Grand promoteur de la saignée dans les dépenses de l’État, Éric Ciotti va faire économiser plus d’1,3 million € à la France grâce au sexisme de son parti. Selon un décret en date de mardi, sa petite boutique affidée au RN, l’UDR, ne va toucher que 33 000€ d’aide publique alors qu’il aurait pu gagner près d’1,4 million grâce aux voix recueillies lors des dernières législatives. Les subventions versées aux partis politiques sont en effet calculées en fonction du nombre de voix obtenues lors du 1er tour des dernières législatives et du nombre de parlementaires. Mais à cette aide est retranchée une amende en cas de non-respect de la parité. Et si toutes les formations politiques (à l’exception de LFI, du PS et de Debout la France) sont sanctionnées dans ce décret, l’UDR explose les compteurs avec seulement 11 femmes candidates pour 52 hommes. Ce qui lui vaut donc de voir son enveloppe réduite d’1,3 millions €, loin devant LR (environ 1 million de sanction) et le RN (800 000€) qui complètent le podium des partis les moins inclusifs. À l’inverse, comme l’an passé et alors que Fabien Roussel avait demandé l’annulation de la sanction au ministre de l’Intérieur de l’époque, un certain Bruno Retailleau, le PCF va encore perdre 68 000€ d’aides publiques pour avoir… présenté plus de femmes que d’hommes (35 contre 32). Rappelons à toutes fins utiles que ce financement public est versé en contrepartie du plafonnement des dons venus de particuliers (7 500€ maximum). Ce qui permet de garantir l’équité du jeu politique et d’éviter, par exemple, qu’un milliardaire d’extrême droite arrose son camp de gros billets.
Chez POL du 05/03/2026
Le Hidalgo-bashing, elle dit l’avoir «expérimenté» de façon ininterrompue, parce qu’elle est «l’une des rares femmes politiques à avoir eu une durée de vie aussi longue à un poste aussi exposé». Dans un contexte d’abaissement du débat public et de prolifération des fake news, «une femme de gauche, écolo, issue de l’immigration, à la tête d’une ville comme Paris depuis vingt-cinq ans, devient une cible, analyse-t-elle.
[...]
Anne Hidalgo ne joue pas la carte féministe, mais il ne lui a pas échappé que nombre de ses détracteurs étaient des mâles blancs de plus de 50 ans. «Ils ne supportent pas qu’une femme soit venue réduire l’espace réservé à leur objet de virilité qu’est la voiture puissante. Et qu’elle change radicalement l’espace public en donnant plus de place à la végétation, au vélo, aux piétons.» Elle juge avoir pris plus cher que Delanoë parce que lui avait placé les pistes cyclables sur les trottoirs : «Ça emmerdait les piétons, pas les bagnoles.»
Et c’est là tout le drame. Pendant que certains débattent pour savoir si le corps d’une héroïne de jeu vidéo est « assez sexy » pour les joueurs masculins, des millions de vraies femmes se battent en société pour simplement exister sans être réduites à un simple corps, un fantasme, un jouet, un truc qu’on utilise et qu’on jette après usage.
Encore une polémique débile sur l'héroïne d'un jeu, "accusée" de n'être pas assez sexy (au premier regard, j'ai cru que l'image du début de l'article était une blague... non, c'est leur vraie demande).
Vous êtes des grands tarés les mecs.
Toutes les violences sexuelles sont adossées à des formes culturelles. Deux sont bien identifiées : la culture du viol et la culture de l’inceste. Le troisième corpus que je propose, cette culture du féminicide, est la pièce manquante qui vient verrouiller le système des violences sexuelles.
Il m’a semblé nécessaire d’inventer cette notion pour penser des choses qu’on ne voyait pas, ou plus. Ainsi, la culture du féminicide désigne l’ensemble des représentations, des idéologies et des stéréotypes qui racontent et justifient les meurtres de femmes. C’est-à-dire leurs motifs, au double sens du terme : pourquoi on tue les femmes, et comment.
La culture du féminicide se décline à travers de nombreuses formes, savantes ou populaires. Celles-ci vont de la poésie à la série télé, en passant par la peinture, l’opéra, le music-hall, la chanson et le polar. Mais il est crucial de distinguer le féminicide symbolique de sa représentation réaliste.
La scène de la douche dans [le film] Psychose est réaliste. A côté de cela se trouve un autre continent, celui des féminicides symboliques, composé des métaphores et allégories qui signifient le meurtre d’une femme. Un exemple entre cent : le tour de magie de la «femme sciée en deux», qui fait florès à partir du XIXe siècle.
[...]
Cependant, on n’observe pas cette fascination sexo-reproductive pour le corps des hommes. Et puis, il y a d’autres scénarios qui relèvent de la culture du féminicide, comme l’érotisation de la défunte, du corps inanimé, qui n’existe pas davantage vis-à-vis du masculin.
Le fantasme nécrophile, qu’on retrouve chez Edgar Allan Poe, débouche sur l’affaire Pelicot. Les viols de Mazan relèvent de la culture du féminicide, et cela, à mon avis, n’a pas été suffisamment noté.
