Chez POL du 18/03 :
Tout simplement noir
Qui recevra la palme du sous-entendu le plus raciste ? Depuis l’élection de Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis au premier tour dimanche soir avec 50,77 %, l’insoumis est la cible de commentaires ou de questions charriant leur lot de stéréotypes. Dernier épisode en date, hier soir sur BFMTV. «Vous êtes dans la main de qui, monsieur le maire, en fait ?» ose lui demander le directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles, Tugdual Denis, après avoir rapporté que «des narcotrafiquants» seraient «allés chercher les électeurs» pour qu’ils votent pour lui, et que «de nombreux patrons de points de deal» auraient été présents «dans la salle des fêtes» de la ville lors de la célébration de sa victoire. Plus tôt dans la journée sur RMC et BFM, c’était au tour d’Apolline de Malherbe d’y aller de sa question délirante. «Vous avez dit que [Saint-Denis] c’était aussi désormais la ville des noirs, est-ce que ça, ça compte pour vous ?», l’interroge-t-elle de bon matin. Dès dimanche, plusieurs comptes d’extrême droite, dont celui de Gilbert Collard, avaient malignement attribué ces propos à Bagayoko, qui avait déclaré en réalité que Saint-Denis est «la ville des rois morts et du peuple vivant», citant le poète Jean Marcenac. Malherbe s’est excusée, invoquant «le brouhaha du duplex». La fake news avait pourtant déjà été largement débunkée depuis 24 heures, mais passons… Mais elle n’est pas la seule à avoir complaisamment donné écho à cette nouvelle manipulation raciste venue de l’extrême droite. Que ce soit le journaliste du Figaro Alexandre Devecchio, celui du média libéral-conservateur Atlantico Jean-Sébastien Ferjou, ou l’éditorialiste politique de France Info Gilles Bornstein, tous ont repris les propos faussement attribués à Bally Bagayoko. Avec à chaque fois, le prétexte de problèmes d’audition, pour ceux qui se sont excusés. À moins que cela soit ce qu’ils voulaient entendre ?
Le mec, il est LFI ET noir, c'est trop d'un coup pour eux.
Or, c’est plutôt l’exact contraire que l’on observe : les enquêtes montrent que le RN reste une formation d’extrême droite (avec toutes les intolérances qui vont avec), dirigé par une petite élite chargée médiatiquement de sa dédiabolisation. Il faudrait sans doute en finir avec cette formule des brebis galeuses pour plutôt rappeler que les «dédiabolisés» sont l’exception et non la norme.
Le FN (RN si vous y tenez) est le parti de la politisation du racisme. Je suis tombé sur cette interview du même dans un podcsat que je en connaissais pas, c'est intéressant, je vous la conseille si vous préférez l'oral à l'écrit : https://www.reddit.com/r/france/comments/1s1qs8s/il_a_v%C3%A9cu_6_ans_avec_des_%C3%A9lecteurs_rn_pour/
Quand les administrations veulent communiquer en utilisant les codes du web, c'est rarement bien. Quand elles utilisent en plus l'IA et un mème raciste, c'est le grand chelem de la bêtise.
Problème : en voulant toucher un public le plus large possible, la préfecture ne «surfe» pas sur n’importe quelle tendance. C’est en voulant représenter des personnes noires, que certaines vidéos virales mettent en scène des gorilles générés par IA. Une pratique teintée de racisme, qu’évoque dès le 15 juillet un article de TV5 Monde.
Le pire dans cette histoire (après tout, tout le monde peut faire des boulettes) c'est qu'une fois dûment informée, la préfecture de la Drôme a choisi de continuer à utiliser ce mème du gorille raciste dans d'autres clips de prévention.
Le FN convie le ban et l'arrière-ban des fachos européens à un grand raout dans le Loiret, aux frais de la princesse Europe :
On sent tout de même qu’il y a plus d’argent que d’ordinaire : c’est l’Europe qui paie, comme le rappelle au bas de l’écran, la phrase, contractuelle dans ce genre de manifestation : «patriots.eu [le PFE, ndlr] est partiellement financé par le Parlement européen et est le seul responsable de cet évènement.»
Ce qui n'empêche pas lesdits participants de comparer l'UE aux pires dictatures du monde :
Si chaque intervenant n’a pas manqué de comparer l’Union européenne aux pires dictatures du monde – ici, l’Union soviétique, là un «Empire» «totalitaire» – nul n’a semblé chagriné par la manne qui prend en charge le meeting et, en général, le train de vie des élus européens.
Florilège de saloperies énoncées par ces personnes (reprises dans une question au gouvernement de la députée du coin, et cité apr la newsletter Libé "Chez POL") :
Séance des questions au gouvernement, hier à l’Assemblée. 48h après un grand raout des extrêmes droites européennes, organisé par Le Pen dans le Loiret, la députée (Liot) du cru Constance de Pélichy souhaite faire réagir le gouvernement. Qu’a-t-il à dire après les propos du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, qui parle de l’immigration en dénonçant «un échange organisé de populations pour remplacer le socle culturel de l’Europe», une reprise transparente de la théorie raciste du «grand remplacement» ? Et ceux de l’Estonien Martin Helme, pour qui «être un nationaliste français veut dire que la France est dans vos os et que les os de vos ancêtres sont en France» ? Ou ceux de l’Italien Matteo Salvini, qui s’en est pris en 2020 aux femmes étrangères recourant aux urgences médicales pour des avortements, en raison d’un «style de vie non civilisé» ? Quid des saillies de l’Espagnol Santiago Abascal contre le réchauffement climatique, «plus grande escroquerie de l’Histoire» ? Quant au Polonais Krzysztof Bosak, «plutôt sceptique» sur la démocratie…
[...]
Fait assez rare au Palais Bourbon pour être souligné, tous les députés, des Républicains (LR) à la gauche en passant par Horizons, le Modem et les macronistes, se lèvent alors et applaudissent longuement leur collègue.
C'est bien gentil, mais face à ces gens là, des applaudissements ne suffiront pas.
Le FN ("RN") est (toujours) un parti raciste, autoritaire, anti-immigration, anti-Europe, etc. (ce qui ne l'empêche pas de se gaver de l'argent de l'Europe). L'article a beau rappeler que tous les fachos d'Europe ne sont pas forcément d'accord entre eux (certains sont avant tout anti-immigration, d'autres sont surtout des extrémistes cathos ; certains sont contre l'immigration et pour le mariage pour tous -mais ça peut n'être qu'un argument électoral- quand d'autres rêvent d'un monde à la Poutine, sans homo, trans, etc. MAIS derrière ces contradictions (qui ne sont, je le rappelle, peut-être seulement apparentes), il y a un même fonds commun de rejet de (en vrac) la démocratie, la différence (toutes les différences, et ça me fait rire amèrement de voir une immigrée asiatique tenir le pire des discours raciste anti-arabe et anti-musulmans parce qu'elle, elle est intégrée... le jour où l'un de ces tarés sera élu, je voudrais bien voir comment elle lui expliquera qu'elle est d’origine étrangère, mais c'est pas pareil... Cf. l'immonde phrase citée plus haut : "être un nationaliste français veut dire que la France est dans vos os et que les os de vos ancêtres sont en France")...
Le FN est toujours aussi dangereux. La manœuvre de dédiabolisation n'a pas fonctionné. Ils n'arrivent même plus à dissimuler leur pourriture.
Purée, il n'y a rien qui va dans cette (sordide) affaire : un meurtre raciste, un deux poids, deux mesures de l’État, des représentants de l’État qui confonde la victime, l'assassin et le procureur... OUI, il y a une islamophobie d'Etat ; elle est même visible à travers les lapsus à répétition des mêmes responsables lorsqu'ils ont daignés s'intéresser à cet assassinat raciste.
Bref, ce qui était une pensée répandue dans les cercles médiatiques et artistiques dans les années 1980 est désormais minorisée et stigmatisée. La “pensée unique”, c’est désormais être anti-immigration. Le “politiquement correct”, c’est de dire qui on veut expulser et comment. Quasiment plus personne n’ose, dans le débat public contemporain, dire que les populations dites “du sud” (des anciens pays colonisés) ont le droit de venir où elles veulent si elles en éprouvent le besoin, et que nous avons la possibilité de les accueillir sans les stigmatiser et les brutaliser. C’est une position absolument inaudible, puisque désormais toute la gauche marche sur des œufs quand elle en parle, quand elle n’y a pas carrément renoncée.
Aujourd'hui, l'Aziza de Balavoine, qui fut un tube énorme en 1985, provoquerait très vraisemblablement une shitstorm boloréenne.
Mais cela ne doit pas exempter Balavoine de toutes critique, comme la fin de l'article le souligne fort justement :
Daniel Balavoine s’est ému de la misère en Afrique sans questionner la dimension coloniale du Paris-Dakar, cette course qui lui a coûté la vie (il y est décédé lors d’un accident d’hélicoptère) et il a continué à soutenir François Mitterrand alors même que son mandat a plongé la gauche française dans plusieurs décennies de trahison, de renoncement et de collaboration avec l’ordre capitaliste, déjà bien amorcé en 1985.
Malgré ces critiques nécessaires, “l’Aziza” peut réveiller en nous cette légitimité à dire que l’immigration peut, pour un pays vaste et riche comme la France, être possible. Entendre ce tube, sur Nostalgie ou ailleurs, permet de mesurer le terrain perdu à cause d’une gauche qui ne tient plus tête, sur ce sujet comme sur d’autres, et dont le discours défensif ne permet rien d’autre que des reculs.
