Je suis désolé pour le ton condescendant mais totalement assumé du début de mon post ; ce n'est certes pas une excuse valable, mais j'étais en colère, je ne vais pas revenir sur les raisons où j'expose pourquoi. Je voulais aussi te faire réagir, et ça a marché. Cela dit, je suis loin d'être d'accord avec toi sur tes "arguments". Car, à part relever les passages où je me moque de toi et m'accuser d'autoritarisme et de développer un "complexe de supériorité", tu restes sur les mêmes bases sans beaucoup prendre en compte ce que j'ai écris.
J'écris cette réponse au fil de la lecture de ton shaare, du coup ça risque de faire un peu décousu. Par ailleurs, je ne vais pas relever tous les points où je suis en désaccord... je n'ai pas le temps, ça va t'énerver, et ça va contribuer à pourrir la shaarlambiance, déjà en voie de dégradation à cause du texte de Jean-Baptiste Beaulieu, qui n'en peut mais. (Alda, Bronco, on se fait un bisou, vite !). Je me contenterai de réagir sur certaines phrases. Concernant la mauvaise foi de certains passages, on va dire que je l'ai bien mérité avec mes "exemples simples". Ça fait un partout.
"Le rasoir féminin est une invention purement marketing : le marché étant saturé du côté des hommes, Bic et Gilette et les autres ont "inventé" un besoin chez les femmes. On ne me fera pas croire que les femmes n'utilisaient pas les seuls rasoirs disponibles (à savoir ceux "pour homme") avant ça. Et si les femmes ont délaissé les rasoirs masculins au profit de rasoirs féminins, vendus plus cher, j'imagine qu'elles y trouvent leur compte car sinon, effectivement, elles seraient trop connes." => On est d'accord sur le début de la phrase (besoin créé par le marketing), mais en total désaccord sur la fin de la phrase ("elles y trouvent leur compte"). Tout le problème est là, justement. Soit elles y trouvent leur compte, et donc, pourquoi se plaignent-elles de payer plus cher ? Soit... mais c'est toi qui le dit ;)
Tu n'as jamais dit que les femmes étaient connes ? J'affirme juste que tu les prends pour des connes : tu utilises des exemples volontairement caricaturaux (la pilule rose, la patafix rose...) et des termes péjoratifs : "elles y trouvent leur compte" ; "Qu'est-ce qu'on y peut si ce genre de baratin fonctionne ?" ; "si quelqu'un est trop con (oui, cette fois, c'est moi qui le dis) pour aller dans le rayon d'à côté au supermarché pour comparer 2 prix, je ne vois pas en quoi ça en fait une victime". Ce que j'essayais de te faire comprendre c'est : les femmes sont-elles les seules à être "victimes" de la publicité et des codes sociaux ? Et : ont-elles vraiment le choix ? Et les hommes, ont-ils le choix dans les codes sociaux ?
"Les déodorants n'ont font pas partie, me semble-t-il, car certains parfums ne sont adaptés qu'aux femmes ou qu'aux hommes. Je pense qu'il s'agit là plus d'une question de chimie que de marketing ou de culture." Là, j'ai vraiment besoin que tu m'expliques pourquoi "certains parfums ne sont adaptés qu'aux femmes ou qu'aux hommes" ; en quoi est-ce une question de "chimie" ? Si ça, ce n'est pas sexiste, je veux bien acheter un chapeau, et le manger. Si certains parfums sont plus "adaptés" aux femmes ou aux hommes, c'est justement une question de culture, voire de marketing. La peau de la femme ou celle de l'homme n'a pas de récepteur particuliers pour la rose, la violette ou le Mennen petit r dans un rond.
"Jusqu'ici, je n'ai jamais croisé la brigade "anti jambes de yéti" Et pourtant si. Tous les jours. Mais c'est tellement gros que tu ne le vois pas. Les publicités à la télévision. Dans les magazines. Les sous-entendus dans les conversations. Les magazines people qui comptent les poils de dessous de bras visibles à contre-jour chez une starlette (j'invente rien, je l'ai vu...). Les films. La femme dans Titanic (Rose ?). Épilée sous les bras. En 1912. Crédible. On vit dedans. Dans le patriarcat (et hop, j'ai réussi à le placer). Dans le sexisme. On le mange, on le respire. On a toutes nos références à l'intérieur de ce cadre, à tel point que tout ce qu'on voit nous parait normal et nécessaire, comme te paraissent être des nécessités chimiques les parfums des déodorants...
"Mais c'est tellement plus commode de ne pas VOULOIR choisir (je me rase / rase pas les jambes) et de ne pas assumer en rejetant la faute sur les autres." Encore une fois, non. Tu peux choisir de ne pas te raser. Une femme peut difficilement choisir de ne pas se raser/épiler les jambes. Certaines font ce choix, mais elles sont rares. Et ce n'est pas une question de pantalon. Pour toi, pantalon = pas épilée ; jupe = épilée ? Quelle liberté de ouf ! La femme qui refuse de s'épiler doit pouvoir ensuite pouvoir s'habiller comme elle le souhaite, sinon, c'est que tu lui imposes une contrainte : "eh toi la poilue, va mettre un pantalon". Et je ne te rappelles pas les injonctions sociétales évoquées plus haut, tellement plus subtiles... mais tellement plus efficaces.
=> nous vivons dans un système qui nous explique -en gros- que les femmes doivent être douces, aimer les couleurs pastels et s'épiler les jambes. Et que les hommes doivent utiliser un parfum différent, se raser mais pas obligatoirement car ça fait viril et d'une manière général, être forts. Et ils doivent aimer parler de foot et de bagnole... (je n'aime pas le foot, je n'aime pas les bagnoles, je me rases le moins souvent possible parce que ça m'emmerde. Si j'étais une femme je serais une yéti)
"Présumer que les femmes aient besoin d'hommes pour mener un combat féministe, ce serait pas un peu sexiste sur les bords ? " Si. Exactement. C'est d'ailleurs la définition du mansplaining. Mais prétendre pouvoir expliquer aux femmes qu'elles ne sont pas obligées d'acheter des produits d'hygiène "pour femmes" parce qu'ils sont plus chers, et qu'elle feraient mieux d'acheter des Gilettes dans le rayons homme, parce que personne ne leur "braque un gigantesque magnum sur la tempe" pour les en empêcher, c'est quoi ?
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http://www.madmoizelle.com/mansplaining-explications-169296