Ce backlash anti-féministe prend un essor inquiétant au sein de la génération des 15-24 ans, plus directement concernée par l’influence des réseaux sociaux puisqu’elle n’a quasiment jamais rien connu d’autre. Mais soyons aussi lucides. Chez les générations plus âgées, il n’était pas bien vu non plus pour une femme de «collectionner» les aventures, alors même qu’elles étaient valorisantes pour les hommes. Les plus vieux et les plus âgés se retrouvent ainsi étrangement unis autour de ce qui a toujours fait consensus socialement : le rejet et la coercition des femmes et des filles.
C'est terrifiant de voir comment en au moins 3 siècles, des Liaisons dangereuses à TikTok, la mentalité des hommes n'a pas évoluée : un homme qui multiplie les conquêtes est un Dom Juan, une femme qui fait de même est une salope.
Allez, encore un truc bien déprimant que vous avez sans doute déjà vu passer : les stéréotypes de genre repartent à la hausse, surtout chez les plus jeunes, et en grande partie "à cause" des réseaux sociaux. J'ai l'impression qu'on vient de perdre une décennie, comme un goût de travail à reprendre à zéro.
Pour plus de la moitié des 11-17 ans, les mères savent mieux s’occuper de leurs enfants que les pères. Et 23 % des jeunes adultes pensent qu’un enfant qui n’est pas en âge d’aller à l’école risque de souffrir si sa mère travaille. Un taux d’adhésion similaire à celui des 70 ans et plus. Cécile Jolly, co-autrice du rapport de 370 pages, observe une «assignation des femmes au care [l’attention portée aux autres, ndlr] très ancrée chez les adolescents».
Comme ça n’a pas été assez dit par son compagnon : merci et bravo Philippine ! La fraîcheur de tes propositions culinaires, tes yeux crayonnés de noir et tes manchettes rouges nous manqueront. Peut-être viendrons-nous dans ton restaurant, un jour où Charles se sera absenté de préférence.
Et bam ! Pour vous résumer l'article : l'auteure déplore les comportements et propos sexiste du compagnon cuisinier de la jeune femme, qui participait avec elle à l'émission "Top chef", et qui est aller jusqu'à s'approprier ses créations sans la citer, ou lui demander, carrément, de se taire.
Selon le droit canonique n’importe quel baptisé, membre du clergé ou simple laïc, peut être désigné. Du moment qu’il est de sexe masculin. J’ai donc, moi, qui suis baptisé, même incroyant, une plus grande possibilité théorique d’être élu pape que n’importe quelle grenouille de bénitier ou mère supérieure prestigieuse.
[...]
On s’habitue mais, à bien y réfléchir, que dirait-on d’une association, d’une entreprise, d’un parti politique qui stipulerait dans ses statuts que tous les postes d’encadrement sont réservés aux hommes, que tous les sièges du conseil d’administration ou du bureau politique sont interdits aux femmes ? Que dirait-on d’une structure d’encadrement qui interdirait à ses membres de se marier ou même d’avoir des relations sexuelles ?
[...]
Les principales religions sont formatées par la domination masculine. Il existe bien quelques pasteures protestantes, quelques rabbines. Ça va de l’enfer islamiste en Afghanistan, où les femmes sont chosifiées et martyrisées, au simple et classique conservatisme catholique.
Ça me fait penser à ce vieux dessin de Charlie, où on voit un curé, un rabbin et un imam, assis dans un canapé avec les pieds posés sur le dos d'une femme à quatre pattes, jouant le rôle de la table basse...
EDIT : retrouvé
https://sammyfisherjr.net/galerie/photos/Religions/religions-patriarcat.jpg
Via la newsletter (ouais, encore une newsletter) HugoDécrypte :
Cette enquête en 2 parties s'intéresse à la situation financière des femmes dans les pays occidentaux, et montre les écarts de richesse et de revenus entre les sexes. Il met en lumière les mécanismes qui contribuent à appauvrir les femmes tout au long de leur vie, des mécanismes qui sont souvent inconscients.
Une image vaut mille mots, tout ça... A l'intention de tous ceux qui ne voyaient pas le problème avec Bianca Censori et sa "robe" transparente.
En début d’année, Dorian Signargout a également fait sensation avec Minami Lane, développé en binôme avec sa compagne.
Non, mon Canard, non purée ! "sa compagne" elle a un nom bordel.
En l’occurrence, elle s'appelle... Doriane. Ça ne s'invente pas.
Pan sur le bec mon canard(PC).
Une source : https://playstationinside.fr/minami-lane-interview
Doriane Randria même. (merci JV le mag sur ce coup - N°108)
Au-delà d'une hypothétique opposition homme/femme (même s'il y a un vrai sujet sur le sexisme et les jeux genrés), je trouve cet article intéressant du point de vue de l'opposition entre "avoir les codes" ou ne pas les avoir.