Épinglés par les fans, signalés par plusieurs médias, des tombereaux de critiques et injures au racisme plus ou moins dissimulé visent l’apprentie chanteuse, pourtant régulièrement en tête du classement des professeurs. Prime après prime, sur Facebook, X ou TikTok, un front d’internautes émergent pour lui reprocher, pour les plus subtils, de « jouer la diva », d’être « très hautaine, prétentieuse », « imbue de sa personne », « pas sincère » ou d’avoir « un ego surdimensionné ». Des commentaires souvent assortis d’un soutien affiché à l’autre favorite de la compétition, Marine, blonde rigolarde qui anime les séquences au château de son accent chti et déploie sa voix puissante lors des shows du samedi soir.
Mais d’autres internautes ne s’embarrassent pas de circonvolutions quand ils ciblent Ebony et il n’y a alors plus aucun doute : on est là bien loin des préoccupations musicales. Exemple : « Votez tout, sauf pour le macaque », « Je ne veux plus la voir cette guenon », deux phrases relevées par la chaîne Guadeloupe la 1ère.
[...]
Trop affirmée, trop arrogante, dansant de façon trop sensuelle, chantant trop fort, voire trop bien selon certain·es… La personnalité d’Ebony est ciblée par des attaques qui cochent toutes les cases de ce que l’on appelle la « misogynoir », qui a visé nombre d’autres artistes et personnalités avant elle.
« Si elle est aussi maltraitée, c’est qu’elle est à la frontière de plusieurs identités : jeune, femme et noire, développe la sociologue des médias Marie-France Malonga, spécialiste des représentations des minorités. C’est le principe même de la misogynoir. Comme si on se permettait d’aller plus loin dans la haine à cause de cette addition d’identités. C’est la même chose que subit Aya Nakamura. Tout est occasion pour déverser sa haine et, quoi qu’elle fasse, elle fera l’objet de rejet, elle sera un punching-ball numérique. »
Le fait que la jeune femme assume de défendre son identité renforce malheureusement cette haine, souligne l’universitaire : « Ce qui doit déranger chez Ebony, c’est qu’elle n’offre pas la représentation de la femme soumise et qu’elle porte une revendication de ce qu’elle est. Et encore, une revendication qui reste, je crois, très raisonnable. »
J'ai même plus la force de m'indigner. Ce type est au-delà de l'imaginable.
Ce lundi 4 novembre, l'album n'est plus proposé à la vente sur la plateforme américaine, détrôné par Cessez de vous faire avoir. Occupez-vous de votre épargne ! (De Taillac), de Charles Gave, président du think tank libéral et conservateur l'Institut des libertés, suivi d'un duo Fayard : Mémoricide de Philippe de Villiers et Ce que je cherche, d'un certain Jordan Bardella...
Allo Doc ? Toujours partant pour retourner au Far West ? j'en peux plus de cette époque.
Ex n° 1 des ventes : un album représentant des noirs de manière "caricaturale", "comme on le faisait dans les années 70", c'est à dire avec des faciès de singes. Mais c'est la faute du wokisme, on peut plus rien faire d'artistique, etc.
Suivants ou ex-aequo sur le podium :
Marre. Marre, marre, marre, marre.
Il aurait été navrant de voir Ubisoft céder à ces demandes empreintes de racisme — d’autant que Yasuke est un personnage établi sur un individu qui a réellement existé. Il est vrai que son statut de samouraï est un sujet de discussion, mais Assassin’s Creed Shadows n’a pas l’ambition d’être un travail universitaire — c’est une œuvre de fiction.
J'en ai marre, mais marre putain... A noter que parmi les racistes les plus virulents, les japonais sont très, très bien placés. Alors qu'ils devraient être théoriquement mieux placés que nous pour connaître l'existence historique de ce samouraï noir.
Au-delà de ça, c'est affligeant de voir un tel niveau de méconnaissance sur comment est fait un jeu vidéo. Eh, oh, vous pensiez vraiment qu'on pouvait retirer le personnage principal du jeu à quelques semaines de la sortie ? Qu'il suffisait de faire "Rechercher-Remplacer" pour enlever un type et le remplacer par un autre ? Non mais purée. Ça ne fait penser à ce truc un peu ancien (2 ans ?) où des gogos s'étaient sentis très forts en faisant fuiter (et si ça se trouve c'était du pipeau..) des images du développement de GTA VI, en disant "oh la la, comment que c'est trop moche, ça va être une catastrophe", et que beaucoup de studios, par solidarité, avaient publiés des images du développement de leur jeu phare, pour montrer à quoi ça ressemble (spoiler : les décors, les textures, les éclairages, ça vient en dernier).
Sinon, je de la peine pour Ubisoft. Pas pour les boss, pour Guillemot et compagnie. Mais pour la boite et les gens qui y travaillent, qui n'ont pas mérités toutes cette merde. Déjà pour toutes ces attaques racistes (qui ne concernent hélas pas que Ubisoft, triste époque dans un monde de merde), mais aussi pour les problèmes financiers qu'ils rencontrent (et même si Guillemot jarte, pas mal d'employé·e·s vont trinquer). Comme l'a résumé Marius Chapuis dans un récent Silence on Joue, il y a 15 ans, ils faisaient des open worlds tout pétés, tous pareils, et ils en vendaient des camions parce que c'était novateur. Ils ont senti le vent du boulet avec Assassin's creed Syndicate, et ils ont rénové la formule avec AS Origins, puis AC Odyssey (mon préféré). Mais pour autant, on a toujours cette impression que "tout leurs jeux sont un peu pareils", et c'est pas complètement faux. Déjà parce qu'au moment où tu te rends compte que c'est en train de mal tourner, tu as 4 ou 5 jeux en cours de développement, et tu peux pas forcément tout foutre à la poubelle(1) pour les faire selon la nouvelle attente du public ; ensuite parce Ubisoft, c'est un gros bateau de 18 000 personnes. Et les gros bateaux (qui a dit "Titanic" ?) , ça ne tourne pas vite, il faut du temps. C'est tout con, mais tu ne changes pas de process industriel du jour au lendemain. Ajoutez à ça des mauvaises décisions prises très en amont, des scandales à répétition de harcèlement moral et sexuel, et des accidents industriel comme le plantage monumental du récent Skulls & Bones ou le Beyond Good et Evil 2 qui est devenu une sorte de vaporware à la Duke Nukem Forever, vous obtenez un mélange détonant.
(1)et pourtant c'est quelque chose qui arrive régulièrement, je vous renvoie à l'excellent livre de Jason Schreier, "Du sang des larmes et des pixels" pour en découvrir d'édifiants exemples.
Ah, me voilà rassuré, il y a des japonais aussi crétins et racistes que le premier facho européen venu, qui sont, eux aussi, dérangés par la présence d'un personnage noir dans un fucking jeu vidéo qui a pour seul point commun avec eux de se dérouler dans un Japon fictionnel.
A trois jours du premier tour des élections législatives, pour lesquelles le Rassemblement national est donné favori dans les sondages, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) relève dans son rapport annuel publié jeudi 27 juin un fléchissement de l'indice de tolérance à l'égard des minorités et une forte augmentation des actes racistes en France.
Sur le photomontage d’un Adolf Hitler sortant de l’Elysée, une citation inventée : «Sortons du nucléaire et repassons tous au gaz.» «Et on vous épargne le pire…» rapporte pourtant le Canard enchaîné dans une enquête sur la compagnie de CRS 4, en kiosques mercredi 26 juin. D’après l’hebdomadaire, racisme et antisémitisme prospéreraient dans cette unité policière, surtout depuis que son commandant (désigné par la seule lettre «L.») en a été évincé pour avoir tenté de rapporter à sa hiérarchie ces dérives fascistes, notamment de la part de son adjoint.
[...]
Une enquête de l’IGPN aurait bien été ouverte. En revanche, elle ne vise pas cette boucle WhatsApp bien connue de la police des polices, mais le commandant de l’unité qui s’était senti obligé de rappeler à son escadron «les bases de la neutralité républicaine». Il aurait été présenté dans une lettre anonyme comme un «franc-maçon influent» – ce que n’a pas pu prouver le procureur de Meaux… Le manque de considération de l’IGPN pour les faits de racisme et d’antisémitisme n’étonne pas le Canard enchaîné : «Pas question, pour la Place Beauvau, de lancer une chasse aux sorcières brunes dans des unités de force mobile qui ont sauvé la macronie au moment des manifs des gilets jaunes et se trouveront en première ligne lors des JO.» Depuis que le commandant L. a été «mis sur la touche», plusieurs plaintes auraient été déposées par des policiers antillais ou d’origine étrangère, «victimes d’un déchaînement raciste», poursuit l’hebdomadaire.
Encore un exemple du niveau de racisme et d’antisémitisme dans la police, encore un cas où l'autorité administrative laisse faire. Mieux : elle blâme le commandant qui a signalé la chose, et promeut son second, un "nostalgique du IIIème Reich". On a déjà une police d'extrême-droite, c'est somme toute logique de se doter du gouvernement qui va avec...
via Seb
Marine Le Pen à propos d'une femme noire victime de ses voisins racistes, dans un reportage d'Envoyé spécial :
Mieux, interrogée par La Voix du Nord le 22 juin, elle parvenait à justifier le comportement du couple, victime d'une odieuse machination: «“Envoyé spécial” est une émission ultra politisée à l'extrême gauche. Pourquoi les médias ne signalent-ils pas que cette dame, en conflit manifeste de voisinage avec ses voisins, est militante communiste et, sur les réseaux sociaux, porte des convictions suprémacistes panafricaines?»
