On a pas mal parlé -à juste titre- des liens gênant entre la dictature poutinienne et certaines formations politiques (le RN, LFI notamment), mais il semblerait qu'on ait aussi un problème avec la Chine.
J'avais déjà vu passer l'article : la député insoumise Sophia Chikirou "estime que la Chine n'est pas une dictature"
«Une dictature n’est le régime que d’un seul homme, ce qui n’est pas le cas en Chine.» Xi Jinping, président depuis 2013 et ayant fait passer une loi lui permettant d’être réélu indéfiniment, approuve ce message.
Eh ben figurez-vous que ce n'est pas un travers de la gauche méluchienne, ça contamine aussi la vieille droite à papa. Le Chez pol du jour rapporte la grosse colère de Dominique de Villepin (mais si, cher·e lecteur·ice, tu le connais, rappelles-toi, il était Premier Ministre quand tu étais en CM1) parce qu'une journaliste de France Info a eu l'outrecuidance de lui demander si "la Chine est une dictature" :
Sophia Chikirou n'est pas la seule à être emmerdée quand on l'interroge sur la Chine. L'Empire du milieu est semble-t-il aussi un sujet délicat à aborder avec Dominique de Villepin. Invité lundi de la matinale de France Info, quelques jours après les révélations sur ses activités rémunérées en Chine, l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac, qui caresse toujours l'idée d'un destin élyséen, n'a pas franchement apprécié qu'on lui demande si la Chine est une dictature. «C'est un régime autoritaire à parti unique», a-t-il sobrement répondu à l'antenne, avant d'attaquer Agathe Lambret, la journaliste qui a eu l'outrecuidance de lui poser la question qui fâche : «Vous parlez de sujets que vous maîtrisez mal.» Mais la tension n'est pas retombée une fois l'interview finie. Comme le relaye le Canard enchaîné, DDV «a explosé à la sortie du studio» et fait résonner les murs de la Maison de la radio. Et le meilleur pote de droite des insoumis de lancer pêle-mêle : «Vos questions sont dignes d'un enfant de 3 ans !» ; «C'est indigne du service public» ; ou encore «Vos questions sont complètement connes».
J'apprends qu'il existe un concept en relations internationales nommé "Piège de Thucydide", et consistant pour une puissance à mener une guerre plus ou moins préventive voire plus ou moins paranoïaque contre une autre puissance dont elle considère qu'elle serait amenée à lui faire de l'ombre :
Le piège de Thucydide est la stratégie, en relations internationales, par laquelle une puissance dominante entre en guerre avec une puissance émergente dont elle craint la montée en puissance.
Et du coup, le truc réjouissant :
Il [le type qui a formulé cette théorie] considère que les États-Unis et la Chine, du fait du développement de cette dernière, sont d'ores et déjà, au début du XXIe siècle, engagés dans une pente presque inéluctable qui les mènera à se mesurer militairement.
C'est pas comme si on en voyait les prémices en live hein...
OH PUTAIN.
Edito de la newsletter le pavé numérique :
Tout part de la conviction des États-Unis que leur principal adversaire, économique et militaire, est désormais la Chine. Notons que cette conviction dépasse le mouvement MAGA, elle est partagée par le camp démocrate. On peut la discuter, mais elle obéit à des arguments rationnels.
À partir de là, si l’on se place dans l’hypothèse qu’un conflit aigu, potentiellement même armé, avec la Chine est possible, il est également rationnel de vouloir reconstruire une industrie nationale, particulièrement pour la Tech et les semi-conducteurs : les États-Unis ne fabriquant que 11 % de leurs besoins en puces électroniques, la dépendance dans ce domaine vis-à-vis de la Chine et de l’Asie de l’Est serait en effet une vulnérabilité stratégique majeure.
Là où l’on quitte le rationnel, c’est quand on prétend convaincre les acteurs industriels d’investir des milliards sur au moins cinq ans pour reconstruire des usines complexes, alors qu’on change les règles douanières chaque semaine. Et si l’on est logique, pour faire revenir la fabrication des processeurs et des smartphones sur son sol, on ne les exempte pas soudain (et provisoirement ?) de taxes, alors qu’elles sont maintenues sur les t-shirts ou le ciment.