Et c'est fou le nombre de choses qui nous paraissent évidentes lorsque l'on a l'habitude des jeux vidéo : murs invisibles, ennemis concons, devoir quitter une zone pour activer l'événement suivant, comprendre que telle zone est une arène, etc.
Dans un article pour The Gamer, le journaliste Mike Drucker s’exclamait que nous enseignions mal le jeu vidéo aux gens. L’absence de patience, l’incapacité à réaliser que notre langage n’est pas partagé par la personne en face, que nos références ne sont pas connues, que trop d’informations saturent la pensée. C’est un peu comme passer son permis : vous ne pouvez pas demander du premier coup à quelqu’un de faire attention à toutes les infos sur la route alors qu’il ne sait pas encore manipuler son volant. Il faut alors trouver le bon jeu pour introduire les gens : pas trop de 3D, pas trop de skill requis, des visuels engageants, de la coop' pour partager l’expérience ou du mignon pour rassurer, les réponses varient évidemment selon la personne.
Les femmes ont longtemps été exclues du processus de recrutement à la Nasa, puisque seuls des pilotes de chasse, donc des militaires, et donc des hommes, pouvaient espérer se rendre dans l'espace. "La profession d'astronaute a été structurée par une forme de masculinisme", résume le sociologue Arnaud Saint-Martin, coauteur du livre Une histoire de la conquête spatiale, des fusées nazies aux astrocapitalistes du New Space.
[...]
"Les normes culturelles et les modèles féminins dans la représentation des matières Stem jouent un rôle fondamental dans l'apprentissage et le développement des enfants", déclare de son côté l'ESA à franceinfo. L'agence dit avoir lancé des actions visant "à remettre en question les stéréotypes de genre en montrant aux jeunes filles que leur potentiel n'est pas limité".
De fait, c'est tout un imaginaire qui doit être modifié. Alice Gorman dénonce un sexisme généralisé et ancré de longue date. L'archéologue australienne souligne que les femmes restent "les principales personnes qui gèrent le foyer, effectuent davantage de travaux non rémunérés", et qu'"elles risquent leur carrière en ayant des enfants".
Toutefois, féminiser présente aussi des arrières pensées :
"On vend une image à travers ces figures consensuelles et sympathiques, qui visent à 'inspirer'", cingle aussi le sociologue Arnaud Saint-Martin. Toutefois, le spécialiste rappelle que "les cosmonautes [soviétiques] étaient les envoyés d'un régime qui n'était pas particulièrement démocratique", tandis que, "par certains aspects, les Etats-Unis sont un régime démocratique en crise depuis très longtemps". Selon lui, il existe toujours "une instrumentalisation de la figure de l'astronaute à des fins de soft power, de valorisation de modèles culturels qui se veulent vertueux".
Bref, envoyer des femmes dans l'espace, c'est pas l'objectif ultime. L'objectif ultime, c'est la lutte contre le sexisme. Et ça, ça commence au ras du sol.
Hein ? Quoi ? Le masculin n'est pas neutre ? Oh, surprise, ô traitrise de woke !
Ah non M. Finkielkraut, calmez-vous, c'est le CNRS qui le dit.
De fait, le français met à notre disposition différentes stratégies permettant une meilleure représentation des femmes et des minorités de genre dans ses usages. Il est possible de distinguer deux types de stratégies.
D’une part [...] le recours à des termes épicènes, c’est-à-dire des termes qui ne varient pas en fonction du genre. [...] Cela passe aussi par l’usage de mots génériques tels que « personnes » ou « individus ». Également par des formules englobantes avec des singuliers collectifs : « l’équipe » (ou l'orchestre, la population...)
[...]
D’autre part, les stratégies dites « féminisantes »
Ah, on me signale le placement en PLS de M. Finkielkraut.
qui reposent notamment sur la féminisation des noms de métiers, de fonctions et de qualités : « professeur » = « professeure » ; « Madame le directeur » = « Madame la directrice » ; « L’écrivain Virginie Despentes » = « L’écrivaine Virginie Despentes ». Autre exemple, la double flexion, également appelée « doublet », qui consiste à décliner à la fois au féminin et au masculin les mots : « les lecteurs de cet article » = « les lecteurs et les lectrices de cet article »
[...]
Pour le cerveau, le masculin n’est pas neutre
[...]
« Nous avons fait lire à nos sujets un court texte portant sur un rassemblement professionnel et leur avons demandé d’estimer le pourcentage d'hommes et de femmes présents à ce rassemblement. Lorsqu’il s’agissait d’une profession non stéréotypée – c’est-à-dire exercée de manière égale par des hommes et des femmes – et lorsque nous avions recours au masculin dit “générique”, les sujets sous-estimaient la proportion de femmes dans le rassemblement. En revanche, lorsque nous utilisions une double flexion, les sujets estimaient un ratio correspondant au ratio effectif dans la société. »
Le fait d’être écrivain « tout court » (sans étiquette) reste pour elle, en France, l’apanage d’écrivains français blancs et de sexe masculin. « Dans ce qui reste un bastion masculin », la qualité littéraire est jugée, « l’universel » est pensé à partir de représentations masculines.
