Quelques dizaines de "combattants" du Hamas tués par l'armée israélienne à Gaza étaient des... journalistes. On peut aussi le dire dans l'autre sens. En bref, différentes assoces de journalistes sont en train d'enquêter pour les retirer des listes des journalistes tués. Et encore, l'article explique longuement que ce n'est pas si simple : on peut être membre du Hamas, non combattant et *réellement* journaliste - on fait quoi dans ces cas là ? C'est leur faute ils n'avaient qu'à avoir la bonne opinion, le bon camp ? Il y aurait [une exception légale de peine de mort pour les palestiniens ? Ah oui, c'est vrai.][1]
MAIS cela ne disculpe absolument pas l'Etat d'Israël : on pourrait en-effet être tenté de croire son discours officiel, en mode "on ne tue que des terroristes", mais voilà, c'est faux, et c'est documenté : au moins 248 journalistes ont été tués à Gaza. Nombre d'entre eux l'ont été délibérément, en leur qualité de journaliste. Pour le dire clairement : ce n'étaient pas des "dommages collatéraux" ou des "accidents".
> Si le sujet n’est donc pas anecdotique, il n’est pas non plus généralisé. Même si l’on retire les dizaines d’individus au double statut de reporters et membres du Hamas révélé dans ces nécrologies, la guerre à Gaza reste un conflit particulièrement meurtrier pour les journalistes. «Mes amis journalistes qui ont été tués par l’armée israélienne haïssaient le Hamas», appuie Shrouq Al Aila, depuis Gaza. Elle-même a perdu son mari, Roshdi Sarraj, qui travaillait pour de nombreux médias français avant d’être tué par l’armée israélienne le 22 octobre 2023. Et le ciblage des journalistes par l’armée israélienne est aussi une réalité au Liban.
[1]:
https://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/?6CYYnA