Vous vous souvenez de l'histoire de cette infirmière licenciée et radiée de la Fonction Publique par AP-HP, pour avoir porté un calot en dehors du bloc opératoire ? (elle avait été d'abord soumise à la pression de sa direction pendant plusieurs mois, invoquant d'abord la laïcité, puis l'hygiène, WTF ?)
Le juge des référés vient de lui donner partiellement raison : la sanction (le licenciement) est disproportionnée par-rapport à la faute (porter un couvre-chef alors que c'est interdit par le règlement intérieur, on peut le contester mais c'est comme ça).
Eh bien aujourd'hui, je découvre via SebSauvage sur Mastodon l'histoire de cette adolescente exclue de son lycée depuis 2 mois (lisez l'article, c'est à devenir dingue) car elle avait mis un truc sur sa tête pour cacher son alopécie...
J'en ai marre, mais putain de marre. Non seulement on assiste impuissants à un dévoiement insensé de la loi de 1905 -pendant ce temps , on dit rien sur les crèches dans les mairies- mais on est devant une crispation assez inouïe et même délétère. Ca a commencé il y a 25 ans par "pas de voile islamique à l'école" : c'est contestable, les enfants pouvant être considérés comme des usagers du service public de l'éducation, mais ça peut se justifier au nom de la neutralité et de l'égalité de tous pendant les cours ; et ça se transforme aujourd'hui en "rien sur la tête à l'école (ou à l'hôpital)", de peur que ce soit un signe religieux par destination.
C'est de la folie furieuse.
Dans moins de 10 ans, on sera en guerre contre la Russie - je veux dire un conflit ouvert, pas des escarmouches numériques et de grossières campagnes d'intox comme aujourd'hui (encore que ça marche plutôt bien, ils auraient tort de se priver) ; j'affirme que toutes celles et ceux qui auront contribué à diviser l'unité nationale (désolé pour les grands mots, mais c'est l'idée) portent une large part de responsabilité dans ce qu'il va se passer. Parce que ça va pas bien se passer.
Si on est pas capables d'être tolérants au sein de notre propre pays, comment alors parler d'une seule voix et faire front à une menace ? Si nous ne sommes pas unis dans un pays, et la France n'est pas la seule à connaître ces dissensions, comment être unis au niveau européen ?
Je saute à la conclusion : on est foutus.
Oui, je sais, on est partis de deux bonnets pour en arriver là.
Mais je suis très pessimiste.
Purée, il n'y a rien qui va dans cette (sordide) affaire : un meurtre raciste, un deux poids, deux mesures de l’État, des représentants de l’État qui confonde la victime, l'assassin et le procureur... OUI, il y a une islamophobie d'Etat ; elle est même visible à travers les lapsus à répétition des mêmes responsables lorsqu'ils ont daignés s'intéresser à cet assassinat raciste.
Le ministre des Outre-mer reprend une intox largement diffusée depuis des années selon laquelle le terme a été inventé par les mollahs iraniens.
[...]
Contrairement à ce qu’affirme Valls, reprenant un mensonge largement diffusé depuis des années, le terme d’«islamophobie» n’a pas été inventé par les mollahs iraniens. Mais au moins l’actuel ministre des Outre-mer peut être félicité pour sa constance : déjà en 2013, alors ministre de l’Intérieur – et donc des cultes – il rejetait ce mot. «Derrière le mot “islamophobie”, il faut voir ce qui se cache. Sa genèse montre qu’il a été forgé par les intégristes iraniens à la fin des années 1970 pour jeter l’opprobre sur les femmes qui se refusaient à porter le voile, disait-il dans le Nouvel Obs. C’est au mot près l’argumentaire de l’essayiste Caroline Fourest.»
Il convient ici d’apporter une précision, déjà donnée par Libé en 2013, aux affirmations de Fourest. Selon les sociologues Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat, auteurs en 2013 de Islamophobie. Comment les élites françaises fabriquent le «problème musulman», le mot a été utilisé pour la première fois en 1910 par des anthropologues français. «On doit l’invention du néologisme “islamophobie” et ses premiers usages à un groupe d’administrateurs-ethnologues spécialisés dans les études de l’islam ouest-africain ou sénégalais : Alain Quellien, Maurice Delafosse et Paul Marty», écrivent-ils, comme l’avait relayé l’AFP en 2018. En 1910, l’islamophobie est alors un principe d’administration coloniale en Afrique de l’Ouest, par opposition à l’«islamophilie», racontait Libé. Le terme est réapparu dans l’espace public et a pris son sens politique dans les années 80, en Angleterre, avec la montée d’un racisme dirigé contre les communautés musulmanes, alors que celles-ci revendiquaient plus vivement leur identité religieuse.
Seulement, il est vain de défendre la laïcité, l’émancipation, si l’on ne se rend pas compte que le discours du bouc émissaire anti-musulman a largement débordé, ces dernières années, le lit d’une extrême droite elle-même plus puissante. La bollosphère, la droite LR en surenchère identitariste permanente, et même une partie du centre sous couvert d’un «républicanisme intransigeant» qui ne combat plus qu’à coups d’anathèmes mal définis («islamogauchistes», «wokisme»…) ont fini par rendre indifférenciables la lutte contre l’islamisme et le racisme anti-musulmans.
L’argument (auquel j’adhérais) selon lequel le mot «islamophobie» devait être banni sous peine de ne plus pouvoir légitimement lutter contre l’islamisme ne tient plus. Le mot islamophobie est maintenant le pendant d’antisémitisme. La haine des musulmans, cette forme de racisme s’appelle maintenant, pour tout le monde, «islamophobie». Les anti-islamistes ne peuvent plus revendiquer d’être islamophobes sans passer pour des racistes. C’est comme ça : en politique, les mots sont des véhicules. Le but n’est pas de contrôler le véhicule mais sa cargaison, c’est-à-dire l’acception du mot.