[...]
Beaucoup d’encre a coulé, notamment autour de la parution du Manifeste pour une littérature monde en français, sur la distinction problématique entre « littérature française » et « littérature francophone » : la littérature française est généralement pensée comme ne faisant pas partie de la littérature francophone, ce deuxième ensemble regroupant la littérature en français produite hors de France mais aussi par des écrivains de nationalité française mais pas de l’hexagone, voire des écrivains « hexagonaux » perçus comme ayant des appartenances multiples. L’œuvre d’auteurs d’origine antillaise, d’autrices ou auteurs noirs comme Marie NDiaye, ou la littérature « beur » ou ¡« de banlieue », ont ainsi pu être rangées dans la catégorie « francophone » plutôt que « française ».
On a beaucoup dit que j'étais dure. On a pu dire que j'ai été agressive. Je pense qu'il y avait un fond de vérité, même si je le mets toujours en balance avec le fait qu'on dit d'un homme journaliste qui poserait la même question avec le même ton que moi, "il est pugnace, il en a !" Si c'est une femme, on dit "ah elle est agressive".
Ça peut paraitre anodin, et ça ne remet aucunement en question les qualités ludique du jeu, sachant par ailleurs que celui-ci est largement queer-friendly, et que l'éditeur de personnage est assez puissant pour donner à son avatar l'apparence que l'on veut (jeune/vieux, gros/maigre, petit/grand...), mais les persos par défaut (origines, c'est ça ?) sont quand même sacrément stéréotypés, et cette blague me le fait sauter aux yeux.
A ma gauche : Ombrecoeur, que l'on qualifiera de prêtresse guerrière pour simplifier : petite, mince, ventre plat ; à ma droite, Gayle, magicien : grand, musclé, avec des abdos à faire pâlir un culturiste.
Comme le fait remarquer avec humour la légende de l'image ("Where do you work out ? At the library"), ce n'est pas le cursus "professionnel" de Gayle qui lui a permis d'obtenir ce corps d’athlète. Il fait peut-être beaucoup de sport sur son temps libre, mais là n'est pas le problème : ces deux corps sont des stéréotypes.
Beaucoup de choses intéressantes dans ce shaare, merci.
Je voulais juste réagir sur :
>voila un parfait exemple du coté clivant en question: l'auteur du tweet n'a insulté personne [...] Le fait de bloquer l'auteur initial illustre bien une volonté d'exclusion et qu'on est de moins en moins dans cette démarche de communication autour des sujets de désaccord, et c'est malheureux parce que c'est de l'absence de communication que nait la violence et la radicalisation des uns contres les autres.
Sur la question de l'insulte, il n'est que besoin de lire les autres tweets du monsieur :
La librairie a très bien fonctionné à cet endroit pendant des années avant l’arrivée funeste de ces dames.
Bon, j’admets, c'est un peu léger niveau insulte, mais on va quand même pas dire que c'est un compliment. "L'arrivée funeste", cela revient tout de même à dire que leur seule présence lui a rendu la librairie infréquentable.
Sur la question de la volonté d'exclusion, je trouve qu'il ne faut pas charrier. La morale catho de tendre l'autre joue, tout ça... très peu pour moi. C'est tout de même lui qui a jugé utile de faire un tweet pour expliquait qu'il ne mettrait plus les pieds dans cette librairie, et que in fine il souhaitait la voir disparaître "le marché à choisi" etc. et, volontairement ou non, mais je note tout de même qu'il n'a absolument rien fait pour calmer les ardeurs de la meute, il est à l'origine d'une vague de cyberharcèlement. Pas coupable, peut-être, responsable certainement, et complice complètement.
Et, au risque de me répéter, la contradiction flagrante entre le "je n'y mettrai plus les pieds" initial et le "ouin ouin elles m"ont bloqué" final est assez délicieuse : on peut pas tout avoir mon vieux.
Au final, son tweet de vieux macho aigri a (largement) contribué à sauver ce qu'il abhorrait : https://www.causette.fr/culture/livres/la-librairie-feministe-un-livre-et-une-tasse-de-the-victime-de-cyber-harcelement-pour-son-engagement-politique
Et ça, c'est plutôt cool.
EDIT : ça me revient, j'ai lu au passage des commentaires comme quoi une librairie n'a pas à être politique etc. Et les librairies La Procure par contre, pas de soucis. C'te rigolade.
Racisme, sexisme, vulgarité, cyberharcèlement. Un personnage bien sympathique ma foi.
