Mélenchon aurait dit : «La langue française n’est pas la propriété singulière de la France.» ?
Eh bien : Il. A. Parfaitement. Raison.
Je n'ai même pas encore lu le billet de Thomas Legrand que j'ai déjà envie de donner mon avis. C'est parfaitement idiot de la part de l'extrême-droite de réagir de cette façon (mais on n'en espérait pas mieux de leur part), à l'heure où les grandes entreprises FRANCAISES communiquent -y compris en interne- en anglais ; à l'heure où le français, par ailleurs l'une des langues officielles de l'UE, est mis en minorité dans les institutions européennes par l'anglais -alors même que la GB n'est plus membre de l'UE... la meilleure protection de la langue française, c'est d'être parlée. Et pas uniquement par des locuteurs franco-français, nés en France (et votant pour l'extrême-droite). Il faut accepter sans complaisance aucune le passé colonial de la France, mais le fait est que beaucoup de gens dans le monde parlent français. Et ce n'est pas exactement le même français qu'à Paris, et c'est super, une langue se nourrit de cette diversité, de ces évolutions. Une langue qui n'évolue pas, ne se transforme pas et reste "pure", vierge de tous contacts extérieur, j'en vois bien une : le latin...
C'est d'autant plus débile de la part des fachos, c'est que ce sont les mêmes qui défendent par ailleurs des conneries comme le bilan positif de la colonisation... qui fait que justement, on parle français dans une partie de l'Afrique.
Il est donc temps de lire l'article et la citation du père fouettard (n'allez pas croire que je me mette à l'aimer parce qu'il a dit un truc vrai) dans son intégralité :
«La langue française n’est pas la propriété singulière de la France, et surtout pas de ceux qui voudraient figer l’identité française dans sa langue […]. La langue française n’appartient plus à la France depuis fort longtemps.» Une phrase qui pourtant n’énonce qu’une simple vérité puisque 29 nations ont le français comme langue officielle.
L'identité française n'est pas réductible à la langue française, qui est parlée par d'autres que des français ; corollaire : le français n'est pas suffisant pour constituer l'identité française.
Et c'est peut-être bien ça qui emmerde les fachos, qui cherchent tous les moyens pour montrer que les étrangers, c'est pas des gens comme nous (et qu'il faut les renvoyer dans leurs pays de gens-pas-comme-nous).
Dans tous les langages, seules deux racines sont utilisées pour créer le mot « thé ». Elles créent une cartographie fascinante qui dévoile, en creux, comment le thé est arrivé dans chaque pays du monde.
Hein ? Quoi ? Le masculin n'est pas neutre ? Oh, surprise, ô traitrise de woke !
Ah non M. Finkielkraut, calmez-vous, c'est le CNRS qui le dit.
De fait, le français met à notre disposition différentes stratégies permettant une meilleure représentation des femmes et des minorités de genre dans ses usages. Il est possible de distinguer deux types de stratégies.
D’une part [...] le recours à des termes épicènes, c’est-à-dire des termes qui ne varient pas en fonction du genre. [...] Cela passe aussi par l’usage de mots génériques tels que « personnes » ou « individus ». Également par des formules englobantes avec des singuliers collectifs : « l’équipe » (ou l'orchestre, la population...)
[...]
D’autre part, les stratégies dites « féminisantes »
Ah, on me signale le placement en PLS de M. Finkielkraut.
qui reposent notamment sur la féminisation des noms de métiers, de fonctions et de qualités : « professeur » = « professeure » ; « Madame le directeur » = « Madame la directrice » ; « L’écrivain Virginie Despentes » = « L’écrivaine Virginie Despentes ». Autre exemple, la double flexion, également appelée « doublet », qui consiste à décliner à la fois au féminin et au masculin les mots : « les lecteurs de cet article » = « les lecteurs et les lectrices de cet article »
[...]
Pour le cerveau, le masculin n’est pas neutre
[...]
« Nous avons fait lire à nos sujets un court texte portant sur un rassemblement professionnel et leur avons demandé d’estimer le pourcentage d'hommes et de femmes présents à ce rassemblement. Lorsqu’il s’agissait d’une profession non stéréotypée – c’est-à-dire exercée de manière égale par des hommes et des femmes – et lorsque nous avions recours au masculin dit “générique”, les sujets sous-estimaient la proportion de femmes dans le rassemblement. En revanche, lorsque nous utilisions une double flexion, les sujets estimaient un ratio correspondant au ratio effectif dans la société. »
Au Québec au moins, on prend la langue française au sérieux.
A quoi sert l’Académie ? Principalement à tenir le discours réactionnaire, à entériner l'idée que c'est à une institution franco-française de régenter tout le discours sur la langue sur l'ensemble de la francophonie et globalement à dire que tout fout le camp et à n’accepter l'évolution de la langue que 50 ans après.