Il faut vraiment que je me calme. Les prochaines années vont être très difficiles.
Le fait d'être blanc ne me console absolument pas.
D'un coup d'un seul, Marine Le Pen est apparue telle qu'elle a toujours été: odieuse, tout simplement odieuse. Elle aura beau répéter dans ses discours son refus du racisme et de l'antisémitisme, sa réaction à la diffusion du reportage d'«Envoyé spécial» nous dit l'exact contraire. C'est toujours dans les moments de crise que notre vrai visage apparaît. Pris par l'urgence de la situation, on se dévoile aux autres tel qu'on est vraiment. Tout le soin pris à dissimuler ce qui s'agite au plus profond de nous-même vole soudain en éclat.
Alors comme ça, le FN n'est pas un parti raciste (aaaah, c'est si bon de rire)
Ses électeurs en revanche.. Et ils se lâchent.
N’en déplaise aux détracteurs qui invoquent le “wokisme” à outrance, le samouraï Yasuke a donc bel et bien existé. Sa présence au sein du Japon féodal du 16ème siècle est avérée par plusieurs documents historiques, qui ont sûrement été à la base des recherches d’Ubisoft. Cependant, nous n’en attendions pas moins du studio qu’il intègre une dose d’éléments fictionnels. Assassin’s Creed Shadows est un jeu vidéo et non une reconstitution.
Le prochain Assassin's creed, qui me rend déjà tout foufou, est -comme il fallait s'y attendre- attaqué par les cons parce qu'un des personnages principaux est un samouraï noir, ce qui ne serait pas crédible, ou alors il n'a pas pu être un samouraï, juste un larbin.
Sauf que si. Il a vraiment existé, il était vraiment samouraï -pas forcément le plus gradé, mais samouraï quand même.
(infos choppées sur le site de France info, mais c'est une courte pastille vidéo d'une minute sans lien ; c'est nul)
Et quand bien même : C'est. Un. Jeu. Bordayl. Si Ubi avait envie de faire une licorne rose qui chie des arcs en ciel comme personnage principal de son prochain AC, on pourrait pas l'en empêcher et ça resterait un jeu. Juste un jeu.
N'en déplaise aux racistes.
Alors que l'Assemblée nationale examine, à partir de mercredi, une proposition de loi visant à sanctionner les discriminations capillaires au travail
Purée, mais c'est à ce point ? C'est bien ça le problème avec le racisme : quand on en est pas soi-même victime, on a du mal à imaginer jusqu'où ça va.
Je suis horrifié. Je reprends la formulation de SebSauvage chez qui j'ai ouvert le lien : "Les amendes comme méthode d'oppression sociale."
C'est exactement ça. C'est délirant, injuste, et contre-productif => lisez l'article.
CW : mort d'enfant.
La pauvreté tue, surtout les plus fragiles, à commencer par les enfants.
Et quand l'Etat adopte des lois racistes, que les moyens ne sont pas là pour assurer le traitement des demandes "légitimes" (mais face à la misère quelles demandes ne sont pas légitimes, putain ?), le combo est terrible.
Je répète : article très dur.
Cette histoire de "caution de retour" pour les étudiants étrangers est une honte au milieu de l'abjection que constitue cette loi. Même pas envie de commenter au-delà, c'est une perte de temps, n'importe quelle personne à peu près saine d'esprit peut voir où est le problème.
Putain, mais quelle immonde connard.
Note pour ce soir : retirer tous les Dans Simmons de ma PàL.
via Riff
À l’époque, certes, il y eut un consensus : si elle avait pour objectif d’enrayer la trypanosomiase à l’échelle de la population, la vaccination à la Lomidine protégeait aussi l’individu vacciné. Pourtant, les Européens installés sur le sol africain échappèrent à cette logique. Non seulement la vaccination – que l’on savait risquée et douloureuse – ne leur était pas imposée, mais son administration était étudiée au cas par cas, en vertu d’un calcul risque/bénéfice qui n’était pas soumis au critère du collectif. L’Européen ne faisant pas partie de la masse, la prophylaxie n’était généralement pas indiquée pour lui. Ce n’était que lorsqu’il tombait malade qu’il était traité à la Lomidine. À deux objets différents – masse et individu – correspondent donc deux modes d’intervention distincts : la prévention ou la thérapie.
La médecine de masse était également une médecine racialisée : c’est en tant qu’« africain » que l’individu est de facto exclu du champ du regard médical. C’est à la lumière d’une telle exclusion qu’il faut comprendre le peu d’importance accordée à la question des effets, bénéfiques ou néfastes, de la lomidinisation préventive sur l’individu. C’est par une telle exclusion qu’arriva le scandale.
Racisme, sexisme, vulgarité, cyberharcèlement. Un personnage bien sympathique ma foi.
La récente sortie de Bruno Retailleau à propos des émeutiers, évoquant des "Français par leur identité" et une "sorte de régression vers les origines ethniques" a provoqué quelque émoi dans les rangs certes clairsemés de la droite républicaine modérée. A raison. Un tel discours qui distinguerait plusieurs catégories de Français n'est pas sans rappeler la littérature d'extrême droite.
C'est intéressant. Pas tellement pour le fait que des voix s'élèvent aussi ou là pour dire que les limites ont été franchies, mais par le fait que ce soit un organe de la presse économique qui le fasse. J'y vois comme une minuscule lueur d'espoir : si le capitalisme s'accorde très bien avec le fascisme, merci pour lui, aucun gouvernement ne veut prendre le risque de se fâcher avec les milieux d'affaires. Il en faudrait plus des éditos et des prises de position dans ce genre. Car, que ça nous plaise ou non, les gouvernants lisent plus volontiers Les échos et les pages saumon du Figaro que les rapports de la LDH.
Spécial dédicace Valérie Pécresse <3
N'en déplaise au gouvernement, les mères éduquent leurs enfants. Mais pas dans le sens que vous croyez : comment survivre à un contrôle de police.
Voilà où en est.
C'est vrai qu'il n'y avait rien de plus urgent à faire.
EDIT : ajout d'un tag pour bien faire comprendre le fond de ma pensée.
Utilisé jusque dans la promotion de la série (voir ci-dessus), ce ressort narratif apparaît comme une version modernisée du goût pour la dissimulation du cycle romanesque, qui justifie les choix de l’adaptation. C’est aussi une illustration du racisme structurel, et une démonstration pratique de la théorie intersectionnelle – puisque ce qui rend le voleur invisible est indistinctement son statut social et son assignation identitaire, l’un étant la conséquence de l’autre. Alors qu’il est très difficile de représenter les classes défavorisées de façon valorisante, la mise en scène du racisme dans Lupin met en avant des rôles de travailleurs modestes, qui se jouent des contraintes sociales.
Tiens, André Gunthert aussi s'intéresse (indirectement) à Arsène Lupin.
Comme en 2005, alors que les émeutes qui répondent à la mort violente de jeunes issus des minorités visibles expriment la rage et l’aspiration à la reconnaissance des populations discriminées, on a pu observer le spectacle étrange d’un pouvoir et d’une éditocratie qui tournent et retournent dans tous les sens le mystère d’une révolte incompréhensible, mobilisant les formes les plus absurdes du déni pour cacher la faillite du modèle français. Pendant que l’ONU appelle la République à s’attaquer aux «profonds problèmes» de racisme au sein des forces de l’ordre, la majorité des acteurs politico-médiatiques continue à prétendre que «les enfants des quartiers difficiles (…) sont tous les filles et les fils de la République», et rejette du côté de l’extrême-droite une xénophobie qui s’incarne pourtant depuis des décennies dans la relégation des quartiers, dans un maintien de l’ordre à deux vitesses ou dans la dépolitisation des soulèvements.
A l’inverse de la mort de George Floyd, celle de Nahel n’aura apporté aucun élément de compréhension ni aucune prise de conscience des mouvements qui agitent le pays. En refusant de reconnaître l’existence du racisme français, solidement ancré dans la société par l’histoire coloniale, la bourgeoisie se condamne à regarder passer les trains. Comme après 2005, aucune réponse ne sera apportée à la colère des quartiers. La seule chose visible aujourd’hui est la force du déni, qui enferme le pouvoir dans une perspective répressive à l’israélienne et accentue la dérive des forces politiques vers l’extrême-droite.
Je pose ça là, c'est en train de ressortir suite à la mort de Nahel : en Charente, un jeune homme racisé de 19 ans à été tué dans sa voiture, sur le chemin de son travail.
D'après la version policière, il aurait subitement eu envie de tuer des flics en leur fonçant dessus. Avec sa voiture. Sur le chemin de son travail. Évidemment que "fonctionnaire maintient sa version des faits".
Montage de toutes les vidéos prisent par les témoins -eh oui, il y en avait plusieurs. C'est accablant. Accablant et abject : "Je vais te mettre une balle dans la tête" ; "shoote-le" ; "retourne en Afrique"...
Tir du policier : une décision « préméditée » pour l’un des avocats de la famille de Naël. Me Abdelmadjid Benamara, un des avocats de la famille de Naël, estime sur le plateau de BFMTV que le tir du policier mardi à Nanterre était «prémédité». «Le policier est sur le côté gauche du véhicule, c’est à dire à côté des roues et non pas devant les roues. Il n’est pas en situation de danger, estime le conseil. Et il prend la décision, préméditée puisqu’il a annoncé bien avant qu’il allait tirer une balle dans la tête du petit Naël, de tirer dans le thorax de la victime. Les faits parlent d’eux mêmes. C’est limpide.»