Rappel :
La galanterie n’est pas la simple politesse. Sinon, il suffirait d’employer le mot politesse. La galanterie est cette politesse spécifique qui s’applique en un sens unique, des hommes vers les femmes, parce qu’elles sont jugées faibles, dépendantes. Bien sûr, des femmes peuvent avoir besoin d’un coup de main, comme des hommes aussi. Mais la galanterie n’énonce pas qu’il faut aider les femmes qui ont besoin d’un coup de main. C’est un système, qui s’applique automatiquement quelle que soit la condition physique réelle de la femme qu'on prétende aider. Un système qui englobe toutes les femmes dans une même image de faiblesse. C’est ce qu’on appelle le sexisme bienveillant, dont des équipes de recherche ont démontré qu’il avait un effet sur les carrières et les recrutements des femmes. Les sexistes bienveillants ne sont pas des violeurs, mais en entretenant l’idée que les femmes sont faibles, à côté de mâles dominants qui seraient là pour les sauver, ils alimentent la culture du viol.
Elles ont tourné avec des stars comme Booba, Niska, Guy2Bezbar, Gims ou encore Gazo. Mais pour Ruby, Shayna, Gabie, Olivia ou Lihliaa, modèles vues des millions de fois dans des vidéos où la démonstration de richesse fait partie des codes, l’argent est très loin de couler à flots.
Peu payées, payées en retard ou pas payées du tout ; à moitié à poil dans le froid sans même un verre de café... Bienvenue dans la face obscure du rap français.
Chères hommes qui répondez: "Wow je savais pas que c'était si violent ils sont malade courage" sous les thread d'horreurs sexistes que subissent les femmes, voici une série d'actions concrètes que vous pouvez faire pour nous aidez a corriger cet enfer qui sera plus utile
La suite de ce dont je parlais hier, à propos du harcèlement en ligne à l'encontre des femmes.
Une liste d'actions que les hommes peuvent mettre en pratique, sans délai :
Marre de ce machisme de merde - car c'est bien de cela qu'il s'agit.
Une femme -jeune- première ministre. Elle danse, en privé, avec des amis. Pire que tout, elle a l'air heureuse.
Réaction des cons : "OMG, c'est sûr, elle se drogue ! Démission !"
“Douces” et “maternelles” sont des adjectifs souvent attribués aux femmes dans l’humanitaire. À Genève, l’exposition “Who cares ?”, au musée international de la Croix-Rouge, vise à déconstruire les stéréotypes de genre. “Les femmes et l’humanitaire : pas qu’une histoire d’infirmières”, résume le quotidien suisse “Le Temps”.
[...]
“Who cares” : l’expression est double, et c’est volontaire – interrogeant à la fois “qui s’en préoccupe” et “qui prend soin”. Depuis quelques années, le terme care désigne même, en français, un domaine professionnel encore majoritairement conjugué au féminin. Réalisée en partenariat avec l’université de Genève [Unige], l’exposition vise elle aussi à rééquilibrer les rôles. En déjouant, à travers 200 photos et objets, des stéréotypes vieux de plus d’un siècle.
"Le fait qu'une femme soit nommée au poste de Premier ministre devrait être un non-événement", juge Roselyne Bachelot sur BFMTV, mardi 17 mai.
Absolument.
Le sexisme ordinaire, banalisé de 2021. Vous inquiétez pas, on aura le même en 2022. (via Seb, mais je connaissais déjà le déprimant @PepitSexiste)
Coucou @lequipe je me demandais si j’avais le droit à une petite place
Anne-Cécile Ciofani a été élue meilleure joueuse du monde de rugby à 7. Bravo encore à l'Equipe pour ce merveilleux travail d’invisibilisation, cœur avec les doigts.
Cet arrêt est l’une des cibles les plus symboliques de la guerre culturelle engagée par la droite religieuse américaine depuis bientôt quatre décennies. L’impératif de revenir sur Roe v. Wade est martelé, élection après élection. Il est justifié au nom d’un caractère sacré de la vie qui disparaît par ailleurs spectaculairement du discours conservateur lorsqu’il est question de la peine de mort.
Voilà, tout est dit.
La remise en cause est d’autant plus difficile que chaque bédéiste commence par recopier ses prédécesseurs avant de développer son propre style et que les écoles d’Art n’apprennent pas à dessiner un visage. En l’absence de personnages féminins charismatiques dotés de nez réalistes, la situation ne peut pas évoluer, note justement Elizabeth Holleville (Immonde!, prévu en janvier chez Glénat): "On ingurgite tellement de codes graphiques sans même y réfléchir qu’on ne se rend pas toujours compte de comment on dessine."
En BD, les femmes n'ont pas de nez. Merde, je ne m'en étais jamais rendu compte.
On est tous victimes de ses stéréotypes. Tous.
Mais quel imbécile.
Et arrêtez d'appeler ce type Zorglub, ou Gargamel, c'est pas Voldemort bordel. Il s'appelle Eric Zemmour, et il est dangereux (et ses militants sont armés).
Ce choix de casting agace d’autant plus qu’il est devenu systématique et ce même après #MeToo et les plaintes des actrices de plus 40 ans sur leur manque d'opportunités. On continue de donner des rôles de compagnes d’hommes de 50 ou 60 ans à des comédiennes de 20 ou 30 ans, comme si passé la ménopause, les femmes n’intéressaient plus personne. Si on s’attarde sur les sorties cinématographiques récentes, James Bond (Daniel Craig, 53 ans) craque pour Léa Seydoux (36 ans) dans les dernières aventures de l’agent 007. La même Léa Seydoux sera à l’affiche, le 29 décembre prochain, d’une adaptation de Philip Roth par Arnaud Desplechin, Tromperie. Et, quelle chance, l’actrice y entretiendra une relation avec Denis Podalydès, fringant jeune homme de 58 ans.