Lu dans une newsletter gratuite d'Arrêt sur Images (oui, je suis un peu accro aux newsletter) :
D'un côté, il y a Stanislas, collège catholique sous contrat avec l'Etat où sont scolarisés nombre d'enfants de l'élite parisienne ou l'établissement sous-contrat Notre-Dame de Bétharram où enseignait l'épouse de François Bayrou ; de l'autre, le lycée musulman Averroès à Lille ou celui d'Al Kindi en banlieue lyonnaise. D'un côté, des établissements accusés d'avoir couvert des agressions sexuelles, des violences physiques et psychologiques, des propos racistes et homophobes, de l'autre, des écoles musulmanes accusées d'atteinte aux "valeurs de la République", sans fondement concret.
D'un côté, des établissements toujours sous contrat avec l'Etat et donc subventionné, de l'autre, des écoles dont les contrats ont été rompus par les préfets. C'est ce deux-poids deux mesures que nous nous attachons aujourd'hui à analyser avec quatre invités : Diane-Sophie Girin, sociologue ; Eric Dufour, directeur d'Averroès ; Paul Vannier, députée de la France Insoumise et Pierre Mathiot, politologue et ex-directeur de Sciences Po Lille.
Je suis contant qu'enfin un média pose des mots sur ce qui me révolte depuis plusieurs semaines...
Un élève rencontré par Le Parisien, qui dit avoir assisté à la scène, a aussi évoqué un geste violent de la part du proviseur. "Il l'a interpellée très agressivement pour lui dire de dévoiler ses cheveux, raconte-t-il. Il a levé la main sur elle puis lui a porté un coup très violent sur le haut du corps." Un camarade de classe de BTS de la jeune femme, rencontré par le Bondy Blog, dit s'être interposé. "Le coup, il était parti, tout le monde l'a vu et on était tous choqués. (...) Il l'a littéralement tapée", dénonce-t-il lui aussi.
Dans la foulée, selon le parquet, l'élève a porté plainte pour "violences n'ayant pas entraîné d'incapacité de travail", et le proviseur pour "acte d'intimidation envers une personne participant à l'exécution d'une mission de service public pour obtenir une dérogation aux règles régissant ce service". Une enquête a été ouverte. Mais la plainte déposée par l'élève a été classée sans suite pour "infraction insuffisamment caractérisée", a précisé mercredi le parquet de Paris.
Non mais vous vous rendez compte que votre acharnement sur le voile ça ne fait que créer des tensions inutiles, dites ?
Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a estimé, mardi, que « personne ne devrait imposer à une femme ce qu’elle doit porter ou non » après que la ministre française des sports a déclaré qu’« un régime de laïcité stricte » s’applique dans le champ du sport.
A chaque fois putain. A chaque que je crois qu'on pourra pas 'enfoncer davantage, je me trompe. On a une islamophobie érigée en principe de gouvernement, et le reste du monde commence à s'en rendre compte.
J'essaie d'éviter d'aller sur "X-anciennement-Twitter", comme disent les journaux, mais c'est plus fort que moi (comme maître Sega, poke la team vieux).
Du coup je suis tombé sur cette intervention d'Aristide Briand, rapporteur de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l’État, cité par @Maitre_Eolas.
En substance, la question est celle du costume des ministres des cultes, mais la réponse s'applique aussi à leurs fidèles : interdire un costume particulier au motif qu'il rappelle trop le culte auquel il est associé, serait s'exposer à un risque d'intolérance et de ridicule.
Lisez, l'extrait n'est pas très long et il est savoureux (il semblerait que les députés maîtrisaient mieux la langue française en ce temps là).
La fin est dramatiquement drôle :
La soutane devient, dès le lendemain de la séparation, un vêtement comme un autre accessible à tous les citoyens, prêtres ou non.
Je pose la question, en toute candeur : si demain, une jeune fille non-musulmane (qu'elle soit catholique, protestante, juive, bouddhiste, hindhouiste, pastafariste, athée ou agnostique ou que sais-je encore) faisait son entrée au collège ou au lycée dans une robe longue ressemblant à une abaya, il se passerait quoi ?
Mon mauvais esprit (oui, je suis à la fois candide et de mauvais esprit) me souffle : strictement rien, du fait qu'elle ne serait pas "visiblement musulmane" comme l'a dit je ne sais plus quel imbécile.
EDIT : j'avais l'air de rigoler, mais ça fait réellement partie du problème : https://www.huffingtonpost.fr/france/article/interdiction-de-l-abaya-le-conseil-francais-du-culte-musulman-denonce-le-flou-autour-de-la-definition-du-vetement_222683.html
L’absence « d’une définition claire de ce vêtement crée de fait une situation floue et une insécurité juridique », estime le CFCM*, notamment car dans certains contextes l’abaya pourrait être considérée comme « musulmane » - et donc interdite - et dans d’autres comme « non musulmane » - et donc autorisée.
De ce fait, le CFCM dit craindre un « contrôle au faciès arbitraire » ou que les critères d’évaluation de la tenue des jeunes filles reposent sur « l’origine supposée, le nom de famille ou la couleur de peau ». En conséquence, l’instance « se réserve le droit de saisir le Conseil d’État si l’application concrète de cette mesure d’interdiction aboutissait à des formes de discrimination ».
En même temps, je trouve le CFCM trop complaisant : en se réservant de saisir le Conseil d’État pour les cas qui relèveraient manifestement d'une discrimination fondée sur l'apparence (bref, du racisme), cela revient à dire qu'il accepte les autres cas, au motif que l'abaya n'est pas une prescription religieuse. Et pourtant -Cf. ci-dessus- le simple fait d'interdire l'abaya est une discrimination, puisque fondée sur le lien supposé entre ce vêtement et l'appartenance à une religion.
*CFCM = Conseil français du culte musulman
Mais l’égalité promue par la campagne n’est pas l’égalité homme-femme, ni même l’égalité des chances, supposée remédier aux inégalités sociales. Symptomatique de la droitisation du paysage politique, ces objectifs sont ici remplacés par l’emblème du paternalisme français: la «laïcité», qui permet d’évacuer la promesse républicaine au profit d’une grille de lecture religieuse. A l’opposé de la laïcité inclusive de 1905, la laïcité suprémaciste des lois sur le voile ou de la loi «séparatisme» est un instrument de stigmatisation des minorités issues de l’immigration, qui prolonge les logiques coloniales de hiérarchisation des populations en fonction de leur origine. Vivement critiquée dès son lancement pour son caractère raciste, la campagne du ministère de l’Education nationale affiche en effet de manière transparente la trahison de l’idéal républicain, où l’islamophobie devient le principal ciment de l’unité nationale. Confirmation du malaise: les visuels ont été depuis retirés du site du ministère.
