Note: Rimworld : vie et mort d'une colonie
Tout s'est passé tellement vite. .. Je commençais à faire des affaires rentables avec les caravanes, j'étais en train de construire un hôpital, j'avais déjà posé le carrelage stérile, le déplacement des lits était programmé...
Tout s'est passé tellement vite. J'étais en train de construire la table pour les dissections lorsque *c'est* arrivé.
J'avais déjà eu des raids, bien sûr. Mais ils m'avaient donné un faux sentiment de confiance. Des arriérés en guenilles, des mercenaires idiots - je ne vous ai pas raconté cette fois où ils ont creusé un long, très long tunnel pour m'attaquer depuis l'intérieur de ma base, mais d'un coup, sans doute pris de fatigue, ils ont renoncé et ont fait demi-tour. Et il y avait de quoi avoir peur, l'un d'eux était armé d'un homard...
J'ai eu des événements rigolos (un réfugié poursuivi par une menace mystérieuse, qui s'est avérée être une bande de castors enragés qu'il avait provoqué en se moquant d'eux) ; d'autres tragiques (des prisonniers à garder en sécurité pendant 8 jours pour l'Empire. Lorsque la navette est venue les chercher, l'un d'eux est mystérieusement mort après y être monté. Pauvre bougre. Il a sapé le moral de toute la colonie) ; et des demandes de nobles en cours de réalisation, comme construire un monument gigantesque pour l'édification des foules.
Bref, tout se passait bien. Trop bien peut-être. Dans le monde du bord de la galaxie, il faut toujours rester en alerte.
Tout s'est passé tellement vite. Un raid. Un raid qui devait être comme les autres. 4 individus même pas lourdement armés, l'un d'eux montés sur un bison, ou un autre gros animal, pardonnez ma mémoire défaillante, je suis encore sous le choc. Rapidement, ils débordent mes 3 défenseurs, détruisent en quelques secondes mes éoliennes, mes panneaux solaires et les entrepôts frigorifiques brûlent déjà lorsque je parviens à les faire reculer. Je dois, dès lors, lutter sur deux fronts : finir d'anéantir la menace armée, et éteindre l'incendie. C'était le début de la fin, mais je ne le savais pas encore.
A la seconde où la dernière de ces ordures rendait son âme maudite au créateur (d'après nos croyances, il s'agirait d'une belle dame en robe bleue), un second raid est annoncé.
Pas le temps de soigner les blessés, et hors de question d'attendre les assaillants l'arme au pied : on va au contact, tout en commençant de réparer les dégâts (c'est le stock de bouffe qui est en péril, l'avenir de la colonie est en jeu).
Tout s'est passé tellement vite. Cassandra, pourquoi m'as-tu fait ça ?
Mon chasseur se fera descendre héroïquement en défendant son foyer, mon scientifique, après avoir courageusement tenu bon au milieu de toutes ces épreuves, a brutalement décompensé et est retourné à l'état sauvage. Il finira par périr brûlé vif dans le gigantesque incendie qui ravageait les alentours de la base, sans une seule fois être revenu à la conscience de sa valeur. Après, ce fut la spirale de la lose, de plus en plus rapide, de plus en plus fun. J'ai perdu le fil précis des événements, mais vous savez ce que c'est : un colon trop fatigué, trop affamé, trop triste rentre dans une crise de rage incontrôlable et tue le colon le plus proche. Pas de bol, c'était le cuisinier, et le seul restant qui avait les compétences nécessaires pour reconstruire les éoliennes, les panneaux solaires, les batteries, les climatiseurs... Les survivants s'agitent encore quelques jours, mangent de la viande crue, puis du cadavre humain, puis meurent l'un après l'autre, qui d'infection, qui de ses blessures mal soignées, qui de désespoir, allez savoir.
C'est un bien triste souvenir, en vérité, que le spectacle de ces deux malheureuses naufragées, qui auront lutté jusqu'au bout : elles ont tout réparé (sauf ce qui dépassait leurs compétences en construction, et c'est ce qui causera leur perte), charrié des monceaux de débris, enterré je ne sais combien de cadavres animaux et humains... pour qu'aucune rédemption ne vienne finalement récompenser leurs efforts. L'homme en noir est arrivé, comme toujours lorsqu'il ne reste qu'un colon et qu'il est aux portes de la mort. Mais même lui n'a rien pu faire, il eut fallu un homme providentiel d'une autre trempe que ce type qui avait juste le mérite d'exister, qui a fait ce qu'il a pu, mais n'avait pas, lui non plus, les compétences nécessaires au sauvetage de cette colonie en perdition. Seul un surhomme aurait pu le faire, et encore.
Je me plais maintenant à espérer que les ruines de cette colonie, qui a abrité les rêves et les espoirs de tant de vies désormais perdues, pourront servir d'abri dans le futur, à d'autres rescapés.
C'est fou le nombre de vaisseaux qui tombent sur cette planète quand on y pense.
***
J'ai relancé une nouvelle colonie juste derrière. Quand on voit ce que ça donne avec Cassandra/sauvegardes, j'ai choisi Randy/commitment.
Il n'y a pas de raisons que ça se passe mal, hein ?
2020-09-11 - permalink -
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