Le «racisme» en cause dans la mort du jeune Naël, estime Marine Tondelier. «Que ça plaise ou non à certains, pour Naël et pour les autres, on va devoir adresser sérieusement le problème du racisme dans la police», plaide la secrétaire nationale d’EE-LV au micro de Sud Radio. «Tous les policiers ne sont pas racistes. Mais tout le monde ne se fait pas tuer pour un refus d’obtempérer», précise-t-elle. «On a le sentiment qu’on va vers une américanisation de la police», estime-t-elle, rappelant qu’un refus d’obtempérer «c’est trois ans de prison et 75.000 euros d’amende, pas une balle dans la tête».
"Tous les policiers ne sont pas racistes" => Certains policiers ne sont pas racistes.
Vous foutez pas trop de la gueule des belges. On fera pareil quand l'occasion se présentera. Et vu le climat actuel, nul doute qu'elle se présentera bientôt.
Comment vous dire mon état d'esprit ? Je suis au-delà d'inquiet.
Je suis sidéré, comme le hérisson qui voit les phares de la bagnole.
- Papa ? C'est quoi un hypocrite ?
- Alors, tu vois, c'est quelqu'un qui considère qu'en France on ne doit pas absolument pas enseigner l'arabe à l'école parce que ce n'est pas la langue du pays, mais qu'en Algérie on doit absolument enseigner le français parce que... Parce que.
Eric Ciotti. S'il n'existait pas, ben faudrait pas l'inventer.
La jeune femme devra en outre régler plus de 8.500 euros à la SNCF, constituée partie civile.
Vous vous rappelez de cette affaire ? Une femme enceinte -noire- plaquée au sol par un flic -blanc- dans une gare ? Moi oui.
Je vous laisse méditer sur la disparité des peines infligées aux deux protagonistes de cette affaire.
Mon shaare de l’époque : https://sammyfisherjr.net/Shaarli/?D4s6Ug
Et si vous croyiez qu'ils n'avaient pas vu qu'elle était enceinte (7 mois...), un autre partage pour vous montrer que ça n'arrête pas ces gens là : https://sammyfisherjr.net/Shaarli/?zSJAYg
Vu sur Mastodon.
"Let's Talk About Race" Photo Series by Chris Buck & Greg Semu
Alors ? Toujours rien à dire sur le racisme et la persistance des stéréotypes / comportements / préjugés racistes ?
L'épisode de panique woke de la semaine :
Disney a dévoilé la bande-annonce de la Petite Sirène (2023). L’actrice qui joue Ariel est noire ce qui a créé une polémique (🙄): "wokisme", "œuvre dénaturée", "foutage de gueule" blablabla etc.
Contentons-nous de regarder ces réactions d’enfants heureux:
[vidéo incluse dans le tweet : des enfants noirs, visiblement très heureux, voire émus, d'avoir enfin une héroïne positive de la même couleur de peau qu'eux]
Je suis toujours gêné aux entournures quand il faut parler de MJ, maintenant qu'il est avéré qu'il était un prédateur sexuel s'en prenant aux enfants.
Ce thread traite de l'impact de l'album Thriller et m'apprend quelque chose qui m'a ahuri : il y a 40 ans donc, Rolling Stone magazine refusait de mettre un noir en couverture, et MTV refusait de passer des artistes noirs, au motif que "la musique noire est une musique faite par eux et pour eux, et la blanche faite par des blancs pour des blancs".
Voici les derniers tweets du compte @franceinter, sans avertissement, sans regard critique, rien. Un simple relai du fascisme.
Voilà, voilà... On pourrait passer des heures à commenter chacune des phrases-saloperies proférées par ce petit bonhomme, mais on a mieux à faire de nos journées, la vie est trop courte.
Je dirais juste, parce que je ne peux pas m'en empêcher, qu'il y a quelque chose de sidérant de voir ce type avancer ainsi son argumentaire fasciste sans qu'on lui apporte la moindre contradiction. Je ne parle même plus de ses "idées", mais de la façon dont il se qualifie : "je suis anti-anti-fasciste" ; "les programmes scolaires sont un tissu de propagande anti-raciste" etc.
Je vous parle de ce qui est important, vous me parlez de détails qui ne sont pas importants.
Ça me dit kekchose ce "détail", hmm, ça va me revenir, attendez...
Les origines du battle royal ne sont donc pas tant à chercher dans un roman japonais que dans les sports de combat, et plus spécifiquement dans la boxe. On retrouve d’ailleurs des traces de battle royal dès le XVIIIe siècle. Des publicités vantent alors des tournois de boxe auxquels souscrivent plusieurs participants, qui s’affrontent en même temps. Si les concurrents sont bel et bien des boxeurs, les règles de l’époque, qui autorisaient les mouvements de lutte, produisaient certainement des combats assez semblables aux matchs de catch actuels.
C'est fou ça.
Le problème, c'est que ça a vite viré au divertissement pour esclavagiste... et que a duré jusqu'au début des années 60.
En 1919, le Washington Herald publie un article intitulé “Negro Troopers enjoy battle-royal” dans lequel des engagés afro-américains s’affrontent les yeux bandés. Et le chanteur James Brown lui-même, figure du funk et de la soul music, raconte dans son autobiographie publiée en 1997, Le Parrain de la Soul, comment, alors qu’il était un adolescent, il avait été sélectionné par “des hommes blancs venus recruter des garçons noirs bagarreurs pour participer à des battle royal”. Le chanteur se souvient avoir participé à des combats où “on vous aveugle, vous attache une main derrière le dos, vous met un gant de boxe sur votre main libre, et on vous envoie sur un ring avec cinq autres gamins. Vous envoyez un coup à tout ce qui semble bouger, et le dernier encore debout à la fin est déclaré vainqueur”.
Mais à part ça, les IA sont neutres, bien sûr.
Ayez toujours présent à l'esprit que le programme informatique le plus sophistiqué du monde a été codé par un humain. C'est juste une machine, programmée par quelqu'un qui peut être raciste, sexiste, misogyne...
Nouveau bad buzz de Valeurs Actuelles après être tombé dans le piège du témoignage bidon d'un faux professeur qui « dénonçait » l'islamisme de ses élèves sur la base de clichés racistes poussés jusqu'à l'absurde et de chansons de Khaled.
C'est ensuite à travers les mots de celui qui, dès 1803, imposa par exemple aux Juifs l'utilisation des prénoms du calendrier grégorien, les forçant à renoncer aux prénoms hébraïques, que Darmanin fait entendre la nature de cette politique d'intégration. « Notre but est de concilier la croyance des Juifs avec les devoirs des Français, et de les rendre citoyens utiles, étant résolu de porter remède au mal auquel beaucoup d'entre eux se livrent au détriment de nos sujets » expliquait ainsi Napoléon dans une lettre de 1806 citée dans le livre. « Une lutte pour l'intégration avant l'heure » selon Darmanin, conquis. Ce discours distinguant et séparant les Juifs, et « le mal auquel beaucoup d'entre eux se livrent au détriment de nos sujets », des Français n'est par ailleurs pas sans rappeler la rhétorique qui aujourd'hui ne manque souvent pas d'exclure les musulmans du peuple français.
C'est ainsi chez celui qui déclarait que « les Juifs ne sont pas dans la même catégorie que les protestants et les catholiques » et qu'« il serait dangereux de laisser tomber les clefs de la France, Strasbourg et l'Alsace, entre les mains d'une population d'espions qui ne sont point attachés au pays » que Darmanin revendique les racines de sa « lutte pour la laïcité ». Une lutte qui n'est toujours qu'une politique de négation de leur culture par la force pour les Juifs hier comme pour les musulmans aujourd'hui. Une nouvelle démonstration de comment, dans la bouche des grands défenseurs de la République, la lutte pour la laïcité n'est toujours qu'une couverture aux politiques les plus racistes et discriminantes à l'égard des minorités religieuses du pays, politiques qui ne se cachent en réalité que peu de leurs relents réactionnaires.
Gérald Darmanin ajoute avec ce livre, aux étiquettes de ministre agresseur, islamophobe ou encore défenseur de l'Action française, celle d'antisémite, renforçant son image de personnalité du gouvernement parmi les plus ouvertement réactionnaires. Emmanuel Macron n'a par ailleurs pas pris la peine de réagir aux propos de son ministre, sans grande surprise de la part du président, très complaisant à son sujet depuis le début, qui déclarait il y a quelques mois que les accusations de viols qui visaient Darmanin n'étaient « pas un obstacle » à sa nomination. Le tout dans un silence complice des grands médias, à l'image de son passage ce mercredi matin au micro de BFMTV-RMC face à Jean Jacques Bourdin qui ne l'a nullement inquiété sur cette nouvelle affaire.
Allez hop, encore une idole déboulonnée. C'est une vraie surprise pour moi, je ne suis pas assez le milieu du logiciel libre pour avoir été au courant de la merde qu'il avait dans le cigare, et pourtant ce ne devait pas être un secret, étant donné que ces prises de position sont publiques. Zou, poubelle le RMS.
Albin Wagener
@albinwagener
En réponse à
@gunthert
Encore une fois, je suis convaincu que s'il ne s'agissait pas d'hommes blancs, on en parlerait autrement.