Comme tout énoncé raciste, les images de la campagne s’appuient sur une forte dimension implicite. Derrière l’apparence d’un melting-pot souriant, que l’on pourrait lire comme un éloge de la diversité d’inspiration antiraciste, le mot-clé «laïcité» donne le mode d’emploi de l’organisation des signes. « Le sous-texte, c’est que la laïcité est faite pour corriger les défauts des élèves de culture et de confession musulmanes» explique Jean-Louis Bianco, ancien président de l’Observatoire de la laïcité, supprimé par le gouvernement pour sa fidélité à l’esprit de 1905. Un siècle plus tard, la laïcité suprémaciste suggère en effet d’interpréter les affiches en cherchant les marques d’une opposition basée sur l’appartenance ethno-culturelle.
Vu sur Mastodon, mais je ne trouve pas de sources en ligne autre que Reddit (rien sur le site de l’Éducation nationale ?) ; si c'est avéré, c'est proprement scandaleux : ce n'est pas la laïcité ça, c'est l'égalité - et le léger parfum d'islamophobie n'est pas le fruit de votre imagination.
Au premier jour de la discussion au Sénat, en première lecture, du projet de loi confortant le respect des principes de la République – surnommé projet « séparatisme » –, l’opposition de droite a infligé un revers au ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, en votant, contre son avis, mardi 30 mars, deux amendements qui reviennent à interdire le port de signes religieux aux parents accompagnateurs lors des sorties scolaires.
C'est ça le risque de jouer avec des concepts extrêmes : on risque d'être débordé par sa base.
Mais quel gâchis au final. Quelle tristesse. Quel scandale.
Je voudrais bien voir le nombre de parents MST (mocassins serre-tête) et BCBG qui se verront refuser d'accompagner une sortie scolaire pour port ostensible de la petite croix en or autour du cou, tiens. J'attends. Mais je sens que je vais attendre longtemps.
C'est ensuite à travers les mots de celui qui, dès 1803, imposa par exemple aux Juifs l'utilisation des prénoms du calendrier grégorien, les forçant à renoncer aux prénoms hébraïques, que Darmanin fait entendre la nature de cette politique d'intégration. « Notre but est de concilier la croyance des Juifs avec les devoirs des Français, et de les rendre citoyens utiles, étant résolu de porter remède au mal auquel beaucoup d'entre eux se livrent au détriment de nos sujets » expliquait ainsi Napoléon dans une lettre de 1806 citée dans le livre. « Une lutte pour l'intégration avant l'heure » selon Darmanin, conquis. Ce discours distinguant et séparant les Juifs, et « le mal auquel beaucoup d'entre eux se livrent au détriment de nos sujets », des Français n'est par ailleurs pas sans rappeler la rhétorique qui aujourd'hui ne manque souvent pas d'exclure les musulmans du peuple français.
C'est ainsi chez celui qui déclarait que « les Juifs ne sont pas dans la même catégorie que les protestants et les catholiques » et qu'« il serait dangereux de laisser tomber les clefs de la France, Strasbourg et l'Alsace, entre les mains d'une population d'espions qui ne sont point attachés au pays » que Darmanin revendique les racines de sa « lutte pour la laïcité ». Une lutte qui n'est toujours qu'une politique de négation de leur culture par la force pour les Juifs hier comme pour les musulmans aujourd'hui. Une nouvelle démonstration de comment, dans la bouche des grands défenseurs de la République, la lutte pour la laïcité n'est toujours qu'une couverture aux politiques les plus racistes et discriminantes à l'égard des minorités religieuses du pays, politiques qui ne se cachent en réalité que peu de leurs relents réactionnaires.
Gérald Darmanin ajoute avec ce livre, aux étiquettes de ministre agresseur, islamophobe ou encore défenseur de l'Action française, celle d'antisémite, renforçant son image de personnalité du gouvernement parmi les plus ouvertement réactionnaires. Emmanuel Macron n'a par ailleurs pas pris la peine de réagir aux propos de son ministre, sans grande surprise de la part du président, très complaisant à son sujet depuis le début, qui déclarait il y a quelques mois que les accusations de viols qui visaient Darmanin n'étaient « pas un obstacle » à sa nomination. Le tout dans un silence complice des grands médias, à l'image de son passage ce mercredi matin au micro de BFMTV-RMC face à Jean Jacques Bourdin qui ne l'a nullement inquiété sur cette nouvelle affaire.
Brusquement, les vrais coupables, c'était toute une partie des discours de gauche.
Brusquement, Manuel Valls était donné en exemple.
Manuel Valls qui accuse qui d'être responsable de la mort de Samuel Paty? Rien de moins que La France insoumise, la gauche journalistique, Edwy Plenel, la gauche radicale, l'Unef, la Ligue de l'enseignement, la Ligue des droits de l'Homme.
Par je ne sais quel tour rhétorique, le fait d'avoir répété qu'il ne fallait pas tenir pour responsables des attentats tous les musulmans fait désormais de vous un suppôt du terrorisme.
Jean-Michel Blanquer a même parlé de «complicité intellectuelle du terrorisme», visant les universitaires qu'il soupçonne du fameux islamo-gauchisme, dont on taxe désormais n'importe qui. On est arrivé à un stade où, quand Gérald Darmanin dit qu'il est choqué par les rayons halal et qu'on fait remarquer que c'est une phrase digne de l'extrême droite, on est direct catalogué islamo-gauchiste.
Mais ce n'est pas tout. Si j'ai bien compris, accepter la présence de femmes qui portent le voile dans l'espace public fait également de vous un·e islamo-gauchiste. Pareil si vous trouvez normal qu'elles aient le droit de parler.
Ça ne vous dérange pas que des mères d'élèves qui portent un voile accompagnent une sortie scolaire au Louvre? Vous êtes complice de terrorisme.
[...]