Au passage je découvre le podcast de Laélia Veron : https://www.binge.audio/podcast/parler-comme-jamais
« MacCartney, qui lui servait de second, enfila le duc d’Hamilton par derrière et s’enfuit. »
(Mémoires de Saint-Simon)
Enfiler doit être compris dans le sens de transpercer avec son épée.
Eh oui, le sens des mots évolue :)
Cette question n'est pas sans rappeler l'hypothèse anthropolo-linguistique dite de "Sapir-Whorf", du nom du linguiste américain Edward Sapir et de son élève, Benjamin Lee Whorf. Largement discutée, celle-ci soutient l'existence d'un principe de "relativité linguistique" selon lequel notre langue détermine notre rapport à la réalité ; nos représentations seraient conditionnées par notre langue natale. "Les êtres humains ne vivent pas uniquement dans le monde objectif ni dans le monde des activités sociales tel qu'on se le représente habituellement, mais ils sont en grande partie conditionnés par la langue particulière qui est devenue le moyen d'expression de leur société", écrit ainsi Edward Sapir en 1929.
Le français "prout" peut venir en effet de la racine indo-européenne perd- "flatuler bruyamment", qui donne aussi l'anglais "fart", tandis que le verbe "péter" vient d'une racine pesd- "émettre une silencieuse perle", que l'on retrouve dans le russe bzdetʹ "péter sans bruit".
Comment ne pas suivre immédiatement cette personne ? Hein ?
Le mot "oxymore" qui désigne une alliance des contraires (l'exemple canonique est "cette obscure clarté qui tombe des étoiles" dans "Le Cid" de Corneille) est lui-même un oxymore puisqu'il réunit "rusé" (oxy) et "stupide" (moron)!
Une lenteur conduisant à un décalage permanent par rapport à l’évolution de la langue, et qui s’expliquerait par la nature actuelle de l’institution : «Ses membres, essentiellement des écrivains, même largement secondés par des agrégés de lettres, n’ont pas du tout les compétences pour rédiger un dictionnaire, explique la linguiste Laélia Véron (université d’Orléans). C’est un vrai métier, comme lexicographe, dont l’Académie est grandement dépourvue.» Une lacune qui, de fait, empêche l’Académie française «de travailler sur les nouveautés et l’actualisation de la langue française». Et rend d’autant plus hypothétique son rôle, au long cours, de «gardien de la langue française».
[...]
«Réglementer la langue française ne veut rien dire. L’Académie française peut faire des recommandations au public, mais il n’y a pas de ‘‘gardien de la langue’', pas d’organisme qui fixe la norme, abonde un haut fonctionnaire travaillant dans ce domaine. Le principe reste celui de la liberté d’expression et les Français peuvent, à titre privé, écrire comme ils l’entendent. Pour se moquer de l’académie, Voltaire en son temps s’amusait d’ailleurs à faire des fautes d’orthographe.»
Pourquoi les Allemands mettent-ils le verbe à la fin ?
Pour ne pas se faire couper la parole.
Encore un article intéressant, qui parle de comment les mots, la langue influencent la façon dont on perçoit le réel.
Pourquoi mettre un « t » à édit ou bruit (comme dans éditer ou bruiter), mais pas à abri dont le verbe a pourtant la même forme ? Pourquoi écrit-on « gelée de groseille » au singulier et « confiture de groseilles » au pluriel ? La marque du pluriel dépend-t-elle uniquement du temps de cuisson ? Le seul son [s] peut s’écrire de 12 manières différentes, et la lettre « s » peut se prononcer de 3 manières différentes ([s], [z], ou muette)… Voici quelques uns des constats, quelques unes des interrogations directrices de cette conférence grand public à propos de l’orthographe française.
L'écriture inclusive va-t-elle mourir d'elle-même?
Elle est une surréaction, certes compréhensive idéologiquement et moralement, mais à côté de la plaque. Elle est inutile, ne serait-ce que parce qu'elle ne peut pas se représenter à l'oral. Un texte en écriture inclusive ne peut pas se parler. C'est donc une complication ridicule et inutile sur un système qui est déjà, pour des raisons historiques, terriblement compliqué. Cette écriture méconnaît la réalité des choses.
On ne va pas aller saccager 1000 ans d'histoire au nom de quelques années de réflexion idéologique par un usage imposé par une toute petite minorité! Ça ne marchera pas. Mais je ne dis pas que je suis contre.
[..]