Vous en voulez encore ? On pourra bientôt, en 2023, se délecter d’un nouveau film de Ridley Scott, Kitbag, dans lequel Jodie Comer (Killing Eve) incarnera Joséphine de Beauharnais, la compagne de Napoléon (interprété par Joaquin Phoenix). Historiquement, l'Impératrice avait 6 ans de plus que son illustre époux alors que Jodie Comer a presque 20 ans de moins que le héros du Joker (2019). Les producteurs, les casteurs et les cinéastes n’ont donc absolument aucune justification, autre que leur propres "daddy issues", pour continuer à nous abreuver de leurs remakes à peine déguisés et peu inspirés de Lolita qui n’excitent plus personne à part eux.
Le choix, ou plutôt la liberté de choix, c’est là tout l’enjeu.
Une fois encore, des personnes ou groupes (d'hommes ?) veulent décider à la place des femmes comment elles doivent s'habiller, pour leur travail ou leurs études, ou même dans la vie de tous les jours. Je ne peux m'empêcher de faire le lien avec une info vue hier (je ne shaarlie pas tout ce que je vois) sur un "facebook" (le livre de fin d'année d'une promo étudiante US) où les décolletés, aussi pudiques fussent-ils, de 80 photos de jeunes filles ont été retouchés, au carré, limite sous le menton...
Contradictoire avec l'info qui précède me direz-vous ? Que nenni. Si des sportives veulent cacher leur corps, elles en ont le droit. Si elles veulent jouer de cette hypersexualisation, elles en ont aussi le droit, tout comme les étudiantes peuvent être en décolleté, ou voilées, ou en col roulé... Genre les femmes, elles sont libres de faire ce qu'elles veulent de leur corps, voyez ?
Activision Blizzard est à son tour (et sans surprise) accusé de discrimination et harcèlement. Après avoir nié en bloc, l'entreprise doit faire face à une fronde massive de ses employé·e·s, un mouvement de grève inédit, une plainte des actionnaires et le retrait de sponsors. C'est vraiment bien fait pour leur gueule, et je pèse mes mots. J'espère seulement que cela entamera un (long) processus d'évolution (même si j'en doute).
Oyez, oyez braves gens, venez écouter les palabres sur la nouvelle polémique en royaume de France et de Navarre. Enfin... Polémique... Est-ce bien le terme adéquat? Je veux dire, regardons les choses en face: depuis dix jours, dix putains de jours, la France se demande si les filles ont le droit de s'habiller comme elles veulent.
Mais vous êtes sérieux? On vit dans quel monde pour que cette question soit simplement évoquée plus de vingt secondes? Alors dix jours à s'interroger dessus...
via Seb
EDIT : Je ne résiste pas au plaisir de citer cette phrase :
Enfin, mes braves gens, s'il fallait interdire tout ce qui peut exciter sexuellement un garçon de 16 ans, vous devriez commencer par lui crever les yeux.
Allez hop, encore une idole déboulonnée. C'est une vraie surprise pour moi, je ne suis pas assez le milieu du logiciel libre pour avoir été au courant de la merde qu'il avait dans le cigare, et pourtant ce ne devait pas être un secret, étant donné que ces prises de position sont publiques. Zou, poubelle le RMS.
Il y a parfois des choses qui bougent dans le bon sens : dans l'édition "légendaire" de Mass Effect, BioWare a essayé de corriger les gros plans top-classe sur les fesses de Miranda Lawson (je ne m'en souvenais plus mais, oui, pendant qu'elle racontait son enfance malheureuse, la caméra nous montrait son cul, la classe vous dis-je).
J'ai lu par-ailleurs que les apparences de Shepard avaient été harmonisées sur les 3 jeux : ille aura dans les trois la tête de Mass Effect 3, c'est valable pour la version "homme" comme pour la version "femme". Et on apprend au passage, et c'est là que ça devient instructif, que la version féminine bénéficiera enfin du même soin que la version homme. Autrement dit : ce n'était pas le cas avant...
C'est marrant hein : quand un joueur (pro) prend position en faveur des manifestants de Hong-Kong, il est banni à vie ; quand toute une bande de streamers toxiques et leurs cohortes de fans décérébrés commettent des agressions sexuelles... il ne se passe rien. Rien de rien. Sauf pour les victimes, qui se font harceler.
« Une femme à la tête de 850 pompiers en Creuse », écrit La Montagne, mercredi 17 juin ; « La NASA nomme une femme à la direction des vols habités », renchérit Le Point, une semaine plus tôt. Le Monde vient, certes, de donner son imprimatur au terme « autrice », mais titrait, le 25 mai, « Une femme candidate pour succéder au cardinal Barbarin comme évêque de Lyon », reléguant Anne Soupa, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, dans le sous-titre de l’article.