Je le cite in extenso: «Ma deuxième inquiétude, c'est l'action d'un déséquilibré, d'un extrémiste, qui va commencer, on a déjà vu l'exemple peut-être au Champ-de-Mars, qui va aller tirer sur une mosquée, qui va vouloir aller frapper des femmes voilées, et si un tel événement se produisait ou se répétait plusieurs fois, nous perdrions l'avantage moral que nous avons gagné en tant que nation victime du terrorisme islamiste.»
Peut-on dire quelque chose de plus ignoble?
Quel avantage moral gagne-t-on à voir des gens se faire massacrer à un concert ou à une terrasse de bar?
Quel est ce calcul dégueulasse?
Il n'y a aucun avantage moral en soi à être victime de terrorisme. Ce qui peut nous en faire gagner, en revanche, c'est la manière dont la société réagit à ces attaques.
Et au vu des derniers jours, je ne suis pas optimiste.
Quand tu te rends compte que Titiou Lecoq est aussi pessimiste que toi, il y a de quoi être inquiet.
Pour l'essayiste [Caroline Fourest], "beaucoup de jeunes musulmans pensent qu'ils sont visés, que tous nos débats ne les concernent qu'eux".
Hmm... Comment te dire Caro, comment te dire... ? Après des années à cracher ta haine des musulmans (au sujet de laquelle tu n'as jamais été condamnée, c'est bien connu) à longueur d'antenne, tout en expliquant que l'islamophobie n'existait pas ; après des années pendant lesquelles la presse magazine n'a pas pu passer un seul mois sans faire au moins une "Une" sur les musulmans qui se croient tout permis/menacent la laïcité/la République/sont pas des gens comme nous ; après des centaines d'heures de débats télévisés gerbants, à grands renforts de penseurs de l'acabit d'Eric Zemmour, Pascal Bruckner, Ivan Rioufol et les autres, venus nous expliquer qu'ils étaient contre le racisme, mais que la haine des musulmans, c'était juste pour lutter contre un prétendu "grand remplacement" ; après des années passées à expliquer à une partie de la population qu'elle devait s'excuser chaque fois qu'un malade mental tuait quelqu'un ou qu'un terroriste semait la désolation ; après 30 ans d'oppressions systématiques des femmes et des jeunes filles ayant choisi de porter le voile, à l'école, au travail ou même dans une crèche ; après des années et des années où, si t'as une tête d'arabe, tu ne risques pas de trouver du boulot ; après des années, des années et des années de discrimination, de mépris, et maintenant de haine pure à l'encontre de français qui ont juste le tort d'avoir eu des parents ou des grands-parents amenés en France par charters entiers à une époque où en était bien contents de les trouver, les musulmans, pour faire les boulots de merde que les français ne voulaient plus faire... bref, ça t'étonne vraiment qu'après tout ça, les "jeunes musulmans" se sentent un tout petit peu atteints par toute cette merde qui leur tombe sur la tête dès qu'ils allument la télé, la radio, ou qu'ils vont sur internet ?
Tu te fous de la gueule de qui, dis ?
Vu le nombre de fois où j'ai cité le CCIF, je crois que je suis bon pour un aller-simple pour Kerguelen.
Jusqu’à preuve du contraire le @ccif n’a rien à voir avec ça. Dissoudre une association qui porte la voix de ceux qui se sentent discriminés, ce n’est pas lutter contre le terrorisme, mais ajouter de la discrimination à celle déjà subie par les musulmans.
Bien contre sa volonté, Imane Boun, étudiante en communication de 21 ans, se retrouve depuis quelques jours dans la tourmente. En cause, une vidéo de BFMTV mettant en avant les recettes et bons plans qu’elle donne sur les réseaux sociaux aux bourses les plus légères et qui n’a pas plu du tout à la journaliste du Figaro Judith Waintraub.
Celle-ci a effectivement déploré dans une succession de tweets qu’une femme voilée soit mise en avant le 11 septembre, jour anniversaire des attentats de 2001 aux États-Unis.
Jusqu'à quel point faut-il être malade dans sa tête pour opérer le rapprochement jeune fille voilée <=> 11 septembre 2001 ?
Au final, la jeune étudiante humiliée et insultée publiquement a supprimé son compte, et la journaliste raciste joue les victimes.
Je ne vais pas trop sur Twitter -pas plus d'une fois par semaine, c'est une question de santé mentale. Et dire que je n'y suis allé aujourd'hui que pour suivre des liens de Marion Montaigne dans son 2ème article sur le Covid19...
De fait, j'ai découvert cette histoire à rebours suite à 1 tweet de @Padre_Pio1 :
Imane, la jeune fille publiquement assimilée aux terroristes des attentats de 2001 pour avoir parlé de cuisine, a donc supprimé son compte.
C'est un des épisodes les plus sales que j'ai vu sur ce réseau.
France is now mandating masks for all citizens in certain public areas during the coronavirus pandemic. But that doesn't change the country's controversial ban on Islamic face coverings.
The French government confirmed that its years-long ban on wearing burqas and niqabs in public will remain in place, even as face masks become mandatory on Monday. While French citizens nationwide will be covering their faces, women who do so with Islamic garb are still subject to punishment.
"Can the Islamophobia be any more transparent?" Human Rights Watch executive director Kenneth Roth said on Twitter. "The French government mandates masks but still bans the burqua."
En France, tu peux cacher ton visage pour te protéger d'une épidémie, mais si tu le fais parce que tu es musulmane, tu risques une amende.
Pour ma part, moi qui ai spontanément effectué il y a peu le parallèle entre le sort des juifs dans les années 1930 et celui des musulmans aujourd’hui, je pense qu’il n’y a que deux façons de juger de la légitimité de ce rapprochement. Soit on est choqué par le sort fait aujourd’hui aux musulmans en France, et l’on pense que celui-ci relève non seulement du racisme, mais aussi de la désignation expiatoire d’un bouc émissaire, auquel cas l’emploi de symboles forts, fut-il polémique, est parfaitement justifié (à plus forte raison quand le discours ambiant entreprend de minimiser l’existence du racisme, rebaptisé «critique des religions»).
Soit on pense, comme c’est le cas de ceux qui traitent leurs adversaires d’«islamo-collabos», qu’il ne faut pas confondre racisme et critique des religions, ou que le racisme est une chose trop grave pour laisser des ennemis de la nation s’en prévaloir, et on va évidemment conclure que mêler le souvenir de la Shoah avec celui des attentats est une offense au peuple juif.