Voyons maintenant les choses du point de vue européen, puisque nous présentons la même dépendance industrielle et la même vulnérabilité. Si l’hypothèse d’un conflit entre les États-Unis et la Chine est jugée réaliste (et vu la trajectoire des deux pays, elle le semble malheureusement), l’Europe espère-t-elle échapper aux mêmes réflexions stratégiques que les Américains ? En cas de conflit, imagine-t-on réellement que l’export des produits électroniques de la région (Corée, Taïwan, Japon, Vietnam…) pourrait continuer tranquillement ? que la Chine se priverait de ce moyen de pression ? ou même que la simple interruption des exportations de la Chine et de Taïwan ne suffirait pas à provoquer une pénurie mondiale ?
Puisque le monde accélère et que le temps semble se réduire, que fait l’Europe hormis constater qu’elle n’a pas les moyens de remplir ses propres objectifs en matière de puces électroniques ? Il conviendrait de muscler ou mettre à jour l’European Chips Act, entré en vigueur en 2023, mais cela ne semble étrangement pas à l’ordre du jour.
Nous moquons, à juste titre, les initiatives erratiques de Trump mais est-on certain que, face à une hypothèse plausible de désordre mondial majeur, notre propre attentisme ne soit pas plus risible encore ?
Allez, je ne résiste pas au plaisir de l'écrire : le président du plus grand pays "communiste" du monde milite pour une concurrence libre et non faussée.
Si je comprends bien, quand les américains espionnent des américains (et la moitié de la planète au passage) c'est bien, mais quand c'est la Chine, c'est la fin du monde.
En 2021, le gouvernement taïwanais a recensé 5 millions de cyberattaques et intrusions numériques par jour sur le territoire, dont il attribue une grande partie à la Chine.
5 millions d'attaques par jour !
TL;DR : il y a de fortes suspicions qui inclinent à penser que les organisateurs chinois des derniers Hugo awards (un prestigieux prix couronnant les œuvres de SF), aient censuré préalablement certaines œuvres, les empêchant de concourir, pour ne pas risquer de déplaire au gouvernement chinois.
Depuis 9 mois, le monde occidental se rend compte que ce qu’il considère comme allant de soi dans leur équipement militaire n’est pas forcément applicable à l’est de Vilnius ou à l’ouest de Taipei.
Un thread un peu technique mais intéressant, ou ce que signifie réellement un composant (électronique) de "qualité militaire".
Quand un cas est détecté dans un immeuble d'habitation, les portes sont ainsi parfois cadenassées de l'extérieur. Il est physiquement impossible de sortir ; ceux qui s'y risquent sont rattrapés manu militari. Des hauts-parleurs sur des drones ou des chiens robot, passent et repassent, demandant aux habitants de respecter les consignes.
En Chine, ils vivent déjà dans une dystopie.
Le guide de 28 pages contient des informations que "le grand public peut utiliser comme manuel d'urgence en cas de crise militaire ou de catastrophe naturelle", a déclaré lors d'une conférence de presse le porte-parole du ministère taïwanais de la Défense, Sun Li-fang.
C'est la première fois que l'armée taïwanaise publie ce genre de manuel.
Purée, il ne manquerait plus que la Chine envahisse Taïwan, ça compléterait bien le tableau du bordel en cours je trouve. Curieux de voir quelles sanctions seraient prise contre Pékin, tiens. Embargo sur les exportations ? Ha ha ha, lol, nope.
Après de premiers tirs réels de missiles DF-21D dits « tueurs de porte-avions » en juillet 2019, la Chine « a, en 2020, tiré des missiles balistiques contre une cible mouvante en mer de Chine du Sud, sans avoir reconnu les faits », affirme le département américain de la défense, dans son rapport 2021 sur l’APL. Pour cette dernière, les armes antinavires sont une priorité. Elles seront cruciales en cas de crise militaire à Taïwan, pour tenir à distance la flotte des Etats-Unis.
Bel exemple de guerre de l'info. Ce qui est intéressant dans cette news, ce n'est pas que la Chine teste des missiles sur des reproductions de navires américains, c'est qu'elle s'arrange pour que tout le monde le sache.
Li Hongzhi a donné une longue interview au magazine Time en 1999, et au-delà du discours spirituel, il explique notamment que des extra-terrestres chercheraient à exploiter et corrompre les humains, à les remplacer par des clones, à manipuler la science moderne et inciteraient les humains à s’entretuer.