Après le mot-dièse #unefemme et le compte @PepiteSexiste apparus sur Twitter, pour dénoncer les travers des médias et du marketing, « Une femme » a depuis quelques semaines sa propre page – parodique – sur Wikipédia, recensant ainsi toutes ses professions, activités ou distinctions.
Lien vers la page : https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Pastiches/Une_femme
Toutefois s'attacher à vouloir faire cesser le racisme, le sexisme, l'homophobie, etc. c'est bien beau mais ce sont des minorités qui se battent chacune de leur coté pour leurs propres intérêts.
[...]
Le problème de la lutte pour les droits des noirs, des femmes, des homosexuels ou tout autre groupe est à chaque fois le même: fondamentalement ces combats divisent et opposent au lieu de rassembler et fédérer. Quand on parle des noirs, ça oppose les blancs; quand on parle des femmes, ça oppose les hommes, quand on parle des homos, ça oppose les hétéros, etc. comme l'expose la chanson "Camps" de Jehan Jonas.
Et tout ça à partir d'une citation probablement apocryphe, et dans tous les cas hors contexte, de Morgan Freeman, le permaculteur bien connu.
Alors... hmm, non. Ça ne va pas du tout.
On va jouer ensemble : je ne vois pas un noir, je vois un homme ; je ne vois pas un musulman, je vois un homme ; je ne vois pas une femme, je vois... ah oui, merde, ça coince là.
Tellement de bons sentiments en quelques lignes, et tellement d'erreurs. Je crains de n'être pas assez compétent pour répondre.
1/ "Des minorités qui se battent chacune de leur côté"
Rien que cette phrase révèle l'ampleur de l'aveuglement de son auteur.
2/ "pour leurs propres intérêts"
Parce que quand je suis blanc, cisgenre, hétéro, valide (je rajouterais même chrétien, pour l’Occident), et aussi homme, je ne me bats pas pour mes propres intérêts ?
Attention, il y a un piège.
Eh bien non. Quand je suis blanc, cisgenre, hétéro, valide, je n'ai pas à me "battre pour mes propres intérêts", tout simplement parce que -on reste dans une vision occidentale de la chose, n'oublions pas que l'auteur considère les non-blancs comme une minorité- la société a été faite pour les gens comme moi. La société dans laquelle je nais, j'étudie, cherche un travail, me marie... perçois comme "normal" le fait d'être blanc, le fait d'être valide, le fait d'être hétéro ET cisgenre. Et perçois tout le reste comme des "minorités", avec la meilleure bonne foi du monde, et souvent avec de bonnes intentions. Sauf que les bonnes intentions, ça ne suffit pas.
3/ "Diviser pour mieux régner"
J'aimerais bien que ce soit ça, que ce soit une stratégie des possédants/dominants pour diviser leurs adversaires. Seulement, t'as écouté Manu hier soir ? Dans son passage sur l'actualité hors-Covid, il a dit à peu près : le racisme c'est caca, mais celles et ceux qui se battent contre sont d'affreux communautaristes (avant d'ajouter : la police française fait un excellent travail, hashtag cœur, hashtag amour). Ce ne sont pas les opprimés qui "divisent pour mieux régner", mais les dominants. Mais l'emploi de cette expression est assez révélateur de tout l'informulé de la pensée de son auteur. Le refoulé même.
4/ Orienter la lutte vers les causes premières. (Il dit qu'il voit pas le rapport)
A la base, j'aurais dû être d'accord. Mais au vu de tout ce qui précède, j'ai du mal. Oui, il faut en finir avec le capitalisme. Mais je ne suis pas certain que le sexisme soit une maladie de capitalisme. Je n'ai pas vraiment l'impression que les communistes soient moins sujets au racisme que la classe propriétaire des moyens de production. J'ai un gros doute sur le lien de causalité entre la transphobie et un système économique prônant l'accumulation du capital.
Je le recopie ici tellement c'est fascinant de bêtise et d'égoïsme :
Si une pensée humaniste nous amène à considérer comme une amélioration que les noirs soient moins tués et harcelés dans nos sociétés, on peut se demander à quoi ça va servir quand dans quelques décénnies les conditions propices à la vie telle qu'on la connait auront disparu de la planète.
5/ Conclusion
Une fois encore, on se trouve devant de la pensée, prête à mâcher, prête à servir, en mode réponse à tout. De la vraie saloperie, où l'auteur, du haut de sa bien-pensance, balaie d'un revers de main les petites luttes mesquines des femmes, des personnes racisées, des dominé·e·s de toute espèce d'un "argument" massue : "ah ah, quand la planète sera détruite, vous serez bien avancé·e·s avec vos petits combats égoïstes, qui ont divisés au lieu de fédérer."
Comme si on ne pouvait pas se battre POUR l'écologie, POUR l'égalité des droits (femmes, personnes racisées, personnes en situation de handicap, religions minoritaires, LGBTQ etc.), et CONTRE le capitalisme, tout ça EN MÊME TEMPS. Nan, nan, faut choisir ton combat, choisir ton "camp", et "plus moyen d'en sortir".