Autrement dit, soit on est antiraciste et on juge qu’il n’est pas nécessaire d’attendre la multiplication des agressions contre les musulmans pour s’alarmer de la montée de l’islamophobie, soit on a été intoxiqué par un nouveau type de racisme, panique issue du néoconservatisme américain mêlant clash des civilisations et peur du terrorisme, et on a du mal à comprendre que des bourreaux puissent être simultanément des victimes. Je suis navré pour BHL et consorts, mais s’ils n’admettent pas que l’on puisse évoquer le racisme ni employer ses symboles lorsqu’il s’agit des musulmans, alors ils démontrent simplement qu’ils sont islamophobes. Avec tout mon soutien à l’admirable Esther Benbassa, qui est pour les progressistes une source d’inspiration et de joie.
Un pompier de la caserne qui, visiblement, et selon sa hiérarchie, « pensait bien faire [et] d’appliquer la loi de bonne foi » a mis un terme à la sortie scolaire d’une classe de maternelle, car les accompagnatrices portaient un hijab.
Cette histoire illustre l’état d’esprit nauséabond qui plane dans les institutions étatiques où le racisme d’État — et son corolaire l’islamophobie — se fait de plus en plus visible et assumé, encouragé par la production d’un discours raciste à tous les niveaux.
[...]
La radicalisation de l’État et son orientation de plus en plus ouverte vers l’extrême droite porte en lui les prémisses pour une fracturation nette de la société. Si aujourd’hui cette affaire de caserne s’est terminée dans « l’apaisement », cela ne change en rien les phénomènes sous-jacents qu’elle révèle : à savoir la bureaucratisation du racisme, incarnée dans l’islamophobie, comme outil de domination pour encadrer et réprimer la classe ouvrière racisée.
« Selon ce document, un acte terroriste ne peut être que le fait de musulmans ! Ce genre de tableau ne peut que faire plaisir aux racistes et renforcer le racisme anti-musulman. Ça crée une ambiance de délation au travail », commente une professeure jointe par StreetPress. « J’ai honte », écrit sur Twitter Clément Carbonnier, actuellement en recherche à l’université de Sherbrooke et issu de la fac de Cergy. Renaud Epstein, maître de conférences à Sciences Po Saint-Germain (relié à l’université de Cergy), tweete : « La liste des “signaux faibles” qui y figure est sidérante. Si je devais l’utiliser pour une auto-analyse, j’aurais de bonnes chances de gagner un voyage gratuit à Guantanamo ».
via Riff et Seb
CW : mort, terrorisme
Alors que les médias étaient totalement focalisés sur l’histoire personnelle du terroriste, soulignant son engagement à inciter à la « guerre civile » en Amérique et à montrer son admiration pour une clique hétéroclite de suprématistes blancs tels que Dylann Roof et Anders Breivik, j’ai embrassé les victimes musulmanes. Et j’ai ouvert un fil de discussion pour partager leurs histoires, célébrer leurs vies et faire connaître leurs noms.
Si nous ne racontons pas nos propres histoires, les médias dominants nous ont confirmé maintes et maintes fois que personne ne le fera. Les musulmans sont généralement dignes d’intérêt quand ils sont du côté des méchants – pas du côté des victimes. Et l’islamophobie se perpétue en décrivant les musulmans, victimes ou méchants, comme un bloc sans visage, sans nom et monolithique.
Le fil Twitter : https://twitter.com/KhaledBeydoun/status/1106746726864637952
Il y a des enfants de 3 ans parmi les victimes.
Vu sur Seenthis : les européens surestiment grandement la part de musulmans dans la population.
Tiré du shaare précédent, mais j'aime bien séparer les sujets entre plusieurs shaares :
«On a vécu en France un terrorisme islamiste assez meurtrier, si on veut jouer à de la comptabilité, on n’est pas encore dans l’équilibre. Il ne faut pas s’aventurer sur le terrain du match retour»
Guillaume Tabard. Rédacteur en chef au Figaro, journal qui a des valeurs vachement actuelles lui aussi.
En 2015, on a condamné des palanqués de pauvre type au gnouf pour apologie du terrorisme, pour des propos beaucoup moins explicites que ça. Mais ils ne devaient pas être rédacteur en chef au Figaro.
Qui a participé à rendre acceptable avec l’extrême-droite la théorie du « grand remplacement », cette idée fondamentalement raciste dont Renaud Camus est à l’origine et dont le fasciste qui a abattu cinquante musulman.e.s s’est inspiré ?
Ça me gêne un peu cette phrase. Spontanément, elle me fait bondir : pour moi, le fasciste taré de Nouvelle-Zélande a lâchement assassiné 50 personnes. Point. Il a tué des gens, des êtres humains, des femmes et des hommes. bref, vous voyez le topo, ce ne sont pas les mots qui manquent. Mais d'un autre côté, il les a tué parce que musulman·e·s. On ne peut pas non plus le passer sous silence. Mais au final, réduire des musulmans a leur seule qualité de musulmans, eussent-ils été assassinés à cause d'elle, c'est quand même une forme d'essentialisme qui, paradoxalement, risque de contribuer à renforcer les délires racistes des Renaud Camus, Alain Finkielkraut et autres théoriciens racistes qui justement, ne voient pas d'abord des humains, des voisins, des collègues, des amis... et ensuite, éventuellement, des musulmans, mais avant tout des gens-d'une-religion-qu'est-pas-celle-de-ma-maman.
Sinon, il est vachement dur le tuto :
1 : Mon invité a-t-il déjà tenu des propos racistes, islamophobes, antisémites ou homophobes ?
Si oui, ne l’invitez pas. Si non, vous pouvez l’inviter et passer à la question 2.2:Mon invité s’appuie-t-il dans son discours sur des faits ou sur des mensonges ?
S’il s’appuie sur des faits, invitez-le. Si non, ne l’invitez pas.
