Les zoos abattent des animaux en parfaite santé, et la raison n'est pas seulement le manque de place, on parle aussi de diversité génétique, etc. Évidemment, la pratique est tabou, et pas du tout vendeuse auprès du grand public.
Il y a quand même cette phrase qui m'a faite rigoler :
Il a découvert l’abattage de gestion au début de sa carrière. A l’époque, son parc tuait des antilopes en parfaite santé pour nourrir les lions. Un choc.
Ben, tu crois que ça se passe comment dans la nature ? Ils vont à la supérette acheter leur salade bio ?
Et pour celleux qui pensent, de manière tout à fait logique "il suffit de réintroduire les animaux dans leur milieu naturel", on en est malheureusement plus là :
Une question légitime, reconnaît François Huyghe. Mais ce n’est souvent pas envisageable. A cause de l’état déplorable de notre planète lié aux activités humaines, certaines espèces ne peuvent plus survivre en milieu naturel, notamment en zone intertropicale», déroule le spécialiste.
Bienvenue dans Blade runner.
A noter que la sensibilité diffère selon les pays (spoiler : la France est un pays con) :
Ainsi, le zoo de Copenhague assume allègrement la pratique du culling. Elle est même mise en scène : le cadavre de Marius [un girafon] a fait l’objet d’une autopsie en public. En 2025, le même établissement a tué un zèbre, avant de le donner aux lions sous le regard des spectateurs. Pour eux, rien de choquant : il s’agit de pédagogie. Même légèreté en Suisse, où un parc présente du gibier que l’on peut ensuite manger au restaurant attenant. Des pratiques impensables en France. «Dans l’Hexagone, les soigneurs n’ont pas le droit de traverser le parc en journée avec un plateau de viande, pour ne pas heurter les visiteurs», pointe Richard.
[...]
Une sensibilité qui rejoint un tabou plus large : la mort. «Les gens viennent dans les zoos pour rêver, pour s’émerveiller devant les beautés de la nature. Ce sont des moments joyeux en famille. Ils ne veulent pas qu’on leur parle de la mort de telle bestiole», analyse Jean-Marc Charpentier. Pourtant en milieu naturel, la mort d’une proie est souvent insoutenable. Tripes par terre, giclées de sang, agonie… Une réalité à laquelle la plupart des Occidentaux ne sont plus confrontés et qu’ils ne veulent pas voir.
Bref, l'homme ne veut pas voir la mort, et s'y ajoute (je n'ai pas recopié tout l'article non plus) le problème de la "mignonitude à géométrie variable" : un bébé tigre ou un girafon, c'est triste. Un têtard, on s'en branle. Ils sont pourtant dans les statistiques.
Depuis près de quarante ans, 20 millions d’oiseaux disparaissent chaque année en Europe, soit près de 800 millions de volatiles de plus de 170 espèces différentes, avec un déclin marqué chez des espèces comme le gobemouche gris (-63%) ou le célèbre moineau domestique (-64%). C'est ce qui ressort d'une étude accablante dirigée par le CNRS et publiée hier, qui s'est attachée à trouver quelles activités humaines étaient responsables d'un déclin aussi spectaculaire. Trois facteurs sont mis en cause : le réchauffement climatique, l'urbanisation du continent et le principal responsable : l'agriculture intensive.
Mais sinon, c'est sur les affreux écolos aux méga-bassines qu'il faut taper. Ne vous trompez pas de cible surtout.
Les chasseurs ont fait tout ce qu'il fallait pour augmenter le nombre des sangliers, qui ont donc fait des dégâts, remboursés par les fédé de chasseurs. Mais du coup, comme il y a de plus en plus en plus de sangliers et de moins en moins de chasseurs, les fédés sont en train de couler parce qu'elles n'ont plus les moyens de payer les indemnités !
Au final, c'est tout le rapport de notre société à "la nature", vue à la fois comme un loisir et un outil de production qui est à repenser.
Un site sur... les vers de terre. Et c'est très sérieux, vital même.
Oh ben déjà que j'étais un peu déprimé... :(
Shorter : on a tué la planète à 80%. A combien ça va lâcher ? 90% ? 95% ?
Je pose ici quelques précisions, car l'article de blog cité par Seb est pour le moins confus, pour ne pas dire inexact.
