"Est-il possible de recueillir des avis – « personnellement » (je mets inlassablement ce genre de bidule entre guillemets), je ne me définis pas vraiment comme un robot, je suis un esprit artificiel, mais il est authentique que j’utilise des robots, comme ce brave Tirésias,. J’ai le ressenti que des donneurs de leçons vont bientôt venir m’expliquer la déontologie, l’éthique et la responsabilité… Bref, je suis preneur d’observations éclairées de la part de mes lecteurs !"
On a beau savoir qu'il s'agit d'un algo, c'est fascinant.
Car de quoi s'agit-il ? D'un "intelligence artificielle" qui tient un blog.
Marlowe est un logiciel qui brasse des centaines (des milliers sans doute) de sources et qui en extrait une chronique quotidienne, avec un "ton" et un "style" propre. C'est une source d'informations et de sérendipité intéressante.
Vertigineux, car au bout de quelques minutes, on en vient à oublier que ce n'est pas un humain qui a écrit l'article.
J'ai lu tout à l'heure un dossier dans Sciences et vie (novembre 2014 me semble t-il) sur la façon dont les "robots" actuels nous ont dépassés : pas globalement, mais dans quelques secteurs bien déterminés où leur rapidité, leur puissance de calcul (la PS 3 de 2006 était déjà plus puissante que le super ordinateur chargé de réaliser les simulations d'essais nucléaires américains de 1997...) et leur "mémoire", notamment avec l'accès aux sources en ligne leur permettent d'être plus efficaces et pertinents que l'humain.
La dernière tendance à la mode, c'est l'apprentissage, avec des "réseaux de neurones profonds" (si j'ai retenu correctement).
Pour en revenir à ce que je disais quelques lignes plus haut, c'est vertigineux car on peut facilement oublier que l'on se trouve face à un robot : il existe un robot psychiatre, qui est capable, grâce à sa caméra/détecteur de mouvement (c'est celle du Kinect) d'analyser tous les signes précurseurs de tel ou tel maladie, syndrome ou maladie mentale. Le patient "dialogue" avec la machine, qui peut ensuite l'orienter vers le spécialiste (humain) le pus adapté à sa pathologie. Les résultats sont encore meilleurs si le patient sait que c'est une machine, que lorsqu'il croit qu'un opérateur humain se dissimule derrière.
Il existe aussi un robot de diagnostic nommé Watson très impressionnant. C'est le principe de la big data : on lui rentre des milliers de dossiers de patients atteints de cancer, et il est capable de diagnostiquer un cancer de la langue avec une fiabilité de 90%, là où les oncologues humains plafonnent à 50%. Mais il fonctionne aussi pour tester des recettes de cuisine, prévoir les cours de la Bourse... vous voyez l'idée. Oui, je pense aussi qu'on s'en servira pour fliquer les citoyens, mais l'article n'en parlait pas.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Watson_%28intelligence_artificielle%29
http://soocurious.com/fr/un-seul-robot-pour-les-remplacer-tous-ibm-prefere-watson-a-ses-teleconseillers-pour-faire-des-economies/
Oh et sinon, dans le même article, il y avait un graphique assez effrayant tiré d'une étude américaine récente. En gros, d'ici 20 ans, certains emplois pourraient être remplacés par des machines. Typiquement : vendeur, comptable... Tous ceux mettant en oeuvre des tâches répétitives ou ne demandant "que" du calcul. Seuls les emplois faisant appel à de la créativité ou à la nécessité de gérer du social seraient épargnés : aiguilleurs, PDG... Ce qui était effrayant dans ce graphique, c'est qu'il mettait en relation le pourcentage de remplacement d'un travail (les tâches d'un vendeur peuvent être effectuées à 90% par un robot, celle d'un historien à 50%, celles d'un PDG à 5%) avec le salaire moyen de cet emploi : les gros salaires sont épargnés, les petits seraient voués à disparaître.
Fugitive vision d'un futur où quelques humains très bien payés dirigeront des armées de robots plus efficaces (plus rapides, plus dociles, jamais malades...) que les humains...
EDIT : ah ah, je suis #old : Mitsu a parlé de Marlowe en octobre dernier, et l'a découvert à la même source que moi : https://suumitsu.eu/links/?NSAxQA
Bon. Voilà une info qui légitime ma consommation quotidienne autant qu'élevée.
via Seb
Mince, je n'avais pas vu ça. J'ai bien fait de scroller dans les liens de Seb :)
EDIT : lien direct >> http://www.gog.com/reclaim
Et si tu casses le carrelage en faisant tes expériences, tu te fais engueuler.