Une femme racisée, enceinte de 4 mois 1/2, perd son enfant après avoir été violentée par des policiers. Motif : non port du masque.
Personne convoquée au tribunal : la mère de l'enfant mort-né, pour outrage et rébellion.
via Seb
Le 10 décembre, un post sur le réseau social a suscité de nombreux messages haineux à l'encontre de la mannequin Christelle Yambayisa, visée parce qu'elle est noire. Elle dénonce l'inaction de l'entreprise de Mark Zuckerberg.
[...]
Las, c’est un assaut de racisme qu’elle subit, en retour de la publication du 10 décembre. Les quelques opinions positives sont rares, balayées par un flot de commentaires nauséabonds. Florilège : «Le grand remplacement est partout», «Y en a marre de voir des Africains sur chaque affiche publicitaire française», «Pour les Blancs, ça marche aussi ou c’est juste pour les noirs ?» Durant tout le week-end, des dizaines de messages du même genre s’enchaînent et polluent le post sponsorisé.
Du coup, elle pointe, au-delà de l'inaction de facebook et des GAFAM, leur indifférence totale :
En une minute face caméra, la jeune femme pointe les incohérences des stratégies de modération opérées par le réseau social, plus enclin à pister nos lubies du moment plutôt que de faire la chasse au racisme. Et pose une question simple : «Comment avec votre impact, votre place dans la société vos équipes arrivent à concevoir une intelligence artificielle capable de détecter n’importe quel mot ou groupe de mots associés à la situation sanitaire, mais sont incapables depuis des années de modérer ou supprimer du contenu et des commentaires racistes, misogynes, homophobes, antisémites, d’injures et de harcèlement ?»
Michel, un producteur de musique, a été tabassé par trois policiers samedi dernier à Paris. Ils l’ont ensuite accusé à tort d'avoir voulu prendre leurs armes et de rébellion.
Mais les policiers ignoraient une chose : tout a été filmé.
Michel est noir. Mais bien sûr, cela n'a aucun rapport... Ah ben si : la vidéo nous apprend que les policiers ont tenu "de nombreux propos racistes". Quel étonnement.
Il est même plus que probable qu'on puisse dire "le racisme profondément intégré par des génération de médecins"
(j’étais tombé sur un article à propos de cette affaire expliquant que le biais ayant amené à cet algorithme seraient en fait largement répandu, et de longue date dans les diagnostiques des médecins américains" faudra que je le retrouve :/)
Ça ne m'étonne pas ; il n'y a qu'à voir la façon dont est morte Naomi Musenga.
Alors non, ce n'est pas "un algorithme raciste a privé des patients noirs", mais plutôt, "le concepteur raciste d'un algorithme"...
Pour arriver à leurs conclusions, les auteurs de l’étude ont analysé les dossiers médicaux de 57.000 patients d’un réseau d’établissements de Boston et des environs. Ils ont constaté que la pathologie rénale d’un tiers des patients noirs aurait été jugée plus grave si elle avait été évaluée selon les mêmes critères que celle des patients blancs.
Des amitiés douteuses, des services qui se retournent contre toi, un beau-père raciste et un film de Dupontel : voilà comment on se retrouve dans le box des accusés du procès de Charlie hebdo.
Avec 5 ans de taule en prime, pour rien, selon toutes vraisemblances.
Pour ceux qui avaient encore un doute sur le "gentil professeur Raoult"
La contamination Covid c'est la faute des maghrébins, des roms et des juifs.
Faudrait peut-être les mettre dans des camps, pour la sécurité de tout le monde... Professeur, vous en pensez quoi ? (Et bim, point Godwin. C'est gratuit, c'est cadeau)
Bien contre sa volonté, Imane Boun, étudiante en communication de 21 ans, se retrouve depuis quelques jours dans la tourmente. En cause, une vidéo de BFMTV mettant en avant les recettes et bons plans qu’elle donne sur les réseaux sociaux aux bourses les plus légères et qui n’a pas plu du tout à la journaliste du Figaro Judith Waintraub.
Celle-ci a effectivement déploré dans une succession de tweets qu’une femme voilée soit mise en avant le 11 septembre, jour anniversaire des attentats de 2001 aux États-Unis.
Jusqu'à quel point faut-il être malade dans sa tête pour opérer le rapprochement jeune fille voilée <=> 11 septembre 2001 ?
Au final, la jeune étudiante humiliée et insultée publiquement a supprimé son compte, et la journaliste raciste joue les victimes.
Je ne vais pas trop sur Twitter -pas plus d'une fois par semaine, c'est une question de santé mentale. Et dire que je n'y suis allé aujourd'hui que pour suivre des liens de Marion Montaigne dans son 2ème article sur le Covid19...
De fait, j'ai découvert cette histoire à rebours suite à 1 tweet de @Padre_Pio1 :
Imane, la jeune fille publiquement assimilée aux terroristes des attentats de 2001 pour avoir parlé de cuisine, a donc supprimé son compte.
C'est un des épisodes les plus sales que j'ai vu sur ce réseau.
Le personnage qu’il incarne, Finn, n’a effectivement jamais été réellement approfondi, alors qu’il a été introduit au début, dans les premières bandes-annonces et au début de l’épisode VII, comme l’une des figures majeures de la nouvelle trilogie. Au final, il s’est presque transformé en figurant, comme un banal personnage secondaire. De fait, il refuse d’affirmer que ce fut une belle expérience de faire malgré tout partie de Star Wars car… ce n’était pas le cas, affirme-t-il. Il relève même des expériences douloureuses pendant le tournage, qu’il a mal vécues : un styliste se moquant de certains vêtements qu’il voulait porter, ou le coiffeur qui n’avait aucune expérience avec les coupes afro mais qui faisait semblant d’en avoir.
L’ancien agent spécial y conclut que des agents de police sont liés à des activités militantes racistes dans plus d'une douzaine d'Etats depuis 2000. Des centaines de policiers auraient posté des contenus racistes et fanatiques sur les réseaux sociaux.
Pourtant, la plupart des représentations qui ont été faites de lui en attestent peu. Il est principalement dépeint comme n’importe quel homme blanc. Un coup d’œil aux images proposées par Google peut en témoigner. Son interprétation par Gérard Depardieu dans le film “L’autre Dumas”, aussi.
[...]
Dans le sens inverse [...] quand ça arrive, les actrices et acteurs de couleur font souvent face à un déferlement de haine raciste à leur encontre.
Et l'édition jeunesse n'est pas épargnée :
trois cas de figure se présentent quand un livre narre le récit d’un protagoniste de couleur. Soit la couverture est illustrée avec un personnage caucasien. Soit, il est difficile de discerner son identité raciale. Si ce n’est pas une de ces deux possibilités, seule la silhouette du personnage est dessinée.
"Ce sont des rapts d'enfants qui ont été organisés par l'Etat et mis en œuvre avec le concours de l'Eglise. Le principe était de soustraire l'enfant métis à toute influence de la mère", accusent les cinq plaignantes métisses âgées aujourd'hui de 70 à 74 ans. Certaines d'entre elles sont nées de père déclaré inconnu, alors qu'il ne l'était pas, sur fond de séparation stricte entre Blancs et Noirs.
C'est abject la façon dont on passe pudiquement sous silence le fait que ces enfants sont vraisemblablement nés suite au viol de leur mère.
[...]
En avril 2019, la Belgique, ancienne puissance coloniale au Congo, avait présenté ses excuses "pour les injustices et les souffrances endurées par ces enfants métis". Des excuses qui n'ont pas suffi à calmer les douleurs de ces milliers d'enfants qui ont vécu un calvaire parce que leurs mères étaient Noires et leurs pères étaient Blancs. Une page sinistre de l'histoire coloniale belge, qui a été longtemps ignorée.
Petite correction qui aura sans nul doute échappée au regard vigilant des correcteurices du journal : l'histoire coloniale belge n'a pas de "page sinistre". Elle est sinistre de bout en bout. L’histoire coloniale tout court, oups, c'est fou comme on a vite fait de faire des raccourcis.
Rokhaya Diallo sur Twitter :
Jacques Toubon dit clairement que le racisme n’est ni une question morale ni individuelle: c’est une forme de domination produite par un système.
Ce que je dis et écris depuis 10 ans.
Mais apparemment il faut être un homme blanc pour que ça passe.
➡️ C’est ça le privilège blanc.
Bon, j'ai même pas eu à me fatiguer, ce que je subodorais depuis que j'ai lu l'info ce matin a été confirmé plus rapidement que je ne le prévoyais : l'algo qui change en visage réaliste un visage très pixellisé (c’est ici si vous voulez jouer) a un biais raciste. Je l'ai senti venir, mais d'une force. J'aurais dû l'écrire tiens.
EDIT : j'ai oublié de l'écrire, et je viens exprès le redire, parce que ce serait dommage d'oublier : la technologie n'est jamais neutre.
Rappelez-vous :
« Pas de portrait de lui, même pas à l’Hôtel de Ville de Paris qui collectionne, pourtant, portraits et statues de ses anciens maires ; pas de trace de son existence dans la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, ni dans les ouvrages qui évoquent « ces Noirs qui ont fait la France », etc. Severiano de Heredia a été une victime – je ne sais si centrale ou collatérale – de la politique coloniale de la France en Afrique, et de la persistance d’un état d’esprit colonialiste chez nous, même après l’étape dite de la « décolonisation » ».
[...]
