Il avait partagé un message Facebook appelant à rejoindre le blocage d'une raffinerie... et s'est retrouvé condamné à six mois de prison ferme pour organisation d'une manifestation non déclarée.
« Qui voudra demain être fouillé et palpé pour accéder aux cortèges ? »,« qui prendra le risque d’une garde à vue pour s’être protégé de gaz lacrymogènes avec une écharpe ou des lunettes de piscine » ou de « rembourser collectivement des dégâts causés par d’autres ? » s’interroge le Syndicat de la magistrature, évoquant « de nouveaux reculs massifs pour les droits fondamentaux » : « En fait de “loi anti-casseurs”, il s’agit plutôt d’un projet” anti-manifestants »… Le premier ministre a quelques réflexes, ces propositions ayant été portées par la droite sénatoriale en octobre… « Les Républicains » réclamaient d’interdire de manifestation « toute personne à l’égard de laquelle il existe de sérieuses raisons de penser que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public », mais pas ce fichier.
En attendant ce sombre futur à la Minority Report (1), le présent des manifestants n’est pas tout rose. Depuis le début du mouvement, le 17 novembre, on compte 5 339 gardes à vue sur le territoire national, et 815 comparutions immédiates, pour 152 mandats de dépôt au final, selon un décompte effectué par le Monde. Mais si, en province, les interpellations semblent ciblées (88,3 % donnent lieu à des poursuites judiciaires), à Paris, sans doute parce que les yeux de la nation s’y braquent à chaque mobilisation, la police ratisse plus large : sur les 1 628 gardes à vue, 798 ont été classées sans suite, soit 49 % ! Ce qui accrédite l’idée que l’exécutif veut « faire des exemples ».
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Pas sûr que le chiffre d’une soixantaine d’enquêtes pour violences menées par l’Inspection générale de la Police nationale depuis novembre 2018 ne grimpe pas…
Elle était venue manifester de manière pacifique. On ne lui fera, aucune fleur... 15 h de garde à vue, 500 euros d'amende, et un stage de citoyenneté. La raison de cette condamnation est d'avoir dessiné des coquelicots sur les marches de la mairie.
C'était le 2 novembre dernier, Katia, une infirmière de 38 ans, maman célibataire, travaillant dans un service de réanimation néonatale et pédiatrique, manifestait ce jour-là au côté des Coquelicots, un mouvement qui lutte pour l'interdiction des pesticides de synthèse. Deux mois après cette affaire, elle s'interroge, et est partagée entre colère et incompréhension.
Pesticides de synthèses > Peinture à l'eau.
(je ne peux pas m'empêcher de faire le rapprochement avec ça : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/nantes-grenades-de-la-zad-renvoyees-la-prefecture-deux-militantes-relaxees-6162729)
D'après le syndicaliste, cette cagoule peut aussi être un moyen de dissuasion. «Plus on fera peur, moins les gens oseront passer à l'acte», abonde une source policière.
Je pose ça là, en passant.
EDIT : Bien sûr, ce n'est qu'un cas isolé... Bien sûr.
« Ça doit être un surhomme pour parvenir à blesser sept policiers en moins d’une minute : personne n’y croit à part la justice ! »
On a démasqué Flash :O
Je rigole, mais c'est terrible pour ce pays. On commence toujours par mettre les communistes en prison... et vous vous en foutez, vous n'êtes pas communistes... c'est ça ?
via Kevin
"Tendance troublante à la restriction de la liberté d'information" : c'est le moins que l'on puisse dire.
Tl;DR, mais j'ai quand même lu en diagonale.
Un extrait qui donne le ton : "Comment peut- on encore user de l'argument du laxisme alors que nos prisons sont bourrées à craquer? (+ de 10 000 personnes détenues en + de ce que les capacités des prisons permettent) Je ne comprends pas. Vraiment, je ne comprends pas.
Je comprends encore moins que l'on bloque encore sur l'idée du durcissement des lois et des peines comme solution crédible et viable pour lutter contre la délinquance. C'est à se taper la tête contre les murs en fait.
Les contres exemples s'entassent, les faits parlent d'eux même, mais non.
Et puis sérieusement, quel sens ça a de parler de "durcissement de peine" au regard des conditions de détentions actuelles? Humiliations, privations, violences, menaces, bafouement des droits fondamentaux, vie privé zéro, enfermement, j'en passe et pas des moindres. Mais en fait non, faudrait que ce soit encore plus dur, là ça ne l'est pas assez pour être dissuasif. OK."
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