L'idée de l'écriture inclusive peut être généreuse. On peut la défendre, mais ce n'est pas un bon point d'application. Ce n'est pas comme ça qu'il fallait procéder. Je serais ainsi, pour ma part, plus favorable à l'accord de proximité dans lequel on accorde au masculin ou au féminin suivant que le dernier mot est masculin ou féminin.C'est une règle formelle. Elle peut donc fonctionner, mais ça serait une complication supplémentaire pour l'écriture et cela ferait deux normes au lieu d'une! Ainsi, même pour des choses pour lesquelles je serais idéologiquement d'accord, je ne peux pas accepter de les pratiquer sans précaution, sans étude préalable ou sans classe expérimentale.
[...]
Vous savez, on n'agit pas sur les idées en agissant sur la langue. Je pense que, comme Frédéric Vitoux, il faut d'abord s'occuper de la mentalité collective. Il faut commencer changer notre manière de penser. Quand cette dernière aura changé, on pourra alors, peut-être, envisager de changer les manières d'expression. Faire ça à l'envers, c'est ridicule.
Malgré l'immense respect que j'ai pour vous, Monsieur Rey, je pense que c'est vous, qui êtes -partiellement tout du moins- à côté de la plaque. Mais je vous sais gré d'être posé, respectueux et compréhensif, et d'user d'une argumentation rationnelle. Et de ne pas complétement fermer la porte à la règle de l'accord de proximité.
Cependant, je ne suis pas d'accord : ce ne sont pas les idées qui transforment la langue, en tout cas, pas dans le sens où vous le pensez. De nouvelles idées, de nouvelles technologies, vont parfois amener de nouveaux mots, qu'il soit créés de toutes pièces (ordinateur) ou stupidement traduits de l'anglais. Mais, en terme de mentalités, ce sont les usages qui créent le changement. Ainsi, si vous reconnaissez que la règle de l'accord de proximité peut être réintroduite dans la langue française, sans doute de manière aussi arbitraire qu'elle en a été supprimée, vous pouvez donc admettre sans trop de difficultés en quoi la règle actuelle du "masculin neutre" est problématique pour l'image que les petites filles qui l'apprennent se font de leur place dans la société, en tant que futures femmes (le fameux "le masculin l'emporte sur le féminin") ; partant, vous conviendrez sans peine que c'est bien les mots, l'usage de lal langue et le sens que l'on donne à certaines expressions qui participe à créer des sensibilités, au moins partiellement (car si le sexisme venait uniquement d'une règle grammaticale, ce seraiot tellement plus simple).
via (°m
Si pro et anti écriture pour tous et toutes n’en finissent pas de s’affronter, c’est principalement à cause du point médian, ce · qui permet d’inclure le féminin dans certains mots ( «Les manifestant·e·s») et enflamme les discussions. Dommage. Si on comprend les réticences face à un tel changement des habitudes grammaticales, l’écriture inclusive, c’est bien plus que ce point médian de crispation.
[...]
Voilà pourquoi nous avons décidé de publier le manifeste de ces 314 professeurs et professeures bien décidées à braver les indications de leur ministre en cessant d’enseigner à leurs élèves cette formule du masculin tout puissant. Pas de point médian dans leurs leçons, mais une règle, celle de l’accord de proximité, «venu du latin, qui consiste à accorder le ou les mots se rapportant à plusieurs substantifs avec celui qui leur est le plus proche». «Les pays et les villes étrangères» plutôt que «les pays et les villes étrangers».Cette règle de proximité, nous nous engageons à l’appliquer par défaut dans les papiers de Slate.fr. Tout comme nous préférerons désormais l’emploi de mots épicènes, c’est-à-dire «les mots dont la forme ne varie pas entre le masculin et le féminin» ( un ou une élève, membre, fonctionnaire), de mots désignant indifféremment une femme ou un homme ou des mots «englobants» (le corps professoral, le peuple, le public), suivant les recommandations du Haut Comité à l’égalité entre les femmes et les hommes.
J'applaudis dès aujourd'hui (c'est vrai, pourquoi toujours vouloir applaudir dès demain ?).
La tribune des prof : https://www.slate.fr/story/153492/manifeste-professeurs-professeures-enseignerons-plus-masculin-emporte-sur-le-feminin
Ainsi, quand en 2002 Martine Aubry et Elisabeth Guigou demandent à être appelées «madame la ministre», l’Académie exprime de nouveau sa plus grande frilosité, en des termes plus mesurés que cet automne, arguant de «l’importance de la neutralité des fonctions».
Allez, encore une couche.
La neutralité du masculin, non mais quel LOL.
Comme je l'ai dit sur (°m : allez donc vous asseoir sur vos épées à la con, et foutez-nous la paix. Aurais-je du ajouter vieilleux croûton·ne·s ?