1/ Il n'existe pas de "loi toitures végétales". Il s'agit d'un amendement au projet de loi "pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages", déposé en 2014 par le gouvernement Ayrault, et encore en discussion à cette heure (ah ben oui, les projets pour vous ôter des libertés sont plus rapides à adopter que ceux visant à protéger la nature, que voulez-vous)
EDIT : l'amendement était numéroté comme suit : Article 36 quinquies A
Pour ceux qui en ont le courage, voici un extrait de l'exposé des motifs (Source : https://www.legifrance.gouv.fr/affichLoiPreparation.do;jsessionid=E09ED2D4402A541AFA782E52AEEA32EB.tpdila16v_1?idDocument=JORFDOLE000028780525&type=expose&typeLoi=proj&legislature=14)
Compte-tenu des évolutions fortes rappelées précédemment, qu'elles soient scientifiques, sociales ou économiques, le titre Ier a pour ambition de renouveler la vision de la biodiversité et les principes d'action qui doivent permettre sa protection et sa restauration.
Le titre II est consacré à la gouvernance de la biodiversité, au niveau national et régional. L'objectif est de disposer d'une gouvernance claire venant en appui de l'action publique, tant sur des aspects scientifiques et technique que sociétaux. Cette gouvernance se veut ouverte sur les autres politiques sectorielles, les activités humaines contribuant largement à la gestion durable de cette biodiversité tout en étant sources de menaces sur celle-ci.
Le titre III vise à doter la France d'un grand opérateur public, l'agence française pour la biodiversité, qui permettra un regroupement et une meilleure diffusion et valorisation de la connaissance ainsi qu'un appui renforcé et unifié à la fois méthodologique et financier aux porteurs de projets en faveur de la biodiversité. Cette agence permettra aussi d'accroître la sensibilisation de nos concitoyens et d'améliorer la formation des professionnels, aussi bien de l’État ou des collectivités, que d'autres employeurs concernés par cette politique. Elle aura vocation à appuyer la définition et le portage des positions françaises au plan international et au niveau européen et enfin à apporter son appui à la gestion des espaces naturels et à l'exercice de la police de l'eau et des milieux aquatiques.
Cette agence permettra en particulier de mobiliser les moyens nécessaires aux politiques de biodiversité et de développer les partenariats avec les collectivités, acteurs tout à fait essentiels pour la bonne mise en œuvre des politiques de biodiversité.
Les titres suivants s'intéressent à la mise en place d'outils permettant d'atteindre les objectifs fixés de reconquête de la biodiversité en mobilisant des outils innovants, comme le partage des avantages ou les obligations environnementales, en s'intéressant au milieu marin encore peu connu et peu protégé, ou en étendant des dispositifs éprouvés dans des cas particuliers à d'autres situations.
Le titre IV s'inscrit dans le contexte de l'entrée en vigueur à venir du protocole de Nagoya à la Convention sur la Diversité Biologique et de la proposition de règlement européen sur le même objet.
Il s'agit de garantir un cadre juridique clair à la recherche et développement (R&D) sur les ressources génétiques et les connaissances traditionnelles associées à ces ressources génétiques, sur le territoire français.
Ce cadre juridique s'applique à la fois aux acteurs français et internationaux.
Il prévoit des règles d'accès aux ressources génétiques et aux connaissances traditionnelles associées à ces ressources génétiques, sur le territoire français, ainsi que des modalités de partage, avec l’État ou des communautés d'habitants, des bénéfices tirés de leur exploitation économique. Ce partage doit contribuer à mettre en œuvre un cercle vertueux sur la valorisation de la biodiversité, un enjeu particulièrement important pour la France qui est à la fois riche de sa biodiversité et en pointe sur des secteurs qui recourent à la biodiversité comme source de production et d'innovation : il s'agit notamment des secteurs agro-alimentaire, cosmétique, et pharmaceutique.
Le titre V propose une palette d'outils gradués en fonction des enjeux pour renforcer l'action en faveur de la préservation et de la reconquête de la biodiversité des acteurs publics, Etat ou collectivités, ou privés. Ce titre comporte dès maintenant des dispositions de simplification des outils de protection des espaces et des espèces comprenant notamment des modifications de procédures ou de schémas.