« Severiano de Heredia a été oublié parce que Noir. Sa tombe refermée, l’ex-ministre est aussitôt mis sous le boisseau dans la patrie qu’il avait choisie et servie de façon admirable. Lui, l’étranger né aux colonies, lui, l’étranger descendant d’esclave. La subite dégradation de son image, puis sa disparition totale, ont été la conséquence inéluctable des méfaits du racisme et du colonialisme. La République a été son tremplin, le colonialisme son tombeau. La ville de Paris s’honore de se reconnaître en lui. »
Ils disent comment les autres affreux, déjà ? Qu'on ne va pas réécrire l'Histoire ? Je suis d'accord. On pourrait peut-être commencer par l'apprendre.
La vidéo commence par un échange tendu entre une jeune femme et des agents de la sûreté de la SNCF en gare d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Sommée de quitter la gare, elle est soudainement attrapée et tirée au sol avec une clé de bras. Alors que les agents tentent de la menotter, son compagnon intervient, affirmant que la jeune femme est enceinte, avant d’être interpellé à son tour. C’est alors un témoin de la scène qui prend le relais. Les agents ne semblent pas tenir compte de cette alerte et vont la maintenir ventre à terre en lui assénant même un coup de pied au visage.
Oui mais en même temps, elle les a provoqué : elle était noire.
Dans une «discussion» avec l’universitaire Maboula Soumahoro sur BFM TV, le chroniqueur Eric Brunet affirmait récemment que l’idée même de racisme institutionnel serait un emprunt indu à la culture américaine. La police française ne peut être raciste parce que la République française n’a pas d’histoire raciste.
[...]
Il existe bien une ligne directe entre les pratiques de la police impériale et celles de la police contemporaine. Mathieu Rigouste a étudié notamment dans l’Ennemi intérieur… (1) cet état d’esprit faisant de tout Français racisé un «ennemi intérieur» potentiel dont il trace l’origine dans les forces de police coloniales nord-africaines.
[...]
Accuser les Noirs de communautarisme ou d’indigénisme parce que nous connaissons une histoire de France que la plupart ignorent est non seulement risible, c’est aussi dangereux.
Je sais, je ne devrais pas, mais ils sont tellement cons...
Toutefois s'attacher à vouloir faire cesser le racisme, le sexisme, l'homophobie, etc. c'est bien beau mais ce sont des minorités qui se battent chacune de leur coté pour leurs propres intérêts.
[...]
Le problème de la lutte pour les droits des noirs, des femmes, des homosexuels ou tout autre groupe est à chaque fois le même: fondamentalement ces combats divisent et opposent au lieu de rassembler et fédérer. Quand on parle des noirs, ça oppose les blancs; quand on parle des femmes, ça oppose les hommes, quand on parle des homos, ça oppose les hétéros, etc. comme l'expose la chanson "Camps" de Jehan Jonas.
Et tout ça à partir d'une citation probablement apocryphe, et dans tous les cas hors contexte, de Morgan Freeman, le permaculteur bien connu.
Alors... hmm, non. Ça ne va pas du tout.
On va jouer ensemble : je ne vois pas un noir, je vois un homme ; je ne vois pas un musulman, je vois un homme ; je ne vois pas une femme, je vois... ah oui, merde, ça coince là.
Tellement de bons sentiments en quelques lignes, et tellement d'erreurs. Je crains de n'être pas assez compétent pour répondre.
1/ "Des minorités qui se battent chacune de leur côté"
Rien que cette phrase révèle l'ampleur de l'aveuglement de son auteur.
2/ "pour leurs propres intérêts"
Parce que quand je suis blanc, cisgenre, hétéro, valide (je rajouterais même chrétien, pour l’Occident), et aussi homme, je ne me bats pas pour mes propres intérêts ?
Attention, il y a un piège.
Eh bien non. Quand je suis blanc, cisgenre, hétéro, valide, je n'ai pas à me "battre pour mes propres intérêts", tout simplement parce que -on reste dans une vision occidentale de la chose, n'oublions pas que l'auteur considère les non-blancs comme une minorité- la société a été faite pour les gens comme moi. La société dans laquelle je nais, j'étudie, cherche un travail, me marie... perçois comme "normal" le fait d'être blanc, le fait d'être valide, le fait d'être hétéro ET cisgenre. Et perçois tout le reste comme des "minorités", avec la meilleure bonne foi du monde, et souvent avec de bonnes intentions. Sauf que les bonnes intentions, ça ne suffit pas.
3/ "Diviser pour mieux régner"
J'aimerais bien que ce soit ça, que ce soit une stratégie des possédants/dominants pour diviser leurs adversaires. Seulement, t'as écouté Manu hier soir ? Dans son passage sur l'actualité hors-Covid, il a dit à peu près : le racisme c'est caca, mais celles et ceux qui se battent contre sont d'affreux communautaristes (avant d'ajouter : la police française fait un excellent travail, hashtag cœur, hashtag amour). Ce ne sont pas les opprimés qui "divisent pour mieux régner", mais les dominants. Mais l'emploi de cette expression est assez révélateur de tout l'informulé de la pensée de son auteur. Le refoulé même.
4/ Orienter la lutte vers les causes premières. (Il dit qu'il voit pas le rapport)
A la base, j'aurais dû être d'accord. Mais au vu de tout ce qui précède, j'ai du mal. Oui, il faut en finir avec le capitalisme. Mais je ne suis pas certain que le sexisme soit une maladie de capitalisme. Je n'ai pas vraiment l'impression que les communistes soient moins sujets au racisme que la classe propriétaire des moyens de production. J'ai un gros doute sur le lien de causalité entre la transphobie et un système économique prônant l'accumulation du capital.
Je le recopie ici tellement c'est fascinant de bêtise et d'égoïsme :
Si une pensée humaniste nous amène à considérer comme une amélioration que les noirs soient moins tués et harcelés dans nos sociétés, on peut se demander à quoi ça va servir quand dans quelques décénnies les conditions propices à la vie telle qu'on la connait auront disparu de la planète.
5/ Conclusion
Une fois encore, on se trouve devant de la pensée, prête à mâcher, prête à servir, en mode réponse à tout. De la vraie saloperie, où l'auteur, du haut de sa bien-pensance, balaie d'un revers de main les petites luttes mesquines des femmes, des personnes racisées, des dominé·e·s de toute espèce d'un "argument" massue : "ah ah, quand la planète sera détruite, vous serez bien avancé·e·s avec vos petits combats égoïstes, qui ont divisés au lieu de fédérer."
Comme si on ne pouvait pas se battre POUR l'écologie, POUR l'égalité des droits (femmes, personnes racisées, personnes en situation de handicap, religions minoritaires, LGBTQ etc.), et CONTRE le capitalisme, tout ça EN MÊME TEMPS. Nan, nan, faut choisir ton combat, choisir ton "camp", et "plus moyen d'en sortir".
(c'est le préfet Lallement qui a écrit les paroles ? Ça ne m'étonne pas qu'il soit poète, un homme d'une telle sensibilité)
Allez, encore une couche parce que bon. Et puis j'ai faim.
J'ai été lire la post d'origine du HV. Je passe sur les citations hautement philosophiques tirées de Harry Potter ou des Pokémons, j'ai faim j'te dis. Mais je pense que la philosophie a perdu un maître, jdçjdr. Non, ce qui me pousse à réagir, c'est cette phrase :
Heureusement, rien de tout ça n’interdit d’être simplement gentil avec les autres ou ne constitue ni une excuse ni une raison à se comporter comme un connard.
Je me suis déjà exprimé sur le fait d'être "gentil" ICI, je ne vais pas recommencer. Ou alors juste pour dire que ça va encore dans le sens de ce que je viens d'écrire : tout le monde doit être gentil, mais bizarrement, surtout ceux à qui la vie chie dans la bouche et auxquels la société refuse une brosse à dents. Merde, manquerait plus qu'ils mordent ces cons là.
Bon, j'ai perdu beaucoup trop de temps pour cette connerie moi. Mais fallait que ça sorte.
En résumé, le cycle se déroule de cette manière :
- Des sites d’information ont mis en avant, en titre, le retrait du film de la plateforme, sans parler du fait que le film reviendrait ;
- Des lecteurs ont cru (de bonne foi ou non) ces accusations, peut-être sans avoir lu le reste de l’article, ce qui a généré des débats sur une censure qui n’existe pas ;
- Twitter a permis à des lecteurs de partager ces articles et donc cette information erronée ;
- Les sites d’information se fendent ensuite de rebonds et d’avis éditorialisés basés sur une censure qui n’a jamais existé.
[...]
Or ce débat-là est non seulement opportuniste, il puise également ses origines dans une information erronée. Il caricature donc d’emblée les termes de la discussion, en surfant sur la peur, à laquelle beaucoup peuvent être sensibles, de l’effacement pur et simple du patrimoine culturel, qui serait prétendument sacrifié sur l’autel du « politiquement correct » — et oublie au passage qu’il y a des lois contre le racisme, l’homophobie et les discriminations sur la base du genre, l’ethnie, la religion.
Effectivement, il n'y a pas de problème de racisme dans la police. J'ai plutôt l'impression que c'est le racisme qui a un problème avec la police.
Évidemment, ils n'ont pas aimé l'article de Street Press. Et se défendent avec des arguments... à leur portée :
Qui ne connait pas l'expression noir de monde. Donc il faut l'interdire du langage comme radin comme un juif c'est ça aussi ?
