Comment expliquer que la presse généraliste ait compris plus vite le danger ? « On ne s’adressait pas à des connaisseurs, donc on ne pouvait pas se noyer dans les détails, théorise Vincent Coquaz, qui travaillait à Arrêt sur Images en 2014, désormais journaliste chez Libération. On a dû poser très vite les mots pour résumer le mouvement et insister sur sa posture antiféministe. »
Ce qui n’empêche pas de lui tendre le micro. En octobre 2014, Arrêt sur Images tourne une émission, en partenariat avec Canard PC, et y invite un partisan du Gamergate aux côtés de Louis-Ferdinand Sébum, de Martin Lefebvre (Merlantfrit) et de Mar_Lard. Cette invitation, très critiquée par la militante, est justifiée par le fait d’écouter les arguments d’un mouvement mal compris. « Quand on me dit qu’il fallait bien leur parler car on ignorait le fond de leurs idées, ça m’agace : les féministes alertaient sur les liens entre l’extrême droite et les jeux vidéo depuis des années », commente aujourd’hui Mar_Lard. D’autres médias adoptent cette approche. En juillet 2015, Le Monde réalise un reportage à une rencontre IRL du mouvement à Paris. L’article insiste sur ses bizarreries et contradictions, avec un ton mi-inquiet, mi-amusé. Pas de cordon sanitaire pour le Gamergate.
Un de ces indispensables articles dont Canard PC à le secret ; il fait même son auto-critique au passage, bravo.
But deeper in the report, another finding points to a real and urgent problem: toxic gaming culture. The APA noted that research showed a connection between violent video games and increased aggression, as well as “decreases in prosocial behavior, empathy and sensitivity to aggression.” Anyone who has spent any time playing online shooters, only to be bombarded by venomous taunts over voice chat , knows this to be true. The issue isn’t that games themselves induce violence — we know they don’t — but that the gamer community has provided a gathering place for some furious, hateful individuals and encouraged their worst tendencies. Though the gaming world is huge and diverse, and full of smart and wonderful players, it is also thronged by misogynists and racists who feel free to advocate harm against anyone who’s not like them, whether during gameplay or on Discord, Reddit and YouTube.
via Riff et Lou
D’après le studio, l’humour souvent vaseux de l’homme serait pourtant fondé sur une réalité historique. C’est en tout cas ce qu’il affirme. Quelle réalité ? Kingdom Come : Deliverance se déroule au XVe siècle dans le royaume de Bohème. Cette région de l’Europe est alors sous le contrôle du Saint-Empire romain germanique, dont Prague est la capitale. Elle correspond à l’actuelle République Tchèque, pays natal de Vávra.
Le blogueur spécialiste d’Histoire médiévale Medievalpoc estime que l’absence de personnages de couleur dans Kingdom Come est avant tout un choix des développeurs, car la vérité historique n’est pas aussi claire que ce que laisse entendre Vávra. Ainsi, appuyé par de nombreuses sources picturales et littéraires, le blogueur déconstruit point par point les fondements supposément historiques à l’absence d’individus noirs dans le jeu. Victime de cyberharcèlement depuis cet article, Medievalpoc reçoit encore régulièrement des menaces de mort à cause de ses déclarations — ce qui donne un tableau peu reluisant de la communauté derrière le titre de Warhorse.
True fact : au XVème siècle, la Terre était couverte de personnes blanches.
Bon sans blague : acheter ce jeu, c'est soutenir le GamerGate. A vous de voir.
Le GamerGate, si vous n'aviez pas suivi le début (perso, j'avais un peu zappé des bouts)