Je crois que cette décision absolument cynique se prête parfaitement au commentaire que faisait Monique Pinçon-Charlot de celle rendue à l'issue du procès Cahuzac :
"Nous sommes face à une classe sociale avec des effets de manche, des concurrences, de fausses querelles, qui reste malgré tout extrêmement solidaire et mobilisée dans la défense de ses intérêts"
Le mardi 25 octobre 2016, Radio Canut a été perquisitionnée dans la matinée. Cinq flics de la police judiciaire et une procureure sont venu.e.s saisir l’enregistrement d’une émission du jeudi 20 octobre où deux animateurs ont fait une blague entre deux morceaux de musique punk :
« En ce moment, y a une manif de flics à Bellecour.
- Avis à tous les suicidés, avis à tous les suicidaires : que votre dernier acte de vie soit utile, faites-vous sauter dans la manif des flics.
- On vous fera un bel enterrement avec une belle boum.
- Suicidés, suicidaires, organisez-vous.
- Oh mais ils sont là pour nous protéger quand même ! » »
Ces propos tenus sur les ondes du 102.2 sont au second degré, c’est de l’humour ! Confondre terrorisme et satire est apparemment de mise dans une période d’état d’urgence.
Dans "Cambouis", un fanzine édité par Luz au lendemain du 21 avril 2002 (n°9, juillet 2002), il avait prêté ces propos à Charb : « Si j’apprends que j’ai un cancer, j’achète une kalach’, je vais dans un meeting du FN et je tire dans le tas. » Ni Luz, ni Charb à l’époque n’avaient été poursuivis en justice.
Qualifier en terrorisme ces faits montre le climat de paranoïa et ouvre la voie à une répression accrue et ciblée contre les médias alternatifs.
EXCLUSIF. Pourquoi nous renonçons à défendre Salah Abdeslam
Vous pensez que sa radicalisation récente est en grande partie liée à ses conditions de détention ?
Frank Berton – J'en suis convaincu. Ecoutez… Salah Abdeslam n'a jamais été l'organisateur des attentats de Paris. Mais le pouvoir politique a choisi de répondre à une attente populiste en le traitant comme tel, en l'épiant comme un rat dans sa cage. Je vous le dis, la prison est en train de transformer Salah Abdeslam en bête sauvage. Sa fenêtre est obstruée par un plexiglass, il n'a pas accès à l'air. Il voit sa famille derrière une vitre, il n'a plus le moindre contact physique avec quiconque, hormis les fouilles au corps. C'est dégradant. En 25 ans de carrière, je n'ai jamais vu ça. Et pourtant, ça se passe en France, à Fleury-Mérogis. Il n'y a pas de parole sans humanité. Salah Abdeslam ne s'appartient plus. Il ne lui reste plus que son silence. Et, comme il le dit, je le crains, la protection de dieu. Moi, j'aurais rêvé d'autre chose.
Sven Mary – A l'inverse de Frank, je n'ai pas un sentiment d'échec aujourd'hui, compte-tenu de la puissance à laquelle nous avons dû faire face. Ses conditions de détention relèvent de la torture psychologique. Mais les gens s'en moquent. Qu'on le pende haut et court, est-ce ce qu'ils souhaitent ? En tout cas, c'est triste pour l'Etat de droit.
[...]
Vous avez le sentiment que les intérêts politiques ne servent pas la recherche de vérité dans la procédure qui vise Salah Abdeslam ?
Frank Berton – En effet. Je pense même qu'ils sont entrés en contradiction. Les postures politiques ont à mon sens desservi le combat judiciaire. Salah Abdeslam est devenu le symbole de la lutte anti-terroriste, enjeu présidentiel majeur. Depuis sept mois, six magistrats tentent de travailler avec intelligence pour donner un sens à l'instruction qu'ils mènent, en obtenant des réponses aux questions qui demeurent. Toutes les mesures prises pour faire du bruit ne facilitent pas leur tâche. La loi sur-mesure qui autorise sur ce seul détenu la vidéo-surveillance, y compris la nuit avec caméras infra-rouge, n'était pas une nécessité.
[...]