(Garantie sans retouches)
Je refuse d’être assigné moi-même à ma couleur de peau. Je refuse de m’excuser d’être ce que je suis, au-delà de ce que je choisis d’être, je refuse évidemment et absolument de concevoir une autre responsabilité du fait d’être Blanc que de combattre toute discrimination contre celui qui ne l’est pas. Ma couleur n’est pas neutre, mais elle ne me définit pas.
Être Blanc, n’est pas un « privilège », que l’on pourrait abolir ou auquel je devrais renoncer. Ce que je vis, parce que je suis Blanc dans un pays européen, est la normalité, qui doit être garantie à tous, sans distinction aucune. C’est à partir de là que le racisme doit être combattu, pas à partir d’une inversion logique qui me rend responsable, voire coupable, par la couleur de ma peau.
Je trouve somme toute assez excellente cette façon de définir par le refus ce qu'est le privilège blanc : "je refuse d'être assigné à ma couleur de peau" ; "ma couleur ne me définit pas" ; "ce que je vis est la normalité".
Eh bien, c'est exactement ça : comme tu es blanc, tu as la possibilité de refuser d'y penser, la liberté de refuser d'être réduit à ta couleur de peau, et même la liberté de trouver que tout est "normal", forcément, puisque que c'est "ton" monde, fait par des gens comme toi, pour des gens comme toi. Et c'est exactement ce que dit Virginie Despentes dans sa fameuse lettre, ça ne sert à rien d'ergoter pendant 3 paragraphes sur le fait qu'elle a mal compté le nombre de ministres non-blanc·he·s.
J'aime beaucoup les moments de crise et de débats comme celui que nous vivons, ça me permet de virer beaucoup de gens de mon fil Twitter, de mes favoris Firefox, de mes flux... qui y étaient visiblement entrés par erreur.
Je pose deux questions. Pourquoi aux USA comme en France les violences réelles ou prétendues des forces de l’ordre sanctifient-elles les morts? Peut on me donner un seul exemple, parmi ceux-ci, de quelqu’un qui n’avait pas un passé judiciaire ou qui n’était pas connu de police?
Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres, mais lui, il est un peu connu.
J'ai beau prendre ce type d'argument dans tous les sens, je ne vois pas comment les qualifier autrement que de gerbatoires. Parce que cela revient quand même à dire que tous les types tués par la police (et "sanctifiés" de ce seul fait, donc) :
Et je ne relève même pas les "violences prétendues" hein.
Je suis blanche. Je sors tous les jours de chez moi sans prendre mes papiers. Les gens comme moi c’est la carte bleue qu’on remonte chercher quand on l’a oubliée. La ville me dit tu es ici chez toi. Une blanche comme moi hors pandémie circule dans cette ville sans même remarquer où sont les policiers. Et je sais que s’ils sont trois à s’assoir sur mon dos jusqu’à m’asphyxier – au seul motif que j’ai essayé d’esquiver un contrôle de routine – on en fera toute une affaire. Je suis née blanche comme d’autres sont nés hommes. Le problème n’est pas de se signaler « mais moi je n’ai jamais tué personne » comme ils disent « mais moi je ne suis pas un violeur ». Car le privilège, c’est avoir le choix d’y penser, ou pas. Je ne peux pas oublier que je suis une femme. Mais je peux oublier que je suis blanche. Ça, c’est être blanche. Y penser, ou ne pas y penser, selon l’humeur. En France, nous ne sommes pas racistes mais je ne connais pas une seule personne noire ou arabe qui ait ce choix.
Clair, net, au carré, pas de gras, pas un mot de trop. A lire, si vous n'avez pas encore compris ce qu'est le privilège d'être blanc.
Si j’entends encore une fois quelqu’un dire "Toutes les vies comptent ", je vais vraiment devenir dingue. Voulez-vous fermer votre gueule ??? Personne ne dit que votre vie est sans importance. Personne ne dit que votre vie n’est pas difficile. (…) Tout ce que vous faites c’est de trouver un moyen de tout ramener à vous. Il ne s’agit pas de vous. Vous n’êtes pas dans le besoin. Vous n’êtes pas en danger (j’essaye d’expliquer cela comme si vous étiez un enfant, parce que vous donnez l’impression que c’est la seule façon pour vous faire comprendre les choses) (…) Vous êtes privilégiés que ça vous plaise ou non. La société vous donne des privilèges simplement parce que vous êtes blancs. Vous pouvez être pauvre et rencontrer des difficultés, votre couleur de peau vous donne plus de privilèges », a commencé l’artiste de 18 ans dans un long post sur Instagram.
J'aurais aimé être aussi éduqué à 18 ans.
On l'a déconfiné lui ? Apparemment, il a encore de la fièvre, faut le traiter d'urgence.
D’autant que les passants ont supplié les policiers de lui laisser la vie sauve et ont compris que cet homme était en train de mourir sous leurs yeux. Ce sont d’ailleurs eux qui ont pris cette vidéo. Dans plusieurs villes du pays, de Chicago à Los Angeles, des manifestations ont eu lieu et des personnalités appellent aussi à ce que justice soit faite.
La star de basketball LeBron James a mis en parallèle l’image de ce policier genou à terre, l’autre genou plaquant au sol le cou de George Floyd et cela lui rappelle un autre image, celle de Colin Kapernick, le joueur du championnat de football américain, qui a vu sa carrière être brisée parce qu’il avait décidé de mettre un genou à terre lors de l’hymne national. Cet acte n'avait pas été fait par manque de patriotisme, comme l’avait dit Donald Trump qui avait appelé à ce qu’il soit limogé, mais pour protester contre les violences policières.
Je recopie Riif (quoi recopiait déjà PCDS), parce que c'est exactement ce que mon cerveau embrumé a penser, l'autre jour au réveil, en entendant cette nouvelle sornette.
Le législateur s'amuserait beaucoup s'il avait à définir les fameuses "listes communautaristes" visiblement à bannir.
Hâte de lire la définition du communautarisme, déjà.
S'il s'agit d'un ensemble de pratiques culturelles au sens le plus large visant à se différencier, j'ai de mauvaises nouvelles pour les porteurs de projets. Parce qu'alors ils sont tout aussi communautaristes que ceux qu'ils veulent écarter.
Il faudrait évidemment mettre dans cette case les partis prônant des "principes" visant à imposer une norme d'opinions, de croyance, de comportement et là, désolé mais ça balaye très large.
Mettons que votre programme contienne, par exemple, l'enseignement scolaire de vos principes républicains, l'imposition exclusive de votre langue, vos vues de police textiles sur la tenue des femmes, et bien vous êtes communautaristes.
C'est même pas la peine de sortir Boutin ou les chasseurs: l'ordre dominant est aussi un espace de normalisation forcée, d'imposition de principes, de contrôle des opinions. Il est même le communautarisme par excellence et disposant des manettes.
Et oui, messieurs à cravate. Vos principes peuvent se dire "universalistes" ils n'en sont pas moins une culture.
Et votre hypothèse de son caractère majoritaire ne lui retire pas sa nature "communautaire" si vous souhaitez la définir au sens général.
Il est vrai que l'ordre dominant a pour principe de ne pas définir ses particularités comme telles: ce sont les autres qui doivent être définis. On est évidemment blanc "comme tout le monde", catholique sécularisé "en toute normalité", locuteur du seul Français "bien sûr".
Le pouvoir permet ainsi de s'extraire de la définition puisque nous sommes "la norme". C'est les autres, les chelous avec leurs...trucs là, leurs trucs pas comme nous. Évidemment.
Un pompier de la caserne qui, visiblement, et selon sa hiérarchie, « pensait bien faire [et] d’appliquer la loi de bonne foi » a mis un terme à la sortie scolaire d’une classe de maternelle, car les accompagnatrices portaient un hijab.
Cette histoire illustre l’état d’esprit nauséabond qui plane dans les institutions étatiques où le racisme d’État — et son corolaire l’islamophobie — se fait de plus en plus visible et assumé, encouragé par la production d’un discours raciste à tous les niveaux.
[...]
La radicalisation de l’État et son orientation de plus en plus ouverte vers l’extrême droite porte en lui les prémisses pour une fracturation nette de la société. Si aujourd’hui cette affaire de caserne s’est terminée dans « l’apaisement », cela ne change en rien les phénomènes sous-jacents qu’elle révèle : à savoir la bureaucratisation du racisme, incarnée dans l’islamophobie, comme outil de domination pour encadrer et réprimer la classe ouvrière racisée.
« Selon ce document, un acte terroriste ne peut être que le fait de musulmans ! Ce genre de tableau ne peut que faire plaisir aux racistes et renforcer le racisme anti-musulman. Ça crée une ambiance de délation au travail », commente une professeure jointe par StreetPress. « J’ai honte », écrit sur Twitter Clément Carbonnier, actuellement en recherche à l’université de Sherbrooke et issu de la fac de Cergy. Renaud Epstein, maître de conférences à Sciences Po Saint-Germain (relié à l’université de Cergy), tweete : « La liste des “signaux faibles” qui y figure est sidérante. Si je devais l’utiliser pour une auto-analyse, j’aurais de bonnes chances de gagner un voyage gratuit à Guantanamo ».
via Riff et Seb
Car Patrick Simon, à l’INED, revendique de longue date l’usage de statistiques ethniques pour mieux mettre au jour le racisme quotidien, tangible. A condition toutefois que les termes soient maîtrisés, et pas contre-productifs. Afin de révéler la part de tabou qui perdure aussi dans la tradition française, à refuser de penser non seulement la race, mais aussi la blanchité.