J’avais 9 ans, et cette image m’a révoltée. Le jour de cette leçon, toutes les filles de la classe ont hué et les garçons ont applaudi. On comprenait parfaitement ce qui était en jeu –et l’illustration du livre nous le jetait à la gueule. Les filles perdaient la partie. Guillaume et Quentin ont claironné: «Vous êtes moins fortes! Vous êtes moins fortes!» Mme Péron a tenté de tempérer les choses en expliquant que c’était de la grammaire, qu’il n’était pas question de justice, que c’était la règle. Il fallait apprendre la règle et respecter la règle.
Mais nous, ce qu’on voyait, c’était que la règle nous disait que les garçons l’emportaient. Et les garçons comprenaient exactement la même chose.
Tiens, celleux sur (°m à qui on s'échigne à expliquer que "non, ce ne sont pas que des mots", ça vous cause ?
En fait, le vrai point de friction vient de mots auxquels on ajoute le point médian suivi d’un féminin voire d’un féminin pluriel. Franchement, on s’y habitue. Mais je peux comprendre que cela perturbe certaines personnes qui trouvent que c’est trop compliqué (mais alors, on est ok pour l’accord de proximité du coup, vu qu’il est plus simple?). Si on n’aime pas écrire «les électeur·trice·s» on peut se contenter d’un «les électeurs et les électrices» voire même «le corps électoral». De manière générale, de toute façon, on déconseille le point médian quand les formes au masculin et au féminin sont trop différentes. Et c’est évident qu’il ne faut pas en coller partout. Mon bémol personnel, c’est que ça a un petit côté écriture administrative –et pour le coup, je pense que toutes les administrations doivent l’adopter.
En même temps, pour les textes plus littéraires, c’est intéressant d’un point de vue stylistique de se forcer à chercher d’autres formulations, à équilibrer différemment ses phrases.
Déjà dit et déjà publié ici même, mais j'aime bien me répéter.
Entre incompréhension et injustice, je crois qu’à cette époque un vague « quoi ? Mais je suis une fille, c’est injuste ?! » m’avait traversé l’esprit. Puis la pilule passe, on respecte la règle, on l’applique, c’est le système et puis c’est tout. Mais on en vient tout de même à se répéter mentalement que « le masculin l’emporte sur le féminin », des centaines et des centaines de fois, à chaque occasion où la règle s’applique. Alors je me demande : est-ce que la grammaire a influencé nos cerveaux et notre société ? Est-ce que le genre en grammaire a un lien avec l’équité homme/hemme ?
Bon, c'est une redite, j'ai déjà dû shaarlier des liens semblables 3 ou 4 fois.
Depuis que j'ai pris conscience de cet état de fait, je milite pour l'application de la règle de proximité... même si je suis intimement persuadé que le conditionnement dont j'ai fait l'objet par l'école mettra encore quelques années avant de moins produire ses effets.
Abricot, artichaut, aubergine, café, épinard, limonade, orange, pastèque, safran, sirop, sorbet, sucre, nous parlons la bouche pleine de mots venus de l'arabe.
D’origine québécoise (1990), le mot « courriel » est la contraction de « courrier électronique ». Il est agréablement explicite en plus d’être de jolie consonance, si bien que de nombreux locuteurices francophones l’ont adopté. Accepté par l’Académie française, présent dans les dictionnaires courants, ce terme a été rendu obligatoire en France pour les textes officiels, depuis le 20 juin 2003 par la DGLFLF.
Alors ? On prend ça ?
En Europe, courriel est encore trop peu fréquent. Pour bien parler français et s’assurer d’être compris en francophonie, aussi bien au Québec où l’anglicisme « e-mail » est très rare qu’en Suisse où « courriel » est une étrangeté, il est recommandé de préciser les deux, par exemple : « Merci de répondre par courriel (e-mail) ».
Bref, c'est pas simple.
La règle précisant que le masculin l’emporte sur le féminin finit par s’imposer au XVIIIe pour des raisons qui ne doivent pas grand-chose à la linguistique : à cette époque, la supériorité masculine va tout simplement de soi. « Lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte », affirme Bouhours en 1675. « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle », complète élégamment, en 1767, le grammairien Nicolas Beauzée.
C'est pas tout jeune (2012) et, si vous me lisez depuis un moment, ça va commencer à faire ressassé (mais il parait que je radote), mais ça va mieux en le répétant encore et encore : accordez en utilisant la règle de proximité. Comme Racine.
« Surtout j’ai cru devoir aux larmes, aux prières, consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières. »
2017 : ça commence à entrer dans les moeurs :
Russie : l’opposant Alexeï Navalny et des centaines de personnes arrêtées lors d’une manifestation
Pour les deux liens : via @tetue
Alors là, mais je suis à trouze-mille pour cent d'accord.
