Je crois que c'est Kevin Mérigot qui expliquait que ce qui fait la différence de Desproges (ou Coluche) avec des gens comme Dieudonné, c'est qu'on sait d'où ils parlent, il n'y a pas d'ambiguïté. Quand Desproges fait un sketch sur les juifs, ou sur les épiciers arabes, on sait qu'il n'est pas du côté des racistes, et que ce n'est pas une attaque sous couvert d'humour. (Hop, retrouvé :
http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?wE47nw)
Si c'était Dieudonné qui disait aujourd'hui "on me dit que des juifs se sont glissés dans la salle", cela ferait (peut-être) scandale, d'abord à cause de la personnalité (limite, pur ne pas dire plus) de l'intéressé. Voilà quelqu'un qui jongle avec des concepts antisémites, en tentant malhabilement de les habiller d'anti-sionnisme : ce genre de propos à double détente prendrait donc une toute autre "coloration" dans ce contexte.
D'accord avec toi pour dire qu'une blague raciste ou sexiste reste une blague raciste ou sexiste, quelle que soit la personne qui l'a raconte. Mais on ne peut pas taxer Desproges de racisme, de sexisme ou d'antisémitisme, sauf à l'avoir vraiment très mal compris. Ce n'est pas la possibilité laissée à certains et refusée à d'autres d'exprimer certaines idées qui est ici en cause, c'est la différence entre l'humour qui prend une catégorie de la population pour cible et l’humour qui joue avec les stéréotypes pour mieux les dénoncer...
Pour en revenir au sketch de Desproges que tu évoques, prends le temps de le lire ou de l'écouter. Il est sur le fil du rasoir tout du long, mais il ne franchit jamais la ligne rouge.