Valérie Rey-Robert, qui tient le blog féministe «Crêpe Georgette», auteure du livre Une culture du viol à la française, qui sortira le 21 février, a aussi eu ces mots le lendemain : «Perso, je n’oublie rien. Les sales petits mecs. C’était il y a moins de cinq ans et ils sont désormais tous vus y compris par des féministes comme des gars cools et féministes ?»
Libé prend des pincettes pour parler de ses collaborateurs, mais nommons-les franchement (les noms sont dans l'article de toute façon) :
Cette histoire va au moins permettre de faire du ménage. Mais je ne me leurre pas : ces bons professionnels ne perdront leurs postes à responsabilité. Manquerait plus qu'on le refile à une femme !
Suivez-donc ce fil Twitter pour trouver des femmes admirables à suivre pour remplacer ces tristes sires :
https://twitter.com/patounesveneres/status/1094641156791681025
via https://twitter.com/ajplusfrancais/status/1094672851016179712
EDIT : mise à pied, suspension conservatoire, procédure de licenciement... Je dois reconnaître, et c'est une bonne surprise, que je me suis trompé. Le vent a tourné les mecs. Yeah.
Par des regards, des mots ou des gestes, l’homme affirme son droit à forcer l’attention de la femme, la définissant comme un objet sexuel et la forçant à interagir avec lui.
[...]
S’il ne s’agit pas de violence physique, un « bonjour » lancé à une femme dans la rue est bien une violence symbolique, à la fonction de rappel, et qui ne garantit en rien que la situation n’est pas amenée à dégénérer. Il ne s’agit ni d’un geste anodin, ni d’une tentative de drague mais bien d’un geste politique qui, inclus dans le vaste ensemble du « harcèlement de rue », contribue à réaffirmer que la sécurité des femmes dans l’espace public n’est pas acquise. Il est donc normal, pour une femme, d’avoir peur d’un homme qui lui dit « bonjour » dans la rue.
Quelle merde :(
Tu nous tiens au courant ? Bon courage à vous deux.
Bravo à francetvinfo d'avoir interrogé la victime, plutôt que d'avoir relayé le point de vue des harceleurs, comme d'autres que je ne citerai pas.
Buffy Mars : Lundi 16 janvier au matin, deux techniciens de chez Orange viennent chez moi m'installer la fibre. Ça se passe très bien, ils font leur travail correctement, j'en ressors ravie. En fin de matinée, je vois que j'ai reçu un message d'un des deux techniciens qui m'explique qu'il m'a trouvée charmante. Bref, il "dragouille" quoi. Je suis choquée. Ça me met mal à l'aise, on parle d'un mec qui a mes nom, prénom, adresse et numéro de téléphone. Je n'ai pas spécialement envie qu'il se mette à insister. J'ai préféré avertir Orange, histoire que son service soit mis au courant et qu'il y ait un rappel à l'ordre.
Pourquoi avoir choisi de publier sur Twitter le message envoyé par le technicien ?
Parce que je connais pas mal de copines à qui c'est arrivé et qui n'ont pas voulu le dire au supérieur hiérarchique. Le mec connaît des tas d'informations sur vous et il peut vite vous retrouver et revenir. Et s'il décidait de se venger ? C'est même ce que des gens m'ont dit sur Twitter : "T'aurais pas dû, il va venir te violer ou te tabasser", etc. En gros, on se tait car on flippe que ça nous retombe dessus, parce qu'on a dit "non". Seulement, c'est complètement illégal d'utiliser mon numéro pour me draguer dans un cadre professionnel et j'ai envie de montrer qu'on a le droit de contacter l'entreprise pour l'avertir de ce genre de pratique.
On prend les dragueurs de rue au mot ? Une journaliste a tenté l'expérience, acceptant toutes les propositions, prenant le temps de discuter avec chacun, pendant 2 semaines. Les plus relous ne sont pas forcément ceux qu'on croit. Le plus drôle : bon nombre de mecs sont déstabilisés par le fait qu'elle accepte de leur répondre.
Il faut croire que Zoé Shepard fait des émules... Les premiers temps, j'étais un peu choqué par ces gens qui "crachent dans la soupe", mais j'en suis venu à me dire que tout cela révèle un réel malaise ; on parle de la Fonction publique, mais c'est le monde du travail dans son ensemble qui a un problème, cf. mon shaare "Comment nous devenons tous des travailleurs invisibles" http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?wglmUw