Avec ça :
En France, on a un problème d'analphabétisme et d'illettrisme. Un gros, très gros problème. 20% des adolescents de 15 ans sont illettrés à plus ou moins haut niveau (on parle d'un problème de littératie, source OCDE). Moins de 8% de la population maîtrise l'écrit de manière assez importante pour n'avoir aucun problème (la moyenne de l'OCDE est de 12%). Le français est une langue extrêmement dure à maîtriser, elle crée des clivages importants entre les gens, c'est un facteur clivant de la société.
Et aussi avec ce que dit Bronco (http://warriordudimanche.net/article445/5880a8817959b)
En français, la langue a été complexifiée à dessein pour la réserver à une élite dont seraient exclus les pauvres et les femmes... C'est effrayant de voir que beaucoup cherchent de fait à maintenir cette oppression par la langue.
Merci à Bronco pour ce lien : http://www.charivarialecole.fr/a125065000/ parce que j'étais passé complétement à côté de cette histoire (mais je vais être complétement dedans dans 2-3 ans, merci l'école). Je me suis particulièrement reconnu dans ce passage : "Et quand on reprochait aux élèves de confondre Natures et Fonctions..." C'est moi ça. Je n'ai jamais particulièrement eu de problèmes en français, mais je me rappelle de sales quart d'heures en CM1/CM2 sur ces notions de nature du verbe blablabla, fonction du groupe nominal blablabla... Je n'y comprenais QUE POUIC et je crois bien que je m'en tamponnais complétement (justement parce que je n'y comprenais rien).
Mais j'avais la chance de ne pas avoir de difficultés particulières ; j'étais un gamin qui lisait beaucoup, et c'est sans doute pour ça que la façon d'écrire correcte me paraissait évidente : j'en étais déjà abreuvé. Mais je me rends compte avec le recul que si j'avais dû maîtriser l'écrit juste en apprenant par cœur des règles que je ne comprenais pas, je me demande comment je m'en serais sorti...
A rapprocher de ce que je racontais l'autre jour
via Marc (Marc, ton Shaarli tue les yeux)
Un petit échange par mail avec une collègue vient de me remémorer ce storify, montrant une fois encore en quoi, en français, le masculin n'est pas neutre.
Voici, en résumé, le contenu du mail que j'ai envoyé :
Tu trouveras ci-joint ton compte-rendu et ta fiche mise à jour pour 2016.
Ce à quoi ma collègue a répondu que :
Quand dans une phrase, il y a une énumération de termes, le masculin l'emporte toujours sur le féminin.
Du coup, j'ai pu lui expliquer :
Cela s'appelle l'accord de proximité, n'en déplaise aux vieux croûtons décatis du quai Conti.
En lui donnant le lien vers les tweets de Docteur Culotte !
C'est intéressant de voir comment le français est expliqué aux étrangers qui l’apprennent, ça remet en perspective des choses qui nous semblent évidentes. (non, je ne reparlerai pas du masculin-pas-neutre, des termes oppressifs... même si c'est exactement la même démarche)
Du coup, j'apprends qu'un dépanneur, au Québec, c'est la boutique du coin de la rue où l'on vend des casse-croûtes :)
Un générateur d'anagrammes. Cool :)
via https://shaar.libox.fr/?QT1N-w
A rapprocher de ça : https://www.actualitte.com/article/monde-edition/baffie-et-enthoven-pique-pique-pique-et-anagrammes/61647 ^^
"Plus je lis des réflexions sur l’orthographe sur facebook, plus j’en entends au quotidien, et plus je me dis : dingue ce que le gens sont capables d’envoyer comme flux de mépris (c’en est presque odorant) quand il s’agit de respect de l’orthographe. Le respect de l’orthographe. Me fait marrer ce terme. Et si on commençait à respecter les personnes plutôt que l’orthographe ?"
via Alda (https://tools.aldarone.fr/share/?pqzJoQ)
Allo le central ? Envoyez une ambulance, Nurmancien vient de faire un arrêt cardio-respiratoire.
De rien, c'est gratuit.
"Seulement voilà, en 1647, douze ans après la création de l’Académie française, l’un de ses membres (Claude Favre de Vaugelas) préconise que le masculin l’emporte en grammaire au motif qu' «il est plus noble». Et en 1882, quand l’instruction devient obligatoire, l’Etat tranche à nouveau en faveur du masculin, envoyant ad patres, des mots du français ancien comme le féminin de médecin: medecine ou medicineuse… Même si la pâtissière, elle, reste! «Cette hiérarchie des sexes par le langage est ensuite devenue si courante et intériorisée qu’on ne la remarque (presque») plus aujourd’hui»"
Le rapport : http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/hcefh__guide_pratique_com_sans_stereo-_vf-_2015_11_05.pdf
via http://seenthis.net/messages/425264
Je suis de bonne humeur, tiens.