Alors au delà de ces croyances pour le moins déroutantes, ce qui inquiète aujourd’hui, c’est que ce mouvement est à l’origine d’un véritable empire médiatique qui, en plus de faire du prosélytisme sans le dire, s’est transformé en un puissant relai de théories complotistes.
Rép à ça, Ron Hubbard.
Mais l'ultime barrière, qui a sans doute poussé Epic Games à renoncer à s'implanter en Chine, c'est l'interdiction dans le pays des microtransactions. Or comme le jeu lui-même est gratuit, les revenus de "Fortnite" sont majoritairement liés à ce système, qui permet d'échanger de l'argent réel contre une monnaie virtuelle permettant d'acquérir des éléments de jeux (costumes, objets, armes, etc.). En Chine, on pouvait obtenir ces éléments uniquement en jouant, jamais en payant.
Ouïghours : campagne de stérilisation massive des femmes et entraves aux naissances, la preuve d'un "génocide démographique", selon un chercheur.
Un génocide, c'est un génocide. Il ne sert à rien de mettre des guillemets et une épithète.
L’étage principal de la fusée Longue Marche 5B qui a emporté une partie de la future Station spatiale chinoise est en train de redescendre de manière incontrôlée dans notre atmosphère. Il pourrait tomber sur Terre d’un jour à l’autre, sans que l’on sache exactement où.
Oups.
Le lien pour voir son emplacement en temps réel : https://orbit.ing-now.com/3dlaunch/payload/data/2021-035/
https://orbit.ing-now.com/satellite/48275/2021-035b/cz-5b/
Crash prévu le 10 mai. A 2 jours près.
Pékin a lancé jeudi le premier des trois éléments, le module centrale Tianhe, de sa future station spatiale, dont la construction devrait être terminée courant 2022
Une autre disposition complète la loi du 28 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Elle prévoit un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende « le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police ».
Le texte est suffisamment large pour frapper ceux qui diffusent des images de policiers, accusés de violence injustifiée sur des manifestants, tout en appelant sur les réseaux sociaux à des mesures de représailles.
Et pendant ce temps, en Chine, l'autre pays des droits de l'homme :
En Chine, une nouvelle réglementation donne aux citoyens lambda le droit de prendre en photo et de filmer des policiers en exercice. Une annonce des autorités qui fait suite à la mort mystérieuse d'un jeune père de famille en détention.
via Seb
À l'origine, la légende de Mulan était fondée sur une héroïne turco-mongole – autrement dit d'un peuple de la même « famille » que les Ouïgours –, mais la nouvelle Mulan de Disney présente une Chine impériale mythifiée dans une culture chinoise monolithique, sans diversité ethnique. Mises à part des hordes venues du Nord-Ouest (autrement dit de l'actuel Xinjiang) qui menacent une anonyme « capitale impériale » et un tout-puissant empereur – une métaphore à peine voilée de la menace terroriste aujourd'hui assimilée aux minorités musulmanes. Loin de contester l'ordre établi, la femme guerrière ne trouve finalement son salut que dans le service du « royaume » et de la « famille ». On ajoutera enfin que le film provoque dès les premières minutes un profond malaise par un détail frappant : Zhou, le père de Mulan, est joué par l'acteur hongkongais Tzi Ma, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Xi Jinping. Difficile de ne pas penser que Disney soit allé jusqu'à le caster précisément pour complaire au pouvoir chinois par cette ressemblance. Comme pour identifier au président chinois un père révéré avec une piété infaillible par la jeune Mulan, à laquelle le jeune public est appelé à s'identifier.
Hum, ça sent la belle bouse.
Quoi qu’il en soit, la mise en exploitation du labo a lieu en janvier 2018. Elle coïncide avec la première visite d'État d’Emmanuel Macron à Pékin. Mais dès le début un doute s’installe sur sa fiabilité. Selon le Washington Post, en janvier 2018, des membres de l’ambassade américaine visitent les locaux et alertent Washington de l’insuffisance des mesures de sécurité prises dans un lieu où l’on étudie les coronavirus issus de chauves-souris.
Vous le voyez venir le contre-feu, le "on-pouvait-pas-prévoir-que-les chinois-laisseraient-s'échapper-le-virus ?"
Infoutus d'assumer quoi que ce soit.