(c'est le préfet Lallement qui a écrit les paroles ? Ça ne m'étonne pas qu'il soit poète, un homme d'une telle sensibilité)
Allez, encore une couche parce que bon. Et puis j'ai faim.
J'ai été lire la post d'origine du HV. Je passe sur les citations hautement philosophiques tirées de Harry Potter ou des Pokémons, j'ai faim j'te dis. Mais je pense que la philosophie a perdu un maître, jdçjdr. Non, ce qui me pousse à réagir, c'est cette phrase :
Heureusement, rien de tout ça n’interdit d’être simplement gentil avec les autres ou ne constitue ni une excuse ni une raison à se comporter comme un connard.
Je me suis déjà exprimé sur le fait d'être "gentil" ICI, je ne vais pas recommencer. Ou alors juste pour dire que ça va encore dans le sens de ce que je viens d'écrire : tout le monde doit être gentil, mais bizarrement, surtout ceux à qui la vie chie dans la bouche et auxquels la société refuse une brosse à dents. Merde, manquerait plus qu'ils mordent ces cons là.
Bon, j'ai perdu beaucoup trop de temps pour cette connerie moi. Mais fallait que ça sorte.
Albert Camus disait :
"Un homme, ça s’empêche."
Eh bien ça s’éduque aussi. Et ce n’est plus aux femmes de s’en charger. Elles ont assez donné. Elles ont assez payé.
Vous ai-je déjà dit que j'aimais beaucoup Baptiste Beaulieu ?
via chaipuki
Dans le monde, 9 personnes sur 10 -femmes comprises- nourrissent au moins 1 préjugé sexiste contre les femmes.
On a pas le cul sorti des ronces, tiens.
Je crois que ce thread est une bonne illustration de ce qu'est le "male gaze", cette façon dont le cinéma (mais aussi la BD, la pub, les séries...) chosifie le corps des femmes... parce que le cinéma, la pub, les séries... sont globalement faites par des hommes hétérosexuels. (Cette question est d'ailleurs abordée dans cet excellent épisode d'entretiens sur la place des femmes dans le jeu vidéo et le cinéma de Silence on joue).
A propos de male gaze :
via Tommy
Géniale, comme toujours.
Racisme, sexisme et homophobie : la beauté du sport.
Sinon, les jeux vidéo çaymal, ça rend violent et associal.
"cette jeune blonde de 1,67 m et 57 kg aux yeux verts"
J'aime beaucoup le fait qu'on ne parle des cheveux et yeux que pour les femmes. On n'entend jamais dire "un grand brun de 1,85m, 78kg, aux yeux marrons."
Oui, c'est vraiment une constante dès qu'un article parle d'une femme, quel que soit le domaine (sport, culture, bizzness...) : quand une femme réussi dans quelque chose, on est obligé de souligner qu'elle "jolie", qu'elle a les yeux de telle ou telle couleur... Mais qu'est ce qu'on en a à branler, sans déconner ?
J'aime beaucoup la remarque de Tommy : ce n'est jamais le cas pour les hommes...
Framasoft sur l'écriture inclusive :
Alors oui, on le sait, lire de tels bidouillages de la langue française, ça perturbe. Nous le savons parce que nous aussi nous l’avons vécu. On est là, installé·e·s pépères dans une utilisation d’une langue que l’on s’est fait ch#£§ à apprendre durant de longues années, quand soudain des graphies nous rappellent que mémère existe aussi. Sans compter que, derrière tout cela, y’a une question -presque une accusation- qui vient se chuchoter dans nos pensées…
"Aurais-je été sexiste tout ce temps, sans le savoir, juste en faisant des phrases… ?"
Alors là, c’est non : notre esprit se défend et sort les griffes… C’est normal, hein : il fait son boulot d’esprit. La neuro-biologie nous apprend que, lorsque nous sommes confronté·e·s à quelque chose qui remet en questions nos croyances les plus profondes, notre cerveau réagit comme si nous étions physiquement agressé·e·s.
Or les croyances « je ne suis pas sexiste » ou « je sais comment s’écrit le bon Français » sont souvent chères à nos esprits : elles sont identitaires. Nos esprits se défendent donc avec de multiples objections bien connues : « c’est moche », « c’est illisible », « c’est pas français », « c’est la novlangue de la pensée unique », « c’est excluant », etc. C’est un mécanisme de défense que les libristes connaissent bien. Qui n’a jamais entendu un « Je n’ai rien à cacher » après avoir remis en question la croyance « mes pratiques numériques sont saines »… ?
Chez Framasoft, nombre de nos membres ont vécu ces objections : nous les connaissons intimement. Nous en avons discuté, débattu, argumenté (la question de l’accessibilité, par exemple, mérite que l’on se penche dessus, donc nous l’avons fait). Nous en avons déterminé qu’il ne s’agissait pas de nous, mais de Liberté.