Au fait, question : pourquoi stéréotypes de sexe et pas stéréotypes de genre ?
EDIT : le rapport présente même une "Foire aux arguments" ; exemple :
"L'argument du masculin générique : «Le masculin est aussi le marqueur du neutre. Il représente les femmes et les hommes» [N.B. : et dire que je pensais ça avant... :S]
En français, le neutre n'existe pas : un mot est soit masculin, soit féminin.
Et d'ailleurs, l'usage du masculin n'est pas perçu de manière neutre en dépit du fait que ce soit son intention, car il active moins de représentations de femmes auprès des personnes interpellées qu'un générique épicène. C'est tellement courant que nous en avons à peine conscience. Cette problématique pourrait être mise en parallèle avec l'histoire du suffrage universel. Le masculin n'est pas plus neutre que le suffrage n'a été universel jusqu'en 1944."
Je... rhâââ^.
Je ne veux pas paraphraser Gee, mais c'est vrai que ça frôle la schizophrénie : dire qu'il ne faut plus utiliser un terme, et immédiatement le réemployer dans la définition... ><
Ce strip (http://sinfest.net/comikaze/comics/2013-02-25.gif) est génial. Alda, je te dois un aveu : je viens de comprendre pourquoi tu t'emportes des fois... euh non, souvent ^^ (bon, ce n'est pas une excuse, mais je crois que j'arrive à adopter ton point de vue)
Je n'ai fait que parcourir l'article (http://lechodessorcieres.net/ecrire-inclusif-1-coucou-cest-la-facteure/), il faudra que je prenne le temps de le lire.
Pour répondre à Neuromancien, c'est un "truc ridicule" si on est disposé à le voir comme tel. Si on lit avec un esprit neutre, alors certains arguments n'apparaissent ni ridicules, ni révolutionnaires, mais juste... logiques. Le truc tout con : pourquoi dire "un écrivain femme" (ou une femme écrivain), et ne pas dire "un écrivain homme" ? C'est bien la preuve que, quelque part, quelque chose ne va pas.
J'ai longtemps moi aussi adhéré au credo du "masculin neutre". Mais cette religion est comme toute les autres : basée sur une tromperie, et j'en suis revenu aussi. Je cite toujours en exemple cet article du Plafond de verre (http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?mQH9Cg) à propos de Bansky : nous ne savons rien de cette personne, mais nous sommes plus ou moins consciemment persuadés qu'il s'agit d'un homme. Pourquoi ? Il y a sans doute plusieurs raisons à cela, dont la moins pernicieuse est sans doute l'inconscient collectif qui nous pousse à imaginer que ce qu'elle fait, c'est "un truc de mec". Mais il y a aussi une raison grammaticale : on dit "il", on dit "lui", et du coup, l'image de l'homme que nous avions confusément en tête s'en trouve implicitement confortée.
Ce n'est qu'un exemple, où l'on prend une situation donnée pour en tirer des généralités, et Bansky peut être un homme au final, cela ne changera rien à l'argumentation : le masculin n'est pas neutre, c'est une tromperie. On peut n'en avoir rien à foutre, on peut se battre bec et ongle pour ne pas changer cet état de fait, on peut faire des propositions plus ou moins heureuses pour faire bouger les choses, on peut en souffrir, aussi. Mais le nier me parait de plus en plus faire preuve de la dernière mauvaise foi.
""Accro" résulte de l'apocope (ablation de la fin d'un mot) de "accroché". Le "ché" a chu. S'en souvenir permet de l'écrire sans accroc."
C'est clair maintenant ? C'est ACCRO, sans C au bout. Comme je dis toujours, un accro, c'est un fan ; un accroc, c'est une déchirure dans ton pantalon.
Un générateur de langue de bois.
Merde, c'est super.
J'ai du mal avec la forme combinée, mais j'aime beaucoup la forme neutre en -æ, même si j'aimerais qu'on me dise comment ça se prononce.
Je ne suis plus un ayatollah : un tout petit détail m'a fait comprendre que les pronoms aussi avaient leur importance : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?mQH9Cg
via http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?_r4plw
C'est moche.
via http://colibri-libre.org/liens/?t9wRYw
Voir aussi : " Étiquetage simplifié de la viande - Un déni de culture" http://www.quechoisir.org/alimentation/produit-alimentaire/viande-charcuterie/actualite-etiquetage-simplifie-de-la-viande-un-deni-de-culture
Je viens de lire ce billet sur Seenthis, et j'y ai laissé ce commentaire :
Au passage, il me semble que dire « alunissage » n’a pas beaucoup de sens. Cette pratique découle de la croyance que le mot « terre » désigne aussi la planète « Terre », alors qu’il n’est question que du sol. C’est la faute à la langue française, qui ne possède qu’un seul mot pour les deux notions ; en anglais, on fait la différence entre « earth » et « land ».
