"Marine Le Pen: ce sera Merkel ou moi" - France 24
> «Triste spectacle», titre Le Soir, en Belgique, en évoquant «deux heures de tension, pour ne pas dire de brutalité», pour un débat qui n’aurait été «tout simplement ni équilibré ni à la hauteur de la gravité du moment». Un débat «au goût très amer», d’après Le Temps, qui évoque «un dialogue de sourds» entre une candidate d'extrême droite «avant tout soucieuse de dominer et d'asséner des formules-chocs écrites à l'avance et un politicien modéré soucieux de ne pas tomber dans la caricature et de préserver le compromis». «Il y a quinze ans, en 2002, Jacques Chirac avait refusé d'affronter Jean-Marie Le Pen sur un plateau télévisé. A entendre sa fille rire avec condescendance et se moquer ouvertement d'Emmanuel Macron, on comprend mieux pourquoi», assène le journal suisse. Aux Etats-Unis, Politico évoque le ton «venimeux» adopté d’emblée par Marine Le Pen, et la façon «professorale» dont Emmanuel Macron lui a parfois répondu. Le candidat d’En Marche! est donné vainqueur aux points, à l’issue d’un match où il serait apparu plus «précis» que sa rivale. Le site doute toutefois qu’Emmanuel Macron ait exposé beaucoup d’arguments susceptibles de convaincre les indécis. «Un débat marqué par l’agressivité et l’insulte», répète The Washington Post, en prévenant que «l’issue de la campagne présidentielle française pourrait déterminer le futur de l’Union européenne». En Allemagne, justement, le Frankfurter Allgemeine Zeitung relève lui aussi «l’agressivité sans précédent» du débat, et la déclaration de Marine Le Pen, au moment où elle a été le plus en difficulté, lorsqu’il s’est agi de s’expliquer sur l’euro et l’Europe: «La France sera dirigée par une femme: ce sera moi ou Mme Merkel».
Voilà, c'est un bon résumé. J'ai regardé la première 1/2 heure du truc, puis j'ai entendu le reste plus que je ne l'ai écouté en jouant à *Endless Legend* (Les jeux Amplitude, c'est bon, mangez-en).
Globalement, MLP a axé toute sa stratégie sur l'attaque contre Macron, jouant sur l'amalgame entre Macron candidat / Macron ex-ministre de Hollande, sans jamais dire ce qu'elle ferait elle ; le seul moment où il m'a semblé qu'elle exposait clairement ses idées, c'était sur l'Europe : il faut sortir de l'Union européenne et de l'euro, rétablir le franc, fermer les frontières, et ça va résorber le chômage, éradiquer le terrorisme et rendre la vue aux paralytiques. De son côté, Macron avait en-effet un côté très professoral, donnant parfois l'impression qu'il expliquait les choses de la vie à une déficiente intellectuelle.
Je ne pense cependant pas que ce débat aura une quelconque influence sur le scrutin de dimanche : les jeux sont déjà faits. Les lepénistes voteront pour MLP, les anti-lepénistes voteront pour Macron.
A titre personnel -genre, on a en quelque chose à foutre de mon opinion- je pense qu'accepter de débattre avec l'extrême-droite était une mauvaise idée. Ca aurait bien sûr fait hurler les trolls frontistes, mais le débat contribue à légitimer le FN. Le fait que MLP soit au second tour contribue à la légitimer. Les 40%, voire plus, qu'elle va faire dimanche vont la légitimer aussi. De toute façon, quoi que l'on fasse, le mal est déjà fait, et il est profond. Et ce ne sont pas 5 ans avec le professeur Macron qui vont arranger quoi que ce soit, bien au contraire.
2017-05-04 - permalink -
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http://www.france24.com/fr/20170504-rev-press-inter-le-pen-macron-merkel-legislatives-algerie-inde-justin-bieber-fn-marche