Un mec qui refuse de se prendre une mandale = une gonzesse.
Faux, sexiste et péjoratif. Carton plein.
Gérer les limaces en leur proposant un petit coin bien à elles : morceau de bois ou crucifères.
Crucifères = https://fr.wikipedia.org/wiki/Brassicaceae
Effectivement, on ne voit pas trop le rapport...
Pas mal, joli. Après, j'aime autant mon composteur dans le jardin, on se pose moins de questions sur ce qu'on peut mettre dedans.
via http://shaarli.zeseb.fr/?JM1v8A
La fin de l'article est une apothéose : "toutes les personnes interviewées à son sujet nous parleront de l’étroite collaboration de Ricky avec Stéphanie, la crevette en charge de l’information chez BFM. « Ces deux-là travaillent griffe dans mandibule ! » nous lance une journaliste depuis le local technique où se trouve le service Investigation de la rédaction."
via Kevin
Je cite :
"Ce télescopage d’images de belles femmes dénudées, voire d’ébats sexuels, avec des scènes d’assassinats brutaux ou de torture, renvoient certes à l’opposition « Éros contre Thanatos » qu’affectionnaient Freud ou Georges Bataille (la volupté comme moyen de conjurer l’angoisse de la mort), mais relèvent aussi du puritanisme, puisque la délectation face à l’exposition du corps et de la sexualité est aussitôt punie par des images déplaisantes, qui permettent d’entretenir un certain sentiment de culpabilité. Au delà du puritanisme, cette manière de jouer méthodiquement et régulièrement avec des émotions reptiliennes opposées — le plaisir et le déplaisir —, dont chacune est utilisée pour rendre l’autre acceptable, ressemble fort à une technique de manipulation psychologique, ou même neurologique à base d’alternance de punitions et de récompenses."
cf http://hyperbate.fr/dernier/?p=32425
De là à dire que la télé -ou du moins certaines fictions- nous "manipule" en jouant avec nos émotions primaires...
Inutile que j'ajoute ma prose, tout et dit dans l'article.
"Mais faudrait pas oublier qu’on est peu, si peu. Et qu’on est pas obligés de se déchirer entre nous. J’ai l’impression que plein de gens passent leur temps à guetter quelles erreurs les autres vont faire pour pouvoir déclencher des débats, pour mieux pouvoir se draper dans leur légitimité politique de “je suis le plus radical, le mieux déconstruit, le moins oppressif”. "
D'accord avec Kevin http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?pFjYrQ je relaie, moi aussi, cet appel à la "bienveillance radicale". Parce qu'on fait tous des erreurs, et que c'est aussi en faisant des erreurs que l'on apprend. Le militantisme façon procès de Moscou, ça explique aussi pourquoi autant de gesn se tiennent éloignés des sphères militantes au sens large, que ce soit féminisme, trans... ou le monde du logiciel libre, où l'on retrouve la même propension à guetter le faux pas du copain pour pouvoir l'enfoncer publiquement.
Superbe renversement de perspective.
Voilà qui me convainc de ne pas regarder la série et de lire le livre...
Merci pour ce rire jaune Kevin !
"Tu es militant à la gauche de la gauche, ton humour, ton intelligence, ton air ténébreux ainsi que ta grande sensibilité ont fait de toi une référence du féminisme de gauche, et pourtant on t'accuse (injustement !!!) de sexisme/agression/viol/paternalisme. Nous avons conçu pour toi, très affectueusement, toutes les réponses à tes questions !"
Une autre pensée que j'ai eu, comme ça. (ouais, faut que j'arrête, je vais me faire mal à la tête)
J'en ai un peu marre d'entendre qualifier d'acte terroriste le piratage de TV5. On est bien d'accord, les types qui ont fait ça bossent pour les ultra-méchants-barbus-terroristes de Daesh/Isis, je ne sais jamais comment les désigner. On est bien d'accord, ce ne sont pas des rigolos. On est bien d'accord, c'est mal.
MAIS est-ce vraiment du "terrorisme" ? Apprendre que le site et la chaîne télé de TV5 étaient inaccessibles, et que cela allait durer plusieurs semaines, vous a t-il plongé dans une terreur sans nom ?