Mais revenons-en à nos alunissages : faudra t-il dire un « amarsissage » quand nous irons sur Mars ? Et pour un robot qui se pose sur une comète, un « acométage » ? C’est stupide et en pratique impossible (car tous les astres ne sont pas nommés). On dit « atterrissage » parce qu’on se pose sur de la terre, à prendre dans le sens de « sol ». (ce qui ne résous pas le problème d’une sonde envoyée sur une planète gazeuse... mais on s’éloigne du sujet)
Et en pratique dit « landing » parce que tous les astrophysiciens communiquent en anglais ^^
Shaarliste ça me va aussi. Je viens de vérifier, et j'ai très peu utilisé "shaarlieurs" (11 occurrences dans mon Shaarli, et encore, une bonne partie sont des reprises de Kevin !), et plus souvent "shaarlistes" ; mais je dois bien reconnaître que ce n'était pas pour des raisons de genre... mais parce que la sonorité en -ieur ne me plait pas. Pas de problème pour opter définitivement pour l'un des deux, donc.
Après, pour ta réflexion sur le genre, il y a encore quelques temps je t'aurais dit que tu exagérais, tout ça... Mais, comme disait Nicolas Menteurorzy à une certaine époque : "j'ai changé" :) Et notamment en lisant certaines choses chez toi et surtout chez Kevin (ceci par exemple : http://mypersonnaldata.eu/shaarli/?LGneOA).
Ok, en français le masculin est neutre et l'emporte. Je ne pense pas que l'on puisse changer la langue. Pas à court terme en tout cas. Mais quitte à créer de nouveaux mots, autant éviter de recréer ce genre d'écueil. Après oui, plein de shaarlistes s'en tamponnent complètement. Je peux même te donner des noms... ;) Mais si je peux me permettre un conseil, sans pour autant être un expert en manip... en communication, pardon : tu aurais pu ne pas écrire ton dernier paragraphe, pour plein de raisons :
EDIT : sinon, TIL épicène, "nom non marqué du point de vue du genre grammatical" (https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pic%C3%A8ne)
Je livre ceci à votre réflexion.
Martin Vidberg vient de publier deux notes de blog http://vidberg.blog.lemonde.fr/2014/11/05/la-pause/ et http://vidberg.blog.lemonde.fr/2014/11/06/masculin-feminin/#xtor=RSS-32280322 où il illustre bien l’ambigüité qu'il y a à passer certains mots aux féminins dans la langue française. Mais il est dommage qu'il se limite aux interjections, gros mots et insultes.
Il y a... quelques années, une prof nous avait incité à réfléchir -en tout cas moi, ça m'avait fait réfléchir- sur le côté presque automatiquement péjoratif du féminin dans de nombreuses circonstances. Aspect péjoratif tant pas dû à la langue qu'aux mentalités et aux usages. Je vais vous donner quelques exemples :
EDIT : liste rallongée.
J'avoue être plutôt du genre taliban prohibant le "Mr". Pour moi c'est "M." pour monsieur et "Mme" pour madame. Et si vous avez un doute, écrivez-le en entier...
Merci ! J'ai failli mettre dans mon shaare que j'avais vu un reportage sur Arte il y a plusieurs années, à propos des néologismes du IIIème Reich, mais comme je ne me souvenais plus précisément de quoi il retournait, je me suis abstenu.
Il s'agit donc de Victor Klemperer, et du livre Lingua Tertii Imperii. https://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Klemperer#Lingua_Tertii_Imperii.2C_la_langue_du_Troisi.C3.A8me_Reich
"Yes I suppose it's odd that atheists sometimes say Jesus, and Oh My God. But odder than the religious saying "let's be reasonable"?"
:D
En ce qui me concerne, j'évite le plus possible de d'employer des expressions telles que mon dieu, dieu seul le sait, si dieu le veut, qu'est ce qu'on a fait au bon dieu... mais la langue étant ce qu'elle est, on se retrouve à employer des termes associés à la religion ou tirés de la Bible sans même s'en rendre compte.
J'ai été assez surpris, en lisant Sodome et Gomorrhe, de trouver à au moins deux reprises l'expression "téléphonage" (pour "coup de fil", qui n'est pas beaucoup mieux, mais mieux compris d'un lecteur du XXIème siècle... alors que la plupart de nos téléphones n'en ont plus, de fil... intéressant ça). L'expression ne semble même pas être une création de Proust, mais un néologisme de l'époque, pour désigner le fait de recevoir un appel téléphonique, événement plutôt rare et invention hyper moderne en ce temps là...