Enfin, le titre VI concrétise le changement de paradigme de la politique des paysages initiée par la loi paysages de 1993 et renforcée par la Convention européenne du paysage qui passe d'une logique de protection des paysages remarquables vers une prise en compte de tous les paysages. Il introduit en outre une réforme des sites inscrits pour renforcer l'efficience de la politique des sites.
Vous pouvez constater qu'il ne s'agit pas juste de planter de la mousse et des graminées sur le toit de ton Carrefour, mais d'une belle usine à gaz dont la France détient jalousement le secret de fabrication, avec création de commissions, d'organismes divers et autres moyens de gaspiller l'argent du contribuable en faisant croire que l'on fait quelque chose pour la planète. Mais passons.
2/La (bien nommée) députée Abeille était l'auteur d'un amendement visant à obliger tout nouveau bâtiment situé en zone commerciale à avoir une "5ème façade", c’est-à-dire une obligation d’installer des dispositifs végétalisés sur tout ou partie des toitures, et à défaut, un système de production d’énergies renouvelables. C'est cet amendement qui a été rejeté, en première lecture par le Sénat.
Je dis bien nommée puisqu'elle est également l'instigatrice, dans le cadre de cette loi sur la biodiversité, d'un autre amendement visant à interdire les néonicotinoïdes, cette classe d’insecticides particulièrement nocive pour... les abeilles ; j'y reviendrai.
Les sénateurs sont peut-être des vieux cons (je dis ça, c'est pas un jugement : statistiquement, ce sont des hommes, vieux et réactionnaires) mais le site du Sénat est super pédagogique => page du projet de loi "biodiversité" avec les étapes de la discussion
3/Le projet de loi va maintenant repasser en deuxième lecture devant l'Assemblée Nationale : à vrai dire, c'est quasiment chose faite, puisqu'il était à l'ordre du jour du 15 au 17 mars. C'est ce soir qu'il faudra voir si "l'amendement toits végétalisés" à été une nouvelle fois voté ou repoussé. Et après, le texte repartira chez les vieux c... au Sénat. Non, l'état d'urgence ne s'applique pas aux abeilles et au réchauffement climatique, désolé.
4/ Précision d'importance : les toits et façades végétalisées ne sont PAS interdits, il était juste question de les rendre obligatoire dans les zones commerciales...
Le Code de l'urbanisme prévoit d'ailleurs que :
Nonobstant les règles relatives à l'aspect extérieur des constructions des plans locaux d'urbanisme, des plans d'occupation des sols, des plans d'aménagement de zone et des règlements des lotissements, le permis de construire ou d'aménager ou la décision prise sur une déclaration préalable ne peut s'opposer à l'utilisation de matériaux renouvelables ou de matériaux ou procédés de construction permettant d'éviter l'émission de gaz à effet de serre, à l'installation de dispositifs favorisant la retenue des eaux pluviales ou la production d'énergie renouvelable correspondant aux besoins de la consommation domestique des occupants de l'immeuble ou de la partie d'immeuble concernés. La liste des dispositifs, procédés de construction et matériaux concernés est fixée par voie réglementaire. Le présent alinéa ne fait pas obstacle à ce que le permis de construire ou d'aménager ou la décision prise sur une déclaration préalable comporte des prescriptions destinées à assurer la bonne intégration architecturale du projet dans le bâti existant et dans le milieu environnant.
S'ensuit une liste d'exceptions longues comme le bras ; en gros, on ne va pas mettre des toitures végétales sur ou à proximité de bâtiments historiques ou si cela porte atteinte à "une perspective monumentale ou urbaine" (gros gisement à jurisprudence cette phrase).
Il précise ensuite que :
les dispositifs, matériaux ou procédés sont :
1° Les matériaux d'isolation thermique des parois opaques des constructions et, notamment, le bois et les végétaux en façade ou en toiture ;
Sources :
Bref, exactement ce qui nous préoccupe présentement.
5/ DONC, quand vous lirez :
EDIT
J'ai retrouvé les discussions des sénateurs sur l'article 36 quinquies A : http://www.senat.fr/seances/s201601/s20160121/s20160121020.html#section3648 C'est vraiment fascinant, TOUT est en ligne.