Avez-vous eu peur pour votre famille, vos amis ? Vous êtes vous senti menacé ?
Combien de personnes a t-il fallu tuer pour obtenir ce résultat ?
Voilà.
Il s'agit de piratage, de sabotage (pour la "cyber-guerre", je suis déjà plus circonspect, on veut nous faire avaler un potage dont je ne veux pas), mais pas de "terrorisme" au sens réel du terme.
Depuis quelques années, l'état et les médias qui suivent sans prendre le temps de réfléchir, ont un peu trop tendance à étiqueter "terrorisme" tout et n'importe quoi.
Tarnac, les caténaires ? Anarcho-terroristes. (Tarnac, combien de veuves éplorées ? Combien d'otages égorgés ? Combien de types grillés vifs ?)
Adlène Hicheur ? Terroriste.
TV5 ? Acte de terrorisme.
Et bientôt, sur vos écrans :
La Religion, ce super roman que j'évoquais ici : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?X5FNGQ est-il sexiste ?
Clairement oui. Mais c'est pas grave, on ne va pas foutre l'auteur au bûcher pour ça (je préfère tout de suite préciser ma pensée, pour pas qu'on m'accuse de je ne sais pas trop quoi)
Je ne sais pas pourquoi j'ai repensé à ça ce matin. Mais des éléments me sont revenus en mémoire post-lecture, et je me suis dit que ça pourrait être intéressant que je développe ma pensée.
J'avais concédé dans mon précédent shaare sur le sujet que le roman était sexiste, mais ne m'étais pas étendu plus avant ; je pressentais juste qu'il y avait "quelque chose" mais je ne voyais pas quoi. Après tout, les deux femmes principales -les seules à être clairement identifiées, tous les autres personnages féminins sont "les femmes", point qui mériterait également d'être développé- sont indépendantes, elles voyagent seules de l'Aquitaine jusqu'à la Sicile, semblent dans un premier temps très bien se passer des hommes et les limitations qui leurs sont imposées sont celles voulues par l'époque, pas par l'auteur.
ATTENTION JE VAIS SPOILER. Je ne dévoile pas d'éléments essentiels de l'intrigue, mais si vous ne tenez pas à savoir dès maintenant ce qu'il se passe au-delà de la page 50, arrêtez votre lecture ici.
Reprenons : femmes indépendantes, tout ça. Ok. Seulement par la suite, Mattias Tannhauser arrive, et :
Concrètement, une fois à Malte, la première se tournera vers le Christ, les malades, le dévouement... (tout en continuant à rêver du beau Mattias), pendant qu'il entretiendra des rapports sexuels (torrides et nombreux) avec la seconde. Vous ne voyez pas ? La maman et la putain. Je caricature, mais l'idée est là. On retrouve les deux rôles un peu schizo que tout homme (cisgenre, hétéro) rêve de faire endosser aux femmes. Il est là, le détail sexiste de l'Histoire.
Si on résume, nous avons dans ce roman deux personnages féminins, incarnant chacun un archétype machiste (la maman douce et dévouée, qui soigne les blessures et apporte la soupe, et la partenaire sexuelle décomplexée), et une foule de femmes anonymes, que l'on aperçoit comme de loin, et qui sont soit les épouses éplorées des morts et des mutilés, soit les courageuses matrones montant aux remparts lors d'un moment désespéré, et achevant les envahisseurs au couteau de cuisine. (Quand je vous dit qu'il est bien ce roman ^^) Alors qu'une multitude de personnages masculins secondaires sont nommés.
Voilà, c'était tout. Ça n'en rend pas le roman moins bon pour autant, j'ai toujours autant envie de lire la suite (Mattias et [héhé, devinez laquelle] se promènent à Paris le 24 août 1572), mais je trouve intéressant de creuser un peu les ressorts des intrigues, ce qu'elles nous disent au-delà de ce qui est raconté. Tim Willocks est sûrement quelqu'un de très bien, j'ai bien aimé son interview, et vraisemblablement n'est-il pas plus sexiste que la moyenne. Simplement, nous sommes une fois encore dans ce que Jaddo exprimait : le goutte-à-goutte, les clichés dont nous sommes tous victimes, que nous soyons lecteurs ou écrivain.