J'ai même retrouvé l'un des passages en question, c'est quand même cool le web : (https://fr.wiktionary.org/wiki/t%C3%A9l%C3%A9phonage)
"Le surlendemain, le fameux mercredi, dans ce même petit chemin de fer que je venais de prendre à Balbec, pour aller dîner à la Raspelière, je tenais beaucoup à ne pas manquer Cottard à Graincourt-Saint-Vast où un nouveau téléphonage de Mme Verdurin m’avait dit que je le retrouverais." — (Marcel Proust, Sodome et Gomorrhe, in À la recherche du temps perdu, t. III, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1988, p. 259)
Euh... je n'ai pas compris : qu'est ce qui t'énerve ? L'article de l'Académie française, ou le fait que l'on emploie le mot "différentiel" à tort et à travers ?
via Timo
Gros +1
Autant je respecte les convictions égalitaristes de certains, autant ce type d'écriture est proprement illisible. J'avais déjà cité un lien du même genre de l'Académie française, il y a presque un an (diantre, déjà un an...) : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?W0QPYw
Je plains sincèrement les anglais qui n'ont qu'un seul pronom, et qui doivent avoir un mal de chien à s'y retrouver dans nos complications...
via http://shaarli.warriordudimanche.net/?RiQO6Q
Merci pour le lien, c'est intéressant même si je le savais déjà (je crois que c'est Henriette Walter qui a fait un livre là dessus). Après, faudrait voir à arrêter avec cette légende urbaine des "académiciens qui tiennent tant à franciser tous les mots anglais". C'est complétement faux, et la plupart sont les premiers à savoir ce dont nous parlons, c'est à dire qu'il y a plus de mots d'origine française dans la langue anglaise que l'inverse. Toutes les commissions de francisation & co. ce sont des initiatives politiques...
EDIT : Cf. http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?4n1Lag
Faut-il dire (écrire) "Vive les vacances" ou faire l'accord et dire "Vivent les vacances" ? Eh bien... on peut dire les deux, même si la deuxième façon est beaucoup usitée.
Oh purée ! Un gros, un énorme, un mega +1 !
"Sans revenir sur les arguments qu’elle exposait en 1984 et auxquels elle reste attachée, l’Académie française déplore les dommages que l’ignorance de cette doctrine inflige à la langue française et l’illusion selon laquelle une grammaire « féminisée » renforcerait la place réelle des femmes dans la société."
[...]
"Comme l’Académie française le soulignait déjà en 1984, l’instauration progressive d’une réelle égalité entre les hommes et les femmes dans la vie politique et économique rend indispensable la préservation de dénominations collectives et neutres, donc le maintien du genre non marqué chaque fois que l’usage le permet. Le choix systématique et irréfléchi de formes féminisées établit au contraire, à l’intérieur même de la langue, une ségrégation qui va à l’encontre du but recherché."
Mais pour bien faire, je devrais recopier tout le texte. J'ai l'impression, chaque fois que je râle contre cet usage inconsidéré, de pisser dans le désert (ou de prêcher dans un violon, au choix). Mais qu'est ce que ça me chier, bordel ! (Merci Timo de m'avoir autorisé à dire des gros mots, ça soulage) Dire que certains imaginent que torturer la langue à ce point revient à faire étalage de son ouverture, de son "non-sexisme", façon "vous avez vu ? je féminise à tort et à travers donc je ne suis pas sexiste, envoyez-moi des fleurs, youhouhou"
"Créé en 2005 par le CNRS, le CNRTL fédère au sein d’un portail unique, un ensemble de ressources linguistiques informatisées et d’outils de traitement de la langue.
Le CNRTL intègre le recensement, la documentation (métadonnées), la normalisation, l’archivage, l’enrichissement et la diffusion des ressources.
La pérennité du service et des données est garantie par l’adossement à l’UMR ATILF (CNRS – Nancy Université), le soutien du CNRS ainsi que l’intégration dans le projet d’infrastructure européenne CLARIN."
On dirait pas comme ça, mais c'est une super ressource : dictionnaires, lexiques, outils...
"Alors, faut-il interdire le tacle aux journalistes en manque d'imagination, comme l'avait un jour envisagé Michel Platini pour les footballeurs ? Ou proposer à la corporation un programme de désintoxication ? Les ressources de la langue française étant vastes, les substituts ne manquent pas et on y gagnera en nuances [...] Peut-être faudra-t-il surtout que les acteurs de la vie publique commencent par élever leur discours à un niveau d'argumentation nécessitant des comparaisons moins simplistes qu'avec un geste de footballeur."