Reworld : «Un conseil : ne bossez jamais pour eux» – Libération
A propos de Reworld :
> Toutes les sources que nous avons interrogées décrivent le même processus de reprise en main. Dès que Reworld s'installe entre les murs d'un magazine, les titulaires d'une carte de presse sont d'abord fortement incités à quitter l'entreprise. A «prendre la clause», comme on dit dans la profession, en vertu du dispositif permettant de démissionner avec des indemnités après un changement d'actionnaire. «On m'a fait comprendre qu'il fallait faire partir les gens, les pousser dehors. Ils ne cherchent pas des personnes ayant un style ou un point de vue», raconte un ancien responsable. Un autre confirme : «Ma première mission a été de convaincre un maximum d'employés de s'en aller. Je l'ai assumée. Les gens partaient dignement, avec un bon chèque.» L'objectif inavoué est de remplacer les journalistes porteurs de l'histoire et de l'esprit des titres par de jeunes arrivants «web-compatibles», moins nombreux, mal payés (voire stagiaires) mais dociles, trop heureux d'avoir un job dans un secteur bouché. Leurs fiches de poste les désignent comme «chargés de contenus». Peu à peu vidées des reporters, maquettistes, éditeurs et iconographes, les rédactions façon Reworld doivent tourner avec une poignée de salariés permanents, souvent moins d'une dizaine. Le serrage des coûts fixes, qui fait grossir les marges, est au cœur de la stratégie de Reworld, cotée en Bourse. Et les principaux cadres de la boîte, à qui sont distribuées des actions gratuites, sont récompensés de leur loyauté.
Bon. Les numériques et Gamekult, c'est mort, va falloir faire notre deuil.
2022-06-30 - permalink -
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https://www.liberation.fr/france/2018/10/11/reworld-un-conseil-ne-bossez-jamais-pour-eux_1684727/