C'est exactement ce que j'ai pensé en parcourant l'article : l'emploi -fort maladroit, c'est le moins que l'on puisse dire- des termes "caucasiens" et "africains" n'est qu'une contorsion sémantique pour ne pas avoir à écrire "blanc" et "noirs", voire "non blanc".
Racisme, sexisme et homophobie : la beauté du sport.
Sinon, les jeux vidéo çaymal, ça rend violent et associal.
Comme être insultante en faisant mine de rendre un hommage : leçon 1.
Bel exemple d'un racisme tellement intériorisé que son auteure ne s'en rend même pas compte.
“De nouveau”, car ce n’est pas la première fois (ni même la deuxième) que le CNRS contredit le classement effectué par ses pairs pour rétrograder Akim Oualhaci au dernier round. C’est en fait la troisième fois : en 2017, puis en 2018, le même chercheur avait déjà fait l’objet d’un déclassement, dont nous vous avions parlé le 15 juin 2017 sur franceculture.fr. L’an dernier, il était passé sous le seuil des postes en jeu. Un an plus tôt, en 2017, ils étaient deux, Akim Oualhaci et Matthieu Grossetête, à s’être classés premier ex aequo, pour finalement être rétrogradés tandis qu’un des trois postes de chargés de recherche était carrément rayé du concours.
[...]
Le CNRS n'a pas étayé sa décision à ce stade de la controverse. Contacté pour cet article, l'institution n'a pas donné suite. Aussi ceux qui dénoncent une discrimination s’interrogent encore :
- est-ce un parcours qu'on censure ou ce triple déclassement a-t-il à voir avec le fait qu'étant un chercheur investi dans une sociologie des classes populaires, ses travaux objectivent la distance sociale ?
- l’idée-même de se proposer d’objectiver cette “domination ethno-raciale” peut-elle avoir joué ? Ou encore, des interventions, comme celle annoncée ce jeudi 20 juin au calendrier du séminaire de l'EHESS "Luttes des savoirs et savoirs des luttes" où Akim Oualhaci est l'invité d'une séance intitulée "Les luttes des quartiers populaires racisés en France" ?
Ou serait-ce alors, allons-y carrément, le patronyme et l’origine sociale du candidat trois fois écarté , et sa trajectoire de fils d’ouvrier qui n’a fait ni Sciences Po ni l’Ecole normale supérieure ? Pourtant, rappelle la tribune dans Le Monde, Akim Oualhaci n’arrivait pas tout nu au recrutement du CNRS. Si son origine tranche avec le gros des lauréats, et même des candidats au grade de chargé de recherche, il n’est pas pour autant un électron libre invisible dans son champ : depuis sa thèse fin 2011, son CV en ligne montre au moins cinq contrats post-doctoraux, dans plusieurs laboratoires, et deux laboratoires soutenaient sa candidature au concours du CNRS comme le veut le règlement.
Soyons légèrement cyniques : il va pouvoir illustrer ses recherches à l'aide de son propre parcours...
Les militant·e·s -majoritairement noir·e·s- de Ferguson ayant impulsé le mouvement BlackLivesMatter sont la cible d'assassinat politiques ciblés depuis 2014. Dans l'indifférence, voire le mensonge, de la police -blanche- et des médias. Cela ne fait que quelques jours que, devant l'accumulation de morts violentes, Associated Press a été quasiment contrainte de reconnaître que oui, il y a vraisemblablement des suprémacistes blancs qui travaillent à éliminer les leaders noir·e·s.
Ça fait peur. Très peur.
Accusant, entre autres, "les autochtones" d’avoir "gardé leurs gènes de sauvages", elle critiquait "une population dégénérée encore imprégnée des coutumes ancestrales, des traditions barbares qui sont leurs souches."
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Brigitte Bardot, 84 ans, a été condamnée à cinq reprises pour incitation à la haine raciale.
Je plains sincèrement Samuel Gontier, qui doit être obligé de se farcir toutes les pires émissions de merde pour écrire ses chroniques, et qui arrive malgré tout à leur instiller ce petit quelque chose de jubilatoire qui fait qu'on lit jusqu'au bout.
Malgré tout, le constat est accablant. C'est vraiment la grosse gerbe dans ta télé. Eteins et fait n'importe quoi d'autre, ça vaudra mieux.
Tiré du shaare précédent, mais j'aime bien séparer les sujets entre plusieurs shaares :
«On a vécu en France un terrorisme islamiste assez meurtrier, si on veut jouer à de la comptabilité, on n’est pas encore dans l’équilibre. Il ne faut pas s’aventurer sur le terrain du match retour»
Guillaume Tabard. Rédacteur en chef au Figaro, journal qui a des valeurs vachement actuelles lui aussi.
En 2015, on a condamné des palanqués de pauvre type au gnouf pour apologie du terrorisme, pour des propos beaucoup moins explicites que ça. Mais ils ne devaient pas être rédacteur en chef au Figaro.
Qui a participé à rendre acceptable avec l’extrême-droite la théorie du « grand remplacement », cette idée fondamentalement raciste dont Renaud Camus est à l’origine et dont le fasciste qui a abattu cinquante musulman.e.s s’est inspiré ?
Ça me gêne un peu cette phrase. Spontanément, elle me fait bondir : pour moi, le fasciste taré de Nouvelle-Zélande a lâchement assassiné 50 personnes. Point. Il a tué des gens, des êtres humains, des femmes et des hommes. bref, vous voyez le topo, ce ne sont pas les mots qui manquent. Mais d'un autre côté, il les a tué parce que musulman·e·s. On ne peut pas non plus le passer sous silence. Mais au final, réduire des musulmans a leur seule qualité de musulmans, eussent-ils été assassinés à cause d'elle, c'est quand même une forme d'essentialisme qui, paradoxalement, risque de contribuer à renforcer les délires racistes des Renaud Camus, Alain Finkielkraut et autres théoriciens racistes qui justement, ne voient pas d'abord des humains, des voisins, des collègues, des amis... et ensuite, éventuellement, des musulmans, mais avant tout des gens-d'une-religion-qu'est-pas-celle-de-ma-maman.
Sinon, il est vachement dur le tuto :
1 : Mon invité a-t-il déjà tenu des propos racistes, islamophobes, antisémites ou homophobes ?
Si oui, ne l’invitez pas. Si non, vous pouvez l’inviter et passer à la question 2.2:Mon invité s’appuie-t-il dans son discours sur des faits ou sur des mensonges ?
S’il s’appuie sur des faits, invitez-le. Si non, ne l’invitez pas.
Je pose ça là, en passant.
Ah, au fait :
Un «manifeste» expliquant les motivations de l’attaque a été publié vendredi matin sur un compte Twitter portant le même nom et la même image profil que la page Facebook ayant diffusé l’attaque en direct. Intitulé « le Grand remplacement», ce document de 73 pages déclare que le tireur voulait s’en prendre à des musulmans. Le titre semble être une référence à une thèse de l’écrivain français Renaud Camus sur la disparition des «peuples européens», «remplacés» selon lui par des populations non-européennes immigrées, qui connaît une popularité grandissante dans les milieux d’extrême droite.
http://lavdn.lavoixdunord.fr/552318/article/2019-03-15/le-tireur-identifie-comme-un-terroriste-extremiste-de-droite
Il paraît que qualifier de racistes les propos de Finkielkraut (qui déplore la prolifération dangereuse des arabes) est affaire d’opinion. Il paraît qu’identifier les discours suprémacistes est affaire de sensibilité. Il paraît que ce n’est pas le travail des journalistes.
Le cas Finkielkraut mis à part, je trouve que cela illustre bien les limites de l'exercice de fact-checking des journalistes : on n'est pas loin du moment où Libé écrira "désolé, je ne suis pas neutre, je ne peux donc pas répondre à votre question".
"La séparation des races n'est pas une maladie des gens de couleur, mais une maladie de Blancs et je n'ai pas l'intention de rester silencieux."
La presse ne fait pas écho de ce discours et il sombre presque dans l'oubli. Pourtant, il fallait du courage à Einstein pour dire que pour les américains, "l'égalité et la dignité humaine se limitent principalement aux Blancs. Et même parmi les Blancs, il y a des distinctions... En tant que juif, j'en suis bien conscient. Pourtant ces préjugés sont insignifiants comparés à l'attitude des "Blancs" envers ceux qui ont la peau plus sombre. Plus je me sens Américain et plus cette situation me fait souffrir. Je ne peux échapper à ce sentiment de complicité qu'en le dénonçant."
via le podcast "A dérouler", qui transforme des threads Twitter en podcast. Bon, du coup, je ne l'ai écouté mais lu. Esprit de contraction, sans doute.
Qu’il s’adresse directement à ses 800 000 abonnés sur sa chaîne Youtube arborant l’une de ses perruques fétiches (auxquelles il a toutes donné un nom), ou qu’il intervienne dans les médias avec sa simple bouille d’ado : à 19 ans, et en un temps record, Bilal Hassani est parvenu à mener la meilleure des campagnes contre le cyber harcèlement, la haine, et les infox.
Il faut dire que sa simple existence, « un arabe en perruque » comme il le dit lui même, a concentré la rage d’extrémistes de tous bords. Bilal Hassani comme le révélateur d’une union des trolls, dont la violence s’est démultipliée lorsqu’il a été choisi, ce samedi, grâce au vote du public, comme représentant de la France à l’Eurovision avec sa chanson « Roi ».