Le journaliste Domenico Quirico, libéré de Syrie : "J'ai rencontré le pays du Mal"
Je vais être honnête : je n'ai pas lu cet article. Je l'ai survolé, juste assez pour comprendre sa structure : arrivée en Syrie, enlèvement, tentatives d'évasion, simulacres d'exécution, libération. Loin de moi l'idée de banaliser le traumatisme de cette personne, mais c'est le même récit chez tous les ex-otages...
Une chose m'a accrochée l’œil vers la fin du texte : la référence à sa foi chrétienne, qu'il oppose à celle de ses ravisseurs : "Notre histoire, c'est celle de deux chrétiens dans le monde de Mahomet et de la comparaison entre deux fois différentes : la mienne, simple, faite de don de soi et d'amour, et la leur, qui est faite de rituels." Je n'arrive pas à expliquer pourquoi ce passage m'agace. Sans doute parce que je n'arrive pas à comprendre qu'on puisse être soutenu par une foi quelconque. Si je devais être pris en otage, je ne pourrais pas compter là dessus. Peut-être aussi un peu parce que l'opposition "foi simple du chrétien" et "rituels du musulman" ne tombe pas très bien dans le climat délétère actuel, même si ce n'est pas sa faute.
Sinon, autre passage, juste avant, sur les livres qu'il a eu la chance de pouvoir garder : "Cette fois, j'en avais emporté quatre. Deux d'un auteur aujourd'hui malheureusement oublié, Erich Maria Remarque, deux titres peut-être un peu mineurs, Un temps pour vivre, un temps pour mourir, et Après, qui raconte le retour de quelques rescapés allemands à la fin de la première guerre mondiale. Un peu le symbole pour moi de ce chemin du retour que je ne parvenais pas à trouver. Et puis Les Nus et les morts de Norman Mailer et Crime et châtiment de Dostoïevski.
Je les ai lus et relus. Je peux vous parler de tous les personnages, les réciter en partant de la fin. Ils ne m'ont pas quitté, où que j'aille, et au prix d'une fatigue certaine, car ils pesaient lourd, j'ai marché avec eux deux nuits et deux jours durant la retraite de Qoussair. Le dernier jour, ils me les ont confisqués. Les livres nous parlent. Mais il y a eu un long moment où ils ne me parlaient plus, où les mots, les histoires, les personnages filaient devant mes yeux... Si je fais d'autres voyages de ce genre, j'emporterai toujours La Recherche de Proust, Don Quichotte de Cervantes, des livres longs, très longs... ça aide." Curieusement, ça, ça me parle.
2013-09-12 - permalink -
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