N'importe quel individu, tout terroriste soit-il, a droit à une défense dans ce pays. C'est toute la noblesse de mon métier.
cf http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?f5miJw et la discussion qui s'en suit
« Ça doit être un surhomme pour parvenir à blesser sept policiers en moins d’une minute : personne n’y croit à part la justice ! »
On a démasqué Flash :O
Je rigole, mais c'est terrible pour ce pays. On commence toujours par mettre les communistes en prison... et vous vous en foutez, vous n'êtes pas communistes... c'est ça ?
via Kevin
Ça commence là.
Bonne lecture.
Et préparez les kleenex.
Pas neuf, mais je nettoie un peu mes centaines d'onglets ouverts...
En conflit depuis le début de l'année, les avocats des barreaux d'Alès (Gard), Avignon, Carpentras (Vaucluse), Mende (Lozère), Privas et Nîmes, soutenus par leur confères du grand sud, de Corse et par le conseil national des Barreaux, dénoncent l'attitude de cette Chambre, dont ils boycottent les audiences.
En premier lieu, ils reprochent la sévérité de cette cour, qui aggraverait les peines de première instance dans "des proportions inhabituelles". Ainsi sur 500 arrêts, 40 ont été des confirmations, moins de 20 des relaxes et les autres sont des aggravations. Ces dernières vont jusqu'au doublement des peines de prison, les amendes pouvant être multipliées par dix, affirme le syndicat.
[...]
Le Syndicat de la magistrature, attaché à l'indépendance des juges ne veut pas rentrer dans le débat sur la sévérité des condamnations. En revanche, il s'interroge sur l'attitude de certains magistrats à l'audience. Le SM détaille ainsi des moqueries, des insultes ou hurlements sur des suspects, des interruptions de plaidoirie par exemple d'un avocat critiquant le travail des enquêteurs, le mépris affiché pour des décisions de première instance, ou encore l'interdiction de donner connaissance d'une expertise.
Drôle d'histoire. Je n'ai toujours pas compris exactement ce qui était reproché à Florence Hartmann. Et l'aspect très partiel (et sans doute un peu partial) relayé par les médias n'aide pas à sa compréhension. J'en retiens que le rôle du TPI n'est pas très clair : à la fois juge de premier et de dernier recours ? Comme le Conseil d’État en France dans certains cas...
Mediapart révèle que la justice demande à la Ligue des droits de l'homme (LDH) et à la Fédération Internationale des droits de l'homme (FIDH) de verser un total de 13 000 euros de consignation, pour avoir le droit de se constituer partie civile et d'obliger à une enquête sur les systèmes de surveillance massive.
via Seb et barbu disgressif
Et si ils avaient arraché la chemise du DRH, c'était la perpétuité ?
Une décision qui rend un peu d'espoir dans la justice.
Pour rappel, en 2013, la cour d’appel de Versailles avait obligé Mediapart à retirer tous les compte-rendus des enregistrements.
"En réalité, l’homme s’était fait remettre en janvier 2015 par Veolia la liste des produits chimiques utilisés dans l’usine de traitement des eaux, pour qu’un médecin-expert confirme à la CPAM l’éventuel lien de causalité entre le travail de Nacer et la maladie qu’il a contracté, pour laquelle lui a été reconnue une incapacité permanente partielle de 25%. Pour vérifier lui-même la liste, il avait cherché « produits chimiques pour traitement des eaux » avec Google. C’était environ huit mois avant que Veolia ne le dénonce auprès du commissariat."
Vous rappelez-vous de cette vidéo de Klaire ? https://www.youtube.com/watch?v=gbSpokOYhqI
Ben voilà. On y est.
Je vous en avait parlé (là => http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?Hqf8AA) de l'affaire des manuscrits de Chateaubriand.
J'apprends via @robert_diard que le jugement vient d'être rendu :
Le notaire qui a voulu vendre une copie manuscrite des Mémoires déposée à son étude en 1836 condamné pour abus de confiance
« Il ne peut y avoir acquisition par prescription pour le gardien d’un objet » indique le jugement
le notaire condamné à 25.000 euros d'amende "compte tenu de la durée du dépôt et du nombre de dépositaires successifs"
Le tribunal ordonne confiscation des précieux scellés,18 portefeuilles des Mémoires recopiés par le secrétaire de l'écrivain
Et que vont devenir les scellés ?