Cette mesure d’étanchéité, parfaitement compréhensible compte tenu de l’histoire qui est la vôtre, n’eût posé aucun problème si elle ne s’était transformée en croisade intellectuelle. Cette façon que vous avez de vous mettre dans tous vos états pour peu que survienne un désaccord n’a cessé de m’inspirer, chaque fois que je vous écoute, l’empathie et l’exaspération. L’empathie, car je vous sais sincère, l’exaspération, car votre intelligence est décidément mieux disposée à se faire entendre qu’à entendre l’autre.
Le plus clair de vos raisonnements est de manière récurrente rattrapé en chemin par votre allergie à ce qui est de nature à le ralentir, à lui faire de l’ombre. Ainsi, l’islam salafiste, notre ennemi commun et, pour des raisons d’expérience, le mien avant d’être le vôtre, vous a-t-il fait plus d’une fois confondre deux milliards de musulmans et une culture millénaire avec un livre, un verset, un slogan. Pour vous, le temps s’est arrêté au moment où le nazisme a décapité l’humanité. Il n’y avait plus d’avenir et de chemin possible que dans l’antériorité. Dans le retour à une civilisation telle qu’un Européen pouvait la rêver avant la catastrophe. Cela, j’ai d’autant moins de mal à le comprendre que j’ai la même nostalgie que vous des chantiers intellectuels du début du siècle dernier. Mais vous vous êtes autorisé cette fusion de la nostalgie et de la pensée qui, au prix de la lucidité, met la seconde au service de la première. Plus inquiétant, vous avez renoncé dans ce « monde d’hier » à ce qu’il avait de plus réjouissant : son cosmopolitisme, son mélange. Les couleurs, les langues, les visages, les mémoires qui, venues d’ailleurs, polluent le monde que vous regrettez, sont assignées par vous à disparaître ou à se faire oublier. Vous dites que deux menaces pèsent sur la France : la judéophobie et la francophobie. Pourquoi refusez-vous obstinément d’inscrire l’islamophobie dans la liste de vos inquiétudes ? Ce n’est pas faire de la place à l’islamisme que d’en faire aux musulmans. C’est même le contraire. À ne vouloir, à ne pouvoir partager votre malaise avec celui d’un nombre considérable de musulmans français, vous faites ce que le sionisme a fait à ses débuts, lorsqu’il a prétendu que la terre d’Israël était « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Vous niez une partie de la réalité pour en faire exister une autre. Sans prendre la peine de vous représenter, au passage, la frustration, la rage muette de ceux qui, dans vos propos, passent à la trappe.
La lettre a été brutalement refusée par le journal Le Monde, qui l'avait pourtant préalablement acceptée le 23 février.
"Nos amis musulmans [insérer insulte]. Mais sinon j'ai un très bon copain arabe."
Par-contre, si t'es blanc, tu peux venir avec un chapeau et des lunettes de soleil, pas de problème bro.
Mennel n'est pas la première artiste à flageoler un peu dans sa tête.
Avant elle, Marion Cotillard, Jean-Marie Bigard, ou Mathieu Kassowitz, ont aussi proféré quelques énormités sur le 11 Septembre. Il semble que ce soit une sorte de tradition du show biz français, qui ne retire d'ailleurs rien aux éminentes qualités artistiques des susnommés, et n'a nullement interrompu leur carrière. Oui mais voilà. Mennel s'appelle Mennel Ibtissem. Elle porte ses cheveux enserrés dans un joli bonnet.
Je crois que tout est dit. Si tu es blanc et/ou catholique, tu peux proférer des horreurs, on t'en voudras pas trop. Dans le cas contraire... eh, dans la contraire, c'est autre chose, évidemment.
Au Kirghizstan, rares sont les personnes à part quelques proches qui savent où nous sommes. La photo nous met en danger.
On s’est renseigné sur nos droits. On n’a pas le droit de prendre les gens en photo comme ça, sans autorisation.
On vit tranquillement, sans histoires. Pourquoi nous tourmenter ainsi ?
Nadine, il y a une place qui vient de se lbérer dans l'organigramme du FN. Ca t'intéresse ?
L'article est beaucoup plus consensuel que ce que j'ai entendu ce matin à la radio ; je vous fait le shorter : "on parle trop de la religion, mais l'Islam c'est quand même un problème".
La direction de l’information de France 2 indique que “les règles de déontologie ont été respectées”. Le médiateur parle de “vérifications”. Qu’est-ce que cela signifie ? Que la direction de l’information de France 2 a visionné l’ensemble des rushs ? Qu’elle a reçu la journaliste et les équipes ayant signé le sujet ainsi que les rédacteurs en chef l’ayant validé ? Nous n’en savons pas plus, malgré notre relance. Nos questions sur ce reportage sont donc sans réponses. Les voici :
1 – Pourquoi la journaliste n’a pas réalisé, elle-même, cette caméra cachée dans ce bar PMU de Sevran ?
2 – Pourquoi cette caméra cachée de France 2 a été réalisée par deux militantes dont les discours et les positions sont considérés comme stigmatisants par bon nombre d’habitants de Sevran ?
3 – France 2 a-t-elle conscience qu’en confiant cette caméra cachée à ces militantes décriées et critiquées, elle créerait un biais qui orienterait le résultat ?
4 – Pourquoi, une fois la caméra cachée réalisée, la journaliste n’a pas cherché des explications auprès du patron du bar PMU sur les propos d’un de ses clients ? Le patron affirme que la journaliste ne l’a jamais interrogé et ne s’est jamais rendu dans son café. Les explications du propriétaire auraient dû pourtant apparaître dans le reportage pour le respect du contradictoire.
5 – Le patron et les clients de l’établissement affirment catégoriquement que la journaliste n’est jamais venue dans le bar incriminé. Pour quelles raisons n’est-elle pas allée vérifier par elle-même ? Elle y aurait rencontré des femmes clientes, plusieurs fidèles depuis plusieurs années contredisant en tout point l’affirmation selon laquelle dans ce bar “les hommes rejettent les femmes”. Des clientes que par ailleurs un journaliste de Complément d’enquête a lui-même rencontré comme indiqué dans notre contre-enquête.
6 -Pourquoi la journaliste dit-elle à 1’03” du reportage : “le patron du bar n’a pas envie de discuter” alors que ce n’est pas le patron qui parle à ce moment-là ?