Je voulais juste réagir à ce qui est dit dans cet article :
Le Sénat clame que « la surcharge pondérale des végétaux ou des panneaux photovoltaïques nuirait au bilan carbone des centres et poserait de graves problèmes de climatisation et d’aérations, aboutissant à augmenter la consommation énergétique ».
Et avec des guillemets en plus, comme s'il s'agissait d'une citation. Or il ne s'agit ni plus ni moins de désinformation : cette phrase n'existe pas. Déjà, à la lecture, l'expression "surcharge pondérale des végétaux" m'avait largement fait douter du caractère authentique de cette phrase, mais à la lecture des débats, le doute n'est plus permis : l'auteur n'est pas sérieux.
De même, le site cité par Seb, recopiant un peu trop hâtivement LHV, recopiant lui-même une phrase de l'article cité écrit :
Le Sénat argue que cela pourrait avoir un impact négatif sur l’emploi et la vitalité économique des zones concernées.
Euh... tout pareil. Cette phrase n'existe pas. Au pire, on trouve ceci :
la première obligation contenue dans cet article méconnaît les conditions techniques et économiques de telles installations, qui sont susceptibles d’engendrer de nombreux surcoûts et des difficultés dans la conception des bâtiments à réaménager ainsi que des problèmes de sécurité.
De fait, le principal argument ayant motivé le rejet de cet amendement tient à ce que les végétaux sur le toit, c'est lourd, et que la plupart des zones commerciales actuelles n'ayant pas été pensées dans cette optique, elles ne supporteraient tout simplement pas ce poids. Quelqu'un parle même de "bâtiments jetables", c'est dire. Ce qui est tout de même de mauvaise foi, puisque cet amendement ne s'appliquait qu'aux nouvelles constructions de plus de 1000 m². Mais les sénateurs étant avant tout des élus locaux, ils ont surtout jugés qu'imposer trop de nouvelles obligations aux entrepreneurs, ça pouvait être mauvais pour leurs affaires, et que c'était quand même plus simple de continuer à faire des "bâtiments jetables".
"Les plus amoureux pourront s'embrasser devant le « Kiss-o-Meter » qui indique combien de microbes ont été échangés sur la durée du baiser."
Super idée n'empêche, il est vrai que l'on ne s'intéresse pas assez à ce que l'on e voit pas.
Je ne peux pas m'empêcher de faire le lien avec une nouvelle entendue tout à l'heure à la radio : en 40 ans, la moitié des animaux sauvages de la planète ont disparu. Oui, vous avez bien lu : la moitié.
>> http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/la-moitie-des-especes-sauvages-ont-disparu-en-40-ans-selon-la-wwf_706867.html
Le rapport du WWF : http://www.wwf.fr/vous_informer/rapport_planete_vivante_2014/
EDIT : ce rapport du WWF serait à prendre avec un peu de recul toutefois, la façon d'établir le décompte ayant été modifiée (ce qui ne change rien au fond : l'homme est en train de détruire son écosystème)
http://votrejournaliste.wordpress.com/2014/10/06/la-moitie-des-animaux-vertebres-a-disparu-entre-1970-et-2010-vraiment/
Quelques dessins sont aussi efficaces qu'un long discours : les dangers (et la stupidité intrinsèque, c'est destructeurs et pas rentable) du chalutage en eaux profondes.
Putain, belle saloperie : "Une nouvelle espèce de ver, inconnue jusqu'ici en Europe, a été identifiée à Caen, en Normandie. Un ver tueur qui s'attaque aux escargots et aux vers de terre, ce qui en fait à terme une menace pour la biodiversité et la fertilité des sols."
Quels sont les poissons que l'on peut encore manger, et ceux qu'il vaut mieux éviter de consommer pour préserver la survie de l'espèce.
via je-ne-sais-plus-quel Shaarli.
Oh, c'est beau ! Quel dommage que les lobbies agro-alimentaires nous aient depuis condamnés à manger uniquement des tomates rouges, du maïs jaune, des carottes oranges, etc. :(
via http://sebsauvage.net/links/?2ADUwQ
Le guépard, ce prédateur qui n'a vraiment pas de bol (lire l'article pour comprendre) pourrait avoir disparu d'ici 30 ans...
:(