Indiana style : Leur place est dans un musée !
EDIT : le ministère de la culture "se réjouit" de cette décision. Tu m'étonnes : ils vont pouvoir avoir gratos des manuscrits qu'ils étaient prêts à acquérir pour 550 000 €. Non je n'ai pas mis un zéro de trop.
http://www.culturecommunication.gouv.fr/Presse/Communiques-de-presse/Manuscrit-des-Memoires-d-Outre-Tombe
Le sujet ne semble pas s'y prêter, mais j'ai adoré ce reportage.
Le message fort à retenir, sans tomber dans la simplification, c'est la valorisation, le renforcement positif. Un des intervenants (Michael je crois) explique comment il s'est sorti de la délinquance en prison : pas grâce à la prison mais, paradoxalement, grâce à des taulards, des "vieux" qui l'ont poussé à aller à l'école, qui l'ont valorisé et lui ont fait prendre conscience qu'il pouvait faire autre chose de sa vie.
Un des points commun entre les trois témoignages ? C'est "l'après" le plus difficile. Sortir de prison pleins de bonnes intentions, c'est le cas de presque tout le monde. Mais quand on se retrouve -littéralement- à la rue, sans un rond, si on ne tombe pas très vite sur la personne qui saura vous donner une chance, on retombe...
"En 2015, ils ont 25, 32 et 34 ans, sont « rangés des voitures », ils ont disparu des radars policiers et judiciaires et mènent des existences invisibles parce qu'on braque toujours les projecteurs sur la jeunesse déviante, mais jamais sur ce qu'elle devient, parce que les statistiques de la justice laissent sous silence le devenir des adolescents dits incasables."
Un procès "exemplaire" :
=> remise en cause de l'inspection du travail "pas là pour protéger les plus faibles/les salariés"
=> au delà : remise en cause du droit du travail
=> relise en cause des syndicats
=> pas de statut pour les lanceurs d'alerte
"Mais comme on a suspendu tout recours en justice grâce à l'état d'urgence, pourquoi se priver de régler les petits problèmes en cours, hein ? C'est plus simple comme ça après tout."
Voilà. Vous parliez d’État de droit ?
Privé de Twitter, Me Eolas renouerait-il avec son blog ?
Très beau texte.
Tout l'attirail de lois autour du terrorisme est "un système qui permet d'instrumentaliser la justice" à des fins politiques.
Et ce n'est pas un hippie libertaire qui le dit, mais le juge Trévidic, qui s'y connait en terrorisme et anti-terrorisme.
Triste rappel de Numerama : "Hélas nos craintes ont été vérifiées très vite par la censure très discutable d'Islamic-News, décidée sur ordre exclusif du ministère de l'intérieur, sans qu'aucune preuve d'une "apologie du terrorisme" ou d'une "provocation à commettre des actes de terrorisme" ne soit jamais apportée (ordre qui fait l'objet d'un recours intenté par Numerama au nom de la défense des principes démocratiques). La censure est devenue en France une arme de contre-propagande dans une guerre qui peine à dire son nom."
Ce paragraphe est terrifiant : ""Il y a plein de choses que l'on prend en ligne de compte, et ce n'est pas la vérité qu'on cherche nécessairement dans l'anti-terrorisme. Dans certains dossiers c'est une évidence, mais même globalement, on cherche à mettre en place un système qui permet d'instrumentaliser la justice par moments, en qualifiant tel ou tel groupe de terroriste, ou après en disant le contraire. C'est tellement politique comme domaine qu'un juge n'y trouve pas tellement son intérêt"."
L'interview sur RTL : https://www.youtube.com/watch?v=jktUU5q1Q8E&feature=youtu.be
Une infographie intéressante sur le parcours d'Hissène Habré, de la dictature au procès.
8 ans de règne, 40 000 morts, 200 000 personnes victimes de tortures ou violences.
25 ans pour arriver devant un tribunal.