7 – Le patron affirme avoir proposé aux deux militantes de s’asseoir et de consommer juste après leur entrée dans l’établissement et ce, avant l’altercation entre Nadia Remadna et l’un des clients diffusée par France 2. Si cette proposition du patron du bar figure bien dans le rush de la caméra cachée, pourquoi n’a-t-elle pas été gardée au montage ? Car si ces propos ont bien été tenus, ils contredisent, là aussi, la conclusion de la journaliste selon laquelle “aller dans un bar, ici, c’est braver un interdit pour une femme“.
8 – Dans son commentaire, la journaliste dit : “Pourquoi les hommes rejettent-ils les femmes ? Un problème de culture, de tradition mais aussi de religion, selon ces militantes”. Sans le nommer expressément, c’est l’islam qui est visé, ici, comme religion puisque ceci est confirmé par la réponse donnée par les deux militantes. Comment la journaliste peut-elle lier son reportage à l’islam alors que cette religion proscrit l’alcool et les jeux de grattage pourtant vendus dans le bar en question comme montré dans notre contre-enquête ?
9 – France 2 a-t-elle conscience que la séquence du reportage en question tire des conclusions générales ne se basant pourtant que sur une seule caméra cachée qui n’a pas été réalisée par la journaliste elle-même, sur des propos tenus par un seul client et surtout, semble-t-il, sur aucun travail de vérification par ses soins dans ce bar ?
10 – France 2 a-t-elle conscience de la stigmatisation que son sujet a fait peser sur le propriétaire de cet établissement de Sevran (il a reçu une menace de mort, a perdu du chiffre d’affaires, souffre d’insomnies depuis la diffusion), sa famille, ses clients et clientes au vu des nombreuses réactions et commentaires négatifs dans la presse et les récupérations politiques dans le cadre de la campagne électorale notamment ?
Le mot du jour, mon cher Ramzy : journalislamophobie.
Juste en passant, un truc qui m'a traversé l'esprit en lisant : quand l'autrice dit "Cacher ses cheveux, son cou, ses oreilles, ses bras et ses jambes, c’est reconnaître que la femme est un objet sexuel [...] C’est s’afficher ostensiblement comme une proie sexuelle au regard des hommes. C’est se définir comme objet du désir des hommes, tout en transformant ceux-ci en de vulgaires prédateurs." : on n'est pas loin du discours de la "culture du viol" qui explique que les femmes doivent s'habiller comme ceci ou comme cela pour ne pas être vu comme de simples objets sexuels par ces pauvres mâles pilotés par leurs hormones.
Ce que ce dessin résumait parfaitement :

Source : https://twitter.com/LaSauvageJaune/status/765608378223714304
Un peu l'impression de toujours lire la même chose, hélas. Ça finira peut-être par rentrer à force.
A rapprocher de : http://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/?uOGm9Q (2013...)
Je pose ça là : manipulation ordinaire au Figaro.
De procès en “islamophobie” en remise en cause du droit à l’avortement, de revendications communautaires en Manif pour tous, de “mode du burkini” en “racines chrétiennes”, de “particularisme culturels” en “défense de l’identité”, jamais les affaires publiques n’ont été autant à la merci des ingérences religieuses, menaçant la liberté de conscience et l’égalité des droits. »
Notez comment ce torchon (oui, Charlie) met sur le même plan le racisme islamophobe et les cathos intégristes, semblant renvoyer dos à dos, au nom d'une pseudo critique de la religion, les agresseurs et les victimes.
EDIT : merci à Seb pour son shaare où il lie une sauvegarde de l'article, ce qui m'a plus ou moins forcé à le lire (https://archive.fo/NiOSB)
Une fois de plus c'est l'Islam, l'Islam et encore l'Islam. Mais sinon, on ne fait que défendre la loi de 1905, ce texte, « rigoureux et sévère », et l'on encourage à le lire.
Chiche ?
EDIT : pour mémoire : https://tools.aldarone.fr/share/?sFvwtQ
Je vous fais un pack :
http://www.islamophobie.net/articles/2016/11/07/gilles-kepel-au-pays-des-merveilles
Voici donc une vérification point par point des calomnies diffusées par M. Kepel sur tous les plateaux où il est invité :
1) "le concept d'islamophobie interdit toute critique de la religion" (France Culture)
FAUX. La définition qu’utilise le CCIF est on ne peut plus précise : il s’agit de « l’ensemble des actes de discrimination ou de violence qui visent des institutions ou des individus en raison de leur appartenance, réelle ou supposée, à la religion musulmane ».
On remarque donc que :
- Elle n’inclut pas la critique des religions et des idéologies.
- Elle vise aussi des non-musulmans, pris pour tels par leurs agresseurs/discriminants.
- Le CCIF n’a jamais mené de procès pour blasphème ou critique du religieux.
- Une instrumentalisation malveillante à des fins de censure du débat critique pourrait avoir lieu, quel que soit le terme utilisé.
Caroline Fourest rend les anti-racistes responsables des morts des attentats de 2015. Sa chronique est intitulée « ’Islamophobie’, un mot qui tue ». Caroline Fourest est connue pour avoir forgé de toute pièce une étymologie fantaisiste au mot « islamophobie ». Elle en a fait un terme forgé par les mollah iraniens dans les années 1970 pour stigmatiser des personnes qui critiqueraient l’islam. En réalité, le terme était déjà utilisé par l’administration coloniale en Algérie au début du XXe siècle. Fourest dut reconnaitre son mensonge, pardon, son erreur. La révélation d’une telle malhonnêteté, pardon, d’une telle incompétence, pousserait toute personne de bonne foi à un peu de prudence quand elle aborde le sujet. Au contraire, Caroline Fourest assène avec autorité les mêmes mensonges depuis des années, et franchit un nouveau seuil dans l’invective, faisant écho à l’interview de Gilles Kepel dans Charlie Hebdo, parue deux jours avant.
via https://tviblindi.legtux.org/shaarli/?AcCEeA
Pour le @Le_Figaro, Lila Charef, avocate et responsable juridique du @ccif, n'est même plus un être humain. Elle est juste "le voile".
