexuelle, la religion ou le handicap.
2019-03-22 - permalink -
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