« Les musulmans, qu’ils soient français ou pas, auront donc le choix. S’ils veulent rester en France, ils seront dans un pays où disparaîtra toute visibilité de l’islam, le voile, le kami, l’abattage rituel, les boucheries halal, les prénoms musulmans, les mosquées… Les nés-musulmans pourront alors librement abdiquer l’islam et devenir apostats ou pratiquer leur culte de façon totalement privée, chez eux, sans en faire état. Si cela ne leur convenait pas, ils auraient le droit de gagner un des 57 pays musulmans de la planète où règne la charia [...].
Bien sûr, il y aura contestations, émeutes et même menaces terroristes. Le pouvoir y mettra fin grâce à sa détermination sans faille, et, s’il faut sacrifier quelques extrémistes pour redonner à 65 millions d’habitants paix et protection, il faudra faire savoir que l’armée, dépêchée à chaque menace, n’hésitera pas à tirer dans le tas. C’est terrible, mais il n’y aura pas d’autre solution pour calmer le jeu et imposer notre loi. »
Cette association soutient François Fillon.
Qui a assuré hier soir ne pas les connaître, non, non, non, jamais entendu parler.
"Si, à la cantine, il y a jambon-frites et que le petit ne mange pas de jambon, il prendra une double ration de frites".
Tellement con.
EDIT : j'y pense (bon, d'accord, grâce à Guillaume Meurice) : les végétariens aussi auront-ils double ration de frites ? Faudrait voir à être équitable !
=> https://twitter.com/Charlineaparis/status/795974732743065600
=> https://twitter.com/Charlineaparis/status/795905260736958465
Après l’hystérie burkini et les propos de Manuel Valls sur la souhaitable «discrétion» des musulmans en France, Libération donne la parole à des femmes de culture musulmane, croyantes ou non.
via http://links.nekoblog.org/?XDRjbQ
Je vais vous narrer une anecdote navrante.
Nous faisons appel à une société pour faire le ménage dans nos locaux. Allez savoir pourquoi, les personnes qui font le ménage sont à 100% des femmes, de type non-blancs et non catho. Ceci étant dit pour poser le décor.
L'autre jour, parlant avec une collègue d'un soi-disant problème qu'elle avait à reprocher à la titulaire du poste actuelle, elle en vient à me déclarer qu'elle ne supporte pas son voile -parce que cette personne porte en-effet un foulard- et que de toute façon elle fait tout le temps la gueule. Et qu'on a pas à porter un voile dans l'espace public. Alors, en vrac, je lui ai expliqué / demandé :
J'en ai marre putain. Et je pressens que le pire reste à venir.
ou qu’une aide-soignante exige, une fois engagée, de porter le voile ou la charlotte, une manière de contourner le règlement
Ah bon. Parce que dans un hôpital, le règlement interdit de couvrir ses cheveux ?
Ça me rappelle une des choses qui m'ont fait hurler lors du reportage de merde de M6 hier soir, comme quoi les soignants barbus ce n'était pas possible, parce que ce n'est pas hygiénique. Oh ouais. Et vos soignant·e·s-pas-barbus mais avec des bagouzes, des alliances, des boucles d'oreilles, des chaînes et des ongles ni très courts ni très propres, on en parle ? Et le personnel de ménage pas musulman mais bien dégueulasse qui passe la serpillière sans tenir compte du zonage stérile/pas stérile, on en parle ? Les maladies nosocomiales, vous croyez vraiment que c'est dans la barbe des musulmans qu'on les attrape ? (parce que vous avez bien noté que quand on en appelle au respect de la laïcitay, c'est sur l'Islam qu'on tape ? ).
Purée, il y a de quoi hurler.
Juste pour savoir : avez-vous regardé cette merde complaisante, raciste et complotiste hier soir ? J'en ai subi une grosse dizaine de minutes, littéralement tétanisé devant la télévision sous l'avalanche de poncifs, de raccourcis fallacieux et de mauvaise foi.
Prenez une serpillière et un seau à vomi, et allez faire un tour sur Twitter ce matin. La fachosphère s'en donne à cœur-joie.
EDIT : juste deux tweets pour vous donner une idée de l'ampleur de la catastrophe :
Le 30 mars, lors d’une émission diffusée en direct sur RMC et RMC Découverte, la ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes dénonçait le développement par certaines marques de vêtements adaptés aux traditions musulmanes comme le « burkini » (maillot de bain intégral) ou le hidjab (foulard islamique). Alors que Jean-Jacques Bourdin lui faisait remarquer que certaines femmes « choisissent » de porter ces vêtements, la ministre a répondu : « Mais bien sûr. Il y a des femmes qui choisissent, il y avait des nègres afr…, des nègres américains qui étaient pour l’esclavage. » La ministre avait finalement reconnu une « faute de langage ».
On voit donc, à travers ce fact-checking, que l’article du Canard Enchaîné a peu à voir avec le journalisme et révèle, plutôt que des faits, les obsessions idéologiques de son auteur. De telles calomnies, ainsi révélées au grand jour, viennent émailler sérieusement la réputation d’un journal qui avait habitué ses lecteurs à un peu plus de rigueur.
J'aimerais bien que :
1/ l'identité de l'auteur "(courageusement) caché derrière le nom générique de J.C. (utilisé par la rédaction du Canard Enchaîné), [et] coutumier de ce type de procédés" soit révélée, ou qu'il ait au moins le courage de ses opinions (merdiques) ;
2/ que Le Canard publie un droit de réponse du CCIF, voire des excuses, mais là, je rêve sûrement.
Comme quoi hein, le racisme/la xénophobie/l'islamophobie de gauche, bah c'est pas un fantasme. Ça a même ses articles dans le Canard !
Super déçu par le Canard pour le coup :(
«Donner un prénom qui n’est pas français à ses enfants, c’est ne pas se détacher de l’islam, c’est vouloir continuer la tradition islamique en France et c’est vouloir transformer la France en un pays de plus en plus musulman»
BORDEL, POURQUOI CONTINUEZ-VOUS A INVITER CE SOMBRE CONNARD ?
M'en fout, j'ai pas un prénom français, moi.
J'ai un prénom breton :p
Poke les bretons ;)
(mais je suis indépendantiste auvergnat et autonomiste bourguigno-franc-comtois)
